48 - Jeu de mains.

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Hayden.

— Est-ce que j'ai le droit de te toucher H ? murmure Livia à mon oreille.

     Le peu de neurones encore à même de fonctionner dans mon cerveau sont sur le point de griller. Livia pensait pouvoir éteindre mon feu en me mettant dans cette douche, mais c'est tout le contraire qui se joue ici. L'embrasser, sentir son petit corps chargé d'envie contre le mien avec moins de tissu que tout à l'heure pour entraver nos chaleurs corporelles respectives, même sous le jet de plus glacé de la Terre, ça n'aurait pas pu interrompre ma ferveur. Elle n'a fait que m'attiser plus encore, pousser mon besoin de la faire mienne plus loin.

     La lave du désir qui coule dans mes veines est bien trop frénétique pour être éteinte. Alors là, si elle commence à sillonner mon corps, je vais avoir du mal à garder mon self-control déjà bien bancal. Mon esprit pervers scénarise tellement de films que je m'y perds. J'ai une furieuse envie de la toucher alors j'inspire profondément pour brider ma pulsion ravageuse.

— Livia, il faut que tu sortes, je ne vais plus pouvoir me contrôler là, avoué-je en embrassant ses tempes.
— Est-ce que tu es dans cet état à cause de moi ?

La faute à qui sinon ?

     Évidemment que c'est elle qui me rend fou ! Il lui faut quoi de plus pour le comprendre ?

— Il me semblait que c'était plutôt évident Trésor.
— Alors est-ce que oui ou non Hero, je peux te toucher ?

     Ses doigts patientent à la lisière de mon boxer, me donnant une indication plus précise de ce qu'elle me propose. C'est ça qu'elle veut dire par toucher ?

C'est Noël ? Notre anniversaire ? Les deux ?

— Oui Livia, tu peux.

     Je me contiens de hurler de joie. Bordel oui, elle peut faire ce qu'elle veut de moi ! Être ici avec elle est plus que je ne l'aurais espéré.

— D'accord... souffle-t-elle voluptueusement.

      Livia saisit les pans de mon sous-vêtement et le fait glisser le long de mes jambes, dont l'épiderme crépite même sous ce simulacre de caresse. Mon torse se soulève plus mollement, mes poumons ne sachant plus comment réagir, ni fonctionner. Celle femme me rend fou.

      Nom de Dieu, être dans le noir et ne pas la voir rend l'expérience encore plus excitante, même si j'aimerais pouvoir la regarder. Mais peut-être serait-elle moins entreprenante si la lumière était allumée. Je veux bien prendre tout ce qu'elle me donne, même une miette. De toute manière, je n'aurais jamais pu sortir de cette douche sans évacuer ma tension à son paroxysme ; avec ou sans elle. Je m'astreins à un calme qui me sidère moi-même. En temps normal, avec une autre, j'aurais pris les chose en main. Mais pas avec elle. Pas quand je sens qu'il y a des blocages sur lesquels on va devoir travailler.

      Livia parait chercher quelque chose dans la cabine et je comprends quoi quand ses mains se reposent sur moi et s'emploient à me savonner. Le torse d'abord, lentement, minutieusement comme si elle voulait apprendre à connaître mon corps du bout des doigts, puis mes épaules, sur lesquelles elle exerce une délicieuse pression. Mon corps tout entier est tendu, en recherche du sien.

     Chaque caresse qu'elle m'octroie fait monter ma température d'un cran supplémentaire. L'eau est chaude à présent, mais de longs frissons me parcourent et m'électrisent s'attardant sur ma colonne et mes reins. Elle prend ensuite d'assaut mes biceps, puis mes avant-bras. Je bascule la tête en arrière contre la paroi tiède qui me soutient et sens ses douces lèvres se poser délicatement dans mon cou. Je lâche un soupire incontrôlé, qui la fait rire. Elle m'embrasse, me goûte, me mordille aussi, créant des vagues de crépitements jusqu'à mon sexe tendu.

     Ses paumes longent mon bas-ventre jusqu'à descendre sensuellement sur mes cuisses en appliquant des gestes circulaires. Ma queue m'envoie des signaux presque douloureux, la tension en moi ne pourrait être plus élevée. Je me crispe et prie le Seigneur de m'accorder du temps avant de rejoindre le septième ciel.

      Livia ne me caresse toujours pas , mais je suis certain que si elle continue ainsi, je vais éjaculer. Je balance machinalement mon bassin pour l'inciter à plus. Alors quand enfin l'une de ses mains se pose sur mon membre érigé pour elle, à cause d'elle, je sens une onde de plaisir me submerger. Elle prend immédiatement une cadence qui me fait gémir.

— Putain, sifflé-je à mi-chemin entre le supplice et la délivrance, avant que mon cerveau ne se mette en veille.
— Ah oui quand même, murmure-t-elle sûrement plus pour elle que pour moi.

      Mais ma vanité est ravie.

Au comble du bonheur vieux.

     Livia m'empoigne plus fermement faisant glisser son pouce sur ma verge plusieurs fois et monter la fièvre qui ne me quitte pas. N'y tenant plus, je lui soulève le menton et revendique sauvagement ses lèvres, toute retenue m'ayant abandonné au moment où elle a frôlé mon pénis.

      Elle ne relâche pas sa prise. Au contraire, ses mouvements se font plus amples mais sans être brusques. Sa deuxième main vient en renfort, choyant mes testicules, les massant avec douceur. Je sens que je ne suis pas loin, le plaisir gronde au creux de mes reins et c'est tellement bon que je ne pense pas réussir à le contenir bien longtemps. Mes chaînes s'érodent en même temps que les secondes s'égrènent. De mes deux mains, je m'approprie ses fesses que je malaxe. Livia gémit alors que je dévore sa bouche. J'avale ses petits cris de plaisir qui me font bander à mort.

     Putain elle a l'air tellement réactive, je n'ose même pas imaginer les sons qu'elle produirait si je pouvais la toucher où je le veux, moi aussi. Partout, en somme, sans oublier une seule parcelle de son anatomie.

— Livia c'est ... commencé-je, haletant.

     Je suis incapable de terminer ma phrase, m'élevant vers une fervente euphorie jouissive dont Livia trace le chemin pour moi. J'essaie de rester concentré au milieu de mes inspirations de plus en plus désordonnées, de faire durer le plaisir mais surtout de faire tirer ce moment merveilleux avec ma compagne le plus longtemps possible. Je n'ai même pas besoin de lui donner d'indications sur l'intensité de ses caresses, de lui dire ce que j'aime, c'est juste parfait. Pas sûr que mes propre mains me branleraient aussi bien.

     Une de ses paumes qu'elle garde ouverte je pense, vient frotter ma verge rapidement par le dessous, puis se referme toute entière m'encerclant totalement le gland qui palpite par saccade. Elle le masse circulairement dans un mouvement de poignet d'une fluidité ahurissante. L'autre continue de me masturber. La mousse qui a lubrifié toute ma longueur lui permet de faire coulisser sa petite main sur ma queue sans aucun problème. J'ai l'impression qu'elle est partout. C'est le cas, je la sens partout sur mes parties, mais le reste n'existe plus. Mes jambes commencent à trembler, signe que je vais atteindre le Nirvana.

     Putain comment elle fait ça ?

— Tu me rends fou Livia.

     Mes paroles sont à peine audibles. En petite insolente qu'elle est, elle me glisse à son tour :

— Pas suffisamment apparemment Hero...

     Mon prénom roulant ainsi sur sa langue fait basculer quelque chose en moi. Je ne suis plus capable de me maîtriser, je deviens dingue avec un D majuscule. Un courant me transperce et me paralyse. Ma queue gonfle encore et se contracte. Livia doit le sentir car au moment où je rallie mon point de non-retour, elle s'empare de l'un de mes tétons entre ses dents , déclenchant ainsi un orgasme phénoménalement démentiel en moi.

— Putain Livia ... Non de Di ...

     Je jouis dans un long râle qui me cloue la gorge, la tête totalement rejetée en arrière, les mains de Livia m'enserrant toujours mais ses mouvements devenus plus lents pour accompagner mon orgasme.

     Je me répands en plusieurs saccades sur ses mains, son ventre et mon t-shirt que j'avais remonté pour pouvoir toucher sa peau.

     Les soubresauts de mon membre taris, Livia le libère de sa prise et se sépare de moi. J'entends le bruit de quelque chose qui tombe sur le sol carrelé de la douche, j'imagine qu'elle s'est débarrassée du t-shirt macculé. Pantelant et le souffle court, adossé contre la paroi, je tente difficilement de reprendre mes esprits, et une respiration plus régulière.

— Hayden ?
— Oui Trésor, ça va. J'ai juste besoin d'une minute pour me remettre de mes émotions. Viens par-là, lui dis-je en la ramenant à mes lèvres.

      Elle crochète ma nuque, je cadenace ses hanches courbées pour la plaquer contre mon bassin. Effectivement, elle a retiré le t-shirt. Sa poitrine ronde est engoncée dans de la dentelle contre ma peau.

— Livia, c'était ... absolument fabuleux, je t'assure. Je t'en dois donc un.

      Je soude nos lèvres comme si ma vie en dépendait, laissant ma langue lui dire de ce que je ne verbalise pas. Ma reconnaissance qu'elle me fasse assez confiance pour desserrer ses brides, et plus encore, l'intimité qu'elle nous accorde.

   Mon sexe retrouve sa vigueur en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, poussé par ses plaintes lascives. Livia me sent gonfler contre son ventre se fige et geint entre deux baisers, surprise :

— Oh non Hayden comment c'est possible ?
— Je te l'ai dit Livia, tu es une femme magnifique, splendide, et je n'ai pas besoin de voir ton corps nu ou à demi-nu pour être déjà totalement attiré par toi.

     Et envoûté

     Une sonnerie se fait entendre dans la chambre, coupant notre étreinte bouillante. Mon portable Merde ! Jamie !

     Quelle heure peut-il bien être ?

— Fait chier !
— Qu'est-ce qu'il y a H ?
— Je ne sais pas quelle heure il est mais c'est la sonnerie attribuée à Jordan, donc il ne va pas tarder à débarquer avec Nick et tous les autres. Et je devais te demander quelque chose aussi, mais il n'y a aucune obligation Trésor, d'accord ? C'est à toi de décider, lui dis-je en déposant un baiser sur son front.
— Quoi Miller ? se met-elle sur la défensive.
— Jordan t'a parlé de Jamie n'est-ce pas ?
— Ouiii... plisse-t-elle les yeux, perplexe. Et même sans m'en parler, je sais qui est Jamie Miller, quand même ! Tu me prends pour qui ?
— Jordan et moi comptions aller lui rendre visite. Nous, et...tous les autres.
— Ok.

      C'est une fille intelligente, très intelligente aux dires de sa sœur qui m'a expliqué qu'elle a sauté une classe au collège et a toujours eu un an d'avance au moins sur les autres élèves. Donc je sais pertinemment qu'elle a compris où je veux en venir.

— Tu n'es pas obligée Livia, si tu ne veux pas venir avec nous, je comprendrais tout à fait, je te l'ai dit, aucune obligation.
— Il sait ? N'est-ce pas ?
— Oui, je suis navré je sais que...

      Elle me coupe en plaçant deux doigts sur mes lèvres.

— Il n'y a pas de problème Hayden, enonce-t-elle à voix basse, il aurait bien fallu lui annoncer aussi et cinq semaines sont déjà passées. Tu l'as dit à Jordan, je comprends que tu l'aies dit à ton autre frère.

     Je l'observe, cherchant le moindre signe d'une angoise. D'un malaise. Non. Pas de crise de colère non plus, elle est calme et le prend bien. Et je ne sais tout de même pas si je dois m'en réjouir ou m'en inquiéter. Laura m'a l'air la plus inquiète des deux finalement. Livia est une jeune femme réfléchit, mâture qui s'assume toute seule et sans personne.
Elle est parfaite.

— Tu viens avec nous ?
— Je ne sais pas Hero, c'est... étrange comme situation non ? me demande-t-elle. Rencontrer ta famille dans cette situation c'est vraiment... Je... je suis désolée, ce n'est pas contre toi, mais je ne veux pas qu'ils pensent que tu leur présentes ton épouse, tu comprends ? Je suis juste la meilleure amie de Laura, moi ! Un jour tu leur présenteras ta femme, la vraie, celle que tu auras choisi. Enfin essaie de le faire avant de te marier la prochaine fois plaisante-t-elle, mais moi, je ne suis pas cette personne.

     Elle recule, secoue prestement son visage pour appuyer sa négation.

     Pourquoi ai-je l'impression que je viens de me prendre un super uppercut dans le plexus ? Je m'avance et l'enlace. Je sens qu'elle se raidit puis qu'un tremblement la traverse, et je ne suis pas persuadé que ça ne soit que de froid. Le doute me tord le ventre.

— Je veux dire... qui s'attendent-ils à rencontrer si je viens avec toi ? La sœur de Laura, ou la fille avec qui tu t'es marié par erreur à Vegas ?

      Ok. angoisse droit devant. Je ferme le plafonnier d'eau qui coulait toujours et me lance le plus sincèrement possible :

— Trésor, pour être honnête avec toi, je pense qu'ils s'attendent à rencontrer les deux. La jeune femme que j'ai épousée à Vegas, et la sœur de la femme de Scott. Mais ces deux femmes Livia, elles ne font qu'une, c'est toi, et il faut que tu l'acceptes. Je comprends que la situation soit étrange, elle l'est pour moi aussi, crois-moi, mais je t'ai dit cette nuit, ici, à Paris ou à L.A, tu es ma femme, nous sommes mariés et je suis ton mari, que tu le veuilles ou non.
— Mais...
— Cet état de fait perdurera jusqu'au divorce. Tu peux refuser l'étiquette car de ce que j'ai compris, tu n'aimes pas les étiquettes, et je peux l'accepter. Nous ne sommes pas dans un mariage...hésité-je, conventionnel et nous ne sommes pas en couple non-plus. Pour nous du moins. Mais on ne pourra jamais contraindre les autres à penser comme nous, Livia. Personne ne comprend mieux que nous deux ce que nous vivons, ok ?

Je scrute sa réaction. Elle reste aussi immobile que muette.

— Qu'il y ait une intimité entre nous ou pas, nous seuls comprenons ce voyage atypique que nous vivons ensemble. Donc forcément, quoi que nous expliquions à nos proches, à ceux à qui nous dirons la vérité, ils nous verront quand même comme mari et femme. Tu peux refuser de me considérer comme ton mari, refuser que je t'appelle ma femme, ce qui ne m'empêchera pas de le faire si j'en ai envie sois en sûre, la préviens-je, mais c'est ce que tu es Livia. Pas de manière conventionnelle et traditionnelle certes, mais tu l'es.
— Non.
— Si. Et n'y vois aucune marque de possession de ma part Trésor, tu ne m'appartiens pas pour autant. Tu restes libre de tes faits et gestes. Mais ça, c'est la manière dont nous, nous avons défini notre mariage, mais également notre relation tout entière. Sans entrave. Notre divorce ne marquera pas la fin de notre amitié. Notre alchimie et notre attirance mutuelle n'ont rien à voir avec notre mariage ok ? Ne mélange pas tout.

      J'espère que cette fois, c'est clair.

— Tu n'as pas tort, admet-elle. Je suis d'accord.
— Donc ?

      J'entends de nouveau mon téléphone sonner.

— Ok, je viens.
— Bien. Je finis de me doucher, et je te laisse ton intimité. Je rallumerai la lumière en sortant ok ?
— Merci, souffle-t-elle contre mon torse.
— De quoi Trésor ?
— De tout Hayden.

      Elle dépose un baiser sur mon torse, puis je perçois malgré l'obscurité qu'elle se débarrasse aussi du jogging trempé. Je me dépêche de finir de me rincer avant que mon érection ne reprenne du service une troisième fois... priant pour que la prochaine fois, elle m'accorde encore plus.

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