Intérieur
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Depuis le vieux pinceau, le calame ou le chas,
Qu’importe ! l’on peut voir la même foule errante
Aux effluves d’alcool, d’orgie et de chichas,
Chaque jour plus visqueuse en dévalant sa pente.
Cherchent-ils la clé de leur propre cachot
Lorsqu’ils penchent leur corps au-dessus des cuvettes
Pour chasser le démon rieur dont le doigt chaud
Pointe fidèlement ces innombrables têtes.
Tant d’êtres sont privés de la beauté des cieux,
Et n’ont, pour crocheter du crâne la serrure,
Rien d'autre qu'un plaisir futile ou vicieux,
Qui trompe chaque jour et l'âme dénature.
Sans monde intérieur, comment vivre ici-bas ?
Comment ne pas noyer dans le stupre et l’ivresse
Toutes ces voix en chœur qui chantent nos dégâts
Et pompent, sans jamais faillir, notre faiblesse.

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