51 - S'éloigner. Partie I

15 minutes de lecture

Livia.

     Ma montre indique vingt heures trente-trois lorsque nous sortons de table.

     Je me dis que le calvaire touche bientôt à sa fin, et que je vais enfin pouvoir souffler en peu. Bon, calvaire, c'est peut-être un peu fort. Tout le monde est adorable, et une fois éclairés sur mon histoire, ou ce qu'ils étaient en droit de savoir, les conversations n'ont plus tourné autour de ça. C'était un mauvais moment à passer et j'apprécie qu'aucun de leurs regards ne se soit voilé de pitié. Je n'ai pas besoin de ça.

     Zoey est très sympa, pleine d'humour, mais surtout une super Maman Warrior qui déborde de courage. Elle consacre presque l'intégralité son temps à sa fille, court entre l'école, les rendez-médicaux, les séances de rééducation verbale quotidiennes, sans compter toutes les activités extrascolaires que font les petites filles de cinq ans. Elle nous a raconté, à Laura et moi, que Jamie et elle parlent de la possibilité d'avoir un deuxième enfant tant qu'ils le peuvent encore, avant que cela ne devienne dangereux pour elle qui a déjà trente-six ans. Il est vrai que le terme «grossesse gériatrique» ne fait pas du tout rêver. Grossesse tout court me file personnellement des sueurs froides, mais cela n'engage que moi.

     Je sais que ma meilleure amie veut attendre encore avant de fonder une famille, mais je vois bien avec quels yeux elle regarde Emmy. Je suis convaincue qu'elle se retrouvera en cloque bien avant l'âge qu'elle s'est fixée. En même temps, quand on a une activité sexuelle aussi intense que la sienne, le risque zéro n'existe pas ou plus, non ?

     Depuis le récit de notre histoire commune, je ne cesse de me repasser en boucle son laïus concernant son affection -trop- profonde pour moi. Nos sentiments réciproques. Evidemment j'aime Laura, bien plus que je ne me le suis toujours autorisé pourtant. Mais en ce qui la concerne, j'ai ressenti le même déchirement en l'entendant parler ce soir qu'à la lecture de son mail.

     Je persiste et signe : c'est destructeur. Nous devons prendre nos distances. Elle doit se concentrer sur son mariage tout beau tout neuf avec l'homme de sa vie et arrêter de se faire des cheveux blancs pour moi à tout bout de champ. Il faut qu'elle avance, qu'elle se détache du passé pour regarder l'avenir.

     Elle a une merveilleuse vie à vivre avec son mari, une belle carrière devant elle. Tout ce dont elle a toujours rêvé est à portée de ses doigts. Je ne veux pas être une feuille morte qui l'empêche de saisir son rêve. Je refuse d'être le grain de sable dans le rouage de son bonheur.

     Donc, elle ne va pas pouvoir continuer aussi régulièrement à venir en Europe, en plus de ses voyages occasionnels pour le boulot au cabinet parisien de Paps. Pour me voir. Elle devra se contenter de Paris, c'est décidé. Les week-ends à droite à gauche, ce n'est plus possible. Reste plus qu'à trouver comment mettre en place ma résolution. Bien entendu, elle pourrait garder ce rythme, il ne s'agit pas d'une impossibilité d'agenda. Je suis persuadée qu'elle n'a même pas envisagé un instant de réduire ses déplacements, la preuve en est : elle est là, à Londres, malgré mon silence radio long de trois semaines. Elle a quand même fait le déplacement au cas où je me déciderais à la rejoindre ici. Ce que nous avions prévu avant mon excursion cauchemardesque à Vegas.

    Ce que j'ai fait sur un coup de tête, pour venir lui parler, dédramatiser la situation et tenter d'apaiser son sentiment de culpabilité. Je ne veux pas que ma meilleure amie se sente coupable. En buvant de l'alcool, sciemment, j'ai scellé moi-même mon destin déjà bien pourri. C'est ma responsabilité, pas la sienne. Et me voici donc. Mais c'est la der.

      Ce n'est plus possible, parce qu'elle doit comprendre que sa vie, c'est Scott ; pas moi.

Tu reprendras bien une petite dose d'illusions Livia ?

     Mais à voir Laura heureuse -et je ne souhaite pas qu'il en soit autrement- et collante, surtout, je n'ai pas du tout l'impression que nous soyons en phase d'éloignement. Pas elle du moins. Il va falloir remédier à cela. Vite.

     Si cela me touche au plus profond de mon être d'entendre Laura crier au monde ses sentiments pour moi, ça me déchire aussi intensément. L'amour est destructeur. Aimer trop c'est mourir vite et dans une douleur sans pareille, sans commune mesure. L'amour est une maladie qui tue, un mal polymorphe, et quand on aime trop, on devient dangereux autant que ce sentiment peut nous gâcher la vie. Laura m'aime, et elle s'empêche de vivre pleinement.

     Pour ma part, je suis déjà morte d'amour, plusieurs fois.

     Je suis morte d'un sentiment trop puissant pour moi, mais un amour qui m'a fait tenir, aussi. Je porte une dualité qui me permet d'avancer mais me retient à la fois ligotée à des douleurs d'hier qui s'accrochent au présent d'une manière non-combattable. Un amour qui est ma faiblesse et ma force, caché dans un pacte conjugué au passé, mais douloureux au présent. Une promesse. C'est malheureusement moi qui aie dû le respecter. Par ma faute. Alors je refuse que Laura vive avec une quelconque culpabilité à laquelle je serais liée d'une manière ou d'une autre.

     Aussi, plus l'amour est puissant, plus la douleur de la culpabilité l'est... et plus effroyable est la chute.

    J'ai essayé d'éloigner Laura, à plusieurs reprises. Elle a étudié à Harvard, je suis rentrée en France pour ma terminale. Lorsqu'elle est revenue pour son master en alternance entre Cambridge et Paris, j'ai renoncé moi à m'y installer alors que j'avais déjà tout prévu. Mais ce n'était pas assez. À chaque pas en arrière que je fais, elle avance de deux.

      Je ne rentre pas aux États-Unis aussi souvent que je le devrais pour éviter la vie de famille traditionnelle. Je garde ainsi à distance Doug, Ava et Kate. Mais Laura est une coriace. Elle n'a jamais pu couper le cordon. Elle n'est pas la seule fautive. Je n'ai jamais rien pu faire de radical, par faiblesse. Je me suis laissée entraîner par mes propres sentiments, consciente pourtant que je ne voulais pas renouveler l'histoire.

     Je mets un point d'honneur à garder restreint mon cercle de proches, n'autorisant que très peu de personnes à y entrer pour ne pas qu'ils s'attachent à moi. Je suis toujours très claire dans mes relations privées : pas de sentiment, pas d'attache. Pas de couple, jamais. Ni de près, ni de loin.

     Dans une autre vie, les choses auraient pu être différentes. Dans celle-ci, Laura doit apprendre à vivre uniquement pour son bonheur et celui de son mari. C'est un peu égoïste, mais je le fais pour elle, aussi.

     Scott doit être son unique pilier, son seul chemin de vie.

     Lorsque je reviens des toilettes, Laura et Jess me proposent de sortir prendre l'air dans le jardin arrière pendant que Zoey s'occupe de coucher la petite au deuxième étage de cette colossale demeure victorienne, dont j'ai pris soin de détailler visuellement chaque coin et recoin pour juger l'architecture.

     Nous nous installons sur des bancs en cercle au centre d'un petit kiosque entourés de rosiers en fleurs. L'air londonien est frais en cette fin de journée. Je savoure la caresse agréable de la brise avec bonheur sur mon visage. Zoey nous a prêté des plaids tous doux pour recouvrir nos épaules ou nos jambes.

     Si je ne savais pas trop comment j'allais pouvoir entamer le processus au nom de code « Libérer Laura de Livia », ma meilleure amie va bientôt me donner une occasion en or massif sans le savoir.

— J'ai passé un très bon moment avec vous les filles, hier et aujourd'hui. J'espère que nous pourrons ressortir ensemble très vite, lui lance Jessica.

— J'ai une soirée girls de prévue vendredi prochain, tu pourrais te joindre à nous Jess, tu t'entendrais très bien avec mes copines tu sais ! lui propose Laura, ravie de pouvoir, elle, agrandir son cercle de folles du shopping... et de Téquila.

Verdad ? Ça serait super ! J'adore rencontrer du monde.

     Parfait, faites donc connaissance...

  • Tout le contraire de ma sœur quoi !

Non, tu crois ?

    Couvre-feu, va dormir toi.

— Je fais des efforts j'te signale, me renfrogné-je.

     Non parce que quand même, j'en ai fait pas mal ces dernières semaines et il me semble que ma présence ce soir est une preuve en soi. J'entends les garçons sortir de la villa. Dans mon champ de vision, je vois Hayden, Scott, Jordan et Jamie prendre place sur la terrasse. Ils en font un boucan ces quatre-là !

     Jordan vient d'attraper Jamie par la nuque puis Scott et Hayden ont sauté dans la mêlée de testostérone. Nick arrive, saisit Scott par les épaules puis le tire en arrière, et fait de même avec Hayden, pour les séparer. C'est juste ... une belle bande de gosses !

Appétissante, la brochette...

— Si vous vous blessez avant mardi les gars, Joey va me faire la peau ! Et je suis sûr qu'il fait concurrence à Livia dans les idées cruelles pour infliger une grande douleur, crie-t-il de sa grosse voix, en me regardant, m'envoyant un clin d'œil au passage.

     Zoey nous rejoint, non sans leur jeter un regard affectueux en passant à côté d'eux. Elle affiche un large sourire puis en arrivant vers nous.

— Livia, tu as déjà ta petite réputation auprès des garçons, pouffe la belle blonde vénitienne.

— Livy est un vrai petit dragon, plaisante Jessica. Elle a même réussi l'exploit de clouer le bec à Nick, c'est dire ! Elle le rembarre presque aussi bien que moi.

Presque, j'ai donc encore quelques ajustements à prévoir, me noté-je mentalement.

— Ah quand même oui, répond Zoey étonnée.

      Les éclats de rire des garçons nous parviennent, de vrais écoliers ingérables dans une cour de récré. Même Nick s'est pris au jeu et parait avoir oublié l'existence du fameux Joey, qui n'a pas l'air de gagner à être connu... Ça tombe bien, je n'ai aucune intention de faire sa connaissance. Je laisse volontiers ce genre de tracas à Laura. Après tout, elle s'est mariée au client du manager, pour le meilleur et pour le pire, non ?

— Ils vont encore se faire réprimander par leurs parents, prévient Zoey. Et dans pas longtemps s'ils ne baissent pas rapidement de volume de leurs GAMINERIES !

     Elle hurle le dernier mot pour les faire réagir, c'est à peine s'ils bougent une oreille.

— Où sont Helen et James d'ailleurs ?

— Ils lisent des histoires à Emmy, Jess. Cela leur permet de passer du temps en privé avec elle et se signer sans avoir mon regard ni celui de Jamie sur eux. C'est vraiment génial que vous sachiez déjà signer d'ailleurs. C'est presque providentiel ! Cela n'a pas été facile pour Jordan, Hayden et leurs parents. Ni pour les miens d'apprendre, nous raconte-t-elle en nous tendant un paquet de bonbons, mais deux personnes en plus dans la famille, d'un coup, qui maitrisent déjà l'exercice, c'est génial !

    Zoey tape dans ses mains, ses grands yeux émeraude brillent d'une joie difficilement dissimulable.

Famille. Je me tends en entendant ce mot qui me brise. Il y a erreur sur l'énoncé, là.

     Non, non, et non.

    Je ne fais pas partie de cette famille. J'apprécie son enthousiasme, mais non. J'ai déjà une famille à garder à distance, je n'ai pas besoin d'en avoir une autre. J'aurais dû faire demi-tour quand Hayden me l'a proposé. C'était une mauvaise idée, tout ça. Je suis restée pour prouver à Laura que je vais bien, que je gère la situation et qu'elle n'a plus de raison de s'inquiéter, mais je ne veux pas que quelqu'un pense que je fais partie de leur famille. Laura, oui. Moi, non.

     Laura perçoit qu'un truc me chiffonne. Elle sait. Elle connait les mots déclencheurs, mes alertes. Alors elle essaie de passer à autre chose :

— Dans quinze jours je retourne sur Paris pour voir Livy, Jess tu pourrais peut-être ...

    La voilà mon occasion ! Et...non, mais non merci :

— Non, la coupé-je calmement, oublie Laura. C'est non, tu arrêtes les déplacements inutiles s'il te plait.

— Livy...

     Elle siffle son ordre de ne pas aller plus loin, ses yeux me balançant tous les éclairs qu'ils ont en stock.

— Laura c'est non. Point. Passe tes week-ends avec Scott. Tu as un mariage à préparer donc tu ne viens pas à Paris.

— Baby tu rêves si tu crois que je ne vais pas venir ma chérie.

— On va peut-être vous laisser, annonce Jessica qui commence à se lever.

— Pas la peine Jess, il parait qu'il faut laver son linge sale en famille, et nous sommes une famille, lien du sang ou pas, réplique ma meilleure amie en se mettant debout pour me toiser de sa hauteur, les poings sur les hanches.

     Elle veut que j'abdique parce ce c'est ce qu'elle a décidé, jouer les grandes sœurs, mais elle ne gagnera pas cette fois. Je dois apprendre à dire non ; et à m'y tenir. Si j'avais su faire ça il y a cinq semaines, je ne serais pas dans ce traquenard !

     Je me dresse à mon tour, me postant à moins d'un mètre d'elle. En français et dans un calme olympien digne d'un prête, je lui énonce sur un ton monocorde, pour bien qu'elle intègre ce qui va suivre :

— Regarde-moi bien Laura et ouvre bien grand tes oreilles de Princesse : je t'interdis de venir à Paris dans quinze jours, ou même dans trois semaines. Nous nous sommes vues il y a trois semaines à Paris, quinze jours avant à Vegas, ce week-end à Londres. Alors pour au moins le mois à venir, tu vas te consacrer plus à ton mari, ou aux parents ou même au chat du voisin de ton facteur si cela te chante, mais beaucoup, mais alors beaucoup beaucoup moins ma petite personne. Pigé ?

— C'est ç...

— Et soyons bien claires, tu ne feras pas de coup tordu, car crois-moi, je ne serai ni à Paris ni dans le sud. Et si je dois aller me cacher au fin fond de l'Alaska tous les week-ends alors que je déteste le froid à peu près autant que la bière, et bien je le ferai !

     Je me rapproche, les mâchoires plus tendues que je ne le voudrais, mais j'appuie sur mon désire. Scott qui a entendu sa femme monter le son s'est déjà rapproché ainsi qu'Hayden. Les autres sont restés plus en retrait. Laura me répond en anglais, pour me faire chier :

— Livia, arrête de te foutre de moi, il y a quelque chose qui cloche, je le vois bien !

Garder le cap. Le but, la ligne rouge, pensé-je

— Mais tu t'entends ? Qu'est-ce qu'il faut que je fasse pour que tu acceptes que j'aille bien Laura! Dis-moi quoi à la fin !

— Tu me prends pour une idiote ! peste-t-elle en faisant un pas en avant.

— Non, je ne te prends pas pour une idiote.

      Je reste toujours calme, paisible, impassible. En façade du moins. Cette fille me rend dingue, mais je l'aime, et c'est pour son bien :

— Je ne me suis pas jetée du haut de la Tour Eiffel il me semble Laura. Je n'ai pas sauté dans la Durance avec les pieds pris dans du béton, je ne me suis pas balancée sous les rails du TGV ou du métro. Je vais juste divorcer. DI.VOR.CER , articulé-je lentement. Tu sais ce que c'est puisque tu es avocate, ris-je acerbe. Ce n'est quand même pas la mort si ?

     Mon ton ironique l'énerve, je le vois dans ses yeux bleus qui tournent à l'ouragan.

— Ça arrive à la moitié des personnes qui se marient, et j'ai même plutôt de la chance si on y réfléchit bien, je divorce d'un type avec qui ne je n'ai jamais été en couple. Pas de sentiment, pas de pleurs, pas de peine, pas d'enfant ou de cochon d'inde dont il faut partager la garde. Rien en commun. « Le luxe absolu dans le basic le plus total », comme dirait Gad Elmaleh, j'ajoute en gesticulant exagérément. Un divorce de rêve en somme, tu vois ? Sauf peut-être les semaines qu'il va falloir attendre pour qu'un juge nous signe un putain de petit papier de merde ! Alors arrête avec tes conneries et passe à autre chose Laura, j'en ai ma claque !

     Elle me sonde, mais rien à faire, elle n'entend pas.

Parce qu'elle sent l'entourloupe, ma vieille, ricane ma conscience.

— Ça ne prend pas avec moi Livy ! Tu as peut-être réussi à duper Hayden jusqu'à ce Jordan crache le morceau, mais Livia, ne joue pas à ça avec moi ! me prévient-elle en tapotant ses doigts sur mon torse.

     C'est un comble ! C'est elle qui monte sur ses grands chevaux et moi qui dois rester parfaitement pondérée et paisible. À l'intérieur je bous littéralement. Mais si je craque, ce sera la preuve qu'elle attend.

— Tu es incroyable ! C'est dingue un truc pareil !

— Mon coeur laisse tomber, c'est bon, nous sépare manu-militari Scott. Livy n'a pas tort, quoi qu'elle fasse ma chérie, tu t'inquiètes. Quoi qu'elle dise, tu t'inquiètes. Laisse-lui un peu d'air...

    Peine perdu, tête de mule en chef n'abandonne jamais. Jamais ! Elle me scrute de bas en haut et ouvre grands les yeux, presque effrayée tout à coup. Mon cœur saute un battement.

    Punaise, quoi encore ?

— Oh non Livy, tu es malade c'est ça ?

Pardon ? Ah bin celle-là je ne m'y attendais pas. Elle... rien, gros soupire intérieur. Je passe une main sur mon visage, je suis crevée, mon ventre me lance. J'en ai marre.

— Tu me fatigues tu sais ?

— Tu es malade Livia ? C'est ça !? Qu'est-ce que tu ne me dis pas ?? C'est ton kyste il y a un problème hein ? C'est pour ça que tu es autant fatiguée, que tu as mal ? Livy dis-le moi ! m'implore ma meilleure amie dont la supplique manque de me faire abandonner.

— Est-ce qu'elle a raison Livia ? s'inquiète Scott, sourcils froncés et yeux inquisiteurs.

— Mais vous vous entendez ? Je n'ai aucun problème, vous êtes paranos tous les deux...

Toi, tu te passes de tout commentaire, préviens-je la folle dans ma tête.

     Laura me reconsidère comme si la réponse allait s'afficher sur mon front entre deux cornes de licornes.

— Je te laisse le bénéfice du doute pour cette fois Honey, mais je reste convaincue qu'il y a quelque chose de pas normal, et je découvrirai quoi. Moi aussi, je sais faire des promesses ! me menace-t-elle.

Eh bien bon courage pour trouver !

     Je hausse les épaules, bien décidée à lui montrer qu'elle dit n'importe quoi. Ce qui n'est pas normal, c'est sa propension à vouloir s'occuper de moi alors qu'elle doit organiser son -re-mariage.

— Pense ce que tu veux, je ne vois pas quoi te dire de plus là Laura !

— Allez, on signe la trêve décide Scott. Venez, on retourne à l'intérieur, il commence à faire frais. Jamie, tu nous joues un truc au piano vieux ?

     Les yeux de Laura s'illuminent comme un sapin et je sais que je vais avoir la paix pendant un moment. Dans ses iris étincelants, je l'entends déjà nous pousser la chansonnette. Scott m'envoie un clin d'œil. Je comprends qu'il l'a fait exprès pour qu'elle s'occupe ailleurs, alors mes lèvres lui miment un « merci » pour m'empêcher de lui sauter dans les bras du cadeau qu'il me fait. Avec son aide et deux-trois phrases bien placées pour le convaincre, je devrais pouvoir tenir Laura loin de moi comme je l'ai prévu, et peu à peu, elle se détachera d'elle-même. Tout est parfait !

— Oui Laura, va chanter un coup, ça va te détendre.

     Je lui tire la langue, elle me fait une grimace. Tout va bien, orage passé !

Pour le moment.

— Tu aimes chanter Laura? s'enquiert Zoey les yeux pleins d'étoiles.

— Mais ouiii !!! Je vous l'ai dit tout à l'heure, j'adore chanter et j'ai une passion pour les karaokés.

     Oui, en plus du shopping et de me coller aux fesses, passions qui lui prennent déjà pas mal de temps. Mais puisqu'à partir d'aujourd'hui, tout va changer, elle va libérer une bonne partie de son emploi du temps. Train sur les rails : ok.

Déraillement ? Inévitable.

— Génial ! On va refaire les classiques alors, lui propose Zoey en l'attrapant par la main pour la trainer à l'intérieur comme si le Black Friday de la haute couture leur tendait les bras dans la maison.

Annotations

Vous aimez lire Line P_auteure ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à l'Atelier des auteurs !
Sur l'Atelier des auteurs, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscription

En rejoignant l'Atelier des auteurs, vous acceptez nos Conditions Générales d'Utilisation.

Déjà membre de l'Atelier des auteurs ? Connexion

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de l'Atelier des auteurs !
0