Les Oisillons
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Allongé sur le dos d’une maussade feuille,
Encor rose de vie, inerte désormais,
Un oisillon attend qu’une minute endeuille
Ses parents revenus de leur quête de mets.
Il est tombé du nid, poussé par l’innocence,
Cruelle, sans pitié, sans le moindre remords,
Celle qui pourfend, casse, et pourtant qu’on encense
Ainsi qu’une vertu dont on compte les morts.
Et d’autres tout-petits se jettent dans le vide
Sous le regard d’un père et d’une mère aimants,
Déployant avec zèle un plumage impavide
Attendu par la cour et quelques aboiements.
La plupart survivront en y laissant des plumes,
C’est ainsi qu’à l’école on tente d’achever
L’innocence perfide et ses œuvres posthumes
Qui meurtrit tout autant à vouloir trop couver.

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