Lettre 2

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Très cher Corbeau,


Je tiens à vous remercier pour ce message. Votre pic-vert est bien arrivée à moi. Sa mine, toute gaie, m'a amusé.

Par les mots que vous m'avez gentiment offerts, laissez moi vous dire que je pense de même. Je vous rejoins sur le sujet dont vous avez si bien narré la réalité. Je conçois depuis toujours la cause des "soumis". Chats, chiens, renards, pour moi tous valent mieux que ces humains si orgueilleux. Ils nous pointent si souvent du doigt ou nous traînent dans la boue, en riant de nos faiblesses. Savent-ils seulement qu'ils sont aussi "Bêtes" que nous ? Ils sont nés animaux et se croient anges parfaits. Bougres de chenapans qu'ils sont !


Concernant vos encouragements, j'en prends note sans plus attendre. Derrière vos lignes, j'ai cru entendre: " La patience forge le caractère. Il est préférable de marcher à petits pas, plutôt que de courir à perte pour finir en bas d'une falaise." Ainsi, je ne ressasserais plus les récits qui ont été envoyés depuis des mois et des semaines.

Je préfère à cela vous conter ce nouveau récit, qui naquit il y a six mois de ça dans mon esprit.

Après plusieurs corrections, j'ai fini par le partager à la vue de tous. Voyez, j'ai voulu réécrire le conte de Peter Pan et de Crochet de façon plus sombre, plus adulte. Hélas, j'ai le sentiment que les lecteurs n'apprécient guère mes efforts ou peut-être, est-ce mon récit.

J'ai la sensation que les scènes leur semblent trop crues. Ai-je tort de penser ainsi ?

En voici quelques ligne, juste un paragraphe:

"Les sourcils froncés, ses yeux couleurs rouilles s'embuèrent lorsqu'il passa les escaliers de l'étage où la fumée de la cigarette sortait. Il tira le rideau rapiécé et déambula dans un couloir agité par les râles des clients en pleine action. Les portes entrouvertes laissaient entrevoir les ébats de quelques voyageurs. Le gamin poursuivit sa route et distingua la voix du capitaine, vers le fond. Il entra dans la chambre, sans gêne, tourna la tête vers une commode qui se faisait malmener autant que la jeune fille qui s'y tenait les jambes écartées. Elle ne devait pas avoir plus de seize ans. Son teint était blafard et ses seins menus. Un frisson la parcourait. Rien à voir avec le désir, il faisait juste froid dans la pièce. L'établissement était mal isolé comme la plupart des bâtisses avoisinantes. Blenn remarqua le désintérêt de la jeune fille pour la pratique. Son regard vide ne cessait de fixer le plafond. Elle se replaçait par instant, comme gênée par un serpent trop long qui sillonnait son vagin. Quel plaisir y avait-il de se faire prendre par un homme de quatre fois son âge ? Le garçon ne s'en désola pas et s'assit sur une chaise laissant tomber sa besace au sol. L'oreille tendue, il écoutait les râles du capitaine et le claquement entre les cuisses de la poupée de chiffon, qu'il tenait fermement."


Si vous désirez en lire d'avantage, il vous suffit d'aller dans la bibliothèque des mondes égarés et de demander "Le capitaine Lapisary".


Vous savez, je serai prêt à me faire battre pour toucher le coeur d'un seul lecteur.

Très à vous, Nocmyst.

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