Mon bateau
Je suis seule aux commandes de mon bateau et j’ai peur, peur qu’il n’avance pas assez vite. Pas assez vite pour que je puisse atteindre à temps toutes les contrées que je souhaite explorer. Je pleure aux commandes de ce navire en hurlant que ça ne va pas assez vite, je me sens impuissante. De mes yeux embués, je ne vois plus les décors qui défilent. Je ne pense qu’aux paysages qui sont encore trop loin, comme si la vie avait un but final.
Pourtant, je suis ici et maintenant, aux commandes de ce bateau. Il avance. Je le fais avancer. A mon rythme, sur un voilier imparfait, mais que j’ai construit. Parfois, il faut changer de cap. Alors je le fais. Je me découvre. Je découvre les eaux de la vie.
Je ne gaspille pas mon temps à naviguer. Je prends le temps que je dois prendre. Je ne veux pas être l’esclave des années. Je m’approprie chaque instant, selon mes aspirations, selon mon bonheur. Au gré des milles marins, je savoure les fruits que la mer veut bien me donner, au lieu de pleurer ceux dont je ne connais pas encore le goût.

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