La Horde
L’école est un berceau qu'utilise Satan
Pour nourrir et dresser sa venimeuse horde,
Acharné, besogneux, quelque part Il attend
Que toute âme en ses yeux luisants se désaccorde.
Et lorsque ce moment dans ses rires survient,
Le pur et blanc plumage offert à la naissance
Brûle, et n'en reste alors, Saigneur, presque plus rien...
Regarde dans ces feux, c'est de la chair qu'on lance !
Celui qu’on appelait le Boiteux, le Rouquin,
Le Laidron, le Noiraud, le Pouilleux ou la Panse,
Le Nabot, le Gougneux, le Citron de Pékin !
Lorsqu’on est différent, telle est la récompense.
Quand soudain plus un mot, les rires s’étaient tus
Pour laisser place aux cris, aux pleurs, à la discorde,
Quelle image et quelle œuvre ! ô Toi ! puits de vertus,
Qui laisses des enfants sous le nœud d’une corde.

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