60 - La coloc. Partie I

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Hayden.

Quinze jours que je ne l'avais pas vue. Ça va devenir une habitude ? Et comment est-il possible que cette fille soit plus belle encore que la dernière fois ?

Dans le renfoncement de la cuisine ouverte, j'ai tout le luxe de la regarder. Elle a raccourci ses cheveux. Ils sont aussi légèrement plus foncés que dans mon souvenir, moins polaires, plus dorés, et cela accentue d'autant plus la profondeur du bleu tropical de ses grands yeux piquetés d'or. Elle a pris des couleurs, elle a dû s'exposer au soleil. Malgré le décalage horaire et les dizaines d'heures de trajet, Livia est toujours une œuvre d'art dont mes yeux peinent à se détacher. Dans un jean clair un peu ample troué aux genoux, un simple t-shirt blanc et un blazer ciel, elle est simplement parfaite.

Elle ne m'a pas encore vu, elle avance, accrochée au bras gauche de Jess comme si elle pouvait être dévorée d'un instant à l'autre par un grand méchant loup surgit de nulle part, l'air troublé. Je ne lui veux que du bien. Son regard anxieux vogue autour d'elle, les meubles, les murs, les luminaires, puis au-delà du patio, dans le jardin, avant de se fixer sur mon amie qui va m'en faire baver et n'en a pas fini avec moi. Mais ça valait le coup. Livia se frotte le visage.

— Il est où ?

Voilà, elle a compris.

— Je suis là. Bonjour Livia, dis-je d'une voix claire.

Son regard se rive au mien en silence. J'entends ses questions, ses « pourquoi », et même la houle de colère qui n'a pas encore grondée en elle mais le fera probablement dès que sa fatigue sera conjuguée au passé. Jessica se racle la gorge et nous avertit doucement :

— Nick et moi, on vous laisse seuls quelques minutes, on sera dans la dépendance. Ça va aller Livy ?

Pourquoi ça n'irait pas ?!

Le grand méchant loup, vieux.

— Oui, oui. Ok.

Je devine bien qu'elle est exténuée, mais c'est surtout l'impression qu'elle me donne de vouloir disparaître qui me fait chier. Elle est en dehors de sa zone de confort, elle n'était pas préparée à atterrir chez moi, pas de cette manière. Voire pas du tout.

Je remarque d'ici ses tremblements, en particulier ceux de sa jambe gauche qui s'agite, ses ongles qu'elle commence à tapoter sur sa hanche comme si elle jouait sur elle une mélodie au piano que seule sa tête entend. Nick et Jess se retirent. Une fois la porte d'entrée claquer, je m'avance vers elle, me stoppant à un mètre de son corps en courbes pour respecter son espace personnel. Vu son état, mieux vaut y aller pas à pas.

Livia incline son visage vers la droite, sondant toujours mes yeux et mon esprit. Si elle était musicienne, je dirais qu'elle écrit mentalement la partition d'une marche funèbre ; la mienne. Jamie a à peu de choses près la même gravité sur le visage quand il s'imagine me foutre une raclée.

— Qu'est-ce que je fais là, Hayden ? s'enquiert ma femme qui regagne un soupçon d'aplomb et une lueur de combativité qui me font craquer. Si tu voulais discuter nous aurions pu prévoir de nous voir dans la semaine, ou d'utiliser nos téléphones. Tu sais, c'est super pratique un téléphone, mais là, il faut que je dorme alors tu m'excuses mais...

Toujours aussi sarcastique à ce que je vois, même rouée de fatigue.

— Tu pourras aller dormir dans cinq minutes.

Elle lutte contre la somnolence, baille dans sa main et essaie de comprendre. Son épuisement paralyse sa réflexion, alors je n'y vais pas par quatre chemins, au risque de la faire fuir ou de réveiller le volcan qui sommeille tranquillement en elle.

Peut-être plus pour longtemps.

— Je veux que tu restes ici Livia.

Là, je crois qu'elle est tout à fait en train de se s'éveiller. Elle écarquille grand ses magnifiques yeux turquoise dans lesquels un aveugle irait volontiers se noyer. Sa bouche en fait autant. Je n'ai qu'une envie, c'est l'embrasser et ne plus la lâcher. Mais ce n'est pas le moment. Je m'explique pour couper l'herbe sous le pied à mes pensées lubriques :

— Je veux que tu restes ici, chez moi. Mais ne t'inquiète pas, dis-je avant qu'elle ne lance les hostilités voyant sa conscience refaire surface à la vitesse de la lumière et sa posture se parer au combat verbal, Laura a réaménagé une des chambres hier, celle du rez-de-chaussée. Tu seras tranquille, totalement indépendante de ce côté-là de la villa. Ma chambre est à l'étage avec les autres, j'ajoute en levant les yeux au plafond pour accentuer ma phrase.

Livia parait perplexe, mais bizarrement, ne m'attaque pas.

— Pourquoi ?

Mieux vaut que je ne me rate sur ce coup.

— Question de crédibilité. Ta sœur est d'accord avec moi.

Bon, je synthétise, il a fallu la convaincre que c'était la meilleure solution pour notre problème.

— Ma sœur ? Ma... ma sœur !!!

Contrariée, elle croise ses bras sur sa poitrine. Et quelle poitrine ! Maintenant que je sais ce que cache ce t-shirt... Rien que d'y penser, ma hampe en manque sort de son repos prolongé, autant que mon petit volcan qui pourrait me mettre quelques revers sur le ring. Fière, elle relève le menton et lance le premier coup :

— Dis-moi Hero, j'ai dû rater quelque chose, mais depuis quand es-tu marié avec ma sœur ?

Ah ! Elle admet enfin que nous sommes mariés ! Un pas en avant.

Petite victoire. Feu d'artifices intérieurs. Mais ne sabre pas le Champagne tout de suite. L'ours est encore debout.

— Dégage ce sourire niais de ta tête Miller ! m'avertit Livia en plantant un doigt tendu sur mon torse. Je peux savoir en quel honneur vous vous attribuez le droit de prendre encore une décision qui me revient ? Qu'est-ce qui ne tourne pas rond chez vous ?!

D'accord. Je me suis très mal exprimé et mon volcan va entrer en éruption et me cramer au passage.

— Tu as raison nous avons décidé à ta place, mais je te laisse le choix. Tu auras toujours le choix. Alors je vais reformuler. Livia, reprends-je en agrippant son regard tempétueux, veux-tu bien s'il te plaît, au lieu d'aller à l'hôtel puis je ne sais où dans l'État, t'installer ici le temps de ton séjour ?

Ses sourcils se dressent, j'ajoute avant de la voir exploser :

— Je serai absent demain et mardi. Je ne rentrerai que mercredi après-midi, puis je repars dimanche prochain aux aurores, après le dîner de Scott et Laura pour deux voire trois jours. Tu ne m'auras donc pas sur le dos, tu peux aller et venir comme bon te semble. Je ne sais pas combien de temps tu comptes rester, mais tu es la bienvenue Trésor.

Je gomme la distance qui nous séparait encore, nous sommes maintenant buste contre buste. Je peux humer son parfum, celui de ses cheveux, et profiter de la chaleur de sa peau. Et même si je crève d'envie de goûter ses lèvres, je me retiens, j'en ai durement conscience. Nous nous sommes mis d'accord sur le type de relation que nous aurions, et me ruer sur sa bouche comme un mort de faim dès son arrivée irait à l'encontre de ce qu'elle veut et attend de notre contrat oral.

— Et Doug et Ava ? Comment je vais justifier que je vis ici et non pas chez eux ? me demande-t-elle, soucieuse.

Donc elle ne rejette pas l'idée d'emblée, c'est plutôt positif.

— Laura et moi avons pensé que tu pourrais leur expliquer simplement que tu seras plus indépendante chez moi, que tu ne voulais pas vivre chez ta sœur et Scott pour les mêmes raisons. Étant beaucoup en déplacement tu pourras te reposer, travailler si tu le souhaites, ou profiter de la piscine, du jardin, de la salle de cinéma ou de sport avec Jessica la journée. Il y a même un sauna, un hammam et deux jacuzzis sur la propriété, énuméré-je comme si cela pouvait suffire à la convaincre.

Si elle pouvait être un peu plus comme sa sœur, enjouée sur les équipements de ma barraque, ça m'aiderait grandement. Mais il s'agit de Livia et par pur esprit de contradiction elle serait bien capable d'aller dans une caravane sur une aire de repos.

— Je ne sais pas Hayden, ils vont se poser des questions et ce sera déjà assez difficile le jour où je vais devoir tout leur avouer. Je ne veux pas en pas avoir à mentir s'ils me posent des questions sur notre...heu... relation.

— Tu n'as peut-être pas à leur mentir.

Là clairement Livia ne voit pas du tout où je veux en venir.

— Tu n'as pas à leur dire qu'il ne se passe rien entre nous Livia. Tu peux leur dire que la nature de notre relation ne regarde que nous puisque c'est l'entière vérité. C'est exactement la réaction que j'ai eue auprès de mes proches, admets-je alors que nous sommes toujours l'un contre l'autre et que Livia a posé d'elle-même son front contre mes pectoraux, déjà lasse de notre conversation et d'une dispute dont je sens qu'elle ne veut pas.

— Hayden, je...

— Je ne voulais pas mentir à mes parents ni à mes frères car comme tu t'en doutes sûrement, lorsque tu es rentrée à l'hôtel après le dîner chez Jamie, j'ai eu le droit un interrogatoire en bonne et due forme de leur part à tous, bien que je leur avais déjà expliqué la situation par téléphone. Mais quand ils t'ont vue Livia, et j'espère que tu ne vas pas rougir de ce que je vais dire, inévitablement ils se sont posés des questions.

— Tu m'étonnes... marmonne-t-elle du bout des lèvres embrumées par ses pensées auto-flagellatrices qui lui suggèrent toujours que son physique est autre que ce qu'il est.

— Mes parents me connaissent par cœur et quoi que tu en dises, quoi que tu en penses, car je sais exactement ce que qu'il se passe là-haut, Trésor, car j'ai parfaitement compris à Paris quand tu parlais en français avec ta sœur, lui rappelé-je, tu es belle Livia, et tu n'as rien à envier aux femmes que tu as pu voir à mon bras dans la presse people ou ailleurs.

Mes deux mains saisissent son visage en coupole, l'obligeant à se soumettre à mon inquisition. J'étudie ses traits d'expression, cherchant à creuser les méandres de ses pensées. Un furtif rictus tord sa bouche. Elle ne me croit pas.

— Tu es belle Livia, et ce n'est pas que ton physique. Tu te vois sombre quand nous, on regarde une bougie. Tu n'es pas lisse, tu n'es pas fade, tu es toute une palette et jamais monotone.

— Tu dis n'imp...

— ...et même s'il en faut pour tous les goûts, continué-je sans prêter cas à son élan de mutinerie, je peux t'assurer, moi, qu'il y a peu d'hommes qui n'aimeraient pas t'avoir pour compagne.

— Ça tombe bien parce que...

Cette femme va me rendre dingue.

— Est-ce que rien que pour une fois Livia, on peut mettre de côté le vocabulaire ? brigué-je sans vouloir de réponse. J'ai beau être comédien, mes parents et mes frères savent lire en moi. Si toi tu doutes de moi eux ont bien repéré que tu me plaisais Livia. Ma mère l'a compris à l'instant où elle a posé les yeux sur toi et sans même me regarder, donc je ne pouvais pas leur mentir et je leur ai dit exactement ce que je te propose de dire à tes parents : notre relation ne regarde que nous. Ainsi, finis-je, quand nous divorcerons si nos parents viennent à nous demander si au moins nous avions essayé de faire fonctionner ce mariage, nous n'aurons pas non plus à leur mentir . Nous aurons vécu sous le même toit, mais sans leur confirmer si oui ou non nous sommes intimes ou l'avons été.

— Je ne sais pas Hero.

— Ok, Livia, écoute-moi. Si tu souhaites toujours taire nos vrais rapports à ce moment-là, nous pourrons leur assurer que nous nous sommes vraiment donné une chance en tant qu'amis. Car c'est ce que nous avons décidé d'être, n'est-ce pas ?

— Oui souffle-t-elle, amis. Mais pour le moment je suis une amie fatiguée H. J'ai vraiment besoin d'aller me coucher si tu ne veux pas que je squatte ton parquet pour la fin de journée, rit-elle frugalement contre moi.

Je m'autorise à la serrer dans mes bras plus franchement, puis parsème son front de légers baisers. Livia me rend mon étreinte sans aller plus loin pourtant, je me délecte de la chaleur de ses bras, de son corps. Sa respiration est revenue à la normale, ou peut-être encore plus calme que d'ordinaire. Je suis persuadé qu'elle pourrait s'endormir ainsi, tomber de fatigue entre mes bras.

Ce qui ne serait pas un réel problème mais tendrait plutôt à prouver qu'elle a confiance en moi. J'embrasse doucement ses cheveux aux effluves des îles et lui murmure à l'oreille :

— Pas de problème Trésor, je vais te montrer ta chambre et t'apporter tes affaires, mais je voudrais te présenter à quelqu'un avant.

Livia lève ses billes investigatrices vers moi, ses grands yeux bleus enquêteurs dans lesquels je rêve de sombrer encore depuis deux semaines en me laissant happer par un précipice de plaisirs déments. Une si douce mort.

— Jane, ma tante, la sœur de ma mère je lui précise, s'occupe de la gestion de la maison. Un peu tous les jours, mais principalement lorsque je m'absente. Elle vit dans un bungalow* en bas du quartier.

Son regard s'interloque de surprise. Je vois ce qui lui traverse l'esprit et me corrige sitôt :

— Jane n'est pas ma femme de ménage mais administre toute la partie intendance : les courses quand je ne vais pas les faire moi-même, car oui parfois je vais au supermarché comme un grand Livia, souris-je à sa moue perplexe. Elle s'occupe de l'emploi du temps la femme de ménage quand c'est nécessaire, régit les équipes paysagères, le linge... enfin tout ce qu'il y a à faire dans une maison.

— Oh. Ok, répond-elle nonchalante en rebaillant.

— Je suis très proche de ma tante et c'est elle qui a désiré investir ce poste quand j'ai acheté ma première villa, il y a huit ans. Quand j'ai emménagé dans celle-ci l'an passé, Jane a voulu continuer à travailler pour moi. À vrai dire, continué-je, cela me rassure de confier cette tâche à ma tante, j'ai confiance en elle et elle excelle. Tu verras elle est adorable, elle s'entend toujours bien avec tout le monde et elle est plus jeune que ma mère. Pour être honnête avec toi je pense que dans sa tête elle a toujours trente ans. Elle va t'adorer.

— Est-ce qu'elle sait ? Pour...enfin...

— Non, affirmé-je en la regardant droit dans les yeux, je ne lui ai pas encore dit. J'y ai pensé quelque fois mais j'ai estimé que pour le moment elle n'avait pas à savoir. Mais maintenant que tu es là ... je vais peut-être revoir ce positionnement.

— Je m'en serais doutée.

— Livia je suis désolé, je sais que ce n'est pas ce que nous avions prévu à Paris, je n'avais rien prémédité, je te jure. J'ai dû mettre Jordan au courant parce qu'il est mon avocat, et puisque je l'ai dit à Jo, je devais faire la même chose avec Jamie. Et au-delà de mes frères, il m'était indispensable de ne pas le cacher à mes parents, car comme tu as pu le constater par toi-même, nous sommes très proches de nos parents. C'était finalement inconcevable que je leur annonce mon mariage et mon divorce uniquement quand nous aurions décidé de rendre l'événement pub...

Bravo, Einstein.

Livia recule, son teint vire au blafard sous le coup de mon explication. Merde ! C'était très maladroit de ma part.

— Livia je ne te juge pas, reprends-je avant qu'elle ne se fustige encore. Je te parle de mon vécu à moi, de mon ressenti. Jamais je ne me permettrai de condamner ce que tu fais avec tes parents. Tu as parfaitement le droit de tout taire pour le moment. Je ne voulais pas te mettre mal à l'aise avec ma remarque. Excuse-moi.

—Ok... recule-t-elle encore, troublée. Donc ta tante ne sait pas.

— Non, mais elle risque de se permettre quelques allusions pour te tester, ou de te poser carrément des questions, je préfère être honnête avec toi et que tu t'y attendes. Elle ne se doutera pas que nous sommes mariés mais je suis sûr qu'elle ne croira jamais que tu vis chez moi parce que tu ne veux pas habiter sous le même toit que ta sœur ou tes parents.

— Ok, soupire-t-elle claquée et peu disposée à la discussion.

— Et à ce propos, c'est d'ailleurs la version qu'il nous faudra donner à tous ceux qui ne sont pas dans la confidence : que tu es venue passer quelques jours à Los Angeles pour leurs fiançailles mais qu'après réflexion, tu n'avais pas envie d'envahir ta sœur et Scott et puisque nous nous entendons bien et que nous sommes les témoins de leur mariage, que j'avais des déplacements de prévus, je t'ai proposé de t'installer chez moi.

— Ok.

— Il y a largement la place, tu t'en rendras vite compte. Mais là aussi, tu verras que ça va jaser. Certains de mes amis qui passent régulièrement ne pourront pas se retenir de me chambrer. Enfin puisque le but est de rendre crédible notre situation, ce n'est pas plus mal que quelques personnes de mon entourage constatent par elles-mêmes que tu vis ici.

— Oui, des témoins de moralité non-avertis de la supercherie, grommelle-t-elle. Mais ça peut marcher.

Je remballe une répartie déplaisante pour ses oreilles qui naissait dans ma gorge.

— C'est pour rendre plus crédible notre union. Pas la possibilité que nous soyons un couple, Livia insisté-je afin de dissiper tout possible malentendu dans son esprit empoisonné par son scepticisme sur sa beauté, personne ne doutera de ça mais le fait que nous ayons été mariés, vraiment. Nous en tant que Mari et Femme, ok ? Rendre visite à ma femme en Europe de temps en temps c'était un excellent projet, mais si ma femme vient aux États-Unis, il me paraît normal qu'elle cohabite avec moi

— Ok, oui. Ok... Et pourquoi se poserait-elle des questions ? Nous ne dormirons pas ensemble, pas au même étage, on se croisera à peine...

Oui mais...

— Je n'ai jamais hébergé aucune femme ici, Livia, à part celles de ma famille ou Jess.

Elle m'examine, jugeant de ma sincérité. Tout est vrai.

— D'accord.

— Je veux dire qu'aucune de mes conquêtes n'est jamais venue dans cette maison, ni pour passer dans mon lit, ni pour y dormir, ni pour quoi que ce soit d'autre. Jusqu'à il y a dix mois, j'avais un penthouse en ville...

— Une garçonnière quoi ! me coupe ma femme qui aime que les mots soient bien utilisés et cadrent avec la réalité des faits.

Que tu appelles un chat un chat sans tourner autour du pot.

— Oui, enfin je te l'ai dit Trésor, je ne suis pas, plus, un coureur. Mais effectivement je n'ai pas vraiment eu de relation sérieuse depuis longtemps, donc même avant d'emménager ici, quand je résidais dans un autre quartier, j'utilisais le penthouse.

— C'est bon, ne te justifie pas, tu fais ce que tu veux, ça ne me regarde pas.

Elle agite mollement sa main entre nous pour congédier le sujet. Mais non, je n'ai pas terminé. Si elle est -trop- calme en raison de sa léthargie qui se réinstalle, c'est le moment d'en profiter pour dire ce que j'ai à dire :

— Je tiens beaucoup à ma tranquillité et à ma vie privée. Quand je commence à fréquenter une femme, je ne l'emmène pas ici avant d'être certain que cela soit sérieux au moins de mon côté. Et puisque ça n'a pas été le cas depuis que j'ai emménagé ici, et même avant, Jane va se poser des questions. Légitimes du coup.

—Nous sommes amis, si tu as déjà hébergé des amies...

Il faut lui dire en quelle langue que notre relation n'est en rien comparable ?

— Livia, Trésor, tu n'es pas les autres. Je te l'ai dit. Toi, tu me plais, et mes amies ne sont que des amies.

Elle n'ajoute rien de plus, son regard s'égare encore autour de nous. Je sais qu'elle m'écoute, mais elle est trop épuisée pour avoir un échange poussé. Et quand bien même, elle a un problème avec son physique. Les œillères les plus opaques que je n'ai jamais vues.

—Viens, la prends-je par la main appréciant ce nouveau contact et le courant chaud qui me traverse, je présente Jane et je te laisse tranquille.

— Comme tu veux.

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