Salope d'IA
On me propose un essai sur un sujet qui me fait cogiter depuis plusieurs jours, alors je me dois d'honorer le défi.
Bien sûr, le titre est très nature-peinture (si ça veut bien dire ce que j'en pense), et voilà pour ma petite préface.
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Dans cet essai, je vous propose un point de vue orienté sur les aventures d'ADA (l'atelierdesauteurs), mais dont les réflexions peuvent évidemment se transposer ailleurs.
Je commence par vous y donner mes tripes, la zone sensible interpellée par le sujet.
Puis j'introduis un personnage, exemple d'un utilisateur d'IA.
Enfin j'élargis la réflexion afin de vous proposer une critique et une ouverture enthousiaste concernant la technologie discutée.
Bonne lecture !
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L'IA est un outil, comme le clavier qui me sert à taper ces mots, comme le site web rempli de code qui nous permet d'échanger.
En tant que tel c'est du décor, rien de passionnant pour les âmes sensibles.
Ce qui me passionne cependant, c'est le miséreux qui s'en sert afin de se donner du corps et de s'accaparer un esprit qu'il n'a pas.
Car écrire est une aventure. Tout comme vivre, exister, briller, et tout ce qui nous permet d'être au monde.
Pourtant ce n'est pas évident ! D'abord il faut apprendre à parler la langue, sans quoi on a bien du mal à se faire entendre...
Voyez un peu tous nos immigrés, notamment les courageux sans-papiers qui viennent en France par le rêve, et triment durement dans des conditions parfois abominables !
Quand j'étais plongeur en restauration - avant mon doux chômage - j'en côtoyais quelques uns, et notamment un satané hongrois.
Et me coltinais les journées avec lui dans la plonge du buffet chinois à volonté, communiquant par regards, phrases simples, par ambiance...
Y'avait aussi un des patrons qui éprouvait des difficultés avec la langue... seulement vu qu'il était patron, c'était pas si grave !
Mon zouave, lui, ça le rendait vulnérable. Alors faute de savoir bien s'exprimer, il devenait faible face aux difficultés courantes, et avait bien du mal à jacter le fond de sa pensée !
Le camarade Attila (sic) était alors bien handicapé de ces lacunes, et je l'imagine mal poster quoi que ce soit sur notre enclos familier (ce site de cons).
Mais que se passerait-il si l'envie lui en prenait ?
Si le désir d'exister, de comprendre, de se faire entendre, remuait ses tripes à ne plus le laisser tranquille !
Alors, alors, il serait bien aise de recevoir le soutien d'un ami.
Et si j'étais son ami, je pourrais l'aider ! Mais enfin cela demande du temps, de l'écoute... et de l'amitié bien sûr.
Alors, alors, faute d'ami lettré, le voilà qui pourrait se tourner vers chatgpt.
N'avez-vous pas testé l'IA ?
C'est un outil fort riche, et pour s'amuser, et pour mieux comprendre...
Certes, on y trouve vite des limites, cela peut même rendre fou ! certains en sont morts...
Mais c'est très fort, et si je demande à l'IA de générer un dialogue entre Bouddha, Che Guevara, et la concierge de mon immeuble, il me sort un texte en moins d'une minute !
Personnellement, je n'utilise que rarement l'IA.
Cela a un peu remplacé google chez moi, je demande à Grok (l'IA des salopards) des informations qui m'intéressent, et je les reçois hyper-vite et hyper-précises.
C'est excellent, c'est le présent et l'avenir !
C'est une révolution.
Mais Attila le hongrois, dans tout ça ?
Il veut écrire, il veut se faire entendre, il n'y arrive pas tout seul.
Alors il demande, peut-être même en hongrois, de lui écrire un texte qui répond à ses besoins.
Et devant lui : BAM ! Des paragraphes, des idées qui s'agencent, de la cohérence, de la fluidité...
Et là dessus, il peut optimiser bien sûr ! Changer les idées, les points de vue, le style... Y'a des limites, mais le rendu est bien fait.
Et le voilà qui poste le texte sur la plateforme... et qui reçoit des likes ! Des commentaires ! Du soutien !
N'est-il pas heureux alors ? N'est-ce pas une belle chose ?
Cela c'est pour la défense. Mais j'ose cependant...
Un texte à l'IA, ça se voit. Enfin, c'est pas toujours évident, et je me suis souvent fait piéger !
Comme les musiques IA, comme les dessins IA, les photos de profil retouchées à l'IA, etc, etc...
Et une fois qu'on l'a vu, on est déçu.
On se rend ensuite compte que le texte n'est pas si riche, pas si profond, qu'il manque un petit quelque chose... Ou de nombreuses petites choses... Enfin il manque l'Homme surtout.
Et c'est pareil dans tous les domaines artistiques...
On se lasse bien vite de l'oeuvre proposée, tout comme on ne se passionne pas pour des objets sortis d'usine.
L'artisanat, c'est autre chose que la production industrielle.
Mais voilà, si ce n'était pas Attila qui écrivait des textes - ou quelqu'autre misérable inculte - il pourrait bien se passer une affaire troublante.
Il ne serait pas impossible de voir surgir des hybrides, des petites merveilles, des textes excitants et passionnants !
Car si l'imprimerie n'avait pas permis les journaux, jamais de Zola ! Jamais de Balzac !
Et je ne doute pas que la comparaison entre le Verbe biblique et la prose balzacienne fut faite dans des termes comparables à nos inquisitions contre l'IA !
Alors cet outil est révolutionnaire, cela semble évident.
Réussir à l'utiliser intelligemment, cela se fera au fur et à mesure.
Se taper les crétins sans cerveau qui escroquent les retraités de ce site web, c'est un prix à payer.
Mais réjouissons-nous des avancées technologiques, et tâchons d'en tirer le meilleur parti possible !
Vive le progrès, mort aux réactionnaires !

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