37- Beauté terrible

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Hayden.

     Lorsque nous arrivons au club les filles sont déjà installées dans un carré VIP, en train de discuter. Nos trois gardes du corps suivent eux l'hôtesse vers un espace un peu plus loin. Livia m'ignore purement et simplement, et Laura m'a fait signe dès mon arrivée de ne pas titiller sa sœur. Pourtant je ne rêve que de ça, moi, la titiller depuis cinq putains de semaines ! Et quoi qu'en dise Scott, je n'arrive pas à me faire une raison. Quelque chose fait barrière dans ma tête, mais quoi ?

***

     Assis depuis une demi-heure, j'essaie vraiment de ne pas regarder Livia, mais son décolleté appelle mes yeux comme une sirène appelle les marins dans l'océan.

     Elle porte une longue robe vert émeraude qui va encore cacher toutes les formes de son corps. Mes dents grincent à cette amère constatation. Je me demande ce qu'elle porte comme lingerie...

— Arrête d'y penser petit frère, tu te fais du mal, me chuchote Jordan à ma droite.

— Quoi ?

— Je te connais Hayden, là, tu essaies d'imaginer ce que portes Livia sous cette robe. C'est écrit dans tes pupilles dilatées de désir.

     Cet enfoiré me connait trop bien.

— Ferme là Jo ! je lui grogne en vidant mon whisky cul sec.

     Les filles rient et terminent leurs verres de vin blanc quand les premières notes d'une musique qui a l'air de leur plaire plus que les précédentes se fait entendre. Et puisque c'est en espagnol, Jess fait un bond. Despacito. À croire qu'on m'en veut vraiment !

Vamos !

     Laura attrape la main de Scott, Jessica celle de Livia qui se débarrasse du gilet qu'elle portait jusqu'à maintenant. Ils s'éloignent tous les quatre. J'avale de travers.

— Putain ! sifflé-je ahuri en même temps que Nick qui manque de s'étrangler lui aussi.

     Elle a un décolleté monumental dans le dos de ce qui est en fait une combinaison. Je peux -comme tout ceux présents- voir sa chute de reins vertigineuse. Tout son dos est nu, jusqu'à l'orée de ses fesses.

     Une vision électrisante qui fait office de réveil pour mon membre qui se dresse douloureusement.

— Ah oui quand même, surenchérit mon frère. Eh bin c'est quelque chose, même pour moi les mecs! Je comprends mieux pourquoi Laura parlait d'une attaque tout à l'heure, mais la moitié du club va en faire une là ! Le côté pile est sexy et ne fait que suggérer, mais le côté face, c'est ... légal ?

— Vieux, c'est vraiment con qu'elle ne soit pas du bon côté pour toi ! me nargue Nick à l'oreille pour me faire encore plus enrager.

     À qui le dis-tu !

     Je ne la quitte pas des yeux, captivé par son corps qui se meut au rythme de la musique qui entame le refrain. Elle maitrise parfaitement l'exercice aux bras de Jessica qui est elle une pro des danses latines. On pourrait même croire qu'elles sont en couple ces ceux-là. C'est horriblement sensuel, voire sexuel. Les filles jouent le jeu de la chanson ; des paroles. Elles se frôlent, tournoient. Elles ont une véritable alchimie dans leurs mouvements.

— C'est vrai que c'est dommage qu'elle soit ta femme tu sais, Jess a raison ...

— Putain Nick tu ne la touches pas tant qu'elle est ma femme je te préviens ! grondé-je méchamment. Après tu feras ce que tu veux, mens-je.

     Nick et Jessica sont fous l'un de l'autre, mais ils ont toujours ouvertement assumé et clamé que tant qu'ils n'auraient pas d'enfants, ils ne se priveraient pas de quelques parties à trois.

     Le premier refrain s'achève, Jo me fait signe de regarder autour de moi. La plupart des yeux sont braqués sur les filles. C'en est trop pour Nick qui va rejoindre sa compagne. Jordan me prévient qu'il va aux toilettes. Mu d'une force qui me dépasse, je me lève pour aller attraper ma femme -mais en douceur, promis. Nick agrippe Jess par les hanches pour la ramener à lui et je tends ma main à Livia pour l'inviter, qu'elle accepte sans sourciller, Dieu soit loué !

     Livia reprend donc sa chorégraphie lascive avec moi comme cavalier, de la même manière qu'elle dansait avec Jessica. C'est totalement déroutant. Ses lèvres murmurent les paroles qu'elle semble connaitre par cœur, paroles que je comprends aussi parfaitement, malheureusement pour moi...

Sabes que tu corazón conmigo te hace bom, bom

Sabes que esa beba está buscando de mi bom, bom

Ven prueba de mi boca para ver cómo te sabe

Quiero, quiero, quiero ver cuánto amor a ti te cabe

Yo no tengo prisa, yo me quiero dar el viaje

Empecemos lento, después salvaje

(Tu sais qu'avec moi ton coeur va faire Boom Boom

Tu sais que tu es à la recherche de mon Boom Boom

Viens goûter à ma bouche pour savoir quel goût tu as

Je veux, veux, veux voir quel amour tu donnes

Je ne suis pas pressé ce qui importe c'est de faire le voyage

Commençons lentement puis devenons saugages )

 Livia se colle à moi plusieurs fois, tourne sur elle-même puis revient me frôler. Mes mains se posent au bas de ses reins, la maintenant contre moi. Ce genre de danses, je maitrise. Mon excitation grandissante, le feu dans mon dos qui se diffuse, m'oblige à inspirer plus lentement pour me calmer, beaucoup moins.

     Je me concentre comme un malade pour ne pas perdre mon self-control.

     Je sens son odeur, son corps contre le mien, sa chaleur, ses cheveux qui tantôt me fouettent délicieusement, tantôt me chatouillent. Nos mains qui s'enlacent enflamment un peu plus tout mon être seconde après seconde. Je mène une putain de lutte intérieure pour ne pas craquer. Cette femme est bien trop attirante pour que mon corps reste de marbre. Je suis d'ailleurs plus dur que tu marbre au niveau de mon entrejambe gonflée à bloc.

     Elle murmure, semblant dans son monde. Un monde de sensualité et de désir qui la transporte pendant qu'elle danse, qu'elle se déhanche. Bordel ses hanches ! Soudainement, son regard s'agrippe au mien et j'ai l'impression que mes yeux tentent de lui dire ce que j'empêche mon bas ventre de lui révéler.

Despacito

Quiero respirar tu cuello despacito

Deja que te diga cosas al oído

Para que te acuerdes si no estás conmigo

Despacito

Quiero desnudarte a besos despacito

Firmo en las paredes de tu laberinto

Y hacer de tu cuerpo todo un manuscrito …

( Tout doucement

Je veux respirer ta nuque tout doucement

Permets-moi de te dire des mots doux à l'oreille

Pour que tu y penses que nous n'serons plus ensemble

Tout doucement

Je veux te déshabiller de mes baisers

lentements

M'inscrire sur les murs de ton labyrinthe

Et faire de ton corps tout un manuscrit )

      Elle bouge de plus en plus lascivement contre moi. Ses mains se posent sur les miennes, puis sur mon torse. Les miennes en profitent pour caresser ses hanches, ses reins, ses bras. Mon corps prend tout ce qu'il peut atteindre du sien.

Quiero ver bailar tu pelo

Quiero ser tu ritmo

Que le enseñes a mi boca

Tus lugares favoritos (favoritos, favoritos baby)

Déjame sobrepasar tus zonas de peligro

Hasta provocar tus gritos

Y que olvides tu apellido

(Je veux voir danser tes cheveux

Pouvoir suivre ton rythme

Que tu enseignes à mes lèvres

Tous tes endroits préférés

( préférés préférés bébé )

Laisse-moi transgresser tes

Limites du danger

Jusqu'à provoquer tes cris

Que tu en oublies ton nom )


 Au moment où elle fait demi-tour pour me tourner le dos, mes yeux brûlent d'un désir incandescent pour elle, à m'en faire cramer les rétines. Elle baisse son buste en un mouvement souple pour que ses mains touchent le sol, je vois l'intégralité de sa peau là, devant moi. Une chute de reins encore plus spectaculaire maintenant que je l'observe de si près.

     Je la maintiens par le bassin pour qu'elle garde l'équilibre comprenant ce qu'elle fait, puis elle remonte et vient subitement coller ses fesses à mon entrejambe. Impossible que là, elle ne se rende plus compte de rien. Je la garde ainsi, emboitée contre mon torse, humant ses effluves, profitant de la chaleur de son corps survolté par les mots du chanteur. Je me demande si elle aussi, elle les comprend; s'il y a la moindre chance qu'elle pense à la même chose que moi. En tout cas, elle ne me fait pas d'esclandre pour mon érection.

— C'est dangereux ce que tu fais Trésor, je lui murmure au creux de l'oreille.

     Elle se retourne et me sourit, narquoise.

— Profitez de pouvoir encore avoir une érection le temps que ça dure et qu'elle puisse encore durcir, d'ailleurs. Vous m'avez encore appelée Miller tout à l'heure devant Jessica et les autres. Vous m'avez présentée comme une Miller, comme votre femme, j'ai donc une vengeance à assouvir Hayden. Je vous avais prévenu.

     Les yeux dans les yeux, nos bouches sont à quelques centimètres à peine l'une de l'autre. Je n'aurais qu'à baisser un peu mon visage pour l'embrasser, la goûter...et me délivrer.

— Voulez-vous que je vous trouve une femme séduisante pour vous aider à profiter de votre masculinité une dernière fois ? me demande-t-elle alors que nos lèvres réduisent la distance.

     La garce ! Elle le fait forcément exprès, elle ne peut pas ne pas sentir à quel point je suis bouillant pour elle.

— J'ai déjà tout ce qu'il me faut Trésor, je lui susurre charnellement à l'oreille tandis que les dernières notes mettent fin à ce délicieux intermède qui me laisse plus excité que jamais.

— Parfait alors ! Merci pour la danse Hayden.

     Laura s'avance vers nous et attrape sa sœur par le bras :

— Viens pas là Livy baby !

     Les trois filles s'éloignent et recommencent à danser ensemble. Je rejoins mon frère qui n'a rien raté de la scène et  fout de moi.

— Bon, elle ne t'a pas bouffé visiblement.

     J'aurais bien voulu moi pourtant ...

Oh oui !

— Ferme-la Jordan !

     Nick nous revient quelques minutes plus tard, suivi par l'hôtesse qui s'occupe de notre table. Scott ne tarde pas à compléter notre équipe. Il vient de danser plusieurs minutes avec Livia et est en nage.

— Putain elle m'a tué ! lance mon pote en se laissant tomber sur un fauteuil. J'ai mal de partout je ne sais même pas comment je vais pouvoir assurer ce soir les mecs, rit-il.

— Toujours garder de l'énergie pour le devoir conjugal, déclare Nick taquin elle lui donnant une petite tape sur l'épaule. C'est une de nos règles avec Jess. Cadeau vieux !

— Sympa ce précepte, admet Jordan songeur. Je m'en souviendrai la prochaine fois que je serai en couple ! C'est peut-être l'ingrédient qui manque à ma recette d'une relation durable.

     Nous scrutons -surveillons- les filles comme le lait sur le feu. Nick, jaloux comme un pou, trépigne sur son fauteuil, manque plusieurs fois de se lever quand des mecs tournent un peu trop autour de sa compagne, mais Scott le retient par le bras. Maintenant encore :

— Laisse-les s'amuser elles ne font rien de mal ! Et elles rembarrent tout le monde, elles veulent rester entre elles. C'était leur soirée à la base, ne t'en mêle pas tu risquerais d'avoir gardé ton énergie pour rien si tu vois ce que je veux dire ! Avoue que ce serait dommage d'être dans un si bel hôtel et de ne pas pouvoir pleinement tester la literie ...

     Putain mais il va la fermer lui aussi ?

— Merci pour nous vieux ! râle Jordan.

     C'est vrai qu'elles éconduisent tous les types qui viennent les draguer ou s'approchent de trop près. Livia a même dansé avec une nana, qui lui a glissé plusieurs fois des paroles à l'oreille mais je l'ai vue Livia lui dire «non» de la tête. Laura et Jessica reviennent s'asseoir après trois ou quatre autres morceaux mixés par le DJ résident. Il est déjà plus d'une heure du matin, mais l'ambiance bat son plein.

— Où est Livy ? demande Scott alors que sa femme s'installe sur ses genoux.

— Elle est allée au comptoir commander un fruit ou un jus de fruits. Elle fait une petite crise d'hypoglycémie, comme cet après-midi.

     Scott guette en direction du bar et lorsque je remarque qu'il plisse les yeux et se crispe très perceptiblement, mon regard se déporte vers l'endroit qu'il scrute. Laura épie à son tour la foule à la recherche de sa sœur, puis fait signe à Sven qui venait de se lever de ne pas intervenir.

     Qu'est-ce qu'il se passe ?

— Bébé laisse Sven y aller, gronde Scott.

— Non, elle va piquer une crise si un garde du corps s'en mêle Scott ! s'insurge Laura.

     Elle se met néanmoins debout, aux aguets. Livia n'est qu'à une quinzaine de mètres de nous.

—Tu n'y vas pas toi ? l'interroge Jessica surprise que Laura ne soit pas déjà auprès de sa sœur- tout comme moi à vrai dire. C'est le gars de tout à l'heure sur la piste en plus ! Il est lourd là !

    Il ne semble pas avoir intégré l'information, ni le « non ».

— Pas pour le moment, elle gère. J'ai déjà tenté de m'interposer une fois et cela avait empiré les choses. Si je m'approche et que le type me parle mal, expose-t-elle, Livy risque de vriller et ce sera pire que tout.

— Quoi ? se redresse Nick.

— Laisse je te dis. Tant qu'elle n'envoie pas les mains tout va bien. Mais s'il la touche et qu'elle réplique en revanche, j'irai la récupérer. Ne vous fiez surtout pas à la petite silhouette de ma sœur, c'est une dure à cuire, elle sait se défendre assure-t-elle.

     Sérieusement, elle pense que Livia peut se défendre face à ce type qui fait plus d'une tête de plus qu'elle ? Elle est saoule ou aveugle ?

     Nous n'entendons pas ce qu'ils se disent mais le type ne la lâche pas alors que Livia semble l'envoyer sur les roses, et pas qu'une fois. Après avoir gesticulé à plusieurs reprises comme un italien devant un match de football que son équipe perd, il fait demi-tour et s'éloigne pour retrouver ses acolytes. Des trentenaires BCBG friqués qui ne doivent pas accepter qu'une femme dise non. Et apparemment le grand con tolère mal d'être éconduit par la belle blonde.

     Le barman tend une carte à Livia qu'elle consulte puis elle de dresse sur la pointe des pieds au-dessus du comptoir pour passer sa commande. Le sale type revient à la charge par derrière cette fois, sourire lubrique voire carrément pervers aux lèvres. Il passe son pouce sur sa bouche et s'humidifie les lèvres, alors qu'elle est toujours accoudée au bar, mais il reste à un mètre d'elle, la lorgnant comme un porc en rut. Je n'ose même pas imaginer à quoi il pense en la matant comme ça.

     Je bous. Me lève, les poings fermés.

À peu près aux mêmes choses qui te traversent l'esprit quand tu la mates !

     Moi, je la respecte. Je respecte les femmes en générale. Encore plus ma femme, c'est ainsi que j'ai été élevé.

     Laura, remarquant le petit jeu du connard et percevant probablement que les choses vont se corser, s'avance lentement vers sa sœur mais reste à distance. Je la suis. Pas question qu'ils en viennent aux mains ! Le salopard rôde toujours et marche jusqu'à finalement venir poser une de ses mains vicelardes sur la hanche gauche de Livia, puis d'un geste vif, la plaque contre lui. Toujours dos à lui elle n'a pas pu le voir s'approcher, ni prévenir son rapprochement forcé.

— Merde fait chier ! siffle Laura qui s'approche encore à pas de loup, mais sans s'interposer.

     Sven est debout, prêt à intervenir lui aussi mais Laura réitère son ordre d'un geste de la main : il ne doit rien faire. Aaron et Sam se sont eux aussi en stand-by.

     Livia se retourne d'un bond et le pousse de toutes ses forces ce qui le fait vaciller et reculer de deux bons mètres en arrière. Il bouscule un mec qui arrivait au bar. À six ou sept mètres d'eux, Laura me retient en tenant fermement mon avant-bras. Nous sommes suffisamment proches pour entendre ce qu'ils se disent à présent :

— TU.NE.ME.TOUCHES.PAS SALE.CON ! Casse-toi !

— Allez Poupée, réplique l'abruti, je suis sûr que tu en meurs d'envie. Même les Lesb ont besoin d'un coup de queue de temps en temps et la mienne est toute disposée à te satisfaire ma belle.

— DEGAGE JE T'AI DIT ! T'ES SOURD OU T'ES COMPLEMENT CON !

     Question purement rhétorique.

Il est très con.

      Il reste à un mètre de distance mais Livia est sur ses gardes. Elle reste droite comme un i et toise alors que le type est plus grand qu'elle malgré qu'elle porte ses talons. Grand, blond et sûrement athlétique vu son polo moulant, mais pas aussi massif que moi et bien moins musculeux que Nick.

J'avance, Laura me suit. Livia ne peut pas nous voir.

— Allez ma jolie, une femme aussi magnifique que toi avec un tempérament aussi volcanique et qui se déhanche comme une déesse du cul doit être un super coup au pieu, même avec un mec ! dit le pervers en se frottant vivement les parties. Et tu as une poitrine d'enfer, ça serait dommage de ne rien en faire avec ce soir ...

— Tu ne le sauras jamais ! lui balance Livia. Maintenant tu retournes faire joujoux avec tes copains et tu m'oublies ! Je suis pas une poupée gonflable, trouve toi une appli si tu veux une fille pour la nuit ! Et n'ouvre pas la bouche, un conseil !

Il fait un pas en avant. Livia recule d'autant.

— Tu dis non mais tes yeux disent oui Poupée. Je te jure que ma queue te fera beaucoup de bien.

     Il emballe vraiment avec ce genre de phrases ou il est toujours puceau ce connard ?

— La poupée elle vous emmerde toi et ta queue ducon ! J'ai dit NON ! Barre-toi, dernier avertissement ! rage-t-elle.

— Ouais, bon, tu peux juste me sucer alors si tu ne veux pas te faire prendre ? T'as des lèvres qui n'invitent qu'à ça tu sais ma jolie. Une bite ou une chatte ça doit être pareil non ? Que tu le veuilles ou non Poupée de toute façon tu vas...

     Non mais c'est qui cet enfoiré !

— Ça suffit ! hurle Laura en se mettant aux côtés de sa sœur. Livia viens avec moi, tout de suite ! lui assène-elle. Ne l'écoute pas Livy, c'est un sale con ce blaireau, il ne vaut pas la peine que tu t'énerves, viens...

     Elle lui prend le bras, la tire en arrière.

— Oh t'as une pute personnelle Poupée ? Comme c'est mignon !

     Livia se crispe, fait lâcher sa sœur d'un geste sec puis la repousse et la maintient éloignée de son bras tendu.

— T'as dit quoi de ma sœur là connard ?

— Ta sœur ?

     Il n'avait visiblement pas envisagé cette possibilité.

— D'elle rien, mais toi tu viens avec moi je t'ai dit ...

    Il lance son bras droit pour empoigner Livia mais n'a pas le temps d'aller jusqu'au bout de son dessein que Laura intervient de nouveau. Elle s'agrippe à Livia :

— Livy ne fais pas ça !

     Scott apparait dans mon champ de vision. Je n'ai pas le temps de réaliser ce qu'il se passe que Livia attrape une pinte pleine sur le zinc qu'elle balance au visage du connard qui se met à grogner, l'insulter et s'essuie avec son polo de marque.

— Espèce de sale petite ...

     Je me poste derrière Livia, pousse Laura et viens la coller d'autorité à mon torse comme quand nous dansions. Elle ne se retourne pas mais je sais qu'elle sait que c'est moi. Le connard marque un temps d'arrêt. Il nous regarde, moi, elle, mais aussi Scott qui est à ma gauche. Je vois à ses yeux effarés qu'il nous reconnait. Il ne se démonte pas pour autant, bien trop orgueilleux pour laisser le dernier mot à une femme. Un rictus mauvais lui fend le visage.

— Ah parfait ! T'es à voile et à vapeur en plus petite ...

— Dis un mot de plus et la prochaine fois que tu voudras dire bonjour à ta bite il te faudra une loupe c'est clair ? vocifère Livia. Ce n'est pas une menace Ducon, c'est une putain de promesse ! Casse-toi !

     Elle va pour s'avancer et lui montrer qu'elle n'a pas peur mais je la retiens en passant ma main droite dans la sienne, entremêlant nos doigts qui se lient. Une vague de chaleur me saisit.

— BARRE TOI ! Je te jure sur ma sœur que je n'ai pas besoin de lui pour me défendre.

     Deux de ces potes l'attrapent durement par les épaules. L'un d'eux lance :

— C'est bon on le prend, excusez-le mademoiselle. Bonne fin de soirée, pardon.

J'attire Livia plus près de moi encore et lui murmure :

— Une vraie petite tigresse, je suis très impressionné Trésor, mais maintenant, viens te calmer Livia, s'il te plait.

     Elle se retourne, plante son regard dans le mien sans lâcher ma main toujours enlacée dans la sienne, acquiesce d'un mouvement de tête. Le serveur me fait signe que ce qu'il pose est pour Livia. Je récupère sa commande, un jus de fruits pressés, pommes en lamelles et de l'ananas tranché.

     Nous rallions ensemble notre table. Scott tient Laura dans ses bras.

— Honey ? s'inquiète Laura. Tu veux rentrer ?

      Livia boit d'une traite son jus de fruits, avale des fruits avant de répondre :

— Je vais bien, je vais juste aller prendre l'air loin du bruit, veuillez m'excuser.

     Elle enfile son gilet noir, récupère le reste de sa petite collation puis se diriger silencieuse vers les jardins.

— Eh bien y'a de l'ambiance avec vous les filles ! s'exclame Jess en avalant cul sec le cocktail que lui avait recommandé Nick. C'est toujours comme ça quand vous sortez ?

— Plus ou moins oui, répond Laura soucieuse en haussant les épaules, sa paille entre les lèvres. Il y en a toujours une de nous qui doit monter le ton à un moment ou un autre parce qu'un abruti ne comprend la signification de la phrase « merci mais pas intéressée ».

— Mais ce soir ça allait au-delà, intervient Scott. C'est le concept entier du consentement que ce connard n'a pas compris !

— Tais-toi s'il te plait, réagit sa femme qui a un haut le cœur. Il ne l'aurait pas touchée, elle sait se défendre maintenant et nous sommes en public.

   Et maintenant, où est-elle ? Et l'enfoiré ?

     Merde mais elle est sortie seule !

     Je scanne rapidement la salle bien trop vaste. Je ne vois plus le connard et ses potes.

— Tu sais Hayden, tu aurais toi aussi pu avoir un petit souci, dit-elle en pointant mon entrejambe. En t'approchant si près d'elle et par derrière en plus. Mais elle ne t'a pas repoussé, donc quelque part elle a confiance en toi. C'est déjà un pas en avant, sourit-elle tristement. Elle ne devrait pas t'étriper, pas ce soir en tout cas.

— Oui tu auras au moins pu la toucher une fois ! raille Jordan de plus belle.

— Oh mais il l'a touchée bien plus qu'une fois, corrige Jess. Ils étaient bien collés-serrés quand ils dansaient ... j'espère que tu es as profité mon grand !

— Lâchez-le et arrêtez de parler de ma sœur comme d'un vulgaire bout de viande ! s'énerve Laura. Plus sérieusement Hayden, peut-être pourrais-tu en profiter pour tenter d'enterrer la hache de guerre non ?

     Bonne idée. Je vais commencer par là.

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