Ce qui mérite d’être dit
Faut-il tout dire ?
Au collège, j’ai étudié Le Misanthrope de Molière, et cette question me revient souvent à l’esprit.
Dans cette pièce, Alceste défend une vérité absolue, sans détour, sans compromis. Il refuse les non-dits, les arrangements sociaux, les petites falsifications du langage. Mais face à lui, le monde lui montre que la vérité brute, dite sans nuance, peut parfois blesser, isoler, ou même détruire les liens qu’elle prétend purifier.
Avec le temps, cette idée m’a marqué. J’ai compris que la parole n’est pas seulement une question de vérité ou de transparence, mais aussi de contexte, de mesure, et parfois de silence car dire n’est pas toujours libérer, et se taire n’est pas toujours cacher.
Dans mes relations, j’ai longtemps cru que tout partager était une forme de confiance absolue. Comme si l’amour ou l’amitié ne pouvaient exister que dans une transparence totale, sans zones d’ombre. Mais la vie m’a appris que certaines pensées n’ont pas besoin d’être dites pour exister, et que certaines vérités, lorsqu’elles sont livrées sans filtre, peuvent parfois blesser plus qu’elles n’éclairent.
Aujourd’hui, je pense que la vraie question n’est peut-être pas de tout dire ou de tout taire, mais de savoir ce qui mérite d’être partagé et ce qui doit rester dans l’espace intérieur de chacun. Le silence n’est pas toujours un mensonge. Il peut être une forme de respect, pour soi comme pour l’autre. Comme dans Le Misanthrope, il existe peut-être un équilibre fragile entre vérité et humanité.
Fred kenny fotso

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