12- Une pièce du puzzle

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Hayden.

      La discussion avec Joey hier soir était nécessaire. Blessante, vexante, mais nécessaire.

     J'ai du mal à digérer qu'il ait pu concevoir que j'allais les quitter du jour au lendemain et que j'organisais mon départ dans leur dos. Mais au nom des années de collaboration à notre actif, j'ai décidé de passer l'éponge. Pour cette fois. Et puis à la réflexion, sur un plan purement personnel, je cache quelque chose de relativement important à mon ami : je me suis marié.

     Le manager, lui, devrait s'en remettre.

Ou pas.

     J'ai essayé de relativiser en me répétant que ce mariage n'est qu'un papier -papier handicapant je le concède- mais qu'il n'est rien d'autre qu'un foutu papier. Que c'est ainsi qu'il faut le voir. Après tout, cette fille, je ne la connais pas. Nous sommes unis par un certificat, cela n'engage à rien de plus. Un vrai-faux mariage. Ce n'est pas comme si j'avais caché une petite amie, que je lui avais demandé de m'épouser un genou à terre, puis que je m'étais envolé pour convoler en secret. Non, cette version-ci, c'est celle de Scott et Laura. La mienne est bien moins glamour et pas du tout raccord avec la vie à Hollywood, mais il est trop tard pour faire machine arrière. J'espère que lorsque le moment sera venu de l'annoncer à Joey, lui aussi se souviendra de nos dix ans d'amitié.

C'est beau de se voiler la face, mais le réveil va faire mal.

     En attendant, hier soir après le départ de Joey j'étais trop épuisé pour rappeler à Scott. Une douche et je me suis étalé sur mon lit. Ce matin après trois heures d'entraînement intensives avec Nick, j'ai discuté avec lui des différentes options auxquelles j'ai pensé pour limiter les répercussions négatives de l'annonce de mon mariage/divorce très express. J'ai peu de personnes avec qui en parler, tout avis est bon à prendre.

Ton avocat ?

     Nick est d'accord avec moi : le mieux serait d'attendre avant de signer les papiers du divorce. Ça m'arrange bien d'ailleurs, qu'il soit du même avis...

     14h30.

     C'est le moment trop repoussé d'aborder le plan avec mon meilleur ami et sa femme. J'attrape mon téléphone sur l'ilot de la cuisine et compose son numéro. Il décroche à la troisième sonnerie. Dieu soit loué, je n'aurais pas supporté d'attendre plus longtemps avec cette boule au bide.

— Hey frérot comment tu vas ? me lance-t-il avec un sourire que je perçois au son de sa voix.

— Salut Scotty. Après une vraie nuit de sommeil et trois heures à suer et manger des coups, je me sens beaucoup mieux qu'hier matin. Et vous deux ? Vous rentrez toujours demain soir ?

— Nous ? Super merci ! D'ailleurs bouge-pas, Laura voulait te dire quelque chose, je te mets sur haut-parleur.

     Scott interpelle sa femme par un « ma chérie » et j'entends Laura arriver à pas rapides vers le téléphone.

— Bonjour Hayden, s'annonce une voix douce mais assurée. Je voulais te remercier pour la gentille attention que tu as eue. Les massages et les soins étaient extraordinaires ! Merci mille fois. Et le champagne délicieux, le j'adore le Champagne ! Tu nous as gâtés, il ne fallait pas !

     Oui, sa copine aussi avait l'air d'apprécier le breuvage à bulles, pour ce que je m'en souviens.

— Ça m'a fait plaisir, il n'y a pas de quoi. Ce n'était pas grand-chose en plus. Je n'ai pas vraiment eu le temps de vous acheter quelque chose avant de vous rejoindre à Vegas. Ce n'est que partie remise pour la vraie surprise, la préviens-je, j'ai maintenant une idée plus précise de ce que je pourrais vous offrir.

— Oh non Hayden ce n'est pas la peine ! s'insurge-t-elle.

— Vous n'aurez pas le choix tu sais ... et un cadeau de mariage, cela ne se refuse pas.

     J'entends Scott qui rigole à l'autre bout du fil et lui glisser, moqueur :

— N'essaie pas de le faire changer d'avis ma chérie, c'est peine perdue. Il est plus têtu qu'une mule ce mec. Elle n'est pas née celle qui tiendra tête et fera marcher au pas Hayden Miller ! s'esclaffe mon futur-ex meilleur ami.

Il n'a pas tort. Quoi que ...

      Il n'a pas vraiment  tort. Ma mère, je l'écoute. Souvent, enfin parfois. Enfin je la respecte, je tiens compte de son avis, c'est ma mère.

Ok ... Donc il n'a pas vraiment tort

— Bon les amoureux, quand vous aurez fini de vous foutre de moi, surtout n'hésitez pas à vous manifester.

— On a fini ! me lance Scotty.

— Vous m'envoyez ravi.

     Je grince en réfléchissant à comment amener mon idée sur le tapis.

Avec des mots ?

     Je me passe les deux mains sur le visage. Comment j'en suis arrivé là, déjà ?

     Trêve de plaisanterie, rentrons dans le vif du sujet. Je passe de la cuisine au salon et m'allonge sur l'un de mes canapés.

— Est-ce que Livia est avec vous ? J'aurais aimé lui parler.

     C'est la petite blonde très énergique qui a fait fondre mon pote qui me répond après un infime silence :

— Non Livy n'est pas avec nous Hayden. Elle n'est plus à l'hôtel. Elle a pris un vol hier soir pour rentrer chez elle.

     C'est pas possible.

— Mais je suis son avocate et pour le moment, tout passera par moi pour préparer votre divorce. Il faudra d'ailleurs que tu me fasses passer le nom et les coordonnées de mon avocat rapidement. Je suis en vacances encore trois jours, donc si tu pouvais me transmettre les éléments avant ma reprise, ce serait gentil de ta part.

     Bon ça commence mal. Elle ne peut pas déposer une demande de divorce dans quatre jours. C'est beaucoup trop tôt. Mais d'abord, je dois savoir comment a réagi Livia à l'annonce des deux joyeuses à savoir : qu'elle est mariée ... avec moi. Et pourquoi est-elle partie plus tôt ?

— Mais pourquoi a-t-elle quitté Vegas si précipitamment ? Où vit-t 'elle déjà ?

— En France, m'informe Scotty du tac au tac.

      Bon sang mais oui, il me l'avait expliqué ! Et tout est parti de là en plus ...

Tout ? Tu es sûr de toi ?

— Attends pardon ? Tu veux dire qu'elle est rentrée en France ? m'étrangle-je en me redressant.

— Tout à fait, réplique Laura, puisque c'est là-bas qu'elle habite Hayden ! Et c'était bien là tout mon problème. D'où mon idée de génie... de lui trouver un mari pour qu'elle reste aux États-Unis, bredouille-t-elle.

     Raté on dirait.

Sherlock en action ! Prise une !

     Elle ajoute d'un ton las :

— Enfin, le résultat n'est pas du tout celui escompté. Elle se retrouve mariée, moi je suis toujours sans elle. Et elle va me détester ! C'est de loin le pire truc que j'ai jamais inventé !

     Oui c'est terrible, pas la peine de remuer le couteau dans la plaie. Elle a quitté le pays!

     Nonnnnn !

— Donc, si je comprends bien, elle a fait quasiment vingt-quatre heures de voyage à l'aller, tout autant au retour, avec un décalage horaire de neuf heures, elle était ivre samedi soir et vous l'avez laissé reprendre un vol en avance ? C'est ça que je dois comprendre ? résumé-je pour être certain que mon cerveau ait bien compris.

     Ils ont perdu la tête ou quoi ?

On s'inquiète pour la demoiselle Hayden?

— C'est vrai que pointé de cette manière, admet Laura, ça fait quelque chose ...

— Ça fait quelque chose ? Vous êtes malades ou quoi tous les deux ? J'espère au moins qu'elle n'a pas trop mal pris la nouvelle, parce qu'à écouter Scott , elle aurait pu faire une attaque !

     Laura me coupe dans mon élan pour réciter :

— À vrai dire, on ne peut pas dire qu'elle l'ait bien pris Hayden, mais elle l'a moins mal pris que ce à quoi je m'attendais pour être totalement franche avec toi. Elle ne se souvenait pas de s'être mariée, il a donc fallu le lui annoncer. Mais ça a été.

     Elle inspire profondément puis reprend :

— Au début elle a cru à une plaisanterie, vraiment. Elle n'avait aucun souvenir de cet épisode de la soirée. Aucun. Pendant que je l'aidais à rassembler ses affaires, elle m'a confié que depuis son réveil, en plus de sa gueule de bois, d'une très grosse migraine et de ne pas se souvenir de la fin de la soirée, elle ressentait une angoisse latente. Elle avait du mal à s'expliquer la cause. Elle avait des bribes mon mariage mais sans parvenir à mettre un visage sur Scott. Elle pensait donc que son angoisse venait de là, parce qu'il lui manquait une information tout simplement.

— Mais ce n'étais pas ça, intervient-t-il en même temps que moi.

— Non en effet. Quelques secondes avant de réaliser que mon mari c'est Scott, je veux dire Scott Hartley, elle a de nouveau ressenti ce pressentiment, comme si son corps l'avertissait du choc à venir, parce que son esprit lui avait bien l'info quelque part. Mais même quand elle a reconnu Scott, l'alarme n'a pas disparu. Elle m'a dit qu'à plusieurs reprises avant que nous ne lui annoncions son propre mariage, elle avait de nouveau eu des piques d'angoisse, des sueurs froides.

— Oui je vois de quoi elle parle. Il me semble avoir expérimenté ce type de sensations dans l'avion juste avant de voir mon alliance. Comme si mon corps me prévenait d'un choc imminent, dis-je.

— C'est également de cette manière qu'elle me l'a décrit. Vous avez déjà ça en commun.

     Elle soupire. Le temps s'étire en silence.

— Écoute Hayden, ce n'est pas à moi de te raconter l'histoire de ma sœur, mais il faut que tu comprennes pourquoi je m'inquiète, afin que tu prennes les bonnes décisions. Je te demande, en échange de mon aide, de garder ce que je vais te dire pour toi. Et de ne pas lui dire que tu es au courant. Tu peux faire ça pour moi ?

     Son inquiétude passe la distance qui nous sépare, m'atteignant agressivement.

— Tu as ma parole, lui assuré-je.

— Bien. Bien, répète-t-elle anxieuse de me dévoiler un pan de la vie de sa meilleure amie.

— C'est bon mon cœur, c'est Hayden, dis-lui ce qui te parait nécessaire une bonne fois pour toute, l'encourage mon ami.

— Je ... Livia a perdu sa famille il y a plusieurs années, lâche-t-elle en me sciant les jambes. Elle était encore adolescence. Je ne m'épancherai pas sur les circonstances. Je me contenterai de t'expliquer au mieux pourquoi je cherche à épargner ma sœur du scandale médiatique qui s'annonce, et surtout, des conséquences que cela va avoir sur sa psyché.

— Je t'écoute.

     Je ne risque pas de bouger d'un millimètre, le téléphone englué entre ma main et mon oreille.

— Comme tu dois t'en douter, cette perte a été un véritable choc pour elle. Ça le serait pour n'importe quel être humain normalement constitué. Mais j'utilise sciemment le mot choc. Se retrouver seule du jour au lendemain fut très difficile. Ça généré des crises d'angoisse chez Livy. À en croire ses médecins, l'angoisse ferait partie du processus de deuil chez les enfants. Et ce processus prend plus de temps chez certaines personnes que chez d'autres.

— Je comprends.

— Pour Livia, nous ne nous en sommes pas rendus compte, mais il a été très long ,m'explique-t-elle. Des années en réalité.

— Des années comment Laura ? la questionné-je le souffle court et la poitrine serrée.

— Tu vas voir, dit-elle énigmatique pour toute réponse. Des années durant lesquelles mes parents et moi n'avons pas réalisé l'ampleur de ce qu'elle traversé. Du déchirement qui la brisait en silence. Parce que Livia n'en parle pas. Livy n'aime en parler, elle ne supporte pas d'être confronté à ce qui a détruit celle qu'elle était avant le drame.

— Tu veux dire qu'elle s'est enfermée dans le mutisme ma chérie ?

— C'est ça. Elle ne nous en parlait pas. Elle ne nous en parle pas, confier-t-elle.

— Jamais ? demandé-je surpris que même avec sa meilleure amie elle ne lâche pas sa bride.

     Laura semble réfléchir à l'autre bout de la ligne à ce qu'elle peut ou non me révéler, puis poursuit tout de même :

— Parfois de manière très détournée, jamais frontalement. Attention, elle ne vit nullement dans le déni. Mais elle ne le verbalise pas, nous explique-t-elle encore bien que je me doute que Scott doit déjà être au courant d'une partie au moins du passé de Livia. Les vingt-quatre heures qui ont suivi la tragédie, sous le choc, elle n'a ni parlé ni pleurer. Elle encaissait ce que les phrases des adultes autour d'elle signifiaient, toujours selon les dires des médecins, précise-t-elle, car ni mes parents ni moi n'étions sur place ce jour-là. Comme Scott te l'a dit, Livy est française. Le lendemain lorsqu'elle est sortie de sa torpeur, elle a fait une crise de panique. Elle a dû être hospitalisée.

     Son récit me colle des frissons. Je n'imagine pas ce qu'une enfant doit ressentir dans un moment pareil.

— Les médecins nous avaient prévenu que cela risquait de se reproduire le temps qu'elle fasse son deuil. Qu'elle aurait besoin de les pleurer, de réaliser, d'accepter, puis d'envisager sa vie sans eux.

— Tout perdre si subitement, c'est forcément un traumatisme, commente Scott à juste titre.

— Et ils avaient partiellement raison, lui adjoint sa femme. Dans les jours suivants, elle a effectivement enchaîné des épisodes, alternant entre crises d'angoisse, de pleurs, et cris de douleurs, comme si on la martyrisait. C'était sans doute ce qu'elle ressentait au fond, renifle-t-elle ne maitrisant plus sa propre tristesse qui est palpable d'ici.

     Elle qui m'englobe moi aussi. Cela ne soit pas être facile pour Laura de replonger dans de tels souvenirs.

Alors Livia ...

— Que s'est-il passé ensuite ? questionné-je curieux. Qui s'est occupé d'elle ?

— Nous. Mes parents, je veux dire. La première année a été compliquée. Ils l'ont inscrite au lycée ici à Los Angeles et ont tout fait pour qu'elle tienne bon. Qu'elle continue sa scolarité le plus normalement possible.

— Ça n'a pas dû être simple, suppose Scott.

— Oh non. Elle arrivait dans un nouvel environnement, avec peu de repères, un deuil à surmonter. Elle a validé son année de lycée, mais elle pleurait beaucoup et s'était renfermée sur elle-même. Même avec moi, elle était distante. Elle a entamé une thérapie avec un très bon psychologue, un ami de mes parents. C'était... compliqué, soupire-t-elle. Elle n'acceptait pas de parler du deuil, même avec un médecin. Elle faisait toujours des crises, dès qu'elle était angoissée. Le psy passait donc des séances entières à lui donner des conseils pour les gérer, les amoindrir, les appréhender et maîtriser son stress.

— Et ça a duré combien de temps ?

— Voilà tout le problème, rit-elle sans joie. Du jour au lendemain, plus rien. Un soir, elle nous a annoncés qu'il était temps pour elle d'aller de l'avant. Et les crises se sont considérablement atténuées, jusqu'à disparaître en quelques semaines alors nous avons tous pensé, y compris le médecin, qu'elle avait accepté la situation : sa famille était partie, elle devait vivre pour elle.

— Qu'elle avait enfin fait son deuil, lâché-je sans l'avoir choisi.

— Oui, valide-t-elle. Elle a repris le cours de sa vie normalement si je puis dire. Elle acceptait de sortir avec mes amis et moi, mais cette perte l'a changée, indubitablement. Livia est devenue plus associable, sur la défensive, moins avenante avec les autres. Mais elle était très jeune, tempère-t-elle comme pour prendre sa défense là où c'est inutile. Une partie de sa joie de vivre s'était éteinte ce jour-là. Une partie de Livia s'en est irrémédiablement allée ce jour-là.

— C'est ce qui arrive quand on perd un être cher mon cœur. Livia a tout perdu, elle ne pouvait plus être la même après ça.

— C'est vrai, mais ... ce n'était plus vraiment Livia. Je ne sais pas, je crois que je le sentais, que quelque chose n'était quand même pas à sa place. Bref, mes parents ont toujours respecté la distance émotionnelle qu'elle a instaurée entre elle et eux à la mort de sa famille. Elle s'est protégée comme elle a pu, avec ses armes d'enfant. Mais ne te détrompe pas, Livia aime profondément mes parents. Et ils l'aiment du même amour qu'ils nous portent moi et mon autre sœur, Kate. Nous sommes toutes les trois leurs filles, sans distinction.

     Je l'entends avaler quelques gorgées d'eau. Leurs filles. Ça soulève pas mal d'autres questions que je me garde sous le coude, parce que Laura est sur sa lancée et j'ai bien trop peur qu'elle estime finalement avoir été trop loin dans ses explications et cesse d'éclairer ma lanterne.

     Livia n'a pas vécu des choses faciles alors qu'elle n'était encore qu'une enfant. C'est très triste.

— Ma relation avec Livia a changé, évolué, continue Laura. Les premiers mois, elle me rejetait beaucoup, préférant rester seule dans sa chambre. Mais plus elle me rejetait, plus je m'accrochais à elle. Je ne voulais pas qu'elle sombre entièrement. J'ai eu mal, mais jamais je ne ressentirais ce qu'elle a éprouvé elle, à quinze ans à peine.

— Vous vous connaissiez, donc, présumé-je à haute voix en allant moi aussi me servir un verre, mais un truc fort pour faire taire un pic de douleur qui m'assaille.

— Livy était déjà ma meilleure amie, me répond-elle sans m'expliquer le comment puisqu'un océan devait bien les séparer. Puis, d'une certaine manière, notre relation s'est renforcée. Je lui racontais tout comme si elle était mon journal intime, qu'elle veuille m'écouter ou non. C'était ma bouée pour elle, le lien vers un dehors qu'elle rejetait. J'essayais de l'intégrer à tout ce que je faisais pour ne jamais la laisser seule. Je n'ai jamais baissé les bras, c'était inconcevable.

— Je ne veux pas sembler glauque mon cœur, mais est-ce Livia était ...hummm, hésite-t-il alors que je sais déjà ce qu'il va lui demander.

— Non, Ne le laisse-t-elle pas terminer. Elle n'a jamais montré de signes suicidaires, ni aucune mutilations, mes parents ont été extrêmement vigilants sur ça. Et pas qu'eux.

— Tant mieux, soufflé rassuré pour elle, eux.

     Je me ressers un deuxième verre que je bois cul sec.

—Ma petite sœur s'est endurcie plus vite que moi et a même défendu mes fesses à plusieurs reprises. Comprenez bien vous deux, nous apostrophe-t-elle gravement. Pour moi, Livy était mon double. Ma jumelle de cœur. Elle l'est toujours, évidemment.

— Nous comprenons mon amour.

— Je... je pensais tout savoir d'elle. Mais j'avais tort. Je ne savais pas. Personne ne savait. Puis, un jour, la vie nous ouvre les yeux, vous savez pourquoi ?

— Non ... réponds-je sceptique et appréhendant la suite.

— Parce que sans nous en rendre compte, on a tous fermé les yeux, énonce-t-elle lentement et didactiquement. Et c'est quand on les clôt que le crash débute son œuvre.

     Sa voix est ferme, preuve que le reste ne sera pas forcément plus joyeux. Mais j'espère me tromper. Il y a donc eu crash. Mais pourquoi ?

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