Les Professeurs
Qu'ils peuplent notre autel ou nos jeunes potences,
Ils ont pour la plupart gravé dessous nos yeux
Leurs visages, leurs noms, et parfois leurs sentences,
Lorsque est venu le temps des fébriles adieux.
Et parmi ces lanceurs de lignes et de craie,
Empourprant les cahiers de mille numéros,
Entre le duc à barbe et la bougonne orfraie,
Scintille un professeur qui se voulait héros.
Et ce professeur-là dans ses mots fantastiques
Comme aux cieux nous emporte et ne nous lâche plus,
Nous guide dans l'Histoire ou les Mathématiques,
Dans les Fleurs d'un poète où l'on finit reclus.
Puis vingt ans, soixante ans plus tard, au fond d'un livre,
Son visage apparaît une nouvelle fois
Ainsi que cette classe où l'on se sentait ivre
Et s'immortalisait la ferveur de sa voix.

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