55 - Remettre le couvert

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Hayden.

 Merde !

 Merde !

 Merde !

 Je savais que je prendrais mon pied avec Livia, mais m'agenouiller devant elle et mettre ma fierté en sourdine, c'était clairement l'une des meilleures décisions de ma vie. Cette fille à un corps de dingue, et elle est tellement plus encore !

Oui, tu avais raison.

 J'avais perdu dès l'instant où le jeu a commencé. J'ai essayé de garder la tête hors de l'eau, mais la vision de Livia en train de se déshabiller sous mon nez, elle qui avait peur encore cet après-midi que je la voie à moitié nue, couplé à sa désinvolture, ça m'a achevé.

 Bon sang ! Cette fille a vraiment un corps splendide, d'une beauté à faire pâlir un macchabée. Ou à le faire bander, au choix. Et sa lingerie fine...bordel ! J'en ai vu des nanas en faire des tonnes et des tonnes avec des trucs compliqués à souhait, ou moulées dans des ensembles tellement minimalistes, qui désolé pour la vision, mais avaient l'air d'être une taille douze ans et non une taille adulte que c'était à se poser des questions sur leur santé mentale.

 Chez Livia, c'est beau, sensuel, terriblement excitant et surtout à la bonne taille. Et en parlant de taille, il va vraiment falloir que je comprenne pourquoi elle n'aime pas son corps. Cette femme a un véritable corps de femme que j'ai pris plaisir à détailler Son image me servira d'ailleurs certainement pour mes moments en solo.

 Des magnifiques jambes de danseuse, galbées, avec une musculature tonique mais pas trop fine qui change des nanas filiformes à la limite de l'anorexie que l'on voit sur les podiums et dans les magazines. Une poitrine plus qu'affriolante, ronde, pleine, naturelle à première vue et à la taille parfaite pour mes mains. J'ai adoré les lécher, les toucher. Une taille fine, un ventre avec une minuscule petite bouée prouvant qu'elle s'alimente normalement, et qui marque d'autant plus la beauté de ses autres formes. Des hanches féminines et voluptueuse, en harmonie et symbiose parfaite avec sa poitrine de rêve. Et j'ai des projets pour cette poitrine... Et enfin, un petit cul rebondi qui réveille en moi des idées absolument pas catholiques -ni d'aucune autre religion en fait.

 Alors pourquoi cette fille qui a un corps de divinité en a-t-elle presque honte ?

 En tout cas, j'avais raison sur un point : Livia n'est pas la fille d'un soir. Me contenter d'une seule fois, ou d'une seule nuit est absolument impossible. D'ailleurs, je n'en ai pas fini avec elle, je ne suis pas encore repu.

 La capote retirée et jetée dans une poubelle, je passe en mode flash sous le jet d'eau chaude de la douche, me sèche laconiquement puis repars rejoindre Livia qui n'a pas bougé d'un centimètre dans le lit. Elle est toujours allongée sur le côté, les yeux clos, son tatouage sur le haut du pubis bien visible.

 « Private ». C'est étrange tout en étant l'un des trucs les plus érotiques qu'il m'ait été donné de voir. J'ai de nouveau très envie d'aller plonger ma langue entre ses cuisses. Son goût est ensorcelant et je veux encore la sentir jouir dans ma bouche. Sans ménagement, je m'avance à quatre pattes sur le lit et lui écarte les jambes. Avant qu'elle n'ait le temps de répliquer quoi que ce soir, j'insère ma langue dans son sud appétissant et la lèche, encore et encore. Je ne lui donne aucun répit. Un petit cri de surprise la saisit, puis un sourire lascif se dessine sur sa bouche.

— H qu'est-ce que tu fais ?

— Je te l'ai dit Trésor, je n'en ai pas fini avec toi.

 Livia se redresse sur ses coudes pour m'observer rouler une pelle grandiose à son bonbon rose, mais aussi... en train de me toucher. Oui, je suis déjà en état de marche, et très excité. Impatient de pouvoir refondre en elle.

— Merde Hayden, tu peux déjà repartir ?

— Oh oui Livia, je peux. Nos corps sont faits pour s'entendre.

 Je scelle nos regards. J'ajoute deux doigts à la chorégraphie de ma langue et Livia recommence déjà à trembler de plaisir dans des soupirs de plus en plus sonores. Je sens les contractions de ses parois internes autour de mes doigts, ses ondes voguant jusque dans mon membre et putain ! j'adore ça. Cette fille est faite pour satisfaire mon corps. Son bouton est ultra gonflé sous ma langue et elle est aussi imprégnée qu'un linge mouillé avant un essorage. Bon sang, mais ils lui faisaient quoi les autres mecs pour qu'elle ne prenne pas son pied ? J'ai rarement vu une femme aussi réactive. Les français sont aussi mauvais que ça au lit ?

 Sûrement.

 Livia soulève ses hanches, j'ai déjà remarqué que c'est le signe que sa jouissance est proche. Ses mains viennent fouiller mes cheveux. Sa respiration se meurt.

— Hayden je...je vais encore ... je ...

 Oui, elle va jouir, encore. Et ce ne sera pas la dernière fois de la nuit. C'est une certitude, voire une promesse. Je veux qu'elle se souvienne de chaque orgasme qu'elle aura eu avec moi, qu'elle comprenne à quel point entre elle est moi, c'est une alchimie parfaite ; une évidence pour nos corps. De ma main libre, j'agrippe un de ses tétons et le fais rouler entre mes doigts, ce qui déclenche un nouvel orgasme chez Livia. Le visage totalement rejeté en arrière, elle est gagnée par un long spasme qui la traverse et crie mon prénom, plusieurs fois, puis tout un tas d'obscénités en Français, faisant grimper en flèche mon niveau d'excitation.

 J'espère que l'hôtel est aussi bien insonorisé que ce qui est annoncé car dans le cas contraire, c'est certain que sa sœur a dû l'entendre hurler, tout comme la moitié de l'étage. Non pas que cela me dérange, bien au contraire... mais si Livia veut rester discrète sur nos rapports -sans mauvais jeu de mots-, il va falloir qu'elle baisse le volume sans quoi, elle risque de voir débarquer la cavalerie.

 Je lui accorde plusieurs secondes pour se remettre de ses émotions fortes mais au moment où je vais pour m'approcher d'elle, elle se dresse prestement et vient sucer goulument mes deux doigts qui étaient encore en elle il y a moins d'une minute. Je ne parle même pas du regard qu'elle me lance et qui me fait durcir à mon maximum. C'en est déjà douloureux alors qu'elle m'a mené à l'extase il n'y a pas cinq minutes.

 Elle les aspire, enroule sa langue autour sans me lâcher pas des yeux. C'est trop torride. Je pourrais jouir ainsi dans ma main, maintenant, et je dois d'ailleurs me concentrer pour ne pas éjaculer immédiatement à cette simple vision.

 Cette fille est fantastique et elle ne le voit pas. Nous sommes face à face, tous deux à genoux et Livia me rend mes doigts; propres.

— C'est à mon tour d'aller prendre une douche, me lance-t-elle en reculant.

— Sûrement pas ! Tu restes là Trésor.

 Je l'empêche de faire un mouvement de plus en la retenant par la taille avant qu'elle ne puisse s'enfuir et la plaque contre mon torse, mon érection solide touchant son intimité. Livia semble étonnée, elle m'interroge du regard.

— Je prévois plusieurs autres orgasmes pour toi Livia, lui annoncé-je sourire salace aux lèvres.

Je la vois frémir, ses pupilles réagissent à ma proposition en s'illuminant d'une lueur qui va me faire exploser.

— Ok ... mais je crois nécessaire que j'aille me doucher Hayden. Je suis en nage et très... heu ... mouillée, dit-elle soudain prise d'une crise de pudeur qui ne devrait plus exister après ce que l'on vient de faire.

— Je m'en fous Livia, j'aime ton goût sur ma langue, tu restes là !

 Sans rien riposter verbalement, Livia m'empoigne et commence à me masturber. La vague de plaisir qui me fouette me prend de cours, je bascule ma nuque en arrière dans l'espoir fou de me contrôler. Elle joue avec mon gland et le frotte contre son ventre. Son pouce étale doucement les perles de liquide séminale qui se créent sur mon sexe, puis sa deuxième main vient aider la première.

— Comment tu fais ça Livia ?

— Quoi ? me demande-t-elle sans comprendre, sincèrement ingénue.

— Comment tu fais pour être aussi douée ?

Pitié, ne me réponds pas que c'est une question d'habitude et de pratique régulière... priè-je.

— Je ne fais rien de particulier Hero.

— Il faudra vraiment que nous discutions toi et moi madame Miller.

— Hero... grogne mon petit volcan. Je ne suis pas ... Oh et puis merde maintenant ! lance-t-elle dans sa langue natale.

 Je n'ai pas le temps de comprendre ce qui m'arrive que Livia me fait tomber en arrière de ses deux petites mains et avant que je n'ai pu me redresser, je sens ses lèvres entourer mon membre qui tressaute de plaisir dans son écrin douillet, humide et chaud.

 Livia me pompe goulument malgré mes mensurations et continue de me branler en même temps, puis me lèche sur toute ma longueur en me regardant droit dans les yeux. Sa langue happe mon gland, s'amuse avec mon méat puis elle prend mon pénis au plus profond qu'elle le peut dans sa gorge. J'essaie de sauvegarder mon self-control pour ne pas l'agripper rudement par les cheveux parce que c'est vraiment trop bon. Elle m'aspire plusieurs fois, ses bruits de bouche augmentent mon supplice puis ses lèvres relâchent leur étreinte, mais sa main reprend le relai.

— Livia c'est trop bon, continue...

 Je ne compte pas jouir dans sa bouche, mais je veux profiter du moment, au comble du bonheur qu'elle ne soit finalement pas contre les fellations et qu'en plus, elle semble apprécier l'acte. Et elle continue, léchant chaque centimètre de mes parties intimes, alternant une masturbation lente et plus énergique. Comme sous la douche, c'est parfait. Elle est nue, offerte, entre mes jambes et je voudrais la garder ainsi des jours durant.

Ça va être compliqué.

 Je serre les draps entre mes poings pour ne pas la toucher, j'ai trop peur d'aller trop loin, de lui faire mal, ou qu'elle se sente brusquée...

— Arrête de réfléchir Hayden, lâche-toi. Si moi j'y arrive, alors tu le peux aussi.

 Elle tient toujours ma queue dans sa minuscule main manucurée et vient taper mon gland contre sa joue en me lorgnant, féline et débauchée au possible.

 Oh non !

 Bordel de merde !!

 Elle est démente, et il ne faut pas qu'elle dise un truc pareil. Il ne faut pas qu'elle fasse un truc pareil alors que je bande à mort et que j'ai envie de la prendre comme un malade !

— N'ouvre pas la boîte de pandore Livia, tu m'as trop excité bébé.

— Bébé ? sourit-elle diabolique en se léchant dans une lenteur ahurissante la lèvre supérieure. On va voir si je suis un bébé, beau gosse !

 Elle abandonne mon sexe et part vers la table de nuit à quatre pattes, sa croupe parfaite bien en vue devant mes yeux subjugués. Ma langue à cette endroit serait un accessoire de choix à son plaisir...

 Elle attrape une capote qu'elle ouvre puis vient dérouler le latex sur mon membre tendu au possible. Je gémis. Une fois prêt, Livia me tourne le dos, postes ses pieds de part et d'autre de mes cuisses, soulève ses hanches, guide mon membre jusqu'à sa vulve puis s'empale en une seule fois sur moi, m'aspirant jusqu'à la garde. Bordel de Dieu, dites-moi que je rêve !

— Livia je ne vais pas tenir, je te préviens...

— Petite nature, me nargue ma partenaire qui alterne entre ondulations du bassin et mouvements de hauts en bas en prenant appui sur moi pour s'aider.

 Je ne sais pas si je peux, mais j'ai très envie de corriger cette petite peste impertinente. Je viens d'abord doucement caresser son cul rond offert à ma vue envieuse et perverse, puis, et sans lui faire mal, lui donne une petite tape.

— C'est tout ce que t'a H ?

— Bordel de merde Livia !

— Je ne suis pas en sucre Hero, plus fort ! m'ordonne-t-elle d'une voix claire. Plus fort !!

 Une chose d'étrange se passe dans ma tête en entendant ces mots ; ses mots. Comme un flash, les mêmes paroles : « plus fort Hayden ». La même voix qui résonne dans ma tête, comme si Livia les avait déjà prononcées avant. J'essaie de mettre de côté cette pensée improbable et obéis à l'ordre de ma merveilleuse amante, la châtiant un peu plus fort cette fois. Puis une autre, de l'autre côté. Je me redresse pour m'asseoir, Livia vient poser son dos contre mon torse et sa tête en arrière sur mon épaule.

— Tu vas me tuer Livia, je lui murmure dans le cou après l'avoir mordillé. Je n'ai plus aucun contrôle sur mon corps avec toi, il est entièrement dévoué au tiens, à toi bébé.

— Hero...

 Livia palpe ses seins elle-même entre ses doigts fins et me laisse maintenant gérer les va-et vient, épuisée. Et je suis à un doigt d'éjaculer à cette image, mais je la sens se contracter fortement autour de mon sexe, alors je me retiens autant que je le peux. De ma main droite, je vais agacer son clitoris pour l'aider à atteindre le septième ciel. Tremblante de la tête aux pieds, elle décolle en moins de trente secondes et l'entendre hurler son plaisir déclenche mon propre orgasme qui déferle en moi.

 Je jouis dans un râle monumental en criant moi aussi son prénom. Mon extase rutilante me grille le cerveau et dure plus longtemps que d'ordinaire, si bien que j'ai un instant peur pour la capote et pour Livia qui n'est plus sous contraception d'après ce que j'ai compris plus tôt.

 Lorsque je rassemble mes idées, Livia est immobile sur moi, comme figée, le regard fixé droit devant elle, perdue dans son monde, comme plus tôt en arrivant chez Jamie. Je peux la regarder à travers l'écran de TV en face de notre lit.

— Livia ?

 Pas de réponse.

 Je vois ses yeux se mouvoir de droite à gauche en penchant mon visage vers le sien par-dessus son épaule, ses jambes sont prises de légères secousses, puis ses mains. Elle ne réagit pas à mes appels. Elle n'est plus là. Quelque chose l'a faite se retrancher dans son esprit, encore. Elle s'est renfermée sans préavis. Pourtant, ses traits racontent une concentration qui me rassure car elle ne semble pas effrayée, mais plutôt en plein réflexion d'une importance capitale. Ses sourcils se froncent, ses lèvres bougent, se tordent. Je peux presque voir les rouages de son cerveau en action.

— Livia, tout va bien Trésor.

 Je le lui assure plusieurs fois qu'elle n'a rien à craindre à voix basse, en lui caressant la joue. J'entortille ses doigts aux miens pour qu'elle comprenne qu'elle n'est pas seule et l'ancrer dans la réalité. J'embrasse son épaule, sa nuque gracile, et lui répète en boucle mon mantra. Elle reste dans cet état environ une minute trente, puis ses tremblements cessent. Elle se retire lentement et sans un mot, le regard dans le vague, me retire la capote qui est heureusement intacte, la noue puis va la jeter dans la poubelle de la salle de bains, revient. Elle ne dit toujours rien mais me scrute, l'air grave.

 Qu'est-ce que j'ai fait pour la mettre dans cet état second ?

— Livia ça ne va pas ? Est-ce que j'ai ...

— Non ! s'exclame-t-elle en rejoignant sur le lit après avoir enfilé mon t-shirt. Hayden c'était parfait, Vraiment parfait, merci...

 Livia pose ses paumes en coupe sur mes joues puis m'embrasse presque timidement mais pourtant tendrement du bout des lèvres.

— Mais ? ne puis-je m'empêcher de l'interroger tandis qu'à présent, sa mine soudain blafarde se teinte aussi d'une inquiétude qui m'atteint et me vrille le bide

— Ce n'était pas la première fois Hero, n'est-ce pas ?

De ? Je suis perdu.

— Ce n'est pas dans ma tête, c'était ça la pièce du puzzle qu'il me manquait... semble-t-elle murmurer pour elle.

— Trésor je ne comprends pas. De quoi...

Mais si Hayden, tu vas comprendre.

 Livia s'agite tout à coup.

— Dis-moi que c'était toi s'il te plait ! m'implore-t-elle la voix étranglée maintenant totalement emprise à la panique et l'affolement.

 Je ne suis pas certain de saisir où elle veut en venir, mais elle n'en dit pas plus que cette supplique. Je me redresse quand elle se lève. Elle me fixe, puis tourne sur elle-même. Je pose les pieds au sol puis mes mains sur ses épaules pour qu'elle cesse son tourniquet qui va la rendre malade. Son regard anxieux vient s'arrimer au mien comme à une bouée de secours en pleine tempête.

Pas la première fois ? Ça veut dire quoi ça ? C'était moi où ?

— Hayden...

 « Plus fort Hayden ! »

 « Je ne pourrai plus m'en passer Livia »

 « Oh mon Dieu Hero ... »

 « Tu as un goût de bonbon Liv, j'adore ça »

 Je ferme les yeux sans l'avoir commandé. Des phrases et des images s'imposent à moi. Quand je rouvre les paupières, Livia me dévisage toujours, dans l'attende d'un mot de ma part, à deux doigts du malaise. Mais maintenant, je sais, je me souviens, et j'ai compris, tout, absolument tout :

— On a couché ensemble à Vegas Livia.

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