Chapitre 25 – la bataille après la bataille

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Nath reprenait doucement conscience. Il s’était endormi… ses chaleurs avaient été particulièrement violentes. Il caressa machinalement le bras de son alpha, qui reposait sur lui. Il était lourd, chaud et étrangement agréable. Il passa les doigts entre ses poils fins, savourant cette texture amusante puis ouvrit les yeux et rencontra le regard de Kavri. Nath se figea, son souffle se coupa et il frémit. Kavri ne portait pas de muselière. L’avait-il mordu ? Il leva une main tremblante jusqu’à sa gorge, intacte. Kavri l’observait sans sourire, mais pour une fois, il paraissait vraiment là. Nath frémit une nouvelle fois.

— Qu’est-ce que… qu’est-ce que tu fais là ?

Tout en parlant, il chercha du bout des doigts une couverture à remonter sur son corps nu. Kavri ne fit pas un geste, ni pour l’aider ni pour le mettre en difficulté, seulement, il n’y avait pas de couverture à proximité. Nath se recroquevilla un peu sur lui-même. Lidseï dormait encore à poing fermé, épuisé par leur marathon sexuel.

— Vous… vous êtes pas battus ? souffla Nath.

Kavri se pencha vers Lidseï et embrassa tout doucement sa pommette. Il ne portait plus sa muselière, Kavri la lui avait retirée dès que possible. Il en avait fait autant pour l’anneau.

— Je l’aime, répondit simplement l’alpha au bout d’un moment.

Kavri n’était pas capable de défendre plus en avant sa cause. Il n’était pas capable de plaider ou de promettre quoique ce soit. Il parvenait à peine à montrer ce qu’il voulait offrir. Nath l’observa, cherchant à comprendre tout ce qui n’était pas dit, puis il secoua doucement le bras de Lidseï pour le réveiller. Il n’était pas encore en sécurité.

Lidseï grogna légèrement en se réveillant, il râla un peu avant de bâiller et de s’arrêter soudainement, surpris par l’absence de muselière. Il entrouvrit les yeux, vit Nath qui l’observait puis Kavri qui le regardait également. Il poussa un petit gémissement en refermant les yeux. Se réveiller nu, entouré des personnes qu’il aimait, ça aurait dû être la définition du paradis… mais il avait plutôt l’impression d’être tombé en enfer. Néanmoins, il devait affronter la situation avec force et courage. Alors il réouvrit les yeux.

— J’avais dit « non », marmonna Nath doucement.

Ça sonnait comme une accusation. Lidseï fronça les sourcils, observa son second amant et lui demanda directement :

— Je t’avais enfermé moi-même. Comment est-ce que tu es sorti ?

Après un court silence, Kavri répondit.

— J’ai fait ce qu’il fallait.
— Quoi ? Putain, Kavri ! Comment t’a fait ?

Sans attendre sa réponse, Lidseï se releva d’un bond. Il grimaça face aux sensations pénibles entre ses hanches, qui lui rappellaient un peu trop le bonheur qu’il avait connu. La base de son cou pulsait également, là, où il avait été marqué. Mais sans plus s’appesantir, sans non plus s’inquiéter de sa nudité, il marcha d’un pas vif jusqu’à la chambre de Kavri. Elle était visuellement fermée et la clé était sur la porte. L’alpha n’avait donc pas réussi à la défoncer ou à la fracturer d’une manière ou d’une autre.

Un peu machinalement, il testa la poignée. Fermée. De l’autre côté de la porte, un bruit sourd retentit le faisant frissonner des pieds à la tête. Il se retourna vers ses amants, catastrophés. Kavri l’avait suivi. Il était encore torse nu, mais il avait enfilé un pantalon. Il semblait désinvolte, presque absent, comme s’il n’y avait rien de grave, mais quelqu’un était enfermé à sa place ! Nath serrait un peignoir autour de son corps et le petit coup d’œil qu’il jetait à la porte d’entrée suffit à lui faire comprendre qu’il ne se sentait pas du tout en sécurité. Y avait-il le moindre risque que Kavri l’attaque pour le faire taire ? Non, trancha aussitôt Lidseï, mais ce n’était pas pour autant que leur oméga allait y croire.

— Ok. Kavri, je vais t’attacher.

Il attrapa son ami par la main, le fit s’agenouiller face à la grande fenêtre de l’appartement et referma la laisse sur son collier. En entendant le claquement sinistre, une angoisse terrible l’étreignit et il serra l’autre alpha contre son torse de toutes ses forces. Kavri se laissa mollement faire. Lidseï ne bougea pas pendant que Nath allait ouvrir la porte. Il ne savait même pas ce qu’il pouvait espérer. Peut-être seulement qu’il n’y ait pas trop de dégât physique ? Que ce soit un bêta et pas un oméga ? Oh… si c’était un oméga… Lidseï sanglota. Plus rien ne pouvait cacher la dangerosité de Kavri maintenant, mais si c’était un oméga, ce serait catastrophique.

Ce n’était pas un oméga qui sortit de la chambre, mais Maxian, qui était moins énervé d’avoir passé tout ce temps enfermé, qu’inquiet pour Nath. Il se jeta littéralement sur l’oméga en l’attrapant par les épaules :

— Ça va !? J’ai pas pu le retenir ! Merde ! Tu es entier ? Il ne t’a pas marqué ?
— Non, tout va bien.
— Et Lidseï ?! Il n’est pas blessé ? Je suis désolé, j’aurais dû faire venir quelqu’un avec moi ! Je ne pensais pas qu’il pouvait être aussi…

Il s’arrêta soudainement de parler en les voyant, du coin de l’œil, enlacés. Il se figea tout à fait et les observa en silence.

— Comme tu peux le voir, Lidseï va bien, dit mollement Nath.
— Si on oublie les morsures, tu veux dire ?

Nath sursauta. Il n’avait rien remarqué, tout concentré qu’il l’avait été sur Kavri. Il avait juste noté qu’il ne portait aucune blessure grave à première vue. Mais maintenant, il ne savait pas comment il avait pu louper l’évidence. Une marque de croc se trouvait au creux de sa gorge. Et sur son épaule… Et… Il y en avait un peu de partout. Cela ressemblait à l’état d’un oméga après qu’un alpha l’ait pris « à l’ancienne ». Merde ! pensa alors Nath. Il était encore dans le brouillard et ne se souvenait pas très bien de ses propres chaleurs, mais Kavri était là. Il blêmit un peu plus en comprenant ce qu’il s’était passé et ce qu’il se passait plus largement. Nath grimaça. Il allait devoir assurer.

— Maxian, dis-moi plutôt. Est-ce que tu es blessé ?

Le bêta porta la main à sa tête, un léger bleu était visible. Il était fort possible qu’il en ait d’autres, mais il haussa d’une épaule.

— Ça aurait pu être pire.
— Je suis désolé de t’avoir mis en danger. Comme tu peux le voir… Kavri peut s’avérer… surprenant parfois. Je vais modifier les protocoles de sécurité autour de lui.

Maxian l’observa, hésitant. Tout doucement il demanda :

— Est-ce que tu veux que je le descende en cellule en bas ? On peut le garder à l’isolement le temps que tu trouves une autre solution pour lui ?
— Non. C’est…

Nath ferma les yeux un court instant et les réouvrit. Derrière, Lidseï tremblait comme une feuille en serrant contre lui son compagnon. Nath reprit la parole avec plus d’assurance qu’il n’en avait réellement.

— Ce sont mes alphas. Ça ne changera pas. Avoir deux alphas n’est peut-être pas le plus simple, mais nous allons trouver un équilibre. Ton agression sera notée dans son dossier et je ferais tout ce qu’il faut pour que ça ne se reproduise pas. Je suis sincèrement désolé pour ce qu’il s’est passé.

Arriver à faire partir Maxian ne fut pas évident. Le bêta avait passé deux jours entiers en cellule, avec le nécessaire pour se nourrir, mais néanmoins à l’isolement. Il avait passé tout ce temps à imaginer le pire et il n’était franchement pas convaincu que Nath soit parfaitement en sécurité. Seulement, c’était lui qui dirigeait cette zone et s’il affirmait que tout allait bien, il était difficile de le remettre en question. D’autant plus que les omégas ne mentaient jamais…

Nath ne mentait pas. Il était en sécurité, après tout, maintenant, Kavri était attaché. Pourtant, à l’instant même où Maxian accepta de passer la porte, tout son corps se mit en alerte. Kavri était attaché, mais ce n’était pas le cas de Lidseï qui ne portait même pas de collier.

— Merci… merci… siffla l’alpha depuis la place où il était.

Nath hésitait. Lui mettre un collier, des menottes, les faire s’attacher… ce serait le plus sage. Seulement, il venait de passer de terrifiantes et merveilleuses chaleurs avec eux deux. Non, il fallait qu’il revoie ses priorités, mais pas de cette façon-là.

— Lidseï, tu as été noué ?
— … Oui.
— Merde… Il faut que je vérifie ton état. Viens. On retourne au lit.

Kavri remua et lança un regard noir, terrifiant à Nath qui l’observa sans bouger un court instant avant de choisir de l’affronter :

— Visiblement, nous sommes deux à tenir à lui. Alors tu vas me laisser en prendre soin. Reste ici en attendant !

L’alpha ne répondit pas, mais il ne fit pas un geste pour retenir son amant. Dans tous les cas, il était sûr de lui. Il ne l’avait pas blessé. Lidseï l’embrassa doucement sur la tête avant de suivre son oméga d’une façon si obéissante que Kavri aurait pu en hurler.

Mais Lidseï lui était prêt à obéir. Il était prêt à tout pour apaiser Nath. Ce dernier lui fit signe de se coucher sur le lit, juste après avoir rabattu une couverture propre et sèche sur les dégâts qu’ils avaient conjointement laissés.

— Est-ce que tu es d’accord pour que je regarde ?
— Oui, mais je me sens bien.

Nath acquiesça machinalement. Il était terriblement mal à l’aise avec l’idée même de ce qui s’était passé. Il tira de sous son lit une mallette de premier secours destiné normalement aux chaleurs, et sorti de là une série d’objets que Lidseï regarda avec une certaine angoisse. Contrairement aux omégas, il n’avait jamais subi ce type de manipulation. Il en connaissait d’autres, certes, mais pas celles-ci. Nath lui caressa doucement la cuisse.

— Est-ce que tu as eu très mal ?

Lidseï l’observa sans vraiment comprendre puis répondit :

— J’étais d’accord.
— Pour qu’il te noue ?
— Pour tout. Je ne suis pas blessé, mais vous pouvez regarder.

Il ne savait pas trop comment s’installer, alors il se mit à quatre pattes, tendit les fesses et attendit. Nath observa les morsures, silencieusement, posa les doigts sur les fesses musclées de son compagnon et les tira légèrement sur le côté pour dévoiler son intimité. Elle était rougie, très visiblement sensible, mais effectivement, il n’y avait pas de déchirure. Malgré tout, Nath prépara son équipement, le lubrifia et puis vint le présenter face à l’anus contracté.

— Je vais pousser, essaie de te détendre…

Lidseï grimaça et haleta lorsque l’objet se mit à le pénétrer. C’était long, interminable même, mais moins que Kavri malgré tout. Nath semblait bouger derrière lui et Lidseï serrait les dents, immobile. Ce n’était pas très agréable jusqu’à ce qu’un doigt frais ne vienne palper ses chairs, à l’intérieur même de son corps. Lidseï remua, gémit, couina même lorsque Nath vint trouver sa prostate et qu’il se mit à la palper avec insistance.

— J’ai l’impression que tout va bien.
— Euh… je… d’accord ?

L’équipement se retira en le faisant grimacer. C’était encore l’étape la plus douloureuse. Lidseï se redressa légèrement. Entre ses cuisses, son sexe s’était redressé. Il avait envie de plus, mais ce n’était pas correct. Ou en tout cas, ce n’était pas à lui d’initier ce mouvement, alors il attendit et Nath partit simplement, le laissant excité et déçu.

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