30- Il a suffi d'un mail

15 minutes de lecture

Livia.

Le cours de danse m'a vidée du peu n'énergie qu'il me restait.

Je suis encore hors d'haleine quand nous sortons du complexe. L'air frais caresse ma peau moite, et mes doigts la façade en pierres blanches qui me rappelle le mas provençal qu'habitaient mes grands-parents quand j'étais enfant. Entouré d'oliviers -dont un été le préféré de mon grand-père Mattéo-, de cerisiers, de romarins et de lavandes. Cette bastide, nous l'appelions La maison du bonheur. Puis le bonheur a volé en éclats. Ne restent que l'amertume des larmes versées et le trou béant que la hache de faux de la mort a laissée derrière elle.

J'avale en quatre grandes gorgées les derniers centimètres de ma bouteille d'eau. Mila me tend sa gourde voyant mon air dépité. J'ai mal partout, même à des endroits improbables, dans des élans douleurs vifs qui me surprennent. Heureusement, nous sommes mercredi soir. Demain est mon dernier jour de travail pour cette semaine en cours.

Depuis que nous sommes rentrées de Paris il y a bientôt deux semaines, Mila et moi avons travaillé six jours sur sept. Si elle veut faire un long break en juillet-août, nos dossiers doivent être bouclés. Pour ma part, il était prévu que les miens le soient.

Dans cette optique, d'ici quinze jours, nous ne prendrons plus de nouveaux clients afin de pouvoir nous concentrer sur les projets à terminer. Cet été, ils seront tous soit entre les mains des services d'urbanismes, soit des Travaux pour la préparation des ouvertures de chantiers. Nous pourrons télétravailler. En attendant, ce soir je suis crevée. HS.

Je baille à men décrocher la mâchoire en m'asseyant sur un banc, regardant de loin ma voiture. Si elle pouvait avoir la bonne idée de venir jusqu'à moi, ce serait parfait. Je dénoue mon chignon serré qui doit lui aussi participer à mes douleurs crâniennes, puis palpe lentement mon cuir chevelu pour le détendre, et me faire pardonner de cette torture.

— Dis-moi, je ne m'attendais à une telle tirade sur les salariés qui devraient se sortir les doigts du fion devant M. Hayrault ce matin. T'as tes règles ou quoi ?

Mais c'est qu'elle est drôle et perspicace même le soir elle !

—Je les ai eues oui et fort heureusement pour vous tous, elles ont été courtes, je lui réponds dans un grognement peu affable. Et puisque mes cycles ne sont plus réguliers à cause du traitement pour le kyste, ça m'a plus fatiguée que d'habitude. J'étais déjà sur les nerfs en mettant un pied par terre ce matin, alors forcément, s'il me titille, ça pète. Limites atteintes.

Il ne t'en fallait plus beaucoup.

— Fatiguée et énervée.

— Oui. C'est bon le moment Vania est terminé ou tu as encore besoin de me psychanalyser ?

— Ouais.

Pas sûr.

Mila se triture les doigts, les cheveux et scrute ses pieds qui ne sont pas loin de creuser une belle tranchée dans l'asphalte. Je ne vais pas rentrer chez moi de sitôt, je le sens !

— Accouche Mila, je suis éreintée, la prié-je en cherchant mes clés.

— Quoi ?

— Tu as un truc à dire, je te connais comme si je t'avais faite, alors vas-y.

— Tu comptes répondre à Laura, un jour ?

PUTAIN

DE

BORDEL

DE

MERDE

FAIT

CHIER

BON

SANG.

Ça t'a fait du bien ?

Donc, elle passe par Mila pour avoir de mes nouvelles. C'était prévisible, cela-dit.

Je n'ai pas reparlé à Laura. En dix ans nous n'étions encore jamais volontairement restées aussi longtemps sans communiquer. J'ai mal, très mal, mais je lui en veux, beaucoup. J'ai besoin de temps. Et notre séparation est nécessaire.

Évidemment elle me manque. J'ai envie de l'entendre se plaindre de ses journées à rallonge, rire des âneries qui fusent à son cabinet, recevoir les MMS avec les photos des fringues qu'elle s'achète tous les vendredis depuis qu'elle a une carte de crédit. L'entendre mastiquer son repas pendant que nous discutons car elle ne veut pas raccrocher. Je serais même prête à l'écouter me raconter une nouvelle position du Kâma-Sûtra qu'elle a testée la veille.

Oui, mais ça n'arrivera pas.

Elle m'a caché son projet de mariage et m'a fait aller à Vegas sous un faux motif, du jour au lendemain.

Elle m'a incité à boire de l'alcool, beaucoup. Pas pour que je relâche la pression, mais pour se servir de mon état contre moi. Elle ne m'a pas forcée, j'ai eu tort de me laisser aller. Mais elle savait ce qu'elle faisait.

Elle m'a menée dans une chapelle pour que je me marie avec un homme que je ne connaissais pas, s'imaginant pouvoir me garder à L.A, alors que nous avions déjà eu une conversation à ce sujet quand elle a voulu jouer les entremetteuses folles entre Cameron, le meilleur ami de Kate, et moi.

Puis, elle m'a caché son identité, fait croire qu'elle le chercherait. Elle l'a fait venir à Paris sans m'en parler, me l'a représenté sans me dire qui il était par rapport à moi. J'ai passé une soirée avec lui sans en avoir conscience, alors que tous savaient.

Elle a accepté de ne pas me révéler son identité pour qu'il gagne du temps. Elle m'a traitée comme une enfant, alors qu'il s'agit de ma vie.

Elle sait que je ne supporte pas qu'on décide pour moi. Je ne le supporte plus. Je dois être maîtresse de ce qui m'arrive. Mais elle l'a fait. Par-dessus le marché, Elle ne pas m'a pas fait confiance. Elle aurait pu tout me dire, panique ou pas. J'aurais compris le dilemme d'Hayden.

Dès le soir de mon retour, Laura a tenté de me joindre. J'ai rejeté tous ses appels. C'en sont suivi des textos, et un mail.

{Livy, s'il te plait, parle-moi ... Crie, hurle, pleure. Insulte-moi si ça te fait du bien. Mais ne m'ignore pas}

{Livy, dis quelque chose, Ne t'enferme pas.}

{Honey, Il faut qu'on discute, S'il te plait.}

{Livia, dis-moi au moins que tu vas bien. 6 jours Livy ...}

{ Livy, tu vas bien ? Dis-moi juste que tu vas bien. S'il te plait}

{ Livy, Je ne sais plus quoi faire. 10 jours. J'accepterai ta peine, ta colère, mais ne te renferme pas. J’ai peur.}

J'ai reçu une cinquantaine de messages. Je ne les ai même pas tous lus.

Puis hier, un mail.

__________________________

From : Laura.McAlleigh_private

To : Liv-in-pain13

__________________________

Livia,

Lil' Sister,

Quand nous nous sommes rencontrées, en chair et en os, j'ai trouvé ma moitié. J'ai découvert à quel point j'étais incomplète, avant toi. Il y a des choses qui ne s'expliquent pas.

J'ai eu mon premier un coup de foudre. Familial, mais il n'en est pas moins puissant.

Quand je te vois ou que je pense à toi, je comprends Katy lorsqu'elle me parle de son amour pour moi, sa petite sœur qu'elle avait tant espérée. Kate m'a attendue six ans. Moi il m'a fallu patienter quinze années avant d'avoir une petite sœur, celle que je n'espérais plus. Ma petite sœur Baby, toi.

Quand je t'ai vue sur cette photo, j'ai saisi qu'une part de moi t'avait toujours attendue Livia. Comme si au fond, je savais déjà qu'à l'autre bout du monde, tu existais. J'en ai voulu à nos parents. Nous aurions pu nous connaître avant.

Il y a onze ans, je suis enfin devenue complète. Sans toi, je ne suis pas moi. Sans toi, je ne serais plus moi, Livy.

Je sais que c'est égoïste de te confier le poids de mon bonheur. Mes mots n'ont pas ce but. Je veux que tu comprennes Livia. Je sais que tu m'aimes, je n'en ai jamais douté. Je sais que tu aimes Kate et les parents, même si tu as du mal à le leur exprimer. Ils comprennent. Jamais ils ne t'en voudront d'être moins expansive avec eux qu'avec moi. Tu es parfaite dans tes failles, parce qu'elles te rendent plus humaine que n'importe qui, même si j'aimerais tellement que tu en aies moins, pour toi, pour que ton chagrin ne te définisse plus.

Aujourd'hui, après avoir repensé à notre histoire, je me dis que peut-être, à travers mes Je t'aime, tu ne perçois pas l'ampleur de ce que tu représentes pour moi.

Aujourd'hui, je ne me sens plus complète, et j'ai mal de ce vide qui se creuse.

Tout est ma faute. Je ne veux pas que tu culpabilises. J'ai fait n'importe quoi et je dois en assumer les conséquences. Je suis amputée. Seule. C'est la pénitence de mon égoïsme irresponsable pour avoir bousillé ta vie, celle qui tu as tant eu de mal à te construire, pour te reconstruire toi, à la seule force de ton courage et de ta détermination, ma Rocky.

Il faut que tu comprennes Livy. Même si j'ai Scott, il n'est pas toi. Il ne sera JAMAIS toi. Il ne prendra JAMAIS ta place dans mon cœur. Il le sait. Les choses sont ainsi, elles ne seront pas autrement. Tu es cette partie de moi sans qui le reste de fonctionne pas.

Aujourd'hui, je ne te demande pas l'absolution, mais j'ai besoin d'avouer certaines choses, que tu saches tout.

À Vegas, j'ai fait un choix qui a déclenché un effet domino terrible. Une seule décision qui nous mène où nous en sommes tous aujourd'hui. Une seule décision, un mauvais choix porté par mes peurs « irrationnelles », diras-tu, qui en a entrainé d'autres, toujours sous l'impulsion de mes craintes. L'inquiétude que ce soit trop dur pour toi, le besoin de te protéger. C'est toi qui en paies le prix fort de mes erreurs.

Je n'ai jamais voulu cela. J'aurais dû te protéger, de tout, y compris de moi. C'est mon rôle.

Je t'ai caché mes fiançailles. C'est le point de départ, n'est-ce pas ?

J'ai eu peur que tu refuses de venir sachant que les parents seraient absents. Mais Scott et moi ne voulions qu'Hayden et toi. Sans toi, je ne serais pas allée à Vegas, Scott le savait, il l'acceptait. J'ai eu peur que tu ne culpabilises de participer à ce secret. Te demander de mentir pour moi, de le cacher à maman, je ne pouvais pas. J'aurais dû te laisser le choix, je suis désolée.

Alors j'ai attendu. Ma peur a gagné.

Quand j'étais sur le point de t'avouer mon projet après le resto, ton esprit n'était plus réceptif. Et quand tu es revenue à toi, je n'ai pas eu le courage. J'ai eu peur que tu ne paniques.

Ma peur a gagné.

Quand nous nous sommes préparées pour la soirée, je devais te l'annoncer. Et je ne l'ai pas fait, les mots ne venaient pas. Lorsque nous sommes arrivées au bar où allaient nous rejoindre Scott et Hayden, tu ne savais toujours pas. Finalement, attendre avait été une très mauvaise idée, car plus nous nous rapprochions du moment où nous irions à la chapelle, plus il devenait difficile de justifier mon silence.

Vingt minutes avant son arrivée, Scott m'avait proposé de tout reporter, de profiter du week-end pour faire les présentations. Lui et toi. Hayden et toi. (Hayden est quelqu'un de bien, Livia, laisse-lui une chance d'être au moins ton ami, ne le vois pas comme ton ennemi. Oublie qui il est célèbre, il est plus que ça. )

Et devine quoi ? J'ai dit non. Pourquoi ? Parce que la base de ma préoccupation était que le cacher aux parents quatre jours t'aurait probablement rendue malade, alors plus ? Non. Alors j'ai encore fait un choix. Celui de t'aider à te détendre. Deux verres d'alcool. Mais pas que.

Mon Dieu, qu'est-ce que j'ai fait ?

Te rappelles-tu quand tu m'as demandé comment l'officiant avait pu vous marier dans ton état ? Pourquoi rien ne te revenait depuis ? Tu pensais être complément ivre. Tu étais alcoolisée, oui. Mais tu étais aussi sous l'emprise d'un anxiolytique : Benzodiazépine. Un demi comprimé que j'avais dissout dans ton verre pour lutter contre ton anxiété. Couplé à deux cocktails, ça t'a complètement détendue.

Voilà, c'est dit.

Scott n'est pas au courant. Pas encore. Je le lui dirai dès que ce mail sera parti. Je suis tellement désolée Livy. Je te jure qu'à ce moment-là, je ne savais pas comment allait finir la soirée !

J'ai fait d'autres choix. Ne pas te révéler le nom de Hayden tout de suite. J'étais d'accord avec le plan de gagner du temps pour limiter les dégâts d'un mariage-divorce. J'avais peur de te l'annoncer de but en blanc par téléphone.

Une fois de plus, j'ai pris une décision à ta place. Tu es la principale intéressée, c'est toi qui es mariée avec Hayden, mais je savais que tu voulais divorcer tout de suite. J'ai donné du temps au meilleur ami de Scott. Je l'ai fait aussi pour toi, mais ce n'était pas à moi de choisir.

Dans cette histoire, tout est une question de choix : ceux que j'ai fait pour toi, et ceux que toi, tu n'as pas pu faire à cause de moi. J'ai bafoué tes principes, tes libertés. Et mis bout à bout, je comprends ta colère ; et ton silence. Je comprends ton ignorance Livia.

Je devais te protéger, et j'ai fait tout l'inverse. Au final, c'est toujours toi, ma Rocky qui a sauvé mes fesses, un nombre incalculable de fois. Au lycée, à ma semaine d'intégration à la fac, il y a quatre mois ... à chaque fois, tu sors les griffes pour moi. En onze, j'ai la sensation déplaisante que ma petite sœur a bien plus pris soin de moi que je n'ai pris soin d'elle.

Tu es ma petite sœur Livia, c'était à moi de te protéger, surtout après l'accident.

J'ai vu ma petite lumière s'éteindre et senti son cœur se briser, encore et encore, chaque jour. Je n'ai pas su t'empêcher de te noyer. Pendant un an, jusqu'à ce tu décides qu'il était temps pour toi d'avancer et de revivre. Enfin, c'est ce je croyais... Ce que nous avons tous cru.

Là où je pensais que tu avais fait ton deuil, j'ai découvert trop tard que tu creusais un peu plus ton cœur chaque jour, en silence. Loin de nous. Tu es partie pour que j'aille à Harvard.

Aujourd'hui, je suis en grande partie la femme que je suis devenue grâce à toi. Je sais ce que tu as fait pour moi. Tu m'écoutes, tu m'accompagnes, me relèves, me soutiens, m'encourages. Et moi ? Qu'ai-je fait en retour ? J'ai gâché ta vie. En un claquement de doigt. En une décision égoïste.

Je te dis souvent que tu es une femme forte, un modèle, et lorsque je devrais faire confiance à ta force, je n'en tête que tes faiblesses, parce que j'ai peur. Peur des ténèbres qui guettent le moindre signe pour reprendre le contrôle. Ne crois pas que je ne le sais pas. Je le sais, je le vois.

Pardon.

En profitant de ton état ce soir-là pour assouvir mon envie de t'avoir plus près de moi, en faisant ce choix, en pariant contre le destin, j'ai brisé ta vie, ta tranquillité. Tous les pardons du monde n'y changeront rien.

Cette existence paisible que t'es construite, ces traumatismes que tu as courageusement combattus pour mener la vie que tu voulais et que tu as, cette vie tranquille telle que tu la connais va prendre fin. À cause de mes choix. Ce que je vais dire n'a pas vocation à me dédouaner Livia, mais peut-être que comme le dit Mona, rien n'arrive par hasard.

Peut-être que ces dernières semaines paisibles dont tu es sur le point de profiter sont justement l'occasion de VIVRE Livia. De vivre POUR TOI. Pas uniquement et simplement de survivre pour leur souvenir, ni pour te punir d'être là.

Ta vie va changer, et ça me tue. Mais profite du calme présent pour t'amuser, te reposer, te ressourcer. Révèle-toi à toi-même Livia. Abats les murs que tu as érigés. Ensuite arrivera la tempête. Mais après la pluie, le beau temps.

Ta vie sera différente, certes. Les gens n'oublieront pas du jour au lendemain. Pourquoi ne pas prévoir dès maintenant « l'après » ?

Parle-moi Livy.

Comme toi, je peux tout entendre. Même si je me rends compte que je n'ai pas vraiment appliqué ce précepte avec toi ces derniers temps. Dis-moi quoi faire. Je veux retrouver ma meilleure amie, ma sœur, mais avant tout, je veux m'assurer qu'une fois de plus, elle ne sombre pas.

« Tombe sept fois, relève toi huit ».

J'aimerais que tu ne mettes pas plusieurs semaines à te relever Livy. Je ferai tout pour. Tu sais que je peux tout quitter si j'ai le moindre doute sur ton état. Scott comprendra. Ton silence m'inquiète, je ne tiendrai plus longtemps après mon affolement.

Je serai à Londres de jeudi à mardi. Je descends au FourSeasons Ten Trinity Square. Je ne te demande pas de venir, je te laisse le choix. Le choix de revenir vers moi, ou pas.

Je t'aime Livia.

Hier, aujourd'hui, demain, toujours.

Til Death Do Us part.

As Long As We Both Live.

Laura.

__________________________

Je n'ai pas répondu à son mail.

Au moins, je l'ai lu jusqu'à la fin. J'ai pleuré, je me suis mise en colère au rappel de ce qu'elle a fait. J'ai failli m'étrangler à la lecture de son aveu sur l'anxiolytique. Et j'étais à deux doigts de faire une syncope en réalisant qu'effectivement, ma vie allait changer drastiquement. Le voir écrit m'a servi de sur électrochoc.

J'avais bien pensé au chamboulement lié aux médias, mais je n'avais pas poussé le raisonnement au point de me dire que toute ma vie en serait à ce point dévastée. En épousant Hayden Miller, j'ai signé l'arrêt de mort de ma tranquillité. Mis à mal mon plan.

Interdite face à Mila, j'ai peur que mes yeux ne partent en courant. Je me relève, les bras tendus vers le ciel sombre.

— Laura t'a contactée pour avoir de mes nouvelles ? Et elle s'est plainte que je ne lui réponds pas ! Mais je rêve !

— Ne t'énerve pas Livy. Elle voulait juste avoir de tes nouvelles. Et elle ne m'a pas dit ce qu'il s'est passé entre vous, et je n'ai rien demandé je t'assure !

— Tu lui as dit quoi ?

— Que tu viens travailler tous les jours et que je ne tiens pas à m'immiscer entre vous !

Oulala, elle est malade ma Mila ? Elle a rencontré Jésus en soirée ou quoi ? Enfin quelle que soit la raison, je suis satisfaite qu'elle n'ait rien dit de plus à Laura.

— Merci Mila. Je lui répondrai quand j'en aurai envie. Et là, je n'en ai pas envie.

— D'accord.

— On se voit demain Mila, j'ai encore un truc à faire avant de rentrer chez moi.

***

Je sors de ma salle de bains après une douche revigorante. La LED de mon téléphone posé sur mon lit clignote rose, signe que j'ai reçu un message.

— Cette femme ne lâche jamais l'affaire !

Ah si.

Comme quoi tout arrive !

À grande surprise le message ne vient pas de ma meilleure amie, mais d'un numéro inconnu. J'hésite à l'ouvrir ou à le supprimer, craignant un spam. Je choisis d'ouvrir, m'assieds sur le lit tant je suis choquée.

{ Bonsoir Livia.

Est-ce que tu vas bien ? J'ai appris que tu ne seras pas à Paris, j'ai donc annulé ma venue ce week-end. Pourrais-tu s'il te plait me tenir informé afin que je prenne mes dispositions ? Laura m'avait dit que tu travaillais 15 jours sur Paris et 15 Jours dans le sud de la France, mais visiblement tes plans ont changé.}

HAYDEN ???

Elle utilise Hayden car cela ne fonctionne pas avec Mila ?!

J'attends quelques minutes avant de répondre à l'inconnu ... pas si inconnu que ça d'ailleurs. Dans tous les sens du terme. Mais je ne peux pas en vouloir à mon téléphone.

{ Hayden ? }

{Moi-même. Bonsoir Livia. J'ai donc plus de chance que ta sœur.

Dois-je me sentir flatté ?}

Flatté ? Non mais il faut qu'il atterrisse un peu, il va prendre froid !

{Bonsoir Hayden.

Flatté ? Ne jouez pas les stars. Je vous réponds uniquement car vous avez raison, j'aurais dû vous prévenir que je n'irai pas sur Paris. Mais je n'avais pas compris que vous viendriez tous les quinze jours, jusqu'à ce que nous demandions le divorce. C'est inutile.}

{J'avais effectivement pour projet de venir la semaine prochaine. Mais heureusement j'ai appris que tu n'y allais plus...}

{Laura vous a bien renseigné}

{ Laura n'y est pour rien. }

{ Qui vous a renseigné si ce n'est-elle ? }

{Je ne peux pas divulguer mes sources }

{ Il faut donc que je méfie de tout le monde dans ce bas monde!

Si ce n'est pas Laura, c'est que c'est cette traitresse de Mila qui

a eu la langue trop pendue. Vous l'avez contactée c'est bien ça ?}

Bordel qu'est-ce qu'elle a fait !?

{ Tu n'as pas besoin de te méfier Livia.

Et oui, j'ai contacté ta copine, mais au départ pour avoir de tes nouvelles, rien de plus. Puisque tu ne réponds pas à ta sœur. Je ne comptais pas te contacter. Ne t'inquiète pas, je n'ai rien dit pour nous. Juste que ta sœur était inquiète. Bonne négociatrice d'ailleurs cette jeune femme}

Annotations

Vous aimez lire Line P_auteure ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à l'Atelier des auteurs !
Sur l'Atelier des auteurs, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscription

En rejoignant l'Atelier des auteurs, vous acceptez nos Conditions Générales d'Utilisation.

Déjà membre de l'Atelier des auteurs ? Connexion

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de l'Atelier des auteurs !
0