62 - Grandes surfaces, surprises et gros doutes. Partie I

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Livia.

— Tiens Baby, ça te va ? C'est plein de vitamines.

Laura me tend une grande assiette bien garnie, une Salade fraicheur : roquette, avocat, crevettes et émincé de tartare de saumon, lamelles juteuses de pamplemousse, mangue et rondelles de citron vert. Trois pitas grillés recouverts de crème grecque agrémentent le tout. Un délice pour mes yeux que mon estomac valide en un grondement peu discret, ce qui fait d'autant plus sourire ma meilleure amie.

— C'est parfait Princesse, mais nous aurions pu aller au supermarché et la faire nous-même. Un traiteur pour commander une salade, c'est un peu too much même pour toi, non ? la taquiné-je pour la faire râler.

Elle me tire la langue, puis les cheveux en passant derrière moi. Je peste pour la forme même si je l'ai bien cherché. J'ai très momentanément mis entre parenthèses mon projet d'éloignement, même si je ne l'oublie pas. Je suis obligée de jongler avec toutes les balles qui m'arrivent entre les mains et ai dû paré au plus urgent.

— Allez Livy, lance Jess qui récupère son assiette puis s'assied en tailleur sur le sofa du pool house, profite un peu du standing et de tes vacances.

Vacances... tu parles !

Bon ok, j'ai dormi pratiquement quarante-huit heures après mon arrivée, ne me levant que pour soulager ma vessie, boire et avaler de quoi ne pas décéder durant mon sommeil. Et cela m'a fait beaucoup de bien, sans recharger à cent pour cent ma jauge d'énergie pour autant. Mais je me sens bien mieux, et ça a demandé un temps de travail non-négligeable à mon corps pour se remettre sur pieds. Je n'ai repris forme humaine qu'hier midi. Ensuite, Jane m'a fait visiter la maison dans la foulée et j'étais à deux doigts de repartir faire une sieste après ça. Cette propriété est gigantesque, bien plus qu'elle ne le laisse penser à première vue de l'extérieur.

Huit chambres, cinq salles de bains et demi -je ne comprendrai jamais les Américains avec leurs calculs- deux vastes bureaux, une salle de cinéma, une salle de sport faramineuse à l'étage inférieur qui donne sur un jardin en contre-bas, dans une restanque. Rien que ça, ça me donnait le tournis. Mais ce n'est pas tout.

En face de la « petite » salle de jeux dédiée à Emmy, une bien plus grande et faite pour les adultes, digne d'un pub anglais mixé avec un bowling. Double-billard, canapés et fauteuils club immenses, deux écrans plats géants sur deux murs face à face, un baby-foot, plusieurs consoles de jeux et trois flippers. Rien ne manque pour que de grands-enfants passent de bons moments. J'en suis encore scotchée rien que d'y repenser !

La villa abrite également une cave à vin ainsi que deux pièces entièrement équipées et dédiées aux soins : hammam, sauna, jacuzzi, douche à l'eucalyptus. Si avec ça Hayden n'est pas touché par la zen attitude, je ne sais pas ce qu'il lui faut. Il suffirait d'un supermarché au fond du jardin, et plus besoin de sortir d'ici.

Les chiffres m'ont fait tourner la tête autant que la vue des pièces que j'ai presque toutes visitées. Près de huit cents mètres carrés de surface habitable, soit neuf fois plus grand que ma petite maison. Les terrasses et patios, spectaculaires de beauté et d'ergonomie, m'ont laissée sans voix. Quant au jardin de plus d'un hectare, il a été aménagé en plusieurs zones distinctes. L'allée et entrée avec les stationnements à l'arrière, au nord, ainsi que ce qu'ils appellent ici « la dépendance ». Nous n'avons absolument pas la même définition du terme chez moi.

Ici, côté sud, une piscine toute en longueur nous fait de l'œil, le pool house d'été bioclimatique est accolé à celui d'hiver dont trois des murs sont sur rails pour être ouverts ou fermés, et un terrain de tennis au fond attend sagement d'être utilisé. Ce n'est pas dans mon programme du jour, mais j'irai taper deux ou trois balles avec Laura et Scott avant mon retour à la maison. Mais ce qu'implique mon départ me demandant trop d'énergie cérébrale, à la limite du débordement de la charge mentale je me laisse encore quelques jours pour réfléchir à ce que je vais faire. Comment gérer cette péripétie sans m'handicaper pour la suite.

On ne peut pas dire qu'Hayden manque de place, ici.

Quand j'ai questionné Jane à propos du pourquoi son neveu avait besoin d'une aussi spacieuse propriété pour lui tout seul, elle m'a répondu en riant qu'hormis le fait qu'ici, aux États-Unis, ils nagent dans la culture du « très grand », Hayden est très famille et voulait de la place pour recevoir et loger tout le monde. Elle m'a également glissé, l'air de rien, avec une belle affection notable dans les yeux, que même s'il reste parfois un grand gamin qui n'est jamais le dernier pour s'amuser, il est rentré, depuis quelques années, dans une phase de sa vie où il a besoin de pouvoir se retrouver loin du tumulte hollywoodien qu'il recherchait avant. Il veut être au calme et à l'abri des regards indiscrets. « Ici, c'est son havre à lui » a-t-elle conclu la très amicale quinquagénaire, qui n'en parait vraiment pas tant.

Il y a vraiment un gène particulier dans cette famille...

Nul doute qu'il a de quoi loger son quartier, c'est carrément un hôtel ici ! Pour ce qui est de ses envies de quiétude, oui, c'est totalement un paramètre que je peux comprendre. Et au vu de la hauteur des murs et de la dense végétation qui encadre le domaine, il est évident qu'il doit être difficile de l'espionner.

Pour en revenir à mon présent, des vacances, pas tout à fait. J'ai passé mon mardi après-midi à finaliser un dossier puis je suis allée dîner chez Les Parents, avec Laura. Kate était de garde et Joshua chez son frère. Laura avait -ô mon Dieu- tenu sa langue de concierge, et simplement averti qu'elle viendrait diner avec une amie. Rien d'inhabituel ici.

Je ferme les yeux et revois la stupéfaction de Doug lorsqu'il nous a ouvert la porte. Nous avions volontairement sonné au lieu d'entrer pour accentuer l'effet de surprise, en bonnes chipies que nous pouvons être quand nous combinons nos cerveaux malgré nos âges. Gagné. La tête de Paps valait amplement le déplacement.

Ça c'est sûr, ils ne s'attendaient pas à toi.

Ni au reste.

***

La veille.

La porte s'ouvre sur Doug, son tablier noir I'm the Chef Cuisto parfaitement en place sur ses hanches et noué autour de son coup. C'est donc Paps qui s'est collé aux fourneaux.

— Oh ma fille ! Ava ! Les filles sont là !

Sa phrase n'est pas encore terminée que je suis déjà dans ses bras, blottie contre lui. J'inspire son odeur, mon shot de bien-être. Un parfum de bons petits plats maison s'infiltre par mes narines, quelques visions de nous cuisinant ensemble se frayent un chemin de choix dans ma tête et mon cœur me faisant louper une inspiration utile, puis de mon père et moi lorsque j'étais enfant. Je congédie le nœud dans ma gorge et ma nostalgie pour ne garder que lui : il m'a manqué.

— Bonjour Paps.

Je suis toujours émue de les voir, je les aime tellement mais il m'est trop difficile de le leur dire simplement. J'aimerais les aimer moins, ce serait plus simple. Mais ils sont mes parents. Pourtant, je reste éloignée d'eux depuis bientôt neuf ans. Ils ont tout fait pour moi. Ils ont sauté dans un avion dès que Mona les a prévenus pour l'accident. Ils ont lâché leurs boulots, toutes leurs obligations en un claquement de doigts. Ils ont débarqué en France, ont géré les obsèques, payé les frais sans rien demander en retour, se sont occupés des démarches pour la maison, ont veillé à la succession.

Moi, j'étais trop jeune, trop perdue, trop détruite. En ruines. Traumatisée et abandonnée. Ma vie s'est achevée ce jour-là. Quelque part, je suis morte aussi. La Livia que j'avais été durant quinze ans est partie ce soir-là. Je me suis réveillée d'une nuit cauchemardesque qui elle ne m'a plus jamais quittée. Il m'a fallu trois semaines pour cesser de hurler le martyr à chaque fois que j'ouvrais les yeux, que la réalité me broyait. Un mois de plus pour commencer à accepter l'inacceptable : l'absence. L'irrémédiable. La définitive.

Ils m'ont ramenée avec eux, un gros bagage très abimé. J'ai repris ma scolarité ici, à Los Angeles. Ava, Doug et Mona ont eu raison de me faire quitter la France à ce moment-là : je n'aurais pas pu retrouver mes amis, mes camarades de classe, mon lycée, pas si vite. Ils m'ont manqué évidemment, surtout Ely, mon ami d'enfance, mais il m'écrivait, m'envoyait des vidéos de lui.

J'ai débarqué loin de l'horreur, mais rien n'était plus comme avant. Je ne pouvais plus être comme avant. Avant avait été enterré, j'étais l'âme esseulée entre deux mondes, ni morte mais plus vivante. Je ne voulais plus vivre, mais je n'avais pas le choix. Alors j'ai avancé chaque jour. Je me suis levée chaque matin, couchée chaque soir, ainsi de suite, au rythme du temps.

Un soir, alors que l'année scolaire touchait lentement à sa fin, j'ai eu un électrochoc violent sur mon comportement envers cette famille que j'avais tenté de repousser, et les conséquences non-réfléchies : Laura était prête à renoncer à Harvard pour rester avec moi. L'entendre en parler avec ses parents après un dîner dans la cuisine alors qu'ils me pensaient dans ma chambre, ça m'a coupé les membres, puis réveillée totalement.

J'étais déjà responsable d'une immense perte, je ne pouvais pas aussi briser les aspirations de ma meilleure amie. Pas elle, jamais. J'étais de nouveau le problème, celui qui freine.

L'amour fait mal. J'avais payé le prix d'un trop grand amour, trop fusionnel. Je le payais encore mais il me paraissait pourtant bien bas au regard du reste. Hors de question que Laura gâche aussi sa vie à cause de moi, de notre amitié, de nos liens.

J'ai compris à ce moment-là à quel point l'amour n'était pas juste un beau sentiment, le but d'une vie. Dans la mienne, dans ma deuxième existence, il serait mon indélébile fardeau. J'aimais déjà Laura, et je n'ai rien pu faire contre mes sentiments pour Kate, Doug, et Ava. Mona, c'est bien au-delà des mots. Il en va de même pour tous les gens adorables qui m'avaient ouvert les bras ici, même si je ne m'étais jamais montré aussi reconnaissante que je l'aurais dû, avant même que je ne sois adoptée. Alors, j'ai décidé qu'il était temps de jouer un rôle sur le long terme : Livia 2.0 allait rentrer en scène.

Je me suis montrée sous un nouveau jour, clamant qu'il était temps de remonter vers la lumière, de sortir, d'être une adolescente presque comme les autres au regard de mon expérience. Cela a fonctionné. Laura a préparé son départ pour le Massachussetts et j'ai passé trois mois à leur montrer que j'allais mieux, et j'ai même entamé une thérapie. Le tout était de ne plus craquer devant eux et de réussir à gérer mes crises, ce que les conseils avisés de ma psy m'ont permis de faire dans une certaine mesure, aidant grandement mon projet qui entamait sa marche.

Ensuite, j'ai demandé à rentrer en Provence. Cela n'a pas été facile, je n'avais pas encore dix-sept ans, mais avec Mona rentrée chez elle, mon nouveau « bien être émotionnel » et l'envie -non, le besoin- d'avoir mon baccalauréat en France pour pouvoir m'inscrire plus facilement en études supérieure là-bas, j'ai obtenu gain de cause.

Doug et Ava m'ont acheté un petit appartement, un T2 à deux pas du lycée et quelques minutes de chez Mona qui passait me voir tous les jours quand elle n'était pas en vadrouille quelque-part, sa thérapie à elle. Mais et il y avait des règles, j'étais constamment en période d'essai révocable à tout moment.

Des notes convenables, ce qui n'a jamais été un problème. Interdiction de faire venir un ou des amis de sexe masculin avant au moins le printemps de ma terminale en dehors de la présence de Mona, des parents, ou de mes sœurs quand elles venaient me rendre visite. Comme si je ne pouvais avoir des rapports que chez moi, mais passons, puisque je n'ai pas été précoce de ce côté-là. Même Eliott a dû se cantonner à cette règle.

Pas de sortie les soirs de semaine. Couvre-feu à vingt-trois heures trente les vendredis et une heure du matin les samedis. Obligation de les prévenir -eux et Mona- si je sortais après les cours, et un texto quand je rentrais. Avec le décalage horaire de neuf heures, ils pouvaient ainsi me téléphoner illico.

Obligation de rentrer à L.A pour Noël et pour les évènements familiaux jusqu'à au moins mes trente-cinq ans.

Non, ce n'est pas une blague.

Oui, même à distance, ils ont joué leur rôle de parents. Mais j'ai réussi à les éloigner ou presque, car Laura, elle, a toujours eu de la suite dans les idées. Il n'y a qu'à voir où j'en suis aujourd'hui.

— Livia ? Oh mon Dieu mon bébé tu es là !

Voilà comment arrive un câlin à trois...

— Mais depuis quand es-tu là enfin ? Pourquoi tu ne nous as rien dit ? Tu étais chez ta sœur ? Tu repars quand ? Tu...

La migraine me salue en grandes pompes.

— Mams, peut-on rentrer et en discuter ? Et manger ? J'ai faim et ça sent divinement bon vers ta cuisine...

Je suis un nez sur pattes, oui.

Un ventre, surtout, un ventre Livia.

— Oui oui ma chérie, réplique Doug en me faisant rentrer après avoir embrassé son autre fille.

Jusqu'à la salle à manger, Laura ne lâche pas ma main. Prévisible...

Une fois à table, le poulet rôti n'attendant plus que moi, les plats de pommes de terre et de haricots verts posés au centre et la prière dite par Doug - non, ce n'est pas une blague, vous comprenez mon angoisse ?- Ava repart dans l'inquisition :

— Alors Livia. Raconte-nous. Je suis heureuse, bien que surprise que tu aies changé d'avis depuis jeudi soir ma chérie, j'avais réellement peur que tu ne viennes pas, mais je n'ai même pas eu le temps de t'envoyer un billet ! Il faut que tu me dises combien tu as payé Livy...

Elle me gronde, le regard sévère. Je la coupe en levant les yeux vers le grand lustre en Crystal.

— Mams, c'est bon ne t'inquiète pas. Je ne dormirai pas sous les ponts en rentrant chez moi.

Punaise si elle savait pourquoi j'ai changé d'avis, elle en ferait une syncope. C'est pour cette raison que je ne dirai rien à personne. Et je ne parle même pas de Doug, ni de la blonde arapède à ma gauche. Pour l'instant, je peux tout gérer seule.

Jusqu'à quand ?

— Ta mère a raison Livia, il n'est pas question que tu te prives de quoi que ce soit parce que tu as eu à faire un trajet imprévu dans ton budget. Ou alors...

— Paps, non.

— Sujet clos Livia ! grince soudain Doug. Ta mère te fera un virement demain matin.

Laura ne dit rien, jamais là pour prendre ma défense au bon moment celle-là, mais pour jouer à la poule collante pour rien, là en revanche il y a du monde. D'ailleurs ça me fait penser que j'ai un compte à régler à propos d'une certaine petite robe noire style patineuse que je lui avais formellement interdit de m'acheter à Paris et qui s'est miraculeusement retrouvée dans le dressing de la chambre d'amis que j'occupe chez Hayden.

Cette femme porte sur elle un parfum de culpabilité et de traitrise. Une fragrance que seule Laura McAlleigh pouvait inventer pour me faire tourner en bourrique comme une girouette en plein mistral.

Une robe sublimissime Livia.

C'est vrai, mais ce n'est pas le problème, j'avais dit non.

Note à moi-même : me défouler.

— Donc ma chérie, reprend Doug entre deux bouchées mais un sourcil levé, tu n'as pas répondu à ta mère.

— Oui, excuse-moi. Je suis arrivée dimanche après-midi et...

Ava lâche sa fourchette. Le tintement strident nous fait tous nous figer.

— Dimanche ! Mais qu'est-ce que tu as fait de plus important depuis dimanche que de venir rendre visite à tes vieux parents Livy ?

— Tout d'abord, vous n'êtes pas vieux à soixante ans. Ensuite, j'ai dormi jusqu'à hier midi, j'étais crevée. Et l'après-midi j'avais du travail que j'aurais dû rendre ce matin au boulot.

— Oh, d'accord mon bébé, nous comprenons. Mais je suis franchement très étonnée que ta sœur soit parvenue à ne rien dire, énonce sa mère en la scrutant à mi-agacée mi-rieuse. Et d'autant plus que tu sois allée t'installer chez elle plutôt qu'ici Livia.

À ces mots, Laura recrache l'eau qu'elle avait en bouche pour ne pas s'étouffer avec. Putain, elle ne sait vraiment pas jouer la comédie, elle ! Scott ferait mieux de lui apprendre deux-trois trucs, ça peut toujours servir.

Tout le monde n'a pas tes talents théâtraux.

— Ok stop ! aboie Doug en reposant ses couverts.

Il s'essuie la bouche du coin de sa serviette en tissu bleu marine assortie à la nappe, puis nous considère gravement Laura et moi. Je connais ce regard, je l'interprète, étendant même ses réflexions profondes. Là, il va prendre son ton solennel, celui dont il use pour appuyer ses soupçons, celui qui fut souvent la clé de révélations dans la bouche de ma meilleure amie la bavarde. Non pas qu'il lui en faille beaucoup pour lâcher le morceau d'habitude, mais face à son père, c'est une toute autre paire de manches. Il s'adresse à moi en premier, avec l'espoir d'obtenir du premier coup les informations qu'il veut :

— Livia, tu n'es quand même pas allée à l'hôtel au lieu de venir dormir chez toi n'est-ce pas ? Je sais que tu tiens à ton indépendance, mais il y quand même des limites à ce qu'un père peut supporter, ma fille.

— Rassure toi papa ! Livy n'est pas à l'hôtel, non. Nous avons trouvé une solution qui lui a convenu, me soutient-elle cette fois – Alléluia ! Merci Seigneur, même si je ne suis pas croyante. Tu connais Livy, elle avait peur de nous déranger Scott et moi et elle aime vivre sans nous, la chipie continue-t-elle avec un clin d'œil à mon attention.

Sale garce tu vas me le payer, me crié-je.

Au moins, elle ne dit pas que l'hôtel était mon premier plan puis venir ici ensuite. Cela soulèverait une horde de questions à laquelle je n'ai pas du tout envie de répondre. À trop remonter le fil, on finit par tout découvrir. Pour le moment, je préfère gérer ce qui doit l'être immédiatement. Mon divorce viendra ensuite. Très bientôt, et même si j'ai hâte de me défaire de cette formalité, j'ai très peur de la réaction de Doug et Ava face à ma connerie monumentale. Le mariage est sacré pour eux même s'ils sont très ouverts. Mais cette institution, c'est du sérieux. Moi, je l'ai totalement tourné en farce.

Ava me fixe et essaie de trouver la solution à l'énigme que représente la déclaration de Laura.

— Vous déranger dans une villa de cinq cents mètres carrés ? Dites-moi les filles, où est la caméra cachée ?

Contrariée, elle fait mine de chercher les petits objets dans sa salle à manger. Ça sent le roussi, pour ne pas dire le cramé pour nous deux. Je me sens mal de devoir encore déformer la vérité, mais je n'imagine absolument pas expier mon pécher entre le plat et le dessert. Pas ainsi. Pas maintenant. Pas comme ça. Pas sans avoir discuté au préalable avec Hayden de ce que je veux bien qu'ils sachent ou pas.

Je me pince les lèvres, prenant une seconde avant de la regarder dans les yeux, mais Laura me coupe l'herbe sous le pied :

— Maman, c'est la stricte vérité. Livy est là, c'est tout ce qui compte non ?

— Évidemment, mais en ce cas où vis-tu mon bébé ?

Oh oh...

Tout va bien se passer.

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