CRÉPUSCULE
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Quand le berger, enfin, regagne ses pénates,
Ramenant son bétail à l’ombre des abris,
Il laisse innocemment aux âmes incarnates
Le plaisir de vaquer à leurs sauts de cabris.
Nourri de bleu, d’orange, et d’ombres en pâture,
Un être vespéral émerge de son trou
Pour goûter en secret la mystique nature,
Silhouette de goule, allure de garou.
Et quand le feu s’éteint au loin, lui se rallume,
Le pelage dressé par un puissant frisson,
C’est l’heure du retour et du plaisir posthume,
Le moment de plonger dans l’herbe et le buisson.
Crépuscule, tombeau plus profond que l’abysse
Où l’apostat s’endort en te prenant les bras,
Te revoilà ce soir cet idéal complice
Capable d’étouffer le monde dans ses draps.

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