Horrible oracle

Une minute de lecture

Une femme étrange a, dit-on,

Perchée en haut de l’adyton,

Effectué une danse ignoble

Comme régie par le vignoble.

On pouvait voir ses bruns cheveux

S’agiter au vent et je vœux

Mourir si sa bouche tordue

N’a pas une chèvre mordue.

Cette folle femme a, pour sûr,

Enchaîné coups sourds et morsures,

Elle bombarde, elle bondit

(C’est certain, car c’est ce qu’on dit).

Elle crie, rit, griffe et afflige

Ainsi qu’une effroyable stryge

Ses visiteurs de prophéties

Qui sont autant de facéties.

A l’un, elle a prédit la mort

(Quand je vous disais qu’elle mord)

Du plus charment des nouveau-nés,

A un autre (un très gros bonnet)

Elle a, d’un hexamètre acide,

Promis un prochain parricide,

Quant à l’épouse, cette peste

Lui a auguré un inceste.

C’est pitié que cette piteuse

Petite au regard de python

Prédise de sa voix pâteuse

Depuis son hideux adyton.

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