33 - Rejet Vs Persévérance

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( Hello. Pour ceux/celles qui lisent aussi sur Wattpad, sachez que mes textes sont un peu plus interractifs là-bas, car je peux y intégrer des montages sms, par exemple. )

Hayden.

Qu'est-ce qu'elle ne comprend pas dans le fait de devoir me tenir au courant de ses déplacements ? Il va falloir que nous ayons une petite conversation sur la notion de communication.

Quand j'ai reçu un message de Scott il y a dix minutes m'avertissant que Livia venait de donner signe de vie à sa sœur par texto dix minutes auparavant, je me suis senti soulagé pour Laura. Pourtant, je me demandais pourquoi, tenant compte du décalage, Livia recontactait sa sœur à six heures trente du matin, heure de Londres.

J'étais avec Jordan en en pleine partie de billard chez moi. Une partie que je gagnais. Mon frère est un excellent avocat, mais pour mettre deux boules dans un trou, y'a encore du boulot.

{Hey frérot. Livy vient de contacter Laura. Elle a tellement hurlé en lisant son message ( de joie et de colère ) que je crois qu'elle a réveillé tout l'étage. Et vu ses cris, j'hésite sur l'attitude à adopter en sortant de la chambre tout à l'heure ... Mais maintenant que ma femme et moi sommes réveillés ... je vais peut-être remercier « la tienne » ... Bonne soirée. Dis à Jo qu’il me doit une tournée, s'il est encore avec toi. }

{Salut Scotty. Content pour Laura . Évitez de réveiller le reste de l'hôtel... Pourquoi la contacte-t-elle si tôt ? Un problème ?}

Non Scott me l'aurait dit.

{Non pas de problème, hormis qu'elle interpelle sa sœur en l'appelant « Maître Hartley » dans son texto. Elle sera là dans l'après-midi, Laura est aux anges }

Ou ça là ???

En Laponie Ducon !

{Ça veut dire quoi « elle sera là dans l'après-midi » ? }

{ Non Hayden, n'y pense même pas. }

{ Merde Scott ! Livia arrive à Londres ?}

{ Hayden, c'est pas une bonne idée vieux. Elle va te tuer si tu te pointes ici. Ou taper un scandale, ce qui n’est pas mieux.}

{ Oh non mon pote, c'est moi qui vais me la faire !? Elle se fout de ma gueule, c'est pas possible ! }

{ À tes risques et périls frérot. Mais ne fais rien qui puisse mettre MA femme en difficulté. }

{ Je prends un jet pour dormir dans l'avion. Je devrais être là en fin de journée. Vous êtes à quel hôtel ? }

{ Four Seasons Trinity. }

{ Ok. Ne dites rien à Livia. À demain. }

{ Ne te prends pas pour un cadeau. Elle ne va pas aimer la surprise vieux… }

{ On verra bien… }

Je scrute mon écran depuis plusieurs secondes déjà quand Jordan m'interpelle, soucieux vu la colère qui doit transparaître dans mon regard.

— Quelque chose ne pas P'tit frère ?

À part ma femme qui me fait des cachoteries ? Tout va bien !

— Ça te dit d'aller rendre une petite visite à Jamie ?

Il me regarde, interdit, il ne demande pas si je plaisante, la réponse est sur mon visage.

— Qu'est-ce qu'il se passe Hayden ?

— Un compte à régler avec ma femme, grincé-je.

J'ai tout déballé à mon frère à mon retour de Paris. Nous sommes très liés, mais j'avais peur qu'il ne me passe le savon du millénaire. Il m'a traité d'«abruti doublé d'un crétin fini», mais a admis que j'avais de la chance d'être tombé sur une fille à peu près normale. « A peu près », car quand je lui ai raconté l'altercation entre Livia et Nick, avec tous les surnoms qu'elle a donnés à mes gardes du corps, y compris Nick, il a halluciné. Avant de partir dans un fou rire d'anthologie.

Jordan ne manque pas de chambrer King Kong à chaque fois maintenant.

Il sourit ravi de la tournure que prend le week-end et balance fier de sa connerie à venir en se frottant les mains:

— Je vais enfin rencontrer ta future ex-femme ! Ma belle-sœur...

Pour le moment, Livia est surtout ma femme.

— Mollo. Ne gaffe pas s'il te plait et ne l'énerve pas. On part d'ici dans trente minutes, le temps que j'avertisse Nick et que j'organise le vol.

***

J'ai donc embarqué mon frère, Nick, Sam et deux de ses collègues avec moi. Sans oublier Jessica.

Nous avons tous dormi durant le vol. Un jet, pas le choix si je voulais quitter les États-Unis dans l'heure. Nick qui s'est chargé des réservations des chambres pour nous tous. Je n'ai encore pas prévenu Joey. Je ne vais pas pouvoir lui cacher ma venue à Londres bien longtemps. C'est un déplacement privé, mais je préfère qu'il l'apprenne par moi que par les médias. Nick mérite amplement la prime de fin d'année que je vais probablement tripler cette année.

Nos clés magnétiques récupérées, seul Nick m'accompagne jusqu'à mon étage.

Jordan, qui est à l'étage , nous prévient en sortant de l'ascenseur qu'il va se doucher et propose que nous nous rejoignions au bar de l'hôtel dans deux heures. Jess embrasse Nick et l'informe en sautillant qu'elle sera probablement au spa la prochaine heure, heureuse comme ce n'est pas permis.

Nous marchons dans le couloir lorsque mes yeux se posent instinctivement sur une silhouette à une dizaine de mètres de nous : Livia. Toujours aussi magnifique, même de loin. Elle tient un long manteau sur son bras gauche et est sur le point d'ouvrir la porte d'une suite. À ses pieds patiente sagement une valise à roulettes. Elle ne nous a pas vus, et c'est Nick qui se charge de lui faire savoir que nous sommes-là, amusé de voir sa réaction tout autant que je suis impatient :

— Bonsoir Livia.

Elle suspend son geste, puis sans se retourner, ouvre la porte en face d'elle.

— Bonsoir King Kong. S'il vous plait, dites-moi que vous êtes là pour Laura ou Scott.

Eh bien, ça commence mal ...

Et tu t'attendais à quoi Einstein ? Une banderole de bienvenue ?

— Non madame Miller, il est là pour moi.

Livia ne se retourne toujours pas. Au contraire, elle ouvre la porte et nous lance à la va vite :

— Bien, alors bonne soirée messieurs.

C'est ça, essaie pour voir ...

Elle s'engouffre dans la suite mais comme à Paris, je suis plus rapide qu'elle. Je bloque le battant de mon pied avant qu'elle ne le referme totalement. Décidément, cela risque de devenir une habitude !

Je fais signe à Nick qu'il peut nous laisser. Cet abruti tente d'étouffer ses rires en se mordant le poing. Pas du tout décidé à m'aider, en plus !

— Oh non Livia, n'y compte pas. Toi et moi nous allons avoir une petite discussion.

Je la fixe un sourire badin aux lèvres mais elle ne cille pas. Notre contact visuel ne dure que quelques secondes car elle détourne son regard du mien. Après un long silence, elle daigne retrouver l'usage de sa langue :

Mauvaise image Hayden ! Très mauvaise ...

— J'aurais dû rester chez moi ... souffle-t-elle dans un murmure.

Elle me tourne le dos, ouvre la première porte sur notre gauche au hasard, qui donne sur un vaste séjour. Elle laisse sa valise à l'entrée, son manteau sur l'un des trois grands fauteuils, et se tourne ensuite vers moi, poings sur les hanches, très mécontente, pleine d'assurance. Au moins la moitié de mes neurones grillent en même temps. Putain de bordel de merde ! C'est quoi ce débardeur qu'elle porte ?

Elle n'a pas retiré un espèce de gilet long, néanmoins je vois parfaitement ce qu'elle en porte dessous. Et dessous, c'est exactement le mot que ce truc m'inspire ! Elle veut créer une émeute ou quoi ? Une sorte de bustier noir à balconnets, principalement en dentelle et satin d'après moi, et un putain de décolleté à réveiller un cimetière ! Elle ne le sait pas, mais cette image s'imprime dans mes rétines autant que dans ma mémoire et me servira certainement à me soulager plus tard, enfin façon de parler, certainement plus tôt que tard.

Elle vient de rallumer la flamme de ma libido difficile à éteindre depuis plus d'un mois, en un quart de seconde. Ma queue s'est mise au diapason sans autorisation préalable et voir Livia en colère m'excite d'autant plus. Elle est sexy en diable. Je manque clairement de place dans mon pantalon. Mieux vaut qu'elle garde son gilet.

Je m'assieds dans l'espoir qu'elle ne remarque pas mon état très peu convenable et croise les jambes. Si elle ne semble pas s'apercevoir de ma gigantesque trique, mes yeux pointés sur sa poitrine et certainement ma bouche grande ouverte ne lui échappent pas, en revanche.

— Bon ça va, vous avez déjà vu une poitrine il me semble !

Livia s'offusque de mes yeux baladeurs et resserre son gilet sur des deux monts.

Trop tard... d'après ce que j'ai pu voir avant qu'elle ne le ferme pour se cacher, la sienne de poitrine, elle est d'anthologie ! Moi qui me plaignais intérieurement les fois précédentes qu'elle se planque sous des vêtements plutôt amples qui cachaient les courbes de son corps, je me demande maintenant si tout compte, il ne vaut mieux pas qu'effectivement, elle ne les montre pas, ses courbes affolantes. Non pas que je sois jaloux, mais quand même. Je n'ai pas envie que mes gardes du corps la reluquent.

Pas jaloux ? QUE tes gardes du corps ?

— Hayden ? Allô la Terre ? Bon désolée, s'excuse Livia gênée, je n'ai pas une poitrine hollywoodienne moi, mais ce n'est pas la peine d'être aussi horrifié. Vous voulez que je vous trouve une paire de seins digne de ce nom sur PornHub ?

Elle .... QUOI ????

— Bordel Livia mais qu'est-ce que tu racontes ! je rétorque hébété en sortant de mon état d'hébétude. Pour ce que je viens de voir, tu n'as rien à envier à toutes ses femmes qui passent sous le bistouri pour faire bander un mec !

— Je ne compte faire bander personne, chuchote-t-elle mal à l'aise ,mais euh ... merci, je crois. Bref, je suis fatiguée ...

Elle se sépare de ses talons, s'allonge sur le canapé et positionne un plaid sur son corps.

— Bon, allons droite au but et écourtons ce moment désagréable avant que cela ne tourne en dispute : Laura vous a prévenu ?

— Scott. Et me voici ! dis-je en ouvrant les bras.

— Waow mais qu'elle chance j'ai ! me répond ma charmante épouse avec toute l'ironie dont elle se sent encore capable. Si j'avais su que vous seriez là, j'aurais mené Mila avec moi !

— Arrête avec ta copine Livia ! Je ne vais pas coucher avec elle je te l'ai déjà dit ! Ça aussi tu as eu du mal à le comprendre ?

— Vous auriez bien tort, Mila est une véritable bombe. Et puis même sans coucher avec elle, vu le temps qu'elle aurait passé à vous coller aux baskets ici, moi, j'aurais eu la paix ! Et elle aurait même donner du fil à retordre à Nick !

— Tu insinues que je devrais coucher avec toutes les belles femmes qui croisent ma route ? l'interrogé-je mi- étonné, mi- joueur.

— Pourquoi vous en priver ? On a qu'une vie non ? Enfin vous avez peut-être une petite amie depuis Paris, réplique Livia songeuse.

Alors là ma belle, tu n'imagines pas ce que tu viens de dire... Je saurai m'en servir en temps voulu.

— Je m'en souviendrai. Et pas de petite amie, mais une femme, pour rappel.

Je la fixe narquoisement, les sourcils hauts. Je me reprends ensuite et tente d'adopter un air sévère, comme mon frère quand il gronde ma nièce :

— Assez parler de ta copine, qu'est-ce que tu n'as pas compris dans le fait de devoir me tenir informé de tes déplacements ?

À PARIS Hayden ! s'énerve Livia. PARIS ! Il n'a jamais été question que vous alliez me suivre de partout !

Elle se redresse et se met en position du lotus sur le canapé.

— Je vous préviendrai de mes allers sur Paris. Paris, bastà ! Ne prenez pas la peine de traverser le globe à tout bout de champs !

Elle ferme les yeux, comme dépitée, pose une de ses mains sur son visage, signe de réflexion, puis se masse les tempes.

— Heureusement que tout ceci n'est que temporaire ... marmonne-t-elle sûrement plus pour elle que pour moi.

— Si nous voulons être cohérents, mieux vaut mettre toutes les chances de notre côté. Tu es à Londres, je viens à Londres. Tu es à Paris, je viens à Paris.

— Bien ! Après tout c'est votre temps, votre argent, faites-en ce que vous voulez ce n'est pas mon problème. Maintenant que les choses sont claires, je vous laisse retourner à vos occupations avec King Kong. J'ai vraiment besoin de me reposer et d'une douche.

Je ne bouge pas, elle réitère :

— Tout de suite, maintenant, oust !

Elle me congédie, encore ...

Jessica va l'adorer.

Elle se lève, traverse la pièce et stoppe au niveau du chambranle de la porte, me faisant signe du bras de déguerpir. Mais là, tout de suite, mon cerveau en fusion essaie de l'imaginer nue sous la douche, de visualiser les courbes de son corps, la rondeur de ses hanches masquées par son gilet, la taille exacte de sa poitrine, la douceur de sa peau, le galbe de ses reins ... Tout ce qu'il ne faut pas quand j'essaie de faire descendre la pression qui est logée dans mon pantalon depuis plusieurs minutes.

Si je me redresse, elle risque de se rendre compte de l'effet qu'elle me fait.

Mais ce ne serait pas si terrible, si ?

— Bon séjour à Londres et à bientôt Hayden ! Mais pas trop tôt quand même hein !

Je me décide à risquer que mon état d'excitation avancée soit découvert. Heureusement pour moi, elle lève les yeux au ciel, toujours appuyée sur le rebord de la porte. À son niveau, je suis suffisamment proche d'elle pour sentir son parfum, nos regards s'accrochent. Ses yeux sont absolument magnifiques. Je suis certain que quand elle est excitée, quand elle jouit, le visage renversé par l'extase, son regard troublé doit être divinement ensorcelant pour son amant.

911 ? On a une COMBUSTION SPONTANNEE par ici !

Une fois de plus, Livia fait valser notre échange silencieux. Je me mets en mouvement, franchis le seuil de la porte pour me retrouver dans le corridor. Devant la porte, je sens que Livia me suit. Je fais alors volte-face, agrippe son poignet gauche et ancre une nouvelle mon regard au sien. Surprise, elle ne bouge plus.

— Si tu as un problème avec moi Livia, nous pouvons en discuter tu sais, en adultes ...

— Je n'ai aucun problème avec vous voyons, ronchonne-t-elle, détournant le visage.

— Ah bon ? Ce n'est pourtant pas l'impression que j'ai, moi, madame Miller, et...

— Ah finalement si, en fait j'ai un problème de taille, me coupe Livia. Et vous en aurez un également si vous m'appelez une fois de plus madame Miller, c'est clair ? me prévient-elle en appuyant son petit index droit sur mon plexus et me regardant droit dans les yeux, de son propre chef.

Son doigt sur moi, même à travers mes vêtements, réveille d'excitants frissons pour mon corps en manque du sien. Comment peut-elle être aussi bandante sans s'en rendre compte ?

— Garder cette appellation pour votre future épouse, LA VRAIE !

— Sinon ?

Je la défie par jeu, tel qu'elle l'a fait avec Nick. Nos yeux s'aimantent de plus belle et s'affrontent sans mot.

— Sinon, sourit-elle diaboliquement, vous aurez probablement du mal à bander la prochaine fois que vous verrez une paire de seins digne de ce nom.

Elle récupère son poignet et croise ses bras sur sa poitrine.

— Et si j'en crois ce que certaines de vos conquêtes ont révélé sans tabou, continue-t-elle en mimant les guillemets, il serait dommage de priver vos prochaines petites amies de cet outil. Vous avez une réputation à préserver semble-t-il, en plus de votre carrière. Et je n'aimerais pas en plus de devoir supporter les plaintes de vos fans, subir les foudres de femmes frustrées que vous n'aurez pas pu satisfaire faute d'une érection convenable et suffisante. Ce serait dommage non ?

Mayday mayday !

Si elle commence à me chauffer sur une pente aussi savonneuse, je vais vite perdre mon self-control. Je me rapproche un peu plus d'elle, jusqu'à ce que nos torses se frôlent et glisse à son oreille :

— Effectivement, ce serait dommage. Mais sache, Trésor, que j'ai bien d'autres parties de mon anatomie parfaitement capables de faire décoller une femme sans avoir besoin d'utiliser celle ton tu parles.

Elle recule d'un pas et fait demi-tour.

— Ravie de l'entendre, je n'aurai donc pas à hésiter si un jour s'il vous prenait de nouveau l'envie d'utiliser votre patronyme pour parler de moi ! Vous avez l'air doué pour ouvrir une porte, vous n'aurez donc aucun mal à fermer celle-ci ! Bon séjour à Londres !

Je me retrouve seul dans ce couloir, comme un con.

Pourquoi la seule femme dont j'ai envie comme un malade en manque en début de sevrage, n'en a rien à foutre de moi ? C'est la première fois de ma vie que je suis frustré à ce point, sexuellement, psychologiquement.

De toutes les femmes célibataires que j'ai rencontrées, la mienne de surcroit, celle avec qui je pourrais tout à fait légitiment m'envoyer en l'air, juste UNE fois pour me débarrasser de ce foutu trouble, elle est la seule qui n'est nullement attirée par moi.

Il n'y a pas de justice en ce bas monde bordel ! Mais je ne m'avoue pas vaincu.

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