NUIT
Une minute de lecture
Ô nuit, fidèle nuit, baume au front du penseur
Allongé sur le sol, souffreteux et livide,
Accueille encor ce soir, de l'esprit qui se meurt,
L'angoisse vaporeuse en ton immense vide.
Laisse-la déposer autour de tes bijoux
Sa féconde noirceur et la joindre à ce voile
Recouvert lentement d'un nuage jaloux
Qui comme notre essence à ta robe s'entoile.
Regarde-nous voler dans tes reflets d'onyx
Où l'on croise parfois les rimes d’un poète,
Pleines de souvenirs, de noctis et de Nyx,
Et mille moribonds chantonnant à tue-tête.
De là-haut, l'on peut voir tous ceux de ton harem
Revenus se lover dans tes seins de vestale
Et glisser dans ta nuque un doux carpe noctem,
Le cruel et l’ultime avant l'aube fatale.

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