40- Kidnapping par un égo

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Livia.

Je vais devoir aller faire un footing en fin de compte. Sentir les lèvres d'Hayden sur mon front m'a mise dans tous mes états. RIP la sècheresse de mon tanga, bonjour les chutes du Niagara !

— Livia, je peux te poser une question personnelle ? me demande Jess dans l'ascenseur.

— Bien sûr.

— Tu n'as personne dans ta vie ?

— Non personne, et vu ce qui m'est tombé dessus, heureusement ! Imagine si j'avais été dans une relation. Je pars quatre jours aux États-Unis je reviens mariée ! Pas sûr que ça se serait bien passé si j'avais été avec quelqu'un. Et pour être honnête avec toi, je ne cherche pas de relation stable, je ne veux pas être en couple. Ce n'est pas envisageable pour moi.

— Donc tu n'as jamais de copine ou de copain ? Ou alors tu veux dire que tu n'as jamais de relation exclusive ?

— Ma sœur n'aime pas l'étiquette, lui répond Laura. Elle préfère vivre ses relations un peu au jour le jour, sans qu'une des deux parties ne promettent rien à l'autre.

— Je suis exclusive néanmoins, précis-je pour éviter tout malentendu. Même si je ne demande jamais à mon partenaire de l'être. J'aime ce mode de vie où je n'ai pas à demander la permission pour faire ce que je veux. C'est égoïste, mais c'est ainsi que je me sens bien.

— Je comprends, c'est vrai que quand je vois ma vie, que j'adore avec Nick hein ! lance la belle brune, je me rends compte qu'ils sont loin mes vingt ans où je sortais sur un coup de tête à minuit pour aller danser avec mes amies ! Les week-ends improvisés à la dernière seconde, les nuits à découcher chez une copine parce que j'étais trop bourrée pour rentrer chez moi.

— Oh je ne suis pas une fêtarde. Et je respecte totalement les personnes qui sont en couple et fonctionnent différemment de moi. Nick et toi allez très bien ensemble, ça crève les yeux qu'il est fou de toi le King Kong. Ça m'a même étonné pour être franche. Je n'imaginais pas Nick en petit homme jaloux !

— C'est vrai qu'il l'est mon homme, Scott n'a pas l'air par contre Laura, non?

— Si, un peu, mais nous avons convenu que nous éviterions de nous faire des scènes de jalousie. Je plais aux hommes, il plait aux femmes. J'ai confiance en lui et lui en moi.

— Du coup Livia, tu es quand même observatrice si tu as remarqué la jalousie de mon homme, tu n'as rien remarqué d'autre ? me demande-t-elle sourire lubrique aux lèvres et yeux inquisiteurs.

— Sur Nick et toi ? Humm ... non je ne pense pas, enfin si peut-être mais votre vie privée de me regarde pas.

Évidemment que j'ai remarqué de Jess aime aussi les femmes, et que Nick doit certainement profiter de cet état de fait de temps à autre dans sa chambre à coucher ... mais je préfère ne pas y penser.

— Je ne parle pas de cela petite coquine ! Mais si un jour tu te sens seule Livia, Nick et moi ...

— Stop ! s'écrie Laura.

Nous sortons toutes les trois à l'étage de Jess pour l'accompagner jusqu'à sa suite.

— Oh ne t'en fais pas, Hayden a interdit à Nick de s'approcher de sa femme tu sais ! rigole Jess en s'adressant à Laura. Nick a juste voulu plaisanter en supposant quelque chose entre Livy et moi devant lui et Hayden a pété un câble! Mais je t'assure qu'il plaisantait devant Hayden Livia, même si ma proposition à moi est tout à fait sérieuse, précise la beauté cubaine avec un clin d'œil coquin. Il ne raconterait jamais à Hayden s'il se passait quelque chose entre nous, ok ?

Il dépasse les bornes.

IL A FAIT QUOI ? Mais il est malade ce type ! De quoi il se mêle lui ! Est-ce que je me mêle de sa queue à lui ? Putain il va m'entendre demain matin !

— Merde Livy pardon, je n'aurais rien dû dire, vous veniez à peine d'enterrer la hache de guerre !

— Je t'en foutrais de la hache moi ! Il va la voir de près s'il ne se calme pas. Je ne suis pas sa femme punaise, c'est juste une mascarade pour protéger sa carrière tout ça, sinon nous aurions déjà demandé le divorce ! Il a un vrai problème avec les femmes lui, son égo lui grille le cerveau ma parole! Comment c'est possible d'être aussi canon et aussi idiot à la fois !?

Bravo Livia.

Eh merde...

Jesus lo sabia ! hurle Jess avant de poser ses deux mains sur sa bouche. Je le savais ! Tu n'es pas insensible !

Bingo Einsteinette

— Bien sûr que non ! je me renfrogne en piquant un fard, je suis normalement constituée qu'est-ce que tu crois !

— Alors à quoi tu joues avec lui ?

— Ce n'est pas parce que ce type est infernalement séduisant que je suis intéressée, lui expliqué-je calmement. C'est déjà assez compliqué comme ça, je ne veux pas qu'il s'imagine que je suis une de ses groupies sans cervelle prête à faire n'importe quoi pour lui en un claquement de doigt. Mieux vaut qu'il pense que je préfère les femmes, au moins il n'essaiera pas de jouer de ses charmes sur moi dès qu'il voudra contrôler mes faits et gestes !

— T'es maligne toi dis-moi ! On se voit demain ?

— Oui ma belle, lui répond Laura. On s'écrit au réveil ?

— No problema !

Laura et moi montons à l'étage par les escaliers. Dans sa suite, je me précipite au séjour pour prendre ma valise.

— Tu es sûre de ne pas vouloir rester ici cette nuit Baby ?

— Hors de question que je vous entende en pleine partie de jambes en l'air, Laura !

— Oh allez, vu ce que j'ai entendu, ne me dis pas que ça te gêne d'envisager un truc avec Scott !

— Mais t'es ma sœur Laura ! T'es dingue ? Jamais je ne ... avec toi ! Mais non ! Enfin si tu n'étais pas ma sœur je ne dis pas, mais t'es ma sœur Laura !

— Ahhhh je suis toujours sœur là ! Je suis rassurée ! me prend-elle dans ses bras. Tu rentres demain ou dimanche ?

— Je ne sais pas encore, je n'ai pas pris de billet de retour. Peut-être demain après-midi, pourquoi ?

— J'aurais voulu profiter de toi ce week-end, on ne s'est pas vues depuis trois semaines et je voudrais te parler du mariage, j'ai des boutiques à aller voir, s'il te plait reste avec moi Baby ! couine-t-elle.

— On en reparle demain. Je suis crevée, j'ai mal au ventre, j'ai la tête qui commence à tourner à cause du champagne et de la fatigue, j'ai besoin d'un bain et d'un lit.

— Tu ne restes pas Livy ?

La voix de Scott nous fait sursauter toutes les deux. Il a déjà retiré sa chemise.

— Pardon de te poser la question, j'ai même honte à vrai dire, mais après tout tu m'as vue à moitié nue tout à l'heure... Tu passes combien d'heures par semaine dans une salle de sport pour avoir un corps pareil Scott ?

— Je t'ai dit de ne pas avoir honte avec moi, Livy. Selon les résultats à obtenir, je fais en moyenne entre douze et quinze heures d'entrainement par semaine, mais pas que de la muscu. Cardio, sport de combat, footing. Nous avons un programme à suivre. Hayden et moi pratiquons plusieurs sports avec Nick. Quand nous devons nous muscler pour un projet en particulier, nous sommes suivis par Jennie et Denys, des coachs pro.

Il a dit Hayden ? Ne pas y penser Livia !

J'ai déjà vu son corps à l'écran, ne pas y penser ...

Trop tard.

— J'aimerais bien avoir un coach moi aussi, réfléchis-je

—Promis quand tu viens à la maison, on fera une séance intense ensemble ! Enfin je me comprends, plaisante-t-il en venant embrasser mon front.

— Oh chéri ! c'est ma sœur !

Elle plaisante bien sûr.

— Ta sœur et la femme d'Hayden, je tiens à la vie je te rassure.

Je reste coite.

— Qu'est-ce qu'il t'a dit à toi ? Je vais le tuer ! Nous n'aurons pas besoin de divorcer, je vais nécessairement le buter avant la fin de cette mascarade ! Il a un vrai problème ce mec !

Je vais aller me taper King Kong juste pour le faire chier après le divorce, ou Aaron, ou Sven. Il va voir de quel bois je me chauffe mister Hollywood avec ses penchant Control-Freak à la noix !

— Calme toi Livy. Il n'a pas l'habitude d'être friendzoné par une femme tu sais, il a son petit égo ! Avoue que tu y as été un peu fort en plus si tu veux mon avis, rit-il. Tu as envoyé un grand coup de massue dans son orgueil !

Qu'il s'estime heureux ! Pour le moment ce n'est que dans son orgueil.

— Bien fait ! Ça va lui remettre les pendules à l'heure. Il a un excès de confiance en lui, si tu veux mon avis. A Paris, il m'a pris la tête et a voulu que je le suive juste parce que Monsieur est Hayden Miller et qu'il se prend pour mon mari officiel ! Non mais il rêve ou quoi ? Il me prenait pour une de ses greluches, au moins maintenant c'est clair comme de l'eau de roche dans sa petite tête de macho. Lui peut être Tarzan mais moi, pas sa Jane !

Laura et Scott éclatent de rire.

— Merde Livia, mais il faut la lui sortir celle-là, ça va le rendre rouge de rage ! En revanche, avec ton tempérament les Miller vont perdre des effectifs ...allez, à plus tard Livy. Si besoin, je t'enverrai Sven ok ? Mais ne lui saute pas dessus tout de suite, sinon Hayden va le buter ! rit-il de plus belle.

— Je suis une fille fidèle ne t'inquiète pas, je ne serai pas une femme adultère, mais putain je me tâte de tout raconter à Aaron et Sven juste pour pouvoir faire chier Hayden en jouant la comédie de la fille qui craque pour eux ! Enfin maintenant qu'il pense que je suis lesbienne, c'est coton ce truc... Je garde l'idée en tête quand même, ça pourrait servir juste après le divorce, réfléchis-je à vois haute. Ou alors, je monte un plan avec King-Kong et Jess, je suis sûre qu'elle serait ok...

— Tu es une vilaine fille Livy. Un vrai petit diablotin. Son égo serait définitivement à terre !

— Bon en même temps c'est son image de mari qu'il protège, rien à voir avec moi. Avoir une femme gay quand on est un homme à femmes, ça doit vraiment le rendre fou, c'est carrément génial ! je sautille. Je vais finalement pouvoir m'amuser un peu dans cette histoire ! Et en même temps, je le tiens quand même à distance avec mon plan.

— Oui, humm, je file à la douche moi ! Bonne nuit Livy.

— Oui, bonne nuit Scotty. Je t'envoie un texto quand je me lève Princesse, je reviendrai en métro ok?

Elle lève les yeux au plafond, m'embrasse et rejoint son mari.

Je rejoins l'ascenseur, ma valise dans une main, mon portable dans l'autre pour commander un Taxi et réserver un hôtel. Non, je ne l'ai toujours pas fait. Au moment de rentrer dans la cabine, je suis poussée en arrière par un bras qui me retient fermement.

— Toi, tu viens avec moi, il faut qu'on discute tous les deux !

Mais il est malade lui ? Je prends une grande inspiration avant de lui faire face et remets mon masque, quoi que ma colère est tout ce qu'il y a de plus réelle. Tout comme les frissons qui parcourent mon échine et l'excitation qui se réveille, faisant tressaillir ma féminité. Notre proximité me coupe le souffle, mon cœur palpite dans mon sexe.

— Hayden lâche-moi tout de suite, lui dis-je en me tournant vers lui, furieuse.

— Ah tu te décides enfin à tutoyer ton mari ? Nous progressons !

— Erreur. Je tutoie mon ami qui est sur le point d'avoir des ennuis. A cette heure-ci je suis un grimlins Hero, alors tu me lâches c'est compris ?

Hero ?

— Hero Hayden William Miller, répliqué-je. C'est bien ce qui est inscrit sur le certificat de mariage que m'a fait parvenir mon avocate. Alors à moins que par chance, tu ne sois finalement pas la personne que j'ai épousée cette nuit-là mais un vil imposteur engagé par ma meilleure amie pour me rendre dingue et me pourrir la vie, ton prénom, c'est bien Hero ! Et c'est une info public!

— Mais dis-moi mon petit grimlins, tu es encore en forme au milieu de la nuit.

— Non c'est la fatigue, alors laisse-moi tranquille. Sinon en plus d'avoir l'un des mariages les plus courts de l'histoire d'Hollywood, tu pourras aussi te targuer d'avoir eu la relation amicale la plus courte de l'histoire de l'univers ! Sans compter tes futurs problèmes érectiles, et comme je te l'ai dit, je ne veux pas avoir de problème avec ta future femme ! La vraie !

— Pour le moment Livia, c'est toi ma femme.

Félin, il se rapproche dangereusement de moi, son regard sensuel capturant le mien.

— Arrête, c'est juste une mot à cause d'un papier que nous avons signé, toi ivre et moi saoule et droguée ! Voilà où j'en suis. Bloquée avec toi et cette histoire pendant encore quoi ? Un mois ? Deux? Pas plus en tout cas !

— Comment ça droguée ?

— Laura m'a fait prendre un anxiolytique en le mettant dans un des verres que j'ai bus au bar avant que vous n'arriviez.

Son air hébété confirme qu'il ne savait pas.

— Je n'étais pas au courant. Elle y est quand même allée un peu fort ce soir-là ta sœur.

— Non tu crois, Einstein ? Vu ma situation aujourd'hui elle y a été un peu plus que fort ! Comme si j'avais pu me marier avec toi si j'avais été clean ! vociféré-je. C'est à Mila que ça aurait dû arriver un truc pareil ! Elle, elle aurait trouvé ça super cool ! Ou une des trois greluches de ce soir à la robe ras la moule ! m'esclaffé-je.

Ok l'énorme coupe de champagne était de trop, je vais commencer à rire toute seule à mes blagues. Ma main gauche se retrouve prisonnière de la sienne, il me tire dans le couloir, rapidement. Compte tenu de l'heure, je ne vais pas me mettre à hurler comme une malade dans le couloir d'un hôtel de luxe.

— Hero lâche-moi tu vas trop vite ! Je suis crevée, j'ai des talons, le champagne me monte à la tête, je veux rentrer dormir et ...

Je n'ai pas à finir ma phrase. Agile, il me hisse soudain sur une épaule, en vulgaire sac à patate, comme si je ne pesais rien. Je me débats par principe pour cacher mon embarras, tapant son dos de mes poings. Il saisit l'anse de ma valise et reprend sa marche jusqu'à une double porte en mois massif, sort une carte électronique d'une de ses poches puis ouvre une suite, qui doit être la sienne. Toujours sur ses épaules, je ne peux m'empêcher d'admirer son magnifique postérieur, parfaitement moulé dans son chino. Il est gaulé comme un dieu ! Le rouge me monte aux joues, mon bas-ventre me chatouille, et rien à voir avec le fait que j'ai la tête à l'envers.

—Pose-moi Cro-Magnon ! ordonné-je.

— Jamais contente hein ? Qu'est ce qui a Trésor, la vue ne te plait pas ? m'interroge le sale gosse, goguenard.

Merde mais il plaisante ou quoi ? Il pense que je le reluque ? Il a du mal comprendre les signaux !

— Bof moi tu sais les sols en marbre, ce n'est pas trop mon délire. Enfin chacun ses goûts ...

Dans le hall, il me dépose en douceur au sol. Je tente de remettre mes cheveux en place et me ventile le visage avec mes mains. C'est un hall ou un sauna ici ?

— Le sol alors ?

Il supprime la distance en nous, un regard de plus en plus intense qui détruit mes résistances, sourire espiègle aux lèvres. Putain cette bouche qu'il mordille, j'en tremble d'une secousse agréable. Les braises se diffusent via mon système nerveux, ma poitrine se fait plus lourde. Sortir d'ici, vite !

Et puis il me veut quoi à cette heure-ci ?

Ouvre un peu les yeux Livia ...

— Hayden, qu'est-ce que tu veux ? Parce que moi j'avais autre chose de prévu maintenant que de parler revêtements de sol , mais promis, si après ma nuit de sommeil tu veux qu'on remettre ça sur le tapis, sans mauvais jeu de mots, ris-je encore toute seule, je serai fraiche et dispo. Je suis super calée en parquet massif, Quick-step, carrelage et même en moquette si ça te branche ! Donc sur ce, bonne nuit, moi j'ai rendez-vous avec une baignoire et un lit.

Je le contourne pour fuir.

— Tu te fous vraiment de moi Livia ! Jordan a raison, tu es très forte.

Jordan ?? Pourquoi il me parle de ...

DEVINE !

Le traître !

— Je ne me fous de personne, c'est toi qui me parles de la vue sur le sol à trois heures du matin. J'ai l'air d'être en état d'avoir une discussion là ? Bonne nuit Miller !

Je fais un pas de plus vers la porte mais Hayden me retient par le bras. Même à travers la manche de mon manteau, mon corps réagit à ce simulacre de contact. Je me tends mais reste dos à lui. J'ai du mal à déglutir, j'ai chaud. Merde !

Ne pas craquer, sortir, aller dormir. Partir.

Il me retire mon manteau en deux mouvements lestes et le balance loin de nous.

— Hey mais il est malade lui ! grincé-je en français.

Je m'élance vers mon bien mais suis plaquée au mur par un grand corps chaud et volumineux. C'est à peine si je suis encore capable de respirer, de penser, de me tenir debout.

—Lâche-moi Hero ! Je te jure que ça va mal finir.

Ou très bien.

Avec mes talons, il ne me dépasse pas de plus de quinze centimètres, mais je ne vais pas vérifier car je ne peux pas lever les yeux vers lui. Il est trop proche. Son haleine mentholée aux effluves du whisky me caresse, le poids de son torse contre mon buste alimente mon désir. Je réprime un soupir. J'essaie de respirer calmement mais une tension brûlante s'est faufilée en moi. Ma raison perd le nord, mon corps s'enflamme, surtout dans mon sud. C'est pire quand il remet une de mes mèches derrière mon oreille droite, lentement, frôlant la ligne de ma mâchoire qui se pare de chair de poule. Un soubresaut manque de me faire tressaillir.

— Je prends le risque Trésor. On va jouer à un petit jeu Livia, souffle-t-il toujours plus près de mon visage. Question-Réponse. Si ta réponse n'est pas un mensonge, je te lâcherai. Si tu me mens, et je t'assure que maintenant que je sais à quoi tu joues je serai très attentif, me prévient-il d'une voix devenue plus rauque, tu seras punie.

Son avertissement sonne trop sensuel, il ne peut pas avoir dit ça.

Son odeur s'est frayée un chemin de mes narines à mon sexe. Sa chaleur brûle chaque cellule de ma peau et un incendie tonitruant bat son plein dans le creux de mes reins, entre mes jambes. Je serre les cuisses. Cherche comment m'en sortir. Je plaque mes deux mains sur son torse bandé.

— Hero tu me fais peur. Laisse-moi partir s'il te plait.

Il ne bouge pas d'un centimètre.

— Premier mensonge Trésor, murmure-t-il contre la peau sensible de ma nuque. Je sais que tu n'as pas peur. Pas de moi en tout cas.

Les vibrations de sa voix se répercutent directement dans le tanga, comme si mes oreilles et mon vagin étaient liés par une autoroute de sensations. Je déglutis difficilement. La canicule de mon bas ventre s'étend à mon visage tandis qu'Hayden s'appuie plus contre moi qui me retrouve complètement écrasée entre lui et le mur. Il halète plusieurs fois dans mon cou et au lieu de me rafraîchir, il oxygène le feu ardent qui me consume toute entière. Un léger mouvement de bassin qu'il n'a peut-être fait sciemment me signale la présence de son érection, et rien de petit là-dedans. Je cesse tout mouvement.

À quoi joue-t-il ?

— Ça suffit Hero, ce n'est pas drôle...

— Pourtant tu semblais bien t'amuser cet après-midi à brouiller les pistes, et ce soir aussi au club. Regarde-moi Livia !

Son ton autoritaire galvanise les flammes qui me lèchent de l'intérieur. Je n'obéis pas, parce que je n'en ai pas envie, mais aussi parce nos corps l'un contre l'autre me foudroient. Il prend mon menton entre ses doigts et remonte mon visage vers le sien, lentement. Irrémédiablement, nos regards se croisent, s'accrochent. J'y lis une lueur de danger, presque la promesse d'être submergée si je ne détourne pas mon visage.

— Qu'est-ce que tu veux Hayden ? Tu veux jouer à qui aura le dernier mot c'est ça ? Non pas que cela me dérange, mais je suis vraiment crevée et ce n'est pas très fair-play de ta part de me faire jouer avec un tel handicap.

J'essaie de rester stoïque face à son charme en faisant de l'humour. Mon dernier rempart. Il faut qu'il s'éloigne.

— Tu es vraiment une sale petite impertinente, tu le sais ça Livia ? Hayden, Hero, il va falloir choisir Trésor.

Il regarde mes lèvres, je suis sur le point de prier pour retarder ma combustion.

— Je te trouverai un surnom Cro-Magnon, promis-juré, en attendant relâche-moi. J'ai assez joué. Je rentre.

J'essaie de le repousser, mais impossible. Je baisse mon visage et jette un œil sur ma gauche, vers mon manteau au sol. Je tente de me faxer entre lui et le mur, mais rien à faire. Je le sens sourire contre ma tempe. Ses mains font remonter mes bras qu'il place au-dessus de ma tête. Il me domine, et ça l'excite. Je le sens palpiter à travers son chino.

— Visiblement, la situation t'excite, alors va prendre une douche bien froide mister Dominant, ok ? La joue pas à Fifty Shades avec moi. À moins que ça ne soit la perspective de ce que je t'ai promis qui te mette dans un tel état ? Y'a qu'à demander tu sais, mais bon le SM ce n'est pas mon truc à moi tu vois ...

— Livia ... grogne Hayden en reprenant mon menton dans ses mains.

Son pouce trace l'ourlet de ma lèvre inférieure, nos regards ancrés l'un à l'autre sont immobiles. Sa voix tombe un peu plus dans les notes graves lorsqu'il me demande :

— Es-tu réellement lesbienne et attirée uniquement et exclusivement par les femmes ?

Il faut toujours un perdant à un jeu, Livia.

Sortir d'ici, trouver Jordan et s'occuper de son cas.

Je suis sûre que Nick n'a rien dit même si je sais qu'il a compris mon manège avec Jess. Scott n'aurait pas moufté. Laura, je ne la soupçonne même pas, donc le traitre, c'est Miller. L'autre Miller. D'abord, sortir d'ici.

Si je dis oui et qu'il pense que c'est un mensonge, que va-t-il me faire ? Si je dis non, qu'est-ce cela peut bien lui faire de toute façon ? Saleté d'égo masculin ! Je tente le tout pour le tout :

— Qu'est-ce que tu veux que je te réponde en fait Hayden ? Tu as vraiment un gros problème d'orgueil tu le sais ça ? Ta fierté en a pris un coup, tu ne supportes pas qu'une femme ne soit pas sous ton charme hein ?

Je lui parle lentement pour le narguer, car tout vient de là. Il ne supporte pas l'idée que la femme qu'il a épousée n'en ai rien à cirer de lui. Hayden ne dit rien, alors je continue, frondeuse -et trempée:

— C'est trop dur à vivre hein Hayden ? C'est ça, Hollywood ? J'ai tapé dans le mille ! Ta petite fierté joue la boudeuse comme un enfant de cinq ans qui n'a pas eu son jouet favori à l'école. Pauvre chou! m'apitoyé-je faussement.

— Tu n'as pas répondu Livia.

Il grignote les presque derniers centimètres entre nos deux visages. Je n'inspire plus.

— Réponds à ma putain de question, même si tu sais Trésor, maintenant, je connais la réponse...

Hayden susurre ses mots, trop près, et fait gronder mon ventre comme jamais il n'avait réagi auparavant. Je serre un peu plus mes cuisses l'une contre l'autre pour soulager mon clitoris et détourne les yeux, retrouvant ainsi de l'air dans une douleur qui broie mon estomac.

— Dis le moi Livia, dis-moi que ma femme, mon épouse, est Lesbienne. Dis-moi que tu n'es absolument pas attirée par moi, que mon corps contre le tien n'est pas responsable de ta chair de poule, ni de tes petits soupirs, et je jure que je te lâcherai. Dis-moi que j'ai tort de penser que tu me prends pour un con. Dis-moi que j'ai tort de croire que tu n'es pas insensible à ma bouche qui frôle la tienne. Moi je vais t'avouer quelque chose Trésor, tu as tort de croire qu'il ne s'agit que d'une histoire de fierté masculine surdimensionnée. Ce n'est pas ça... Alors Livia, vais-je devoir te punir, ou tu te décides à me dire la vérité ?

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