Nouveau départ

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Longtemps je me suis couché de bonne heure.

Toujours à la même place. À l’écoute de leurs bruits, de leurs mouvements, du son de leurs voix.

Et il y a eu ce coup de fil. Le bruit discordant m’a fait sursauter, brisant le calme ambiant juste rompu par le ronron habituel de la télé.

Et nous avons été embarqués dans un tourbillon.

Sarah est partie brusquement. Je ne la reconnais pas. Que lui arrive-t-il ? Que se passe-t-il ?

La porte claque : elle ne m’a rien dit. Pas un regard.

Je reste, seul, perdu. Dans mon coin.

M’auraient-ils abandonné ?

Et la nuit s’écoule, triste. Je hurle, je gémis.

Je ne sais plus que penser.

Je tourne en rond dans la maison.

Au matin, Sarah n’est toujours pas là. Et Philippe non plus.

Mais où sont-ils ?

J’ai déjà connu cela.

Être abandonné.

Et avec eux j’avais trouve tant d’amour !

Je gémis, encore et encore.

Et puis il y a ce cliquetis dans la serrure, et Sarah entre. Enfin.

Je me précipite vers elle, tout content.

Mais elle ne s’occupe pas de moi : elle se met en boule sur le canapé. Et je n’entends que les bruits de ses pleurs.

Et cela dure, cela dure.

Cette tristesse.

Alors je reste dans mon coin. Philippe ne revient plus.

Nous sommes que tous les deux.

Il y a eu ce jour où beaucoup de gens sont venus dans la maison. J’ai eu droit à quelques caresses. Enfin.

Et puis le vide.

Voir Sarah tourner en rond m’attriste.

Philippe et sa voix me manque. Ses grattouilles sur ma tête aussi.

Le temps passe.

Sarah me raccompagne de nouveau dehors.

Néanmoins elle est toujours aussi triste. Surtout lorsque notre promenade s’achève dans un endroit étrange : silencieux, avec des monuments de formes similaires, avec des fleurs sur des rectangles gris posés sur la terre. Elle reste debout devant l’une de ces formes, et pleure. Puis nous rentrons, tous les deux. Seuls.

Le temps passe, et maintenant je ne me couche plus de bonne heure. Non, je commence ma journée tôt, avec ces petits gazouillis dont je ne me lasse pas. Et ce nom qui résonne toute la journée. Lucie. Notre rayon de lumière. Et le soir, je guette son souffle.

Il y a eu Paul, et cette rencontre au parc. Une si jolie labrador, blonde.

Et cette maison qui nous accueille tous les quatre.

Un nouveau départ.

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