Un essai sur le discours de l'absurde
Il m’arrive de lire mes propres textes sur mes réseaux sociaux… et là, paf !
Je me bloque. Direct.
Complètement bloquée ! Bloquée comme une autoroute par des agriculteurs de la Coordination rurale.
Alors je me dis :
— Merde, il faut que je me débloque.
Mais attention ! Pour me débloquer… il faut d’abord que je sois bloquée. Nous sommes d’accord. Hein ? Et oui, sinon, je ne peux pas me débloquer.
Et quand je suis débloquée… je suis tellement débloquée… que je me bloque à nouveau !
Alors, je me relis.
Je me relis pour me débloquer de mon blocage. Mais à force de me relire… je me bloque dans mon débloquage.
Donc, je dois à nouveau me débloquer de mon blocage.
Vous suivez ?
D’accord, moi non plus, vous me rassurez.
Et il est là, mon problème :
mon cerveau me bloque quand il veut me débloquer, et il me débloque quand il veut me bloquer.
Résultat : je suis coincée dans un texte qui s’ouvre… en se fermant. Un mot qui me bloque… en me débloquant.
Bref, je suis la geôlière de la prison dans laquelle je suis enfermée. Je suis la prisonnière de moi-même !
❖

Annotations
Versions