Coup d'un soir.
Satané maquillages. Que quelque lumière ternissait. De ces cils, à ses yeux, noirâtres, de légères boules de gomme sombre. Le trait de ses cils dilapidé, freiné par une mine de transgression que l’on a trop longtemps échafaudée. Il y est, malheureusement, des femmes qui se perdent, le temps d’un soir. D’avoir cru à un cœur en palpitation. Recroquevillée, cette coquille. Ce doux escargot social. Elle fut suffocante, d’avoir cru aux papillons ventraux. Tremblante de peur, d’avoir échappé à l’énième bouffon. Enivrée à l’idée de ne plus vivre. Tressaillante d’amour. Elle se reluquait. Espérant entrevoir encore une beauté d’amour, elle. Les collants serrés, mouillés de transpiration. Le regard dilué dans le coin d’un bar. Assise contre ce canapé miteux, à même le sol, à même ses pieds, d’escarpins tordus, la pointe des pieds pointant le vide de son regard. Il fallait l’imaginer dégoulinant, ce putain de mascara collé à des joues autrefois rosées par le fond de teint, d’un rouge à lèvres violet, aligné au bleu des paupières. Il n’y avait qu’une femme figée, là, au seul mouvement de boucles d’oreilles circulaires. Un salaud lui avait jeté un verre sur la figure. Elle n’avait rien fait. À part dire que c’était trop tôt pour baiser. Qu’elle voulait juste danser. Et maintenant, seule, abattue, elle ira sûrement se lever pour rentrer chez elle, si son verre, toutefois, n’a pas tourné. Qu’il n’y ait personne à attendre qu’elle soit dans les vapes, le coup d’un soir, pour faire en sorte que cette femme ne se maquille plus jamais.

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