Chapitre 19

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ಥ_ಥNothing break like a heart recovery by Damiano Davido(TヘTo)

- Tue moi.

Ces mots résonnent en moi. Qui les a prononcés ? Qui souhaite mourir ? Je ne sais pas, je suis incapable de le dire. 

- Tue moi où je le ferais moi même.

Cette voix est si grave, si rauque, on dirai qu'elle fait trembler le sol pourtant elle fait naitre d'agréable frisson dans mon dos. Je ne veux pas qu'elle s'arrête, je veux l'entendre à nouveau, je me sens en sécurité lorsqu'elle retentit dans le noir de mon esprit. Mais pourquoi a t'elle l'air si triste ? Triste ou en colère ? Je ne saurais dire. Qui parle ? 

- Alors fais le, je t'en pris, tu as son sang sur les mains pourquoi salir les miennes. Moi je ne te tuerai pas. 

Cette voix là m'effraie, elle ne porte aucune émotion. Je l'ai déjà entendu avant. Qui avait il avant ? Qui sont ils ? Et moi, qui suis-je ? Où suis-je ? Une douce chaleur se repend autour de moi et mes sens se délit petit à petit. Je reprends conscience de mon corps, j'entends les battements de mon cœur, ils sont si faible... Suis-je en train de mourir ? J'ai mal, une douleur sourde au creux de mon estomac. Je n'arrive pas à faire le moindre geste, de mes doigts à mes orteils rien ne semble obéir à ma prière silencieuse. Mes yeux refuse de papillonner, ma bouche reste fermé. 

- Lucifer... Il y a forcément un moyen...

Une troisième voix. Et ce nom qui, étrangement, me réchauffe le cœur. La chaleur se rapproche encore. Quel est ce son que j'entends ? Est-ce des sanglots ? Qui pleure ? La chaleur est là, juste autour de moi, si près, mais elle ne me brûle pas. On dirai les caresses du soleil sur ma peau. Je sens un goutte d'eau s'échouer sur ma joue, puis une seconde. La douleur s'intensifie.  Le soleil amène t'il toujours la pluie ? Est-ce que l'inverse marche aussi ? Puis je sens ses lèvres se poser sur les miennes, ses larmes ajoutant un gout salé à notre baiser. 

D'un coup, c'est comme si toute la Douleur s'évanouissait, remplacer par une adorable et douce fournaise. Mes sens reprennent leur place. Les fourmillement qui étaient présent de mes mains à mes épaules s'estompent. Les sanglots se font plus bruyant. Qui pleure ? Les lèvres se retirent et je crois que je pourrai pleurer, moi aussi. Comme eux. Un semblant de force me parvient et j'ouvre doucement les yeux. Il fait sombre ici aussi, mais moins que dans mon esprit. Au dessus de moi, les étoiles semblent me parler, puis je croise ces yeux, ses yeux incandescents. L'eau et le feu se mélangent dans son regard mais aucun ne parvient à éteindre l'autre. Ils s'écarquillent et de nouvelles larmes glissent de ses joues aux miennes. Sa main chaude les essuis et je me souviens. Je me souviens.

C'est comme si ma vie repassait devant mes yeux, les images défilent, les premières sont flou, puis de plus en plus nettes. Je revois le visage de mes parents plus jeunes, le chien que j'avais petit, les souvenirs simple mais si important, puis l'annonce de la mort de papa, son enterrement, les larmes de ma mère, sa dépression, l'accident de la table, son sourire qui revient, le premier jour au collège, les premiers jours dans les collèges qui ont suivit, ma solitude, mon premier copain, la première tromperie, le passage au lycée, le premier jours dans d'autre lycée, le déménagement, Lucifer, le nouveau lycée, la nouvelle langue si compliqué, Lucifer, le baiser du diable, sa disparition, la solitude à nouveau, la lettre, le retour de papa, les larmes, les excuses, la Fureur, l'apparition de Dieu, l'enlèvement de maman, la Douleur, le sol qui tremble, l'immeuble qui s'écroule, la Douleur encore et le vide.

La pièce qu'Il m'avait arraché se remet en place, le puzzle se complète. Je sais qui je suis désormais et je sais qui il est. Je suis Camille Lacour, ce garçon à l'allure de marginale qui a perdu son père dans un incendie mais a qui il reste la meilleure des mères, qui n'a jamais passé plus de quelques mois dans un même établissement, qui n'a jamais vraiment eu d'amis. Ce garçon gay aux mains tatouées qui est tombé amoureux du mal. Et lui, il est ce mal, il est tout pour moi et je ne veux plus jamais qu'il pleure. 

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