I. Hier

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J’ai l’impression d’attendre pour quelque chose qui n’arrive pas.

Et c’est trop long d’attendre, comme ça.

Je m’enferme dans du facile, je vis dans un mécanisme rouillé où tout se ressemble. Les gens sont les mêmes, et moi, je reste éloigné de tout cela, trop loin et en même temps trop sensible.

Et je suis triste, là. Triste de ne rien faire, triste de me sentir loin de tout.

Et j’ai un peu bu, du vin, là, et ça faisait un moment que je n’avait pas touché à ça. Ça n’est pas super, finalement, ça donne soif et ça fait tourner la tête, point. Mais j’aime bien le goût du vin dans la bouche, ça fait fort et épais, et sensible et distingué à la fois, et tellement fruité.

Et je n’ai plus le cœur à grand-chose.

Et ils parlent. Beaucoup. Trop pour moi.

Et j’écris, mais ça me déprime, enfin … disons que ça m’excite de moins en moins. Trop de fond. La forme m’ennuie. Toujours des lettres, toujours les mêmes. Ça manque de couleurs, de musique, de stimulus. Et la musique m’ennuie aussi.

Vous savez, c’est bien, je parle de ça parce que ça me plaît d’écrire et de jouer de la musique.

La musique manque de mots, de se poser et d’arrêter, un peu de se stimuler, comme ça, et puis ça manque de couleurs. Et puis je chante mal. Et puis je ne crée plus que du caca.

Il faut que je me repose, que je dorme, vraiment ; que je dorme vraiment.

Et je suis loin.

Les interactions ont des mécaniques que je connais par cœur mais qui m’échappent.

Trop content d’interagir, trop frustré de ne plus.

Un sentiment d’abandon trop fort et une joie qui me donne des ailes immenses, voilà les deux sentiments entre lesquels je me balance, à moins de m’annihiler la possibilité d’émotion complexe, en finissant sur YouTube, sur des vidéos que je me force à aimer alors que je m’en fous, et qui me complaisent dans ma débilité de l’Homme qui chasse, de l’Homme qui crie et de l’Homme qui baise.

Alors, voilà, je ne suis rien et ça ne concerne que moi, je suis loin des autres, et le pire dans tout ça, c’est que je n’arrive même pas à le pleurer.

La mer est basse

J’attends sagement

Le prochain câlin

Quelques petits poèmes, CHAPITRE III. Le Feu

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