PRÉFACE : LA TRAVERSÉE À SEC
De la Viande à l'Esprit
On nous a raconté une histoire d'eau, de vent et de magie. On nous a menti.
Le véritable miracle de Moïse n'est pas météorologique. Il est chirurgical.
Depuis des millénaires, l'homme regarde le doigt — les vagues qui s'écartent — et rate la Lune : la formidable césarienne de l'esprit qui s'opère ce jour-là.
Car qu'est-ce que l'Égypte ? En hébreu, elle se nomme Mitzrayim. Cela ne désigne pas un pays, cela signifie « L'Étroitesse ».
C'est le triomphe absolu de la Chair sur la Conscience. C'est le règne des « eaux d'en bas », ces eaux troubles des besoins vitaux. L'Égypte est la « Niche » originelle : elle offre le pain, l'oignon et la sécurité du ventre, en échange de la léthargie de l'âme.
Face à elle, le peuple hébreu n'est pas une victime innocente. Il est l'archétype de l'Esclave Consentant.
Il se plaint, certes, mais il chérit ses chaînes. Écoutez leur cri au bord du rivage, rapporté par les Écritures elles-mêmes :
« N'y avait-il pas des tombes en Égypte, sans qu'il fût besoin de nous amener mourir au désert ? (...) Mieux vaut pour nous servir les Égyptiens que de mourir au désert ! » (Exode 14:11-12)
L'aveu est terrible. Par faiblesse devant la chair, par paresse intellectuelle, l'esclave se vautre dans l'insouciance. Il refuse la dignité de la Conscience pour préférer le confort de la matière digérée. Il aime sa misère tant qu'elle est nourrie.
Le miracle de Moïse est là. Il ne fend pas la mer ; il fend la léthargie.
Armé du seul Logos — cette Intelligence qui tranche et discerne — Moïse impose le silence au vacarme des instincts : « L'Éternel combattra pour vous ; et vous, gardez le silence. » (Exode 14:14).
Il sépare les eaux.
D'un côté, il repousse la peur panique de mourir de faim (la tyrannie du corps).
De l'autre, il contient la peur panique de la liberté (la tyrannie du vide).
Mais le Ciel ne veut pas de pleurnicheurs. La réponse divine qui tombe alors est cinglante pour ceux qui attendent un miracle passif. Elle confirme que la clé est dans l'action de la conscience, pas dans la prière de l'apeuré :
« L'Éternel dit à Moïse : Pourquoi cries-tu vers moi ? Parle aux enfants d'Israël, et qu'ils marchent. » (Exode 14:15)
« Qu'ils marchent. »
Pas de magie. Une décision.
Il ouvre un chemin « à sec ».
Ce sec, c'est la lucidité. C'est le couloir étroit où la Conscience peut enfin respirer, libérée de l'humidité poisseuse des émotions et des chantages biologiques.
Ce jour-là, le peuple n'a pas seulement traversé un fond marin. Tremblant de peur face à la gamelle, il a osé l'acte le plus violent et le plus sacré qui soit : choisir la Liberté sans filet.
Le miracle n'est pas d'ouvrir la mer, mais de rétablir la cloison étanche. Moïse sépare le Liquide de la Pensée du Sang de l'Appétit. Il force l'homme à penser 'à sec', loin de l'humidité poisseuse de ses peurs.
Esclaves modernes, victimes de votre propre lâcheté, le temps est venu.
Il faut séparer vos eaux. Il faut laisser l'Égypte et ses viandes aux morts.
Il faut traverser, à sec, vers la terre de votre propre Souveraineté.
La mer est ouverte.
Oserez-vous marcher ?
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