22 janvier 2026

2 minutes de lecture

J'ai le cœur au bord des lèvres, l'âme en peine en ce jour si gris, si triste.

Les semaines ont laissé place aux longs mois de douleur, de deuil, à tenter d'atteindre sans jamais y parvenir. Aujourd'hui, une porte se ferme, semblable au chapitre d'un livre que l'on termine sans pouvoir le relire ou l'apprécier. Sans pouvoir traîner le regard sur ses lignes, survoler les mots qui sont pourtant à jamais gravés sur un papier qui finira par jaunir avec le temps. S'user, comme se fatiguent des larmes qui ne veulent plus couler. Cette mer de désolation ne fait que croître, elle s'étend sur des kilomètres qui me paraissent infranchissables.

Comment aurais-je pu imaginer que ton décès fasse tant de bruit, laisse trop de cris et de cauchemars qui restent muets, à jamais silencieux. J'aimerais les hurler, faire entendre ma peine et mon chagrin, mais peut-être est-il trop tard pour faire s'élever ma voix.

Aujourd'hui, ta maison s'est close, tes biens ont été ôtés, comme on jette un mouchoir usagé. Tes souvenirs se sont dissipés, désormais, plus rien ne demeure, tout est détruit, évaporé. À mes yeux, c'est comme si on refusait de te laisser vivre à nouveau, comme si ton existence n'avait jamais eu d'importance dans ce monde trop grand, trop fou. Et personne ne comprend, cette douleur qui me brise, cette rage qui me fige.

J'ai tenté de leur parler, j'ai osé leur demander mais la réponse m'a ébranlée. Même une photo, ils ne me l'ont pas laissée. Je sais, c'est insensé, moi-même, je ne parviens pas à comprendre pourquoi j'ai si mal, pourquoi les souvenirs commencent à s'estomper. Je crois que j'ai déjà oublié le son de ta voix. Pas ton visage, non pas encore. Mais ce moment viendra et là, il ne restera plus rien de toi. Seulement ton prénom qui résonnera dans une nuit infinie.

Sous un ciel voilé d'obscurité, il ne survit que la stèle glacée, la plaque fissurée où s'effacera également ton nom avec le temps.

Il pleuvait lors de ton enterrement. Des traînées glacées pour un jour d'été morose et probablement éreinté. Aujourd'hui encore, les nuages pleurent les larmes que je peine à laisser s'échapper. J'ai peut-être déjà trop pleuré. Mon enfance, que tu as abîmée ; mon adolescence, que tu as hantée ; et cette vie de jeune femme, que ton suicide a dévastée.

Je pensais pouvoir te haïr, j'ai réalisé que, malgré tout, malgré le mal que tu as fait, j'ai le cœur trop marqué par ton absence pour que ma rancœur puisse s'élancer.

Aujourd'hui, les clés ont été rendues, la porte s'est refermée à jamais. Comme on clôture un chapitre à l'imparfait, comme un moment qui, en un battement de cils, appartient au passé.

Mes mots ne sont pas parfaits, mais mon cœur n'est toujours pas pansé. Alors en ce jour gris et terne, je t'offre toutes mes pensées.

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