Chp 28 - Le Démon
La lourde porte s’ouvre avec un bruit sinistre. Cela fait un bout de temps que je n’étais pas descendu. Megane, derrière moi, pose un pied prudent sur le dallage en marbre. Avec le maillot de bain qui met en valeur son corps sculptural, et le voilage rouge de son paréo, elle ressemble à une véritable déesse, venue en visite chez un cousin de l’Olympe.
— Tout le rez de chaussée de la maison fait partie du temple, lui annoncé-je. Ici, on se trouve sous la terrasse. À l’époque où mes parents ont construit, il n’y avait qu’un bosquet de cyprès, ici, et quelques colonnes. Ils ont restauré ce qu’ils ont pu et ont bâti par-dessus.
— Et l’ermitage ? demande Megane. Là où vivaient les moines.
— L’ermitage, c’est les appartements des invités, les communs, la piscine et les hangars à bateaux. L’ogre ne voulait pas que la maison soit sur les habitats des moines, il disait que ça convoyait une mauvaise énergie.
Megane hausse la tête lentement. Ses longs doigts se posent sur une colonne cannelée, qu’elle caresse pensivement.
— C’est magnifique, en tout cas, dit-elle en levant la tête sur le haut plafond, les frises et les peintures d’inspiration minoenne des murs.
— Viens. Je vais te montrer le sanctuaire.
Elle me suit dans l’atrium.
— Mes parents se sont inspirés du temple de Dionysos Eleuthereus de l’Acropole, expliqué-je à Megane. Au départ, ils voulaient commander une statue d’or et d’ivoire comme celle du temple, mais en plongeant dans la crique – celle où tu voulais que j’aille me faire bouffer la bite par des murènes -, ils ont trouvé… ça.
Je ménage mon effet, pas peu fier. Et d’ailleurs, la réaction de Megane me montre que j’ai bien fait.
— Superbe… murmure-t-elle devant la statue du dieu. Ils l’ont vraiment trouvée dans la mer ?
— Oui. Elle avait jetée là par les premiers moines venus s’installer sur l’île… elle est sacrément bon état, tu ne trouves pas ? Bien sûr, ma mère l’a faite restaurer. Mais pour un bronze archaïque – elle l’a daté au VI° siècle avant notre ère, à peu près -, c’est vraiment extraordinaire.
Megane tend la main vers la statue.
— Je peux la toucher ?
— Vas-y.
Je la contemple alors qu’elle caresse presqu’amoureusement le métal froid. Elle a l’air fascinée. Ses yeux sont fixés sur le visage du dieu, les boucles stylisées qui coulent sur ses épaules et la couronne de vigne sur sa tête. Puis ses yeux tombent sur l’autel.
— C’est là que…
— Oui, réponds-je sans la laisser formuler sa question. C’est là qu’on dépose les offrandes. À ses pieds. Toutes sortes d’offrandes : le sang, mais aussi le sexe. Et ensuite, on badigeonne le produit de ces sacrifices sur les pieds de la statue.
Megane retire sa main.
— Comment ça se passe, exactement ? demande-t-elle.
— Les rôles rituels sont tenus par les sacrifiants : ceux qui amènent des offrandes pour récupérer du pouvoir. Les membres du Cercle. D’habitude, ils fournissent les filles. Mais cette fois, je leur ai demandé de ne pas en amener. J’ai dit que j’avais l’offrande ultime.
— Qui est ? demande Megane, un peu sur la défensive.
— Toi, lui dis-je avec un sourire. Ils s’attendent à ce que je me sépare de toi cette nuit… après t’avoir forcé à servir de biche pour toute l’assemblée. Mais évidemment, ça n’arrivera pas. C’est moi le sacrificateur, l’archonte de la cérémonie. Et toi, tu seras ma vestale. Au moment crucial, je retournerai le couteau sur le vieux Kelmendi, puis, tout de suite après lui, sur son allié, le chef de la famille Mazev. Ensuite, ce sera le Vesoranamy… et les neuf autres.
— Tu crois qu’ils vont te laisser faire ? Ils seront armés, objecte Megane.
Je secoue la tête.
— Non. Tout le monde doit déposer les armes à l’entrée, et les gardes du corps attendent dehors. On ferme les portes. Ils seront piégés. Je serais le seul à avoir une arme… et je les massacrerai comme des moutons.
— Je veux une arme, moi aussi, intervient Megane. Ton flingue.
— On ne peut pas faire entrer d’armes à feu ici. Il y aura un portique, devant la porte, et tout le monde sera fouillé, tout comme le sanctuaire juste avant la cérémonie. Cela fait partie du rite : tous les membres du Cercle vérifient si tout est ordre, afin que personne ne puisse trahir.
— Tu vas me laisser sans arme parmi ces cinglés, alors qu’ils s’attendent à ce que je sois sacrifiée ?
— Non. Je vais mettre mon arbalète sur la statue d’Artémis, dans cette alcôve. Ça ne choquera pas les participants. Artémis est sensée avoir un arc.
— Une arbalète… et les flèches ?
— Elles seront dans un carquois, sur son dos.
Megane acquiesce, pensive.
— C’est mieux que rien, j’imagine.
— On n’a pas la choix, de toute façon. Et ensuite, il faudra s’occuper des hommes de main. Il y en aura peu, car seuls les membres du Cercle sont conviés à la bacchanale. Mais il y aura les fils. Notamment les dix Kelmendi.
— Qu’est-ce t’as prévu, pour eux ?
— Une variante du taureau de fer. Je vais mettre le feu à l’atrium.
— Et la suite ? demande Meg d’une voix dure. Car le plan, tu le connais, Damian. J’ai toujours été honnête avec toi. T’es sur la liste.
La liste. Sa fameuse liste.
— Quand tous les membres du Cercle seront morts, normalement, tu auras tout oublié de ce que t’a fait subir mon père, lui dis-je. Si c’est le cas, cela voudra dire que Dionysos a accepté mon offrande. Dans le cas contraire…
Je baisse un peu la voix, et les yeux, avant de la regarder à nouveau, déballant sous ses yeux l’arme rituelle que je suis allé chercher dans le bureau.
— Je te laisserais me tuer avec le kriss. La dernière offrande… Et la boucle sera bouclée.
Meg garde le silence, le regard rivé sur la lame qui brille sur le carré de velours noir.
— C’est tout ? finit-elle par dire. Et tu me laisse là, avec tous ces cadavres ?
— J’ai fait un testament à ton nom, afin que tu hérites de toute la fortune des Kyanos. Je pense que tu l’as bien mérité… et puis, tu as mis au monde mon demi-frère. Tu auras besoin d’argent pour l’élever. Dans le bureau, il y a les numéros de gens de confiance, qui ont travaillé directement pour moi ou mon père, et ne sont pas liés au Cercle. Dont une équipe de « nettoyeurs ». Ils viendront faire le ménage : tout ce que t’auras à faire, c’est d’attendre là-haut. Tu pourras même t’installer dans la maison, si tu veux… ou la vendre. Ce serait sans doute mieux. L’héritage de ma famille pèse sur ce lieu.
Megane croise les bras. Je la sens nerveuse. Ce qui est compréhensible.
— Trop généreux de ta part… murmure-t-elle en mordillant son pouce. Il y a une condition, j’imagine.
— Il y en a une. Ne dis rien à ton fils sur notre famille. Qui était mon père, son père avant lui. Les liens avec le Cercle, tout ça. Ce n’est pas vraiment une injonction, mais un conseil. Mieux vaut repartir de zéro.
Je marque une pause. Il y a une chose que j’ai oubliée.
— Ah, oui. Très important… il faudra que tu me coupes la tête et brûle mon corps, après m’avoir percé le cœur. Tu te sens capable de le faire ?
— Oui, répond-elle froidement.
Sacrée Megane. Jamais prise au dépourvu.
— Je n’en attendais pas moins de toi. Tu feras tout ça avant l’arrivée des nettoyeurs. Ils ne te demanderont rien – ce n’est pas leur boulot – mais mieux vaut qu’ils ne voient pas mon corps.
— Je le jetterai dans la mer, dit-elle méchamment.
Malgré moi, je sens un frisson me traverser. Dans la mer. Avec elle.
— Fais pas ça. Si la légende dit vrai, je me trainerais sur la plage et je reviendrais te hanter. Et je serais sûrement moins conciliant que je le suis maintenant. T’entends ça, Megane ? Si tu n’accomplis pas le rite jusqu’au bout… je reviendrais pour toi, et cette fois, même ce que t’a fait subir mon père ressemblera à une caresse, à côté, menacé-je.
— Je ne crois pas aux vampires, raille-t-elle. Même si je reconnais qu’en t’en es un, au sens figuré.
OK. Elle a la mémoire courte.
— Tu te souviens quand t’as essayé de tuer mon père, et qu’il continuait à te baiser même avec le cœur percé ? lui rappelé-je. Si je ne lui avais pas coupé la tête, et si j’avais pas brûlé son corps ensuite, il serait encore là, à te pilonner contre un mur. Alors arrête de faire la maline : je sais que tu t’es quasiment pissée dessus en voyant que tes coups ne lui faisaient strictement rien.
Elle me regarde, les sourcils froncés.
— Parce que c’était un genre de monstre, une force de la nature…
— C’est bien ce que je dis. Un vampire. Un strigoï, un vrykolakas.
— Le problème de ta famille, Kyanos, lance Megane, c’est que vous êtes empêtrés dans des superstitions d’un autre âge. J’ai vu ces bouquins dans la bibliothèque de ton père… même lui, en était conscient. C’était un sale pervers, un monstre sociopathe, mais je reconnais qu’il était très intelligent. Il s’est auto-analysé, il était lucide, au fond, sur son cas…. Il savait que cette histoire de vampire était un stigmate, un traumatisme hérité de son père, et peut-être de son grand-père avant lui, parce qu’ils partageaient tous la même paraphilie. À mon avis, ce n’est pas pour rien si on a envoyé ton grand-père au monastère… c’était pour maîtriser ses pulsions.
Je ne peux pas m’empêcher de sourire malgré moi. Megane est tellement brillante… elle comprend tout très vite.
— C’est vrai. Mon père disait ça aussi… c’était ce qu’il appelait le « sang noir ». L’irrésistible envie de certains mâles de la famille de déflorer des vierges et de boire leur sang. De goûter leur chair. Mais cette « maladie » ne touchait pas tout le monde. Michail y a échappé…
— C’est ce qui est raconté dans l’un des bouquins de ton père, confirme Megane. Je l’ai un peu feuilleté, ce matin… comment une obsession se transmet de génération en génération, de façon inconsciente, formant toute une lignée de criminels ou de grands traumatisés, qui reproduisent tous le même schéma. T’es en plein dedans, Damian. Et d’ailleurs, tu deviens comme ton père.
— C’est pour ça qu’il faudra me tuer. Comme on tue les vampires. C’est ça, ou tu devras céder à mon obsession et me donner ce que je veux. Tu ne seras jamais tranquille, sinon. Parce que moi, je ne te laisserais jamais t’éloigner de moi, Megane. Je viendrais te visiter toutes les nuits.
— Comme un vampire, je sais, soupire-t-elle. J’imagine que je vais devoir m’en arranger. Jusqu’à ta mort, du moins.
Elle grimpe sur l’autel.
— Qu’est-ce qui se passe si on baise ici ? me lance-t-elle, provocante. Est-ce que c’est considéré comme un sacrilège ?
— Non… plutôt une offrande, dis-je, un peu troublé.
Megane s’allonge sur la dalle. Elle joue avec son paréo rouge – je sais pas où elle a trouvé ça - , et me regarde, sa crinière qui retrouve déjà sa couleur incendiaire, décolorée par le soleil et la piscine, étalée sous elle.
— Viens, Damien, dit-elle doucement. Viens prendre ton offrande.
— Quelle offrande ?
— Ce corps que je t’offre, pour que Dionysos m’écoute et réalise mon vœu. T’es le sacrificateur, non ? Et t’es un vampire. Alors fais couler mon sang. Goûte ma chair.
Je déglutis, le cœur battant la chamade. M’approche d’elle. Et lorsque je brandis le kriss malais, elle tressaille. Tout de suite, ça la fait moins rire.
— Ne plaisante pas avec ça, murmuré-je. C’est du sérieux. Je t’assure. Tu le constateras bientôt.
— Je sais, dit-elle en tirant son soutien-gorge vers le bas pour dévoiler ses seins. Tu m’as mordu à sang, hier.
Je lâche son regard d’absinthe pour ses seins. Elle porte un pansement sur son mamelon droit. Et bizarrement, alors que je n’ai jamais eu de scrupules à mordre les putes que je baisais jusque-là – je leur donnais un billet en plus, pour compenser -, je me sens presque mal en voyant à quel point je l’ai blessée.
— Je suis désolé… je ne voulais pas te mordre aussi fort, murmuré-je.
— Mais t’as pas pu t’en empêcher.
Non. C’est vrai. J’ai pas pu m’en empêcher.
— Et tu continueras, si je te laisse faire, ajoute-t-elle.
C’est vrai aussi.
— J’adore ça, murmuré-je. C’est dans mon sang. Je t’avais dit que j’étais un vampire… fils et petit-fils de vampire.
— Alors viens me mordre, si t’es vraiment un vampire. Viens sucer mon sang.
Elle enlève le pansement, lentement. Je regarde son téton tuméfié, me rappelant des terribles marques de dents que lui laissait mon père sur les cuisses, le cou, et les seins.
Je suis aussi pervers que lui. Et il le savait, il le sentait. Megane le sent aussi. Et pourtant, elle écarte les cuisses, et me fixe, offerte, m’invitant à la prendre.
— Je… c’est vraiment ça que tu veux ? demandé-je.
— T’es étonné que je puisse avoir envie de toi ? Tu m’as tenté toute la matinée, Damian, et hier, tu ne m’as même pas fait l’honneur de ta queue. Alors, viens, maintenant. Puisqu’on doit se concilier Dionysos, et qu’on va peut-être se faire massacrer tous les deux par une horde de mafieux qui veulent notre tête. Tu m’as dit que le sexe était une offrande… alors viens. Prends-moi fort. Défonce-moi, puisque c’est ce que le dieu demande.
Je peux pas lui dire non. Et l’expression de son visage, la façon dont elle me regarde, l’œillade provocante d’une pute qui fait le tapin mais aussi apeurée qu’une proie aux abois, me fait perdre toute retenue. Je réprime un grognement, arrache mon T-shirt et libère ma verge de mon pantalon, déjà prête à la remplir, alors qu’une énergie bestiale monte dans mes veines.
Je grimpe sur l’autel, me positionne au-dessus d’elle, les deux bras tendus et les mains sur les siennes. Dès que j’emprisonne ses bras et contraint ses mouvements, Megane abandonne ce regard de catin invitante qu’elle affichait à peine deux secondes avant. Elle papillonne des paupières comme si elle sortait d’un long sommeil, et s’abandonne, étalée sur le marbre blanc comme une poupée dans un nuage de sang. Tellement habituée à être attachée, restreinte… Lorsque je pose ma main sur sa gorge, elle halète, les joues rouges, la bouche humide. Je me penche, et lèche son téton meurtri.
Je glisse ma main entre ses jambes, fait rouler son bas de maillot sur ses cuisses fuselées. Elle est trempée, putain… déjà ! J’effleure la marque de sa soumission au clan, trace la ligne de ses lèvres entrouvertes de mon index, mais elle pousse ma main plus loin. Derrière… et se mord la lèvre en gémissant quand mon doigt trouve le petit renfoncement de chair caché là. En découvrant qu’il palpite de désir, je sens ma queue se gorger d’un nouvel afflux de sang.
C’est pas vrai. Elle a envie de ça…
— C’est ça que tu veux, ma belle ? lui soufflé-je doucement à l’oreille. Tu es sûre ?
Elle ne me répond pas. Mais quand elle se retourne, me présentant ses fesses magnifiques et le petit anneau richement innervé qui n’attend que ma queue pour l’ouvrir, je me sens défaillir. Elle me regarde par-dessus son épaule, et l’expression de vulnérabilité, de soumission, de honte et de désir que je vois sur son visage me bouleverse.
Elle veut que je la prenne là. Elle me fait ce cadeau, à moi… mais elle n’ose pas me le dire.
Je me penche sur elle, caresse son dos massacré par ma propre main, le canevas de cicatrices sur le visage toujours fier, et plus que jamais sauvage, de Méduse.
— Oui, mon amour, murmuré-je en caressant ses cheveux. Tout ce que tu veux. C’est un honneur, pour moi.
Et je positionne mon membre sur son entrée mouillée de son propre musc.
J’ai peur de lui faire mal. Je sais ce que ça a été pour elle, d’apprendre à trouver le plaisir de cette façon. Un dressage impitoyable, cruel, sous la férule du plus terrible des Maîtres. Mais le désir que j’ai d’elle me fait perdre toute rationalité, toute volonté. Il ne reste que l’appétit charnel. La soif, la faim que j’ai d’elle. Alors, je m’enfonce en elle, précautionneusement, centimètre par centimètre. Voir ma queue bandée, si énorme et engorgée, s’engouffrer entre ses fesses en écartant ce petit œillet rose et timide comme une bouche récalcitrante, c’est…
Putain. Son cul est aussi parfait que sa chatte. Une gaine de soie et de velours, qui m’enserre juste comme il faut.
Elle laisse échapper un geignement si vulnérable que j’en chialerai presque… si je n’étais pas aussi excité. Je ferme les yeux, et me mords la lèvre violemment. Si elle continue à m’exciter comme ça, je vais la casser sur l’autel, c’est pas possible.
Je ressors ma hampe sur toute sa longueur, et l’enfonce à nouveau, moins lentement cette fois, les yeux braqués sur la grosse veine épaisse qui court sur ma verge, soudain compressée par cet étui de pur délice. Elle m’avale tout entier, elle prend ma queue jusqu’au fond, bordel… quelle femme.
Mais Megane n’a pas fini de me surprendre, ni de m’achever. Parce que cette fille est insatiable. Prendre une bite bien épaisse ne lui suffit pas : il faut que ce soit intense, extrême. Elle râle à chaque fois que je tape mes hanches sur ses fesses rebondies, mais ça ne l’empêche pas d’en vouloir, plus, toujours plus.
— Bébé, plus profond… gémit-elle en poussant docilement ses hanches vers moi.
Sa voix me rend fou. Bébé. Je crois que c’est la première fois que je l’entends m’appeler comme ça. D’habitude, c’est « salopard », « salaud », ou « sale démon ».
Je la pénètre plus fort, plus profondément. Lui impose un rythme plus dur. Elle voulait que je la baise vigoureusement, c’est ce qu’elle m’a dit. « Prends-moi, défonce-moi ». Je ne dois pas avoir peur de lui faire mal, de la briser. Car elle l’a déjà été, et a réussi à renaître de ses cendres.
Megane a laissé sa joue reposer sur la dalle. Les yeux mi-clos, les lèvres entrouvertes, elle s’abandonne complètement à mes assauts, agrippée les deux bras tendus au rebord de l’autel. Seuls ses geignements si féminins troublent le silence du temple, répercutés dans toute la salle. Et mon propre souffle, étrangement grave et rauque, mêlé au bruit mouillé de la chair. Le conduit étroit de son anus qui palpite autour de ma queue est un délice sans pareil. Pas étonnant que l’ogre ait pris tant de plaisir à la prendre de là… il nous en parlait souvent, lors des repas familiaux. De la fermeté, de la sensation exquise que lui procurait l’orifice de « sa belle rousse », comme il aimait à dire, me faisant enfoncer les ongles dans le bois sous la table et me mordre l’intérieur de la joue jusqu’au sang. Il était particulièrement fier d’avoir été le premier à la déflorer. « Une femme n’oublie jamais le premier homme qui l’a prise, prétendait-il. Elle n’oublie jamais celui qui, le premier, l’a fait saigner… et encore moins celui qui l’a fait jouir. » Avec Megane, il avait fait les trois à la fois.
Je lâche ses hanches, lui attrape les cheveux d’une main. Et de l’autre, je glisse mon doigt sur l’anneau qui la fait tant souffrir et jouir. Je trace des petits cercles sur son clitoris, ouvre ses lèvres. Puis j’enfonce trois doigts en elle. Un nectar parfumé de désir s’écoule sur ma main, alors que je sens ses parois se contracter de façon spasmodique, à la fois autour de mes doigts et de ma queue, toujours fermement fichée dans son anus. Son gémissement de chatte en chaleur se transforme en cri.
Elle jouit. Très fort.
Je retire ma main, mais reste enfoui en elle un moment, toujours aussi dur que l’acier trempé. Megane a le chic pour partir avant moi à chaque fois. Mais c’est mieux comme ça. Je suis là pour lui faire plaisir, pas pour user d’elle.
Elle lève le visage vers moi. Elle a l’air épuisée, presque ravagée de plaisir.
— Tu crois que Dionysos va accepter mon offrande ?
Je me penche pour l’embrasser, tendrement.
— J’en suis sûr. Si tu lui as demandé ma mort, je suis cuit, souris-je en repoussant une mèche de cheveux mouillés de son visage.
Elle ne répond pas.

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