Chapitre 12

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(〃 ̄︶ ̄)/ Rockabye by Clean Bandit and Anne-Marie\( ̄︶ ̄〃)

Me voici de nouveau seul dans ma chambre... Ma mère apparait sur le seuil. Quel heure est il ? Je laisse mon regard s'en aller vers la fenêtre. La nuit est tombée. Combien de temps suis-je resté allongé là, sans pensées à rien, à regarder le plafond sans le voir ? 

- Camille. Il faut qu'on parle sérieusement.

Parler sérieusement ? Avec ma mère ? Je me souviens précisément de la dernière fois que j'ai fait ça, c'était à la mort de papa, toute trace de bonheur avait disparue du visage de ma mère. On avait parlé pendant des heures, de comment se relever, de que faire, des souvenirs, des paroles. Je me souviens qu'elle avait pleuré, moi aussi mais je serais incapable de dire lequel de nous deux avait ouvert les vannes en premier. Je me redresse et croise son regard, ce ne sont ni des larmes, ni de la colère que je vois dans ses yeux, simplement une résolution ferme soupoudrée d'inquiétude. Elle s'assoit à mes côtés sur ce lit trop petit pour deux personnes :

- Ecoute, je ne suis pas aveugle tu sais ? Je sais que je ne suis pas souvent présente mais je te vois. Depuis que ton père est parti, tu as changé, tu est devenu encore plus sombre que tu ne l'étais déjà mais depuis quelques mois, tu paraissais aller mieux. Tu me parlait de nouveaux, tu souriais plus. Et je ne te parles pas de ta rencontre avec Luc qui t'as fait revivre. Une vrai étincelle ! Seulement, c'est comme si ça n'avait duré que trois jours, voila deux semaines que tu rentres directement dans ta chambre le soir, je ne suis même pas sûr que tu manges... Qu'est ce qu'il s'est passé mon ange ? Vous vous êtes disputés ? S'il a fait quelque chose de mal, je vais lui casser les dents !

Et elle a dit "sérieusement" ? L'imaginer face à Luc me fait rire, elle ne lui arriverai même pas à l'épaule...

- Il n'a rien fait maman... C'est moi, ça a toujours été moi mais cette fois, c'est bien pire...

Je me laisse retomber sur le dos et elle vient poser sa tête contre mon torse, elle faisait souvent ça durant les semaines qui ont suivit la mort de papa, elle disait qu'elle avait besoin d'entendre mon cœur battre et que ça la rassurée de me savoir en vie contre elle.

- Je suis sûre que tout n'est pas de ta faute mon chat. Racontes moi... Je suis là.

Alors, je lui dis tout, absolument tout, je ne sais pas si elle me croira, après tout cette histoire est tordu, je m'en rends compte en sortant ces phrases que, quelques mois plutôt j' aurais cru tiré d'un livre de Tolkien ou de Jacques Cazotte. Mais je suis incapable de me taire maintenant que je suis lancé, tant pis si c'est interdit, tant pis si elle me prend pour un fou. Plus rien ne va alors je n'ai rien à perdre. 

- Et maintenant, j'apprends que si je revois ne serais ce qu'une fois l'homme que j'aime, l'humanité part en fumée !

Ma mère se redresse et passe sa main sur mes joues là où mes larmes silencieuses ont tracés de léger sillons sombres sans que je ne m'en rendes compte. Elle ne dit rien et m'attire dans ses bras, je respire son odeur, j'aimerai rester comme ça pour toujours. Doucement, mes paupières se ferment et je me laisse tomber dans les bras de morphée.

*****

Lorsque je me réveilles, aucun de nous deux n'a bougé. La respiration de ma mère est lente et douce, elle s'est assoupie. Je me détache de son étreinte sans la réveiller. Les rayons du soleil percent les volets du salon, diffusant une douce lumière sur le vieux parquet. Il doit faire beau, encore, et chaud vu la température qu'il fait dans la pièce, comme toujours. Mon téléphone indique 6 heures du matin, c'est seulement maintenant que je me rends compte de la date d'aujourd'hui : le 11 février. L'anniversaire de ma mère, j'avais complétement zappé. Je profite de l'heure précoce pour préparer le petit déjeuner, je prépare des pancakes "façon papa", c'était la tradition du dimanche matin. Ils ne seront surement pas aussi bon que les siens mais tant pis, l'important est de lui faire plaisir. Je les dispose dans une assiette et la dépose sur la table, j'en prends deux et sors. Le GPS m'annonce dix minutes à pieds jusqu'au fleuriste le plus près, j'espère qu'elle ne sera pas levée avant mon retour. Je profite de ces quelques minutes pour respirer et mettre de côté cette histoire qui m'écrase le cœur. J'ai la chance d'arriver chez un fleuriste qui possède une grande variété de fleur, je parviens à trouver des amaryllis et des alstroemarias, ses fleurs préférées, qui sont d'ailleurs celles tatouées sur nos mains gauches respectives.  

Je rentre discrètement chez moi, maman n'est pas encore réveillé. Je dépose les fleurs dans un vase et redescend pour aller ouvrir la boite aux lettres et chercher le courrier de la semaine. Il y a tout un tas de magazines, de pubs, une facture et une lettre qui... m'est adressée ? Qui aurait eu envie de m'écrire ? Et surtout qui est-ce qui envoie encore des lettres au vingt et unième siècle ? L'expéditeur n'est pas inscrit sur l'enveloppe, je l'ouvre tout en remontant les escaliers. A la lecture de ces premiers mots, écrient en noir, d'une écriture penché, brouillonne et toute en pointe, que je reconnais presque immédiatement, je me fige devant ma porte :

Camille,                                                                                                                                                                                    C'est mon frère, Ange, qui a déposé cette lettre dans ta boite au lettre quand il est venu te voir. Je lui ai demandé avec toute la gentillesse dont j'étais capable, promis. Je suis désolé de ne pas être venu te voir moi même, mais comme il te l'a surement dit, je ne voulais pas risquer de faire exploser l'humanité même si c'est pourtant préférable, pour moi, que d'être séparé de toi. Seulement, je préfère encore t'écrire que lui faire passer ce message pénible. Ecoutes, tu t'en ai certainement rendu compte, notre histoire est interdite par conséquent complexe, même impossible. Je ne pourrai plus jamais remettre un pied sur terre sans te faire du mal à toute l'espèce humaine et à toi par la même occasion, hors, te mettre en danger est la dernière chose que je souhaites, alors il faut que tu m'oublie. Moi et tous ce que je t'ai dit. Et vite. Continue à vivre en te souciant seulement de problèmes de vivants d'accord ? Je suis conscient que je te fais souffrir en étant absent et je déteste ça. Tu ne pourras que mieux te porter sans moi, crois en mon expérience, quoique en matière d'amour je n'en ai pas.

Avec tous mes derniers sentiments, 

Lucifer.

Alors... C'est comme ça que ça se finit ? L'oublier ? Vite ? Bon sang, mais est ce que c'est les années ou la chaleur qui l'empêche de réfléchir ? Les flammes lui ont cramé le cerveau ou quoi ?! J'entends le parquet craquer derrière la porte, signe que ma mère est debout. Mes yeux me brulent et je sais que les larmes montent, mais je ne pleurerais pas, pas aujourd'hui. Je ll'Je me fabrique un sourire et entre...

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