4 - Un réveil bruyant

15 minutes de lecture

22 mars

Hayden.

Welcome to a new kind of tension

All across the alien nation

Where everything isn't meant to be okay

Television dreams of tomorrow

We're not the one who're meant to follow

For that's enough to argue **

...


— Merde ! C'est quoi ce tapage bon sang !?

La tête en vrac de tout l'alcool que je dois avoir besoin de cuver dans le calme, j'ouvre péniblement un œil puis repère immédiatement l'objet du crime. Non content de beugler volume à fond comme un veau qu'on étranglerait, mon portable vibre à tout va faisant d'autant plus s'exciter ma boîte crânienne. Mes tympans bourdonnent, mon corps refuse de se dessouder du lit. Tout va bien, en somme, un réveil sinistre après une cuite en règle. Je grogne d'agacement, mue de la fâcheuse envie de le balancer dans la cuvette des toilettes. Nul besoin d'accourir pour savoir ce qu'il se passe, j'ai déjà compris.

— Il le fait exprès bordel, c'est pas possible ! Qu'est-ce qu'il ne comprend pas dans «Oublie-moi les prochaines vingt-quatre heures» ? maugrée-je la voix rauque, plus pour moi-même qu'autre chose, puisque je suis seul ici.

Et il m'a encore programmé une sonnerie à la con... je vais lui faire la peau cette fois ! Ou le virer, voire les deux en fait. Hors de question que je lui réponde, j'avais donné des instructions très claires. Ne pas entendre le son de sa voix jusqu'à mon retour à L.A. Je renvoie l'appel sur mon répondeur.

Grognon avant le café hein Hayden !

La plupart du temps, j'adore Joey, mon agent. Mais pas ce matin. Plus de onze ans qu'on travaille ensemble lui et moi, mais ce type est un peu barge sur les bords. Et c'est un euphémisme. Herrera est l'un des meilleurs dans son job, mais il peut être complètement allumé parfois. À côté de lui, un feu d'artifices le 4 juillet au-dessus de Washington c'est à peine trois pétards tirés depuis un bac à sable. Véritable bourreau de travail, un chouya tyran sur les bords, mais quand il relâche sa propre bride, il a un humour merdique ce con. La preuve...

À Hollywood dans son costume de manager et chef d'entreprise hautement respecté, ce type est une machine dans son domaine. Une pointure. Il a toujours le dernier mot lors des négociations obtenant habituellement ce qu'il veut, voire plus encore. Il connaît tout le monde et réciproquement.

Joey est connu et reconnu professionnellement. Beaucoup d'artistes en herbe rêvent d'être pris sous son aile malgré son tempérament de feu, vendraient père, mère et chien de famille pour un peu de son temps. Au début, j'ai eu du mal à me faire à son caractère et à ses méthodes. Mais j'avais besoin de lui professionnellement, à l'instar de lui qui avait besoin de moi et de ma notoriété grandissante. Il leur fallait de nouveaux clients, à lui et sa partenaire en affaire -et épouse. Leur agence venait de lancer plusieurs carrières déjà mais il leur fallait d'étoffer leur listing de talents. Mon manager précédent, bien qu'il m'avait aidé à faire mon petit trou, ne croyait pas assez en moi, n'avait ni l'étoffe ni les couilles de me mener où je voulais aller. Alors après maintes réflexions et discussions, c'est leur agence que j'ai choisie pour me représenter et gérer ma carrière.

Herrera n'était pas la seule option sur mon paillasson, mais il semblait croire en moi presque plus que moi-même. C'est dire la foi et les espoirs qu'ils plaçaient dans ma petite personne ces deux-là ! Il a quand même été nécessaire de mettre quelques points sur les i avant que je ne m'engage avec eux et eux avec moi. S'ils avaient l'ambition de devenir les meilleurs et possédaient les capacités ainsi que les moyens d'y arriver, ils avaient aussi déjà la réputation de trop diligenter la vie privée de leurs poulains.

Je savais ce que je voulais : une carrière dans le cinéma, non-éphémère cela va sans dire ; pouvoir un jour avoir le luxe de choisir moi-même mes films. Dire oui ou dire non à un scénario, voire évoluer vers la production un jour, avec un peu de chance et beaucoup d'investissement et de boulot. Pourtant même si j'étais prêt à faire certains sacrifices , je n'étais pas disposé pour autant à tout accepter. En particulier le caractère épisodiquement excessif de Joey et son aspiration compulsive de tout savoir, tout régenter, y compris la vie privée ou familiale des uns et des autres.

Il a vite dû comprendre -et accepter- que jamais je ne mettrai ma famille de côté. Jamais. J'ai souvent besoin de me retrouver auprès des miens alors bien qu'il ait la gestion de mon agenda, mes déplacements pro sur plusieurs jours sont soumis à validation. Il nous a fallu à tous une période d'adaptation, mais une fois les rouages huilés, ça a plutôt bien fonctionné par la suite. Nous sommes toujours une équipe. Ma carrière est au beau fixe depuis des années.

Évidemment il y a eu quelques accrochages et sorties de route, et je dois bien admettre qu'il en a parfois bavé à cause de moi -et de Scott qui a lui aussi signé avec lui. Mes frasques n'ont pas toujours été silencieuses. Il en a passé des nuits blanches à chercher comment minimiser nos conneries de Playboys à mon pote et moi. Heureusement pour lui, Scott et moi nous sommes vite remis sur le droit chemin et nos écarts de conduite -médiatisée ou pas- ont duré moins de dix-huit mois.

L'histoire raconte néanmoins que nous ne l'avons pas épargné, le Papi Joey !

On a beaucoup profité, personne ne dira le contraire : fêtes démentes, concerts, filles, alcool ... à peu près tout ce qui nous était servi sur un plateau, on prenait, mais pas de drogue. C'était la limite à ne pas franchir, notre ligne rouge. Cette année de relâche nous a permis, entre autres, de parfaire nos différentes formules de drague, et nos techniques tout court d'ailleurs. Mais il faut bien que jeunesse se fasse, non ?

Scott aime dire que le Kâma-Sûtra et tous les plaisirs qui s'y rapportent n'ont plus aucun secret pour lui. Je crois que s'il existait un Oscar ou une quelconque remise de prix pour les compétences sexuelles parfaitement exécutées et maitrisées, celui-là ne serait pas en reste sur la liste des nominés...

Mais depuis notre incartade dorée qui date d'au moins Mathusalem, Joey a petit à petit développé une sorte de blocage psychologique sur nos conquêtes d'un soir, ou les femmes qui partagent notre lit sur une plus longue durée. Cette allergie urticante a même pris un tournant virulente il y a quatre ou cinq ans. Concrètement : il a le jugement aussi facile que la hargne incisive. Je me note donc mentalement qu'il faut absolument que je lui en reparle ce soir. Et qu'il faut que je m'en souvienne, surtout, parce que c'est pas gagné au vu du bordel qui cogne violemment sur mes tempes. Traiter toutes nos conquêtes de « pétasses arrivistes » et j'en passe, ça ne peut plus durer. Même si certaines s'avèrent parfois proches de la définition, je suis le seul à pouvoir déterminer quel surnom convient le mieux à mes aventures à postériori.

Aujourd'hui plus que jamais auparavant, il y a urgence : si par malheur Joey ose attribuer un de ces qualificatifs dévalorisants à Laura devant Scott, je ne donne pas cher de sa peau. Il faut donc que je remette un peu les pendules à l'heure avec lui sur ce sujet épineux avant que Scott ne lui fasse part de la nouvelle de son mariage, et que peut-être il lui refasse le portrait. Mariage qu'il lui a caché, donc, comme à tout le monde, excepté moi, j'entends.

Il lui fallait un témoin.

CQFD.

Mais dans le fond et malgré ses défauts parfois handicapants socialement, c'est un chic type. Je vous assure ! Il le cache bien mais il a un grand cœur. Peu ont la chance d'avoir accès cette partie de sa personnalité.

Il réserve l'envers du décor et la face cachée de la lune, sans faire de jeux de mots, aux personnes qu'il apprécie sans bornes, qu'il considère comme sa famille. Et ce mec, il est comme un de mes frères dorénavant. Il m'apprécie. Il me pourrit la vie mais je l'aime bien, je lui dois beaucoup. Enfin sauf là, maintenant. J'ai comme une envie de le buter.

Welcome to a new kind of tension

All across the alien nation

Where everything isn't meant to be okay

...

Mes paupières toujours engluées le maudissent jusqu'à la neuvième génération. Bon, c'est la quatrième fois qu'il tente de me joindre, c'est peut-être important ...

Mieux vaut pour lui, grincé-je intérieurement.

J'élance difficilement mon bras droit vers le chevet pour attraper mon téléphone. J'ai vraiment un mal de crâne épouvantable, et même mon bras a la migraine. Génial ! Ce n'est pas le jour en plus.

— Joey ! Quoi ?! Je t'avais demandé de ne pas me déranger avant ce soir. C'était trop te réclamer? Je suis off là, articulé-je la gorge rappeuse lui donnant malgré moi un indice sur mon état général.

— Bonjour à toi American Idiot, dit-il fier de sa connerie du jour. Il me semble que je ne devrais pas te déranger à midi quarante-sept, sachant que ton vol est dans moins une heure . Tu dois être sur le départ pour ne pas le rater ...

Silence. Puis sa voix rageuse se remet à résonner aussitôt :

— Hayden ? Bordel ! Tu es bien prêt à filer à l'aéroport là ? Parce que je me permets de te rappeler que nous avons rendez-vous à dix-huit heures avec les studios, les producteurs et les patrons de Net...

Qu'il commande une sépulture aux pompes funèbres, je jure sur Emmy que s'il ne baisse pas le volume, cette journée sera son dernier lever de soleil.

— Oh calme-toi Papi , tu vas nous faire une syncope ! proteste-je en me foutant de lui. Et baisse le son, merci. Je ne suis pas sourd.

— Arrête avec tes Papi Hayden et fout les toi où je pense ! J'ai même pas quarante-deux balais !

Je sais. Et il sait que je sais. C'est qu'il est à cran aujourd'hui ! Clara doit être en déplacement ... J'étire lentement mes jambes coulées dans du béton armé puis engage la pharaonique ambition de me bouger de ce pieu.

— Donc, je te dérange.

Je soupire. Quoi que je réponde, il va m'honorer de la déflagration de ses cordes vocales.

— Putain je t'ai réveillé ! Mais t'as perdu la raison Hayden ! T'es clean au moins ? Dis-moi que tu es clean, frais et dispo ! Et ne me dis pas que tu t'es trouvé une pouffiasse hier soir avec Scott et que je vais devoir gérer une connerie de dernière minute...

Je vais pour l'envoyer valser sur Mercure, mais il est plus rapide dans sa crise de parano aigue:

— C'était pour ça votre fuite à Vegas ? Ça faisait trop longtemps que vous vous teniez à carreaux tous les deux ? Vos écarts vous manquaient ? Merde Hayden c'est juste pas le moment !

Il se tait avant de continuer encore plus énervé :

— Est-il nécessaire que je te rappelle que ce n'est absolument pas le moment pour toi de faire la une des tabloïds ? J'espère vraiment que quelles que soient les pétasses que vous avez trouvées hier, vous avez fait ça discrètement Hayden sinon ...

Je délaisse ses mots pour jeter rapidement un œil à l'environnement qui m'entoure, plus paisible que mon agent survolté. Tout est calme, rangé. Je suis bien seul. J'ai toujours mon caleçon sur moi, j'ai dormi sur le lit et les draps ne sont même pas défaits, à peine froissés par ma présence. La conclusion qui s'impose telle une évidence est que j'étais seul dans ma chambre. Je me lève d'un bon, oubliant que je suis une porte rouillée en manque d'huile, grince des dents en atterrissant sur mes deux pieds. Un rapide tour des corbeilles et poubelles de la suite confirme ma première intuition : pas de préservatif.

Fort de ce constat qui me réjouis plus que tout, je coupe mon manager dans son monologue dont j'ai perdu le fil. Ah oui ... Pétasses ? Pétasses ? Il ne va pas recommencer !

— Joey ferme la! Stop ! lui balance-je d'un ton sec qui a le mérite de faire son effet. Tu dis vraiment n'importe quoi ! Tu t'entends parler ? Pour qui tu nous prends au juste ? Des baiseurs compulsifs ? Je ne saute plus des pétasses comme tu dis, c'est fini ce temps-là. Révolu. Archivé ! lui hurlè-je presque en me tirant les cheveux de ma main libre, emplit du vague espoir que ça pourra chasser le mal qui court sous mon cuir chevelu. Fais-moi le plaisir d'être un peu plus respectueux quand tu parles des filles avec qui je couche puisqu'on y est ! J'en ai ras le bol de tes jugements de valeur à deux balles !

J'ai bien sûr des aventures de temps à autre, mais j'évite les coups d'un soir avec n'importe qui depuis longtemps maintenant. Et il le sait très bien. Je serre et desserre mes poings plusieurs fois priant pour trouver une zone d'accalmie en moi. Joey lui, a perdu sa langue. Il doit avoir compris qu'il est allé trop loin cette fois. Après une grande inspiration bienfaitrice et m'être paresseusement laissé tomber sur un fauteuil, je poursuis :

— Je serai à l'heure ce soir, que j'attrape ce vol ou le suivant d'ailleurs. Je sais à quel point ce rendez-vous est important, ils le sont tous. C'est de ma carrière dont tu parles là, au cas il faudrait remettre de l'ordre dans tes idées. Et puis avons déjà eu cette conversation toi et moi.

— Oui, ta carrière ! Parlo...

Je frotte mes yeux de deux doigts, me pince l'arête du nez. Il me fatigue et je ne suis clairement pas d'humeur.

— Tu es mon agent, pas mon baby-sitter. Ne joue pas à la mère poule avec moi, j'ai déjà ce qu'il faut ! Je fais ce que je veux de ma vie personnelle. Donc si c'est mon manager qui m'appelle alors que je lui avais fermement demandé de ne pas me déranger durant vingt-quatre petites heures, je te préviens, qu'il ne se mêle pas de ma vie privée et qu'il n'interfère pas dans mes choix. Je gère mon temps libre comme je l'entends Joey, rien n'a changé, c'est ma vie, ok ? Et te fais pas un sang d'encre. J'étais seul. Mais quand bien même cela n'aurait pas été le cas, je suis adulte et vacciné.

Et vaccins à jour en plus, grâce à lui.

Mais il me faut un café et je vais devoir me débrouiller sans lui.

— Ok bon, je vois ... Non seulement tu n'es pas prêt à partir, mais en plus tu n'as pas bu ton café serré ce matin, quoi ! véhémente-t-il.

— Joey ! hurlé-je cette fois.

Ce mec me prend la tête au réveil, il est pire qu'une femme en fait ! Même ma mère ne m'a jamais fait un truc pareil !

— Oh c'est bon j'arrête. Et depuis quand tu as une vie privée toi ? T'as une relation suivie et tu ne m'en as pas parlé ? Et là, c'est l'ami qui pose la question, pas le manager.

Voire les deux.

Allez enfonce un peu plus le couteau ... et le clou par la même occasion

— Toujours la même discussion c'en devient usant à la fin. Une vie privée, ce n'est pas juste avoir une petite amie Joey . C'est aussi avoir du temps pour moi, mes amis, ma famille, c'est tout ce que je fais en dehors du boulot ... Tu vois le concept ou je te fais un dessin ?

— Oui un peu, marmonne-t-il aigri. Mais quand même Hayden ...

Évidemment, lui et sa femme Clara font le même boulot. Ils mélangent leur vie professionnelle et privée. Ils sont quasiment tout le temps ensemble, depuis la fin de leurs études secondaires. Ces deux-là sont autant mariés l'un à l'autre qu'à leur « clan »; amis et famille confondus qu'à leur boulot.

Et là, sans que je sache vraiment pourquoi, je n'entends plus rien du baratin qu'est en train de me sortir Joey au téléphone. Je comprends seulement que sa voix monte de plus en plus dans les tours, mais c'est comme s'il me parlait de loin, de très loin. J'ai toujours eu une migraine après une cuite, mais des flashs, jamais. Des bribes de la soirée reviennent se poser devant mes yeux sans que je ne puisse rien y faire. Comme un coup de projecteur sur une scène dans l'obscurité.

Le bar d'abord, puis Scott qui rejoint la jolie Laura, celle qui est à présent sa femme.

Merde ! Il l'a vraiment fait ! Il s'est marié ! Je ne pensais pas qu'il irait jusqu'au bout !

Ensuite, ce sont fragments de cérémonie qui s'affichent : le sourire enamouré de mon meilleur ami lorsqu'ils se sont dit « Oui », les alliances, le bonheur peint sur les traits de Laura et l'amour qu'ils se portent que même un aveugle aurait pu voir dans l'obscurité. Mes oreilles se souviennent d'un Hallelujah chanté a capella par une voix féminine au début de la cérémonie. La soirée au club où nous avions réservé un carré VIP pour être tranquilles et fêter ça comme il se doit.

Mes poumons, eux, se souviennent avec exactitude d'un parfum floral et féminin. Certainement celui de Laura quand je me suis penché pour l'embrasser sur la joue et la féliciter. Des effluves à la fois boisées et vanillées qui m'ont totalement enivré. Des arômes de noix de coco dans ses cheveux blonds, aussi. Je revois également des yeux bleu-océan presque turquoise, mouchetés de petites pépites d'or, et un merveilleux sourire éclatant que même Julia Roberts n'a jamais eu à l'écran. Eux, je sais qu'ils n'appartiennent pas à la dorénavant madame Hartley, pourtant impossible de remettre un visage sur cette fille, mais ça reviendra. Finalement, j'ai peut-être bien flirté avec quelqu'un hier soir.

— Hayden mais qu'est-ce que tu fais bon sang ? Hayden !

Fin de la rêverie, Joey hurle encore et toujours, tellement que je reviens au moment présent.

— Oui c'est bon je suis-là, je quitte l'hôtel dans cinq minutes, râlé-je au comble de l'irritation. Je ne suis resté que vingt-quatre heures, mon sac était prêt. J'enfile un jean, une chemise puis je file, lui assuré-je pour faire descendre sa tension artérielle qui doit tutoyer le ciel. Nous aurons une petite conversation toi et moi après le rendez-vous, je lui annonce gravement avant de raccrocher. À ce soir Joey.

Sans autre cérémonial ni lui laisser de temps d'en placer une, je coupe la communication, balance ce qui m'a servi de réveil matin de l'enfer et tourné les talons, le pas déséquilibré. Un poids logé dans mon thorax me laisse une impression désagréable que je ne saurais nommer.

Je ne sais plus ce que j'ai bu, mais les mélanges sont désormais à proscrire. Définitivement. Je m'étais pourtant juré de ne pas dépasser la limite du raisonnable en prévision de mon rendez-vous d'aujourd'hui. Il faut croire que l'occaz' était trop belle pour ma raison. Le contre-coup fait mal, plus que je ne l'aurais cru. J'ai passé l'âge de la beuverie d'ado, et si mon corps prend un malin plaisir à vouloir me faire comprendre que picoler comme un trou noir ne m'apporte rien de plus qu'un état déplorable, ma tête elle, s'acharne à m'envoyer des éclairs pour une raison inconnue.

Bon, après tout, c'était pour la bonne cause ! Et quelle cause ! Un saut express à Vegas pour marier mon meilleur ami, ça n'arrivera pas tous les jours. Je me remettrai de cette déchéance éphémère mais douloureuse pour mon corps et mon égo, et je vais même commencer par avaler deux cachets blancs pour m'y aider. J'ai la bouche pâteuse, le crâne dans un rouleau compresseur et les muscles noués de nœuds, mais rien de bien graves.

Oui, les conséquences d'une ivresse avancée, je peux gérer. Rien d'irréparable.


***

Notes :

** Américan idiot : Chanson du groupe Green Day, également titre de de leur Album sorti en 2004. Label : Reprise. Compositeur ; Green Day, auteur : Billie Joe Amstrong

Traduction :

Bienvenue à un nouveau genre de tensions
De toute part dans cette nation étrangère
Tout n'est pas fait pour aller bien
La télévision rêve de demain
C'est pas nous qui sommes censés suivre le mouvement
Parce que y'en a marre de s'engueuler

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