24 - L'antichambre

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Livia

J'écoute ce qu'il dit et même si je voudrais partir loin pour ne plus rien entendre ces horreurs, je reste là, totalement tétanisée. Mon corps semble peser une tonne et en même temps j'ai l'impression que mes jambes sont en coton, qu'elles vont bientôt cesser de supporter mon poids. Je veux partir, je veux parler, lui hurler d'arrêter, mais rien ne vient.

Je suis paralysée par la peur qu'il m'inspire, mais aussi par la colère qui m'envahit.

— Tout ça c'est ta faute Livia ! Regarde-toi un peu ! hurle-t-il dans mes oreilles. Tout ce qui t'arrive, c'est ta faute et uniquement ta faute. Comment pourrait-il en être autrement avec un corps pareil ? Tu n'as ce que tu mérites, et je ne suis pas le seul à le penser. Qu'est-ce que tu crois ? Les filles comme toi ne peuvent pas espérer autre chose ! Des semaines que je t'avertis ! Mais toi Livia, tu fais comme si de rien n'était, tu ne m'écoutes pas ! Pour qui tu te prends hein ?

Je sens son haleine fétide et alcoolisée à quelques centimètres de mon nez.

— T'es comme ça parce que tu le veux bien salope ! C'est ta faute tu m'entends ? Sale petite pute!

Salope ? Est-ce qu'il a raison ? C'est peut-être bien ma faute après tout.

— Des semaines que je te préviens tous les jours, TOUS LES JOURS LIVIA. Tu te croyais intelligente hein, sale pute ! Mais regarde-toi putain de merde ! Parce que c'est la dernière fois que tu te vois comme ça ! Et m'humilier le week-end dernier, devant mes potes ! Tu croyais t'en tirer si facilement ? Tu m'as ridiculisé Livia. Alors ce n'est que justice que tu te sentes humiliée à ton tour. À partir de maintenant, tout va changer Livia ...

_______________________________

Je me réveille en sursaut et en sueur, une fois n'est pas coutume. J'ai mal au crâne, mes tempes me lancent. Un filet de lumière passe à travers les rideaux de la pièce. Je ne reconnais pas ma chambre. Je finis par trouver l'interrupteur d'une lampe de chevet dans la tête de lit. Lorsque la lumière éclaire la pièce, je suis totalement éblouie. Ma migraine se fait plus violente encore. Je me redresse, me frotte les paupières et les ouvrent péniblement.

Une fois mes yeux habitués, je repère ma petite valise posée au pied de mon lit à coté de mon sac à main et mes vêtements sur le fauteuil : jogging, t-shirt et gilet. Et même mon soutien-gorge. Je soulève le drap : je suis en tanga, uniquement en tanga. Les choses se remettent en place : hier, le dîner, Hayden Miller, mon hôtel, Hayden Miller, King Kong... J'ai dû m'endormir sur le retour. J'espère que Laura a été la seule à profiter de la vue et qu'elle n'a pas demandé l'aide de Scott pour me déshabiller.

Après m'être douchée dans la salle de bains attenante démesurément grande de la chambre, je me demande quoi porter aujourd'hui. Il faut une tenue confortable pour voyager quatre heures en train. Je n'avais pas pris beaucoup de fringues avec moi pour mon séjour à l'hôtel et n'ai pas donc trop de choix, le reste de mes affaires étant à mon appartement. Il va d'ailleurs falloir que je passe chez moi avant de rejoindre Mila à la gare.

Je fais donc simple : un chino gris pâle que je retrousse aux chevilles, mon top blanc en voilage doublé à bretelles fines, peu décolleté mais rien de vulgaire. Mon long sautoir Tiffany en or rose que je caresse du bout des doigts -dernier cadeau de Noël des Parents- vient habiller le tout, et pour ne pas avoir froid, j'enfile mon long blazer rose poudré très pal en tissu fin qui m'arrive au niveau des genoux. Pas de talons aujourd'hui : ma paire de ballerines d'Orsay blanche fait l'affaire. Je noue une partie de mes cheveux en simple half-bun rapide un peu lâche pour un effet bohème.

J'ose un coup d'œil dans mon reflet : ce n'est pas la joie. Une touche de mascara, ma crème de jour, un brin de fard à joues terracotta pour donner bonne mine et mon rouge à lèvres Dior Rose Classic Matte -cadeau de Noël de Mila. Après un brossage de dents, je suis fin prête. Moins de quinze minutes pour tout faire, je ne perds pas la main. Une très bonne gestion du temps qui me permet de paresser au lit les matins difficiles, sans être en retard au boulot et sans ressembler à un zombi, s'il vous plait !

Il est presque dix heures quand je sors de mon antre de luxe. À peine ai-je mis un pied en dehors de la chambre que deux grands bras musclés m'encerclent. Je hoquette de surprise.

— Salut Livy ! Bien dormi ?

— Hey Scott ! Plutôt bien, mens-je en moitié pour couvrir le réveil dû à mon cauchemar. Merci de m'avoir hébergée, quasiment de force mais bon.

Il se met à rire de bon cœur, dépose un baiser sur le sommet de mon crâne puis me libère de son emprise.

— Pas tant que ça de force, tu es quand même arrivée jusqu'ici de ton plein gré je te signale !

— Je ne partage pas ton avis, désolée, je me renfrogne aussitôt. Je serais encore en train de parlementer avec ton pote dans une salle de bains si je n'avais pas été aussi crevée. Je voulais juste dormir, moi ! Et en plus, j'avais peur d'arriver ici sur les épaules de King Kong façon sac à patates et j'aurais été obligée de lui refaire le portrait ce matin, donc trop de prises de tête inutiles, tu vois ?

Quand on parle du loup ...

Oui ??

N'y penses même pas !

— J'aurais bien voulu voir ça !

King Kong entre dans le séjour, suivi de près par l'autre star.

J'inspire à pleins poumons, ferme les yeux pour enfiler mon masque mental. Je le sens lui, son odeur, mais ne me laisse pas assaillir. Mode stoïcisme face à Hayden Miller : activé. Hormones en feu de joie : désactivées.

— Bonjour King Kong. C'est quand vous voulez, je le toise rieuse en croisant mes bras sur ma poitrine.

— Bonjour mademoiselle Gardini. Ravi de vous revoir, dit-il avec un sourire taquin qui signifie qu'il est prêt au combat lui aussi.

Il a l'air de bonne composition aujourd'hui, pourvu que ça dur. En même temps, je crois que m'entendre prononcer le mot «vibro» hier soir l'a détendu. Si l'on met de côté son attitude de gorille mal léché, il est pas mal le Terminator en Chef. Pantalon noir, chemise noire. Il en impose vraiment.

Mon regard se pose sur Hayden, qui me salue sobrement à son tour :

— Bonjour Livia.

— Bonjour Hayden.

C'est un choc visuel qui me file des frissons sur tout le corps et à l'intérieur. Mon Dieu qu'il est beau !

Heureusement que je repars dans quelques heures. Ce n'est pas humain d'être aussi beau. Son pantalon bleu foncé moule parfaitement le haut de ses cuisses, une ceinture en cuir marron marque sa taille et sa chemise ciel retroussée aux coudes dont il a n'a pas fermé deux boutons laisse apercevoir le haut de son torse. J'évite soigneusement de le regarder dans les yeux. Je dois tenir le plus longtemps possible. Pourtant même sans plonger dans son océan ensorceleur, mon corps est déjà sous le charme. Des picotements s'amusent dans ma nuque et une douce chaleur s'empare de moi toute entière.

Danger en vue !

— Honeyyy s'égosille Laura. Tu es encore canon aujourd'hui baby ! Ton blazer est super ! Il m'en faut un absolument !

Ok, on est passé dans un portail temporel et elle est devenue amnésique ? Je ne bouge pas, la laisse comprendre par elle-même que j'ai envie de l'étrangler.

— J'aurais dû épouser Livia en fait ! Elle est bien plus raisonnable que toi ma chérie.

— C'est vrai qu'avec elle, ton compte en banque ne risquerait pas de bouger d'un dollar mon chéri !

Elle lui tire la langue. Scott a l'air d'avoir compris que si Laura n'a rien d'une femme vénale et ne l'a pas épousé pour son argent, elle a un certain penchant pour l'excès de shopping.

— Je ne suis pas la seule à aimer le shopping, se défend-elle, Livy aussi adore !

— Moi je n'ai pas besoin de m'acheter une paire de jean à quatre cents euros, une robe à cinq cents ou une paire de chaussures d'une valeur du SMIC pour me sentir bien, grincé-je.

— Exact, mais dépenser trois cents euros pour de la lingerie en revanche ...

La sale petite garce ! Elle n'a quand même pas osé si ? Qu'est-ce que je vais faire d'elle ? Je suis sûrement aussi rouge qu'une bouche d'incendie. Honteuse au possible, je cache mon visage de mes mains. Scott étouffe difficilement un rire, Hayden manque de s'étrangler de surprise et Nick s'est figé. Quant à Laura, elle affiche un sourire jusqu'aux oreilles, très très très fière d'elle et de sa réplique qui tue.

Et toi c'est elle que tu veux tuer.

Je la fixe sévèrement de mon regard noir, acceptant d'être la coupable qui plombe l'ambiance de bon matin. Ils peuvent rire tant qu'ils veulent, moi, j'ai envie de hurler à la traitrise, de monter une révolution ... mais encore plus de signer ce foutu document qui me libérera de toute cette farce dès aujourd'hui. Ma meilleure amie finit par comprendre -victoire !- que la nuit n'a pas tout effacé. Son rire se meurt dans sa gorge, elle éclaircit sa voix.

— Livy, s'il te plait...

— Mais non ! Non Laura, ça ne me plait pas ! m'écrié-je en français. Rien n'est normal ici, tu comprends ? C'est peut-être ton monde, tout ça, désigné-je la vaste pièce, mais pas le mien ! Tu m'as caché que tu savais avec qui je me suis ... avec lui...bon sang, c'est de la folie ! Pourquoi ?! Tu viens de me faire perdre trois semaines ! Tu as perdu la tête ou quoi ? Tu crois que c'est un jeu? Ma vie n'est pas un jeu Laura ! Je croyais avec été claire à Vegas !

— Je n'ai jamais dit le contraire.

— Ce n'est pourtant l'impression que j'ai. Je ne retournerai pas vivre aux Etats-Unis, dis-je avec aplomb en me rapprochant d'elle. Il faut que tu t'y fasses une bonne fois pour toute ! Ma vie est ici, la tienne est là-bas !

— Ne dis pas ça.

— Je le savais ! Même maintenant, tu te voiles la face !

— Tu ne sais pas de quoi demain sera fait, contre-t-elle le menton haut.

Oh si, je sais.

— Ce que je sais aujourd'hui me suffit : j'ai fait une connerie d'anthologie et c'est le jour où tout va rentrer dans l'ordre. On va régler le problème entre nous, tourner la page et ne plus en parler. Tu vas ensuite rentrer chez toi, moi chez-moi, et ...

— Ecoute Livia, c'est normal que ... tu ...veuilles...humm...hésite-t-il, trouver une solution le plus vite possible, et nous sommes ici pour discuter. Mais nous allons d'abord manger et...

— Tu parles français Scott ? me tourné-je vers lui en déglutissant péniblement.

Il opine.

Donc tout ce que je dis à ma meilleure amie depuis des semaines en français, devant lui ou quand nous sommes en conversation à trois au téléphone ... je vais me rendormir.

— Laura ! C'est ça ta version du Scott parle un peu français ? Mais tu te fous de moi !?

Question rhétorique, encore.

Ok, on se calme, il n'a peut-être que des bases et de vagues notions scolaires.

Tu t'accroches aux branches là, Livia.

— Je comprends bien le français Livia, et je le parle relativement bien aussi. Ma grand-mère paternelle est française, m'explique-t-il sans repasser à l'anglais. Elle s'est... expatriée avec mon grand-père américain à la fin des années cinquante. Il travaillait dans l'armée de l'air et a travaillé des années en France. Ils se sont mariés ici et quand ils ont... voulu fonder une famille, ils sont rentrés tous les deux aux États-Unis. Mon père me parlait souvent en Français quand j'étais enfant, pour faire ... heu...rager ma mère. J'ai toujours étudié dans des écoles bilingues, aussi.

Voilà qui est limpide. Je ne m'attarde pas sur tout ce qu'il a entendu et compris, donc.

— Ne fais pas cette tête, poursuit-il en anglais. Je ne suis pas un homme choquable tu sais ! Allons petit-déjeuner et après promis, nous passerons aux choses sérieuses.

Je sens une attention embrasant ma peau à travers mes couches de tissu dans mon dos. Après ce que j'ai vécu hier et cette mise au point embarrassante, je prends le parti de passer pour une sauvageonne et marche en direction du «petit» salon où la table du petit déjeuner a déjà été dressée. Viennoiseries françaises, pain, beurre, confitures, chocolat fondu, eau chaude pour le thé, plusieurs tasses de café fumant, chocolats chauds, jus de fruits pressés, fromages blancs et fruits frais en tranches etc. Ils ont invité tout l'hôtel ou quoi ?

La traîtresse part s'installer à l'opposé de ma position -instinct de survie oblige. Les trois hommes ne tardent pas à nous rejoindre. Je suis toujours debout devant un fauteuil nappé de velours bleu roi et laiton Alveare, les bras croisés, en train de bouder. Scott passe derrière moi et m'enlace par les épaules. Il dépose un baiser muet sur ma tête. Je ne bouge pas d'un iota.

Je décide, prudente, de laisser monsieur-je-parle-un-peu-mais-beaucoup-français être en face d'Hayden, m'assieds face à Nick. Entre la Peste et le Choléra, mieux vaut choisir le moins pire. Et en l'occurrence, pour mes émotions, ma libido et mon tanga, le plus sécuritaire, c'est King Kong.

Durant ce qui sera mon seul repas avant ce soir puisque je n'ai pas le temps avec tout ce qu'il me reste à faire avant de prendre mon train, j'écoute d'une oreille Laura questionner Scott, Hayden et même Nick sur leur emploi du temps du jour. Je connais déjà celui de celle qui me scrute de temps en temps, guettant un apaisement qui ne vient pas. Je suis verte de rage, mais me conforte avec l'idée que tout sera bientôt derrière moi.

Laura m'a confié hier qu'elle devrait peut-être prolonger son séjour à Paris de deux ou trois jours. J'espère très égoïstement que ce ne sera pas plus. Elle est aussi mon avocate et j'aimerais que mon affaire soit vite bouclée. Et pour cela, il faut qu'elle rentre à Los Angeles.

Pour ma part, j'ai prévu de quitter l'hôtel avant midi, de repasser à l'appart pour récupérer ma valise presque prête. Je n'aurai plus qu'à transvaser mes affaires qui sont dans celle que j'ai avec moi depuis trois jours avant de la boucler. Je dois aussi arroser les quelques plantes de mon T2 meublés, aérer un peu les pièces, et revérifier les DLC des aliments dans le frigo puis si nécessaire donner ce qui ne sera plus bon dans quinze jours à la petite mamie qui vit sur le même pallier que moi. Après quoi, je rejoindrai Mila pour prendre le train qui nous ramènera chez nous, dans le sud, pour les quinze prochains jours.

Après avoir m'être rassasiée -goinfrée- d'un croissant au beurre bien gras, de deux tasses de café, d'un jus d'oranges et d'un bol de fruits rouges, je suis vitaminée pour la journée qui s'annonce. C'est à ce moment-là que ma copine-collègue m'envoie un texto :

{Coucou ma bichette ! Tout va bien ? Je suis passée à ton hôtel à 9h00. J'étais dans le 5e Antho. À la recep’ on nous a dit que tu as rendu ta chambre cette nuit. Un problème ?}

Deux problèmes. Le premier de taille et le deuxième d'envergure mondiale : Nick Aka King Kong et Hayden Miller. Mais je ne peux pas le lui dire. Je ne vais pas lui mentir, juste lui cacher ce « détail ».

{Aucun problème Mila. J’ai dormi à l’hôtel de Laura. Je repasse chez moi et je te rejoins à la gare. Ça va toi ? }

{Oui. Hâte de rentrer à la maison. Ciné demain soir ? J'ai regardé le dossier Aubert. Tes idées et tes plans sont géniaux ! Le rendu 3D va scotcher tes clients Livy ! J'ai besoin d'aide pour mon projet Solis-Julianni. On pourra en discuter durant le trajet ?}

{Merci ! J'étais inspirée. J'ai hâte d'aussi d'être plus au calme, si tu savais ! Pas de problème. À tout à l’heure. }

{@ toute ma bichette ! Bisous}

Je souris à la lecture de ces messages et me dis que j'ai vraiment de la chance d'avoir Mila pour collègue, mais surtout pour amie.

Nous connaissons depuis plusieurs années, six pour être exacte. Je l'ai rencontrée pendant un stage dans une agence immobilière, durant ma deuxième année d'études. Mon projet n'était pas d'être agent immobilier mais j'ai été contrainte de faire ce stage. Nous nous sommes tout de suite bien entendues, ce qui à l'époque était un exploit de ma part : j'étais très solitaire, je veux dire encore plus qu'aujourd'hui. Je me suis toujours donnée à fond dans mes études, puis mon travail et ne cherchais pas à élargir mon cercle d'amis ni de connaissances. Mais avec Mila, cela a un peu été un coup de foudre amical.

Depuis, mon amie et moi sommes souvent ensemble. Nous nous sommes même retrouvées à travailler pour la même agence de construction il y a quatre ans. Quand j'ai changé de boîte, Mila m'a suivie. Même si avons chacune nos propres dossiers, nous aimons travailler en binôme, en particulier sur les projets complexes. Le cas échéant, nous partageons les commissions. Nous ne sommes pas salariées mais agents indépendants mandatés, ce qui nous laisse beaucoup plus de souplesse et de liberté de gestion de notre activité.

Depuis le début d'année, grâce à un très bon portefeuille clients, aux recommandations et au bouche-à-oreille qui nous a créé une jolie notoriété, nous sommes rattachées à deux centre de travaux et scindons notre temps entre Paris et le sud. C'est une organisation qui n'est pas simple, mais pour nous aider, on nous a accordé une super assistante, Näis, et polyglotte en plus! J'ai des clients anglo-saxons pour des maisons de vacances, et Mila italiens, la langue natale de sa maman.

Le nez plongé dans mon téléphone, King King me sort de ma rêverie :

— Mademoiselle Gardini, voulez-vous qu'un de mes hommes vous raccompagne chez vous tout à l'heure puis vous dépose à la gare ?

Heu ... sûrement pas !

— Merci pour cette proposition mais c'est inutile. Je m'en sors toujours très bien toute seule vous savez, réponds-je d'un air affable que je veux le plus polie possible.

— Tu en es sûre ? s'enquiert Hayden. Cela te ferait gagner du temps.

— Certaine. Merci.

— Si vous changez d'avis, n'hésitez pas, complète Nick.

— Occupez-vous bien de Maître Hartley qui elle a réellement besoin d'un service de sécurité, d'autant plus si vous avez l'ambition de garder vos effectifs intacts, le préviens-je, moi, je ne suis personne et c'est parfait ainsi.

Laura lance un regard circulaire aux trois hommes, se frotte les yeux.

— Je vais chercher mon dossier, se lève-t-elle. Attendez-moi dans le bureau.

Je manque une inspiration, expire longuement par la bouche pour laisser au soulagement toute la place qu'il mérite. Mon cœur se met à battre plus vite. Enfin le moment tant attendu.

Dans un silence de cathédrale, nous obéissons , quittons l'antichambre des révélations et partons nous installer autour d'une grande table ronde en bois sombre. Nick, Hayden et Scott échangent quelques messes basses, je consulte ma boîte mail ne faisant pas cas d'eux, surtout qu'une angoisse malvenue s'invite dans ma poitrine alors qu'elle ne devrait pas. Ma jambe droite s'agite. Je lisse trois fois mon pantalon, puis trois autres fois, les yeux rivés sur le grand écran de mon téléphone.

Lorsque mon avocate nous rejoint, elle a revêtu un petit blazer pourpre de la couleur de sa pupe crayon et ses talons aiguilles. Une vraie Business Woman à défaut d'être la commère qu'elle avait toujours été.

Je n'ose pas poser la question, mais je me demande tout de même pourquoi Nick est là ... Bon, après tout, plus on est de fous, plus on rit, non ?

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