5- L'anneau

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Hayden

Hayden

 Habillé dans des fringues propres, ma casquette enfoncée comme une deuxième peau sur ma tête, mes lunettes de soleil déjà sur le nez et mon sac de voyage en toile en main, je quitte la chambre avec un sentiment étrange qui ne m'a pas lâché. Même derrière des verres opaques, mes yeux se sentent agressés par une luminosité trop criarde.

 Toujours un peu embrumé par mon reliquat d'alcool dans le sang malgré deux cafés et ces flashs qui m'accompagnent depuis tout à l'heure, je traine mon poids jusqu'à l'accueil de l'hôtel afin de régler quelques détails. Je tiens aussi à commander une bouteille de leur meilleur champagne, à faire livrer dans la suite de Scott ce soir, et un pack « Newlyweds » de plusieurs soins et massages en couple proposés par le Spa du resort.

 L'hôtesse chargée de s'occuper de moi, une grande brune tirée à quatre épingles, peau mate, yeux verts en amande, bouche pulpeuse maculée d'un rouge à lèvres carmin et qui ne semble pas douter un seul instant ni de son charme ni de son sex-appeal, me lance des grandes œillades absolument pas discrètes depuis plus de cinq minutes déjà. L'heure tourne, tout m'agace, et je fulmine de ne pas appréhender ce qu'il m'arrive. Je suis certain qu'elle prend son temps dans l'espoir que sa drague porte ses fruits. C'est vrai qu'elle est plutôt pas mal, et s'il y a quelques années j'aurais sauté sur l'occasion -pour la sauter elle- ce n'est plus le cas aujourd'hui. Fini les baises rapides, encore moins avec une parfaite inconnue. Trop risqué. Et je viens rarement à Vegas en plus, donc pas besoin d'un pied à terre sur pattes.

Charmante cette image Hayden !

 Un regard sur l'écran de montre : il serait grand temps qu'elle se dépêche pour ne pas rater mon vol. Je ne veux pas passer pour un goujat, mais je ne suis pas en état de jouer au séducteur et je suis pressé. Je l'interpelle donc, tentant tant bien que mal d'accrocher un sourire sympathique sur mon visage :

— Mademoiselle ?

— Lindsey

— D'accord, Lindsey. Je ne voudrais pas vous brusquer ou vous sembler désagréable, mais j'ai un avion à prendre dans très peu de temps alors ...

 Déstabilisée un quart de seconde top-chrono, elle se recompose immédiatement une contenance et me sort sûrement son plus magistral sourire ultra-bright. La jeune femme se penche légèrement vers moi, au-dessus de la console de verre qui nous sépare, mais suffisamment pour que je puisse apercevoir sa lingerie sous son chemisier, et réplique, aguicheuse :

— Je n'ai rien contre un peu de brutalité vous savez...

Oh Oh Oh !

 OK ... Si le message n'était pas clair, dorénavant il est limpide comme de l'eau de roche ... Plus rentre dedans tu meurs ! C'est vrai qu'on aurait sûrement pu s'entendre à l'horizontal mais comme je l'ai dit, les coups d'un soir, c'est résolu.

 Voulant instaurer une distance raisonnable, je recule d'un pas afin de lui faire comprendre que je ne suis pas intéressé. Je ne prends pas uniquement sa tentative pour moi, ne doutant pas qu'elle tente cette approche avec toutes les célébrités à son goût -ou pas - qui passent pas cet hôtel. Quand enfin elle me libère en me tendant ma facture, je me retourne sans lui jeter un regard me pressant autant que mes jambes me le concèdent vers la sortie. Mon taxi m'attend déjà. En glissant ma facture dans la poche intérieure de ma veste, je constate que Lindsey m'a laissé son numéro de téléphone au dos, et même son compte Twitter !

 On aura tout vu ! Elle ne doute vraiment de rien cette fille !

La rançon de la gloire !

 Je ferme les paupières le long du trajet, m'autorisant une micro-sieste bienvenue, bercé par le roulement de la berline. Je n'ose ni appeler Scott ni même lui envoyer un message, par crainte de le réveiller -ou de le déranger, n'oublions pas que pour lui, ça doit encore être sa nuit de noces-. J'aimerais savoir si la descente est aussi compliquée pour lui que pour moi...

 De toute façon, il était au septième ciel hier. Tellement heureux que je crois bien que sa béatitude avait un peu débordé sur moi, à en croire les ondes de souvenirs qui me chatouillent sans presque aucune interruption. Alors je le suis pour lui ; pour eux. Il mérite chaque gramme de sa joie. Quant aux lendemains arrosés, il les gère bien mon pote après réflexion. Mieux que moi en tout cas. Et après tout, maintenant qu'il est marié, il a quelqu'un pour prendre soin de lui. Et je sais qu'il prendra soin d'elle. C'est un type bien, droit, et loyal. Je vois bien qu'il est fou de sa petite avocate depuis qu'il a fait sa connaissance. Ça crève les yeux ; même le meilleur des acteurs ne pourrait simuler un truc pareil. Ses iris clignotent « amoureux » même quand il dort !

 Ceci-dit, je n'en reviens toujours pas qu'il se soit marié si rapidement. C'est juste insensé ! Si vite depuis leur rencontre mais plus encore, si vite après sa demande en mariage, il y a moins d'une semaine. Mais il avait tellement peur que sa dulciné ne change d'avis, cet idiot ... que nous voilà. Je trouve que ce mode express est dangereux, mais eux seuls savent ce qui leur convient, ils sont adultes et vaccinés. C'est quand même le passage de corde au cou le plus soudain que je connaisse après un coup de foudre.

Hayden, réfléchis un peu avant de parler ...

 Oui, dans mon entourage proche. Une petite recherche sur le net nous dégotterait une liste longue comme mon bras de célébrités qui, après une nuit trop arrosée dans la ville du péché, se sont réveillés mari et femme dans des draps froissés et imbibées. Et certainement pas que d'alcool, d'ailleurs.

 Chassant cette image que je refuse d'avoir, je branche mes écouteurs à mon portable et lance ma playlist pour m'isoler. Il faut que j'arrête de réfléchir si je ne veux pas faire cramer mes méninges. C'est le chauffeur de taxi qui rompt mon moment de repos en m'annonçant que nous sommes arrivés à destination.

 Mon bagage récupéré dans le coffre, je remarque en avançant sur le trottoir avec stupéfaction que Nick et Sam, deux de mes gardes du corps, m'attendent nonchalamment devant le hall principal de l'aéroport, adossés au bâtiment, ce qui n'était pas prévu. Encore une marque ultra-paternaliste de Joey ça ! Loin de recourir uniquement à mon service de sécurité, ce grand malade m'envoie surtout des baby-sitters, j'en mettrais ma main à couper ! Pour preuve, ils sont en civil. Je préfère largement, c'est bien plus discret que leurs tenues de Men In Black. Autant me foutre un panneau lumineux-dessus de la tête.

 Je serre les poings ... il va m'entendre ! Plus moyen de se déplacer librement ou quoi ?

— Salut les gars, quoi de neuf ? Je ne savais pas que vous seriez là ...

 Nick s'approche en premier pour une poignée de main virile. Pilier de mon équipe de sécurité depuis que ma carrière a décollé, il a aussi été mon premier garde du corps attitré avant que nous ne devions agrandir le staff. Aujourd'hui, ils sont une dizaine, tous recrutés par Nick et sous son commandement.

 Si au début Vega était plutôt distant avec moi, revendiquant une exigence professionnelle qu'il vénérait, à force de persévérance j'ai réussi à briser sa carapace d'ours des montagnes mal léché.

 Je savais qu'il allait être sur mon dos pratiquement H24 durant notre collaboration, comme mon ombre, alors hors de question que je fasse comme s'il n'était pas là, ou qu'il n'existait pas comme le font certaines célébrités qui se la jouent inaccessibles même avec leurs collaborateurs. C'est un être humain, pas un robot ! Il sait se faire discret quand il le faut, mais il passe tout de même ses journées entières sur mes baskets pour assurer ma protection/tranquillité. Pas de contrat sur ma tête, mais les masses de fans peuvent s'avérer compliquées à gérer pour une seule personne.

 Une fois intégré le fait qu'il pouvait parfaitement organiser ma sécurité en virant l'option Général Iceberg de son Curriculum Vitae, un lien fraternel a pu s'installer et se consolider. Nous nous sommes découvert plusieurs points communs, dont le sport. Il me sert d'ailleurs de coach la plupart du temps. Il y a huit ans, j'ai même investi dans la société qu'ils ont monté ses frères et lui. Une boîte de sécurité à la personne. Et ça marche très fort. Pourtant Nick a refusé de quitter son poste à mes côtés, laissant la gérance à ses frangins. « La paperasse c'est pas mon délire » dixit-il.

 Une décennie qu'on se suit, se soutient. Je connais sa famille et sa compagne, qui nous suit parfois lors de mes déplacements pour voir du pays, plus régulièrement ces derniers temps, ce qui ne me dérange pas le moins du monde. Jessica est adorable, franche, directe et très drôle, ce qui me change des femmes qui m'approchent ou gravitent autour de moi en général-hormis celle de ma famille. C'est une amie maintenant.

 Que ce soit par le boulot ou lorsque je rencontre des femmes via des amis, j'ai quasiment toujours la désagréable impression que celles qui essaient de me mettre le grappin dessus jouent un rôle face à moi. Qu'elles ne sont jamais ni cent pour-cent naturelles ni spontanées.

 Si jusqu'à il y a peu cela me convenait plus ou moins, et que je m'en accommodais, aujourd'hui ça commence à m'exaspérer plus que m'agacer. Je ne cherche pas forcément le grand amour, mais pour commencer, une relation stable ou moins superficielle que mes précédentes. Si possible de temps en temps une femme qui n'agisse pas en fonction de ce qu'elle pense que je veux qu'elle soit, qui ne voit en moi que l'acteur. Même pour une simple discussion amicale, sans aller plus loin. C'est trop demander ?

 Jessica, elle s'en fout de mon statut d'acteur, « comme de sa première couche sale » comme elle dit. Mais Jess est la femme de Nick, mon ami toujours de bons conseils, droit dans ses bottes, la tête froide mais le sang parfois chaud. Il ne faut quand même pas trop se fier à sa carrure de gros dur qui ferait un tabac à la WWE. À trente-huit ans, ce type est un nounours à l'intérieur et très sentimental. Je n'aurais jamais parié sur ça la première fois que je l'ai vu, ni les suivantes d'ailleurs. Il faut avoir la patience de creuser pour savoir qui il est. C'est vrai que dans son boulot l'apparence compte énormément. Il doit donner envie de ne pas s'y frotter rien qu'en lui jetant un coup d'œil. Mais il est d'une loyauté à toute épreuve. J'ai une confiance aveugle en lui.

 Je lui tends ma main droite qu'il serre, puis réitère avec Sam, dans mon équipe depuis quatre ans environ, recruté par Nick donc. Mon âge, très habile en combat rapproché mais aussi un génie de l'informatique. Mais malgré sa carrure plus fine que la mienne et celle de Nick -qui lui me fait penser à The Rock mais avec des cheveux-, ce mec est une bête agile et plus rapide que Lucky Luck au tir.

 Toujours face à moi, Nick se frotte la nuque l'air embarrassé. Ce n'est pas de lui d'être gêné de quoi que ce soit ou de ne pas paraître à sa place. Même les fois où je l'ai surpris en pleine partie de jambes en l'air avec Jessica, il n'a jamais fait cette tête ni eu l'air si penaud. Très souple au passage cette femme !

 Il se gratte à présent la gorge, s'éclaircit la voix tandis que Sam nous devance de quelques mètres après un signe du menton le congédiant de mon pote.

— Pour être honnête avec toi, se lance-t-il peu à l'aise, moi je suis là depuis ton arrivée hier matin Hayden. Sam m'a rejoint il y a trois heures et humm ... Joey voulait que quelqu'un assure ta sécu à Vegas même si tu nous avais clairement dit que ce séjour avec Scott était privé et relevé de la détente. Sans garde du corps...

 Oui, il avait une équipe. Je le coupe pour mettre fin à sa galère, lui faisant signe d'avancer vers la porte d'embarquement, minimisant les risques d'être reconnu en étant en mouvement le nez sur mes pompes et assailli :

— Ok ! C'est bon je règlerai ça avec Joey. Pas de souci Nick, il n'y a aucun problème, tu fais ton boulot. Je n'avais même pas remarqué ta présence donc tu vois, tu le fais toujours aussi bien !

 Dans ma tête, ça sonnait comme un compliment. Dans la sienne, vu sa mine que je capte en me tournant vers lui, j'ai comme un doute.

— Hmmm oui mais du coup ...

— Qu'est ce qui se passe Nick ? Tu as un problème avec Jessica ? Tu veux m'en parler?

— Quoi ? Non tout va bien avec Jess merci ! Et le perso j'évite de t'en parler sur mes heures de boulot tu le sais très bien.

 Oui, j'ai encore du taff de ce côté-là.

— Tu bosses tout le temps Nick ! En encore ce week-end à cause de moi alors que ce n'était pas prévu. Je suis désolé. Je vais régler ce truc avec Joey, je t'avais dit que tu avais ton week-end, Jessica doit m'en vouloir à mort !

— Garde tes excuses, j'aime ce que je fais. Et Jess est chez sa sœur à Frisco 1 pour la semaine, donc ça m'a occupé de me bouger... même si ce n'était pas ma place tout compte fait, baragouine-t-il. Mais Hayden, ça va ? Pardon de te poser la question mais ...

 Il se passe quoi là ?

Ta cuite est écrite sur ta figure !

— Je suis encore un peu dans le brouillard à cause de ma soirée mais oui tout va bien papa ! lui assuré-je en sortant mon billet de mon sac.

— Ta soirée hein ?

 Il m'offre un sourire goguenard et en se frottant le menton, j'y perçois un sous-entendu indéfinissable pour ma tête migraineuse. Nous passons silencieusement et sans encombre le guichet d'enregistrement, les portiques de sécurité pour arriver à l'appareil. C'est là qu'il reprend où nous en étions restés, sérieux comme un Pape :

— Je n'ai pas fait de rapport à Joey, pour info.

 Un rapport ? Manquerait plus que ça ! Je vais me le faire ce soir celui-là !

Requiem pour un manager.

— Puisque tu étais là, tu sais déjà qu'on a bu, répliqué-je agacé en tendant mes papiers au guichet d'enregistrement. Et il n'a pas besoin de rapport, c'est quoi cette histoire encore !? Joey n'est pas ma mère à ce que je sache ! Faut qu'il se calme là ! C'est quand même moi qui l'ai engagé, faudrait pas qu'il l'oublie ! Et je ne veux pas qu'il me fasse suivre putain !

Nouveau mouvement de gêne, mais qu'est-ce qu'il a aujourd'hui ?

— J'ai besoin de m'asseoir, et de dormir, énoncé-je en réfléchissant à ce qu'il vient de se passer, marchant dans l'allée principale de la première classe à la recherche de mon fauteuil.

Parce qu'il se passe un truc, c'est évident. Il a forcément un problème et il n'ose pas m'en parler. Ou alors c'est parce que Sam est là et il ne veut rien dire devant lui ? Ok, il est en train de bosser, mais lui et Sam se voient parfois en dehors du cadre pro pour faire du sport.

Tu t'éloignes la Hayden ...

 Installés, l'hôtesse de cabine prend nos commandes pour le déjeuner puis nous demande ce que nous désirons boire pour ce début de vol. Peu impliqué, je spécule sur ce qui pourrait le mettre dans cet état relativement inédit. Je scanne en vitesse dans ma tête tout ce qu'il s'est passé les dernières semaines, ce qu'il m'a raconté sur lui et Jessica, cherchant un détail qui aurait pu m'échapper. Bon, plus facile à dire qu'à faire, j'ai toujours mal au crâne, mais je persiste. Si je veux l'aider, il faut que je comprenne.

Tu veux une carte ?

... Oh Oh Oh mais bien sûr !

 Pour l'annonce surprise, c'est raté. Bravo Joey !

 Je me racle la gorge pour attirer son attention :

— Nick, tu étais là hier soir, alors tu es au courant pour le mariage ?

 Sam est à quelques rangées derrière nous, en très bonne compagnie apparemment. Nick, à ma gauche, lance d'abord un coup d'œil circulaire autour de nous, avant de chasser ce qui semble obstruer sa trachée -non mais il a un chat coincé ou bien ?

 Lorsqu'il se repositionne le visage tourné dans ma direction, il gigote dans son siège comme s'il avait des hémorroïdes ou des clous au cul. Heureusement qu'on est en première classe, les sièges sont larges et confortables. Je pouvais largement me passer d'un trajet en jet pour une si petite distance. Le pilote se présente dans les haut-parleurs, puis annonce le décollage ainsi que le temps de vol. Véga n'a toujours pas répondu à ma question et parait même chercher comment disparaître en fusionnant avec l'assise du siège qu'il martyrise tant il s'enfonce dedans. Avec sa silhouette, ça va être compliqué de se cacher ! Ne supportant plus cette attente pesante qui me fait bouillir, je le relance d'une voix ferme :

— Écoute Nick, je ne sais pas ce qu'il se passe, mais tu n'as pas à être mal à l'aise avec la situation. Franchement, y'a pas mort d'homme non plus !

 Perceptiblement soulagé, je vois ses épaules se détendre légèrement, bien qu'il ne dise toujours rien, la tête basculant d'avant en arrière en signe d'accord avec mes paroles. Alors je poursuis :

— Je pense que ça a un rapport avec ce que tu as vu hier soir. Enfin si ce n'est pas ça, tu sais que tu peux me le dire si tu as des problèmes ok ? Donc crevons l'abcès tout de suite, je ne vais pas supporter ça tout le vol, et j'ai cruellement besoin de dormir une heure de plus.

 Ou huit. Silence pesant. Mon estomac n'apprécie pas la tension qui s'installe.

— Scott et sa femme vont officialiser leur relation et leur mariage dès leur retour à L.A . Il ne sait juste pas si cela va passer par son attaché de presse ou s'il va l'annoncer lui-même sur les réseaux. Donc pour le moment, on ne dit rien. Ça ne doit pas fuiter. Et surtout pas à Joey ! insisté-je pensant avoir trouvé ce qui l'habite.

 Toujours aucune réaction.

— Mais tu connais Scott, jamais il ne t'en voudra d'avoir été là ni d'être dans la confidence. S'ils avaient fait différemment, il y aurait eu des invités et tu en aurais été, ne lui en veux pas ! C'est Joey qui t'a envoyé après tout, et cette fouine n'était pas au courant de son projet de mariage. Nous n'étions que trois à savoir : Lui, Laura, et moi, lui expliqué-je en me calant mieux. Même la meilleure amie de Laura qui a été son témoin ne savait pas de quoi il retournait. Laura l'a faite venir à Vegas en catastrophe sans même lui dire pour son mar...

Alors Sherlock ?

Nouveau flash.

Toujours dans une chapelle fleurie comme depuis mon réveil. Le hic cette fois, c'est ce n'est pas Scott qui répond «je le veux» au pasteur. C'est ... moi. Il se tient à mes côtés, souriant mais quelque peu aviné et me murmure «Maintenant que je me suis marié et que j'ai vu ça, je peux mourir en paix mon frère, félicitations».

Je t'avais bien dit de réfléchir avant de parler tout à l'heure ...

Noonnnnnnnnn, impossible !!!

Non

Non

Non

Si si si !

Merde

Merde

Merde

Putain !

 Les restes de ma cuite me font totalement divaguer. J'hallucine. Impossible, je délire ! Je sens mon sang quitter mon corps et la température ambiante baisser drastiquement.

Bordel, non je n'ai pas fait ça quand même... L'air très troublé et le regard fuyant de mon ami et garde du corps tout à l'heure me foutent un uppercut des tripes qui se contractent quand le puzzle se rassemble sous mes paupières lourdes d'un accablement imprévu, et sa mine pas plus tard qu'il y a une minute. Un long frisson me parcourt tout entier, remontant lentement mon échine. Je me sens livide. Ma respiration se coupe. Je me tourne vers Nick et l'interpelle dans un son étranglé :

— Nick ?

 À la tête qu'il fait, je pense qu'il lit en moi l'effroi, mais aussi tout le questionnement qui doit s'allumer dans mes iris à cet instant précis où je me vois chuter.

— Ouais ... hummm ... Hayden ? Hayden ? Ça va ?

— Nick, il s'est passé quoi hier soir au juste ?

 Au moment où il va pour me répondre l'impensable, je suis le mouvement de ses yeux qui descendent vers ma main gauche, posée sur mes cuisses déjà agitées d'anxiété. Je me dis alors qu'il n'était même pas la peine de poser la question. La réponse est là depuis ce matin. Sur moi. Je la vois là, à mon doigt. À mon annulaire gauche. Une alliance. Une putain d'alliance à ma phalange !

 C'est

 Pas

 Possible !

 Je me redresse trop vite comme si ça allait changé quoi que ce soit, mon dos craque bruyamment à l'instar du vacarme hurlant en moi qui me dézingue et plante immédiatement mon regard dans le sien. Je scrute ses pupilles, comme si j'avais une chance d'y lire qu'il s'agit d'une plaisanterie, mais non. Ses billes sombres ne font que me confirmer ce que je viens de comprendre.

 Bordel de merde !

Comme tu dis vieux !

— Je crois que c'est le moment où je dois te féliciter non ? me lance-t-il les yeux dans les yeux, avec un petit sourire en coin.

  • Putain de... bordel de merde... soufflé-je sidéré. Je crois qu'il est trop tard pour quitter cet avion n'est-ce pas ?

 Il se contente d'hocher la tête en me fixant toujours, perplexe et suintant l'incompréhension, les sourcils froncés. Sa lueur d'étonnement, voire d'ahurissement grandit soudain dans ses globes. J'ai même l'impression qu'ils vont sortir de leurs orbites si ça continue, et sans effets spéciaux SVP ! Il a compris que je viens juste de comprendre moi-même la situation. Que je ne lui cachais rien. Rien sciemment.

 Je me suis marié. Pour de vrai. À Vegas. Cette nuit.

 Je me suis marié...putain !

 ... mais je ne sais pas avec qui, et tant que je ne serai pas arrivé à L.A, je ne pourrai pas appeler Scott pour en savoir plus. C'est un cauchemar ! J'espère au moins que lui en sait plus que moi , sinon, je n'ose même pas imaginer la suite ... Et si la mariée avait déjà prévenu la presse ? Bordel mais qu'est-ce que j'ai foutu cette nuit déjà ?

T'inquiètes pas Hayden, ce qui est fait est fait.

Comme dit ta mère, « rien n'arrive pas hasard » et « à chaque problème sa solution mon chéri ! »

  • Oh putain c'est pas vrai, mes parents vont me tuer !

Et Joey on en parle de Joey ?

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