57- Boite aux lettres et courriers de l'horreur. Partie II

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Livia.


00h07 affiche la pendule dans ma salle de bains.

Je patauge dans ma baignoire depuis plus d'une heure, je l'ai déjà vidée de moitié puis reremplie d'eau chaude -pardon la planète !- mais j'en suis toujours au même point dans ma réflexion: y aller ou ne pas y aller ?

To be there or not to be there, that is the question ... *

Dans la liste des «Pour», j'ai mentalement et naturellement inscrit que je reverrais les parents et Kate, mais aussi les grands parents de Laura ; ceux encore de ce monde du moins.

La liste des «Contre», est plus fournie, sans surprise. Voir les parents - oui oui, j'ai une logique-, le trajet, la perte de temps de trois à quatre jours qui n'est pas négligeable au vu de mes obligations professionnelles. J'ai aussi le nom de Laura en rouge, entouré, souligné -sorry, but plan is plan-, et également celui... d'Hayden ...

Hayden, Hayden Hayden ...

Pourquoi lui ? Sale traître de corps !

J'ai couché avec deux hommes en dix mois mais c'était fade, insipide. Enfin pour moi, eux, ils ont pris leur pied ; un mec prend toujours son pied, on a dit ! Comme on dit dans la région, «un trou c'est un trou». Tellement absorbés par leur propre plaisir que mon (dé)plaisir à moi était loin sur leur liste d'actions à accomplir à ce moment-là. Certes, mais mon corps n'était pas des plus coopératif, pourtant ce n'est pas faute d'avoir essayé, jusqu'à baisser les bras à défaut d'avoir envie d'encore lever les jambes. Pour ma part, je ne suis pas gênée par les préliminaires et mes deux partenaires n'étaient pas mécontents d'être touchés, mais mon corps devait être quelque part en train de penser au linge sur ma table à repasser. Ce n'est pas possible autrement.

En même temps, ils t'ont plus pelotée que touchée...

Pas faux ! Mais Hayden me faisait déjà de l'effet sans même m'avoir touchée ! Alors sans surprise, quand il m'a embrassée dans le hall de sa suite, dans sa chambre, dans sa douche... puis que nous avons fini par nous laisser embarquer par bien plus que des jeux de mains, lorsqu'il m'a vraiment touchée, ... il a enflammé la mèche de mon extase, qu'il avait déjà trempée à l'hydrocarbure de ses baisers humides. Lui non plus n'est pas avare, au contraire, c'est un exercice qu'il maitrise à la perfection.

Alors avec un corps qui redémarre après des années d'arrêt, forcément, j'étais ultra-sensible entre les mains émérites d'Hayden. Ultra-sensible, je n'aurais jamais cru dire cela de moi un jour. Ses mains, sa bouche, et... le reste. Un reste plutôt imposant, qui m'a laissé un grand vide que je ressens toujours. Bref, le cas Hayden Miller qui fait de ma libido un véritable cas d'école.

S'il m'a permis de lâcher prise le temps de quelques heures agréables, j'ai été surprise de n'avoir absolument pas eu honte de ce que j'ai fait avec lui, l'homme plus habituée aux corps de divinités qu'imparfaits -exception faite la partie effeuillage où j'ai pris sur moi pour gagner mon pari, mais ensuite, toute pudeur s'est totalement envolée. Et je n'ai pas non plus été gênée de ce que je l'ai laissé me faire. Il y avait dans nos gestes spontanés une évidence stupéfiante ne laissant place à aucune réflexion.

Je ne peux qu'espérer que mes prochains co-équipiers nocturnes me feront autant d'effet. Enfin si j'en ai, et rien n'est moins sûr. Mais avant d'envisager de programmer des sauteries, il faut que l'on s'occupe de la dissolution du mariage. Déposer les demandes de divorce dans des délais raisonnables. Je dois suivre mon plan, ne pas me détourner de l'objectif. Ce mariage est une -grosse- épine gérable. Mais une difficulté sur le chemin dont je dois tenir compte malgré tout, car là encore, j'ai une promesse à tenir : protéger la carrière d'Hayden.

Ma vie est devenue une succession de serments à honorer. Une promesse enclavée dans une autre; d'autres. La plus importante de mon existence n'est pas ce mariage-erreur, c'est mon «Pacte de Vie X». Ma ligne rouge. Et pour toujours l'avoir sous les yeux j'ai une montre et un sablier sur moi : mes deux nouveaux tatouages, faits dès mon retour de la capitale Britannique. Un petit sablier à l'encre noir sur le coté de mon index droit dont le sable a presque terminé de s'écouler, et, à l'intérieur de mon poignet gauche, entre mon métacarpien et mon radius, une clé qui contient une horloge à dix chiffres. J'adore le résultat.

Ce n'est donc pas le moment de flancher à cause de petits grains de sable dans les rouages de mon parchemin. Bref, j'en suis toujours au même point de ma réflexion : que faire ? Pour le moment, je suis plutôt pour décliner poliment l'invitation. Je ne suis ni les parents du marié, ni les parents de la mariée. J'étais là à Vegas. J'ai tout vu, bien que je n'ai que peu de souvenirs -mais c'est nous quatre que cela regarde... Voilà, je vais m'épargner un déplacement pour rien. Je reste ici.

J'avais dit à Ava que j'allais y réfléchir, c'est chose faite. Je reste ici.

***


8 mai.


Aujourd'hui c'est férié, repos.

C'est plutôt rare, mais Mila a réussi à me convaincre de faire une journée tri et surtout farniente chez moi, sans toucher ni à mon logiciel 3D, ni à mes plans papiers. Rien qui ne s'apparente de près ou de loin au boulot.

Depuis son arrivée ce matin, nous avons rempli plusieurs sacs de vêtements et objets qui prenaient inutilement la poussière ici et afin d'en faire don à des associations. Ce qui est encore plus exceptionnel, c'est que Mila est non seulement à l'origine de cette initiative, mais elle avait elle-même vidé ses placards au contenu précieux -y compris ses fringues du lycée dans lesquelles elle ne rentre plus mais qui sont pour elle des reliques plus inestimables que La Jaconde.

Au déjeuner, j'ai dévoré mon péché mignon estival et j'en salive encore depuis : salade de tomate-basilic et Mozzarella di buffala arrosée de sel et d'huile d'olive. Oui je vais prendre un kilo minimum, mais je m'en fiche. Plus de poids, moins d'emmerdes. Je dois faire la paix avec ma silhouette de toute façon. Alors j'assume mes rondeurs là où il y en a, et tout le reste. Je n'ai rien fait de mal, ce n'est pas moi le problème, c'est dans ma tête.

C'est dans ma tête. Oui, j'ai réussi à le dire !

C'est dans ta tête.

Depuis, nous sommes en mode paresseuses sur mes bains de soleil moelleux pour une séance bronzette bienfaisante et ô combien réparatrice. Le thermomètre affiche vingt-six degrés, les rayons chauds lèchent ma peau qui dore doucement enduite de mon huile favorite senteur monoï. Le ciel est dégagé, pas un brin de mistral. C'est une belle journée et je comate entre deux mondes, heureuse de le faire, et crevée.

— Il est canon ton maillot Livy ! Tu l'as acheté où déjà ?

La voix enjouée de Mila et son intonation plus chantante qu'une cigale survoltée met fin à ma demi-sieste. Je m'étire de tous mes membres dans un feulement qui l'amuse, abaisse mes lunettes de soleil pour vérifier que celui que j'ai en tête et bien celui que j'ai passé tout à l'heure à la va-vite et pense soudain que je dois arroser mes plantes ce soir. Elles sont toutes en fleurs et m'offrent un ballet de tons rose, rouges, jaunes, verts et blancs, donnant à mon petit jardin de moins de cent cinquante mètres carrés une finition colorée qui me comble. Ma petite maison me plait et je m'y sens bien, elle est mon refuge, mon rempart contre le monde, les quatre murs entre lesquels je n'ai pas besoin de porter de masque.

— Humm... Calzedonia, l'an dernier, je lui réponds en me rebadigeonnant d'huile solaire.

— Mais je ne l'avais jamais vu !

— Oui, je l'ai acheté mais je n'ai jamais dit que je l'avais porté.

À ma tête, Mila comprend ce que je ne dis pas. Je n'étais pas prête à l'enfiler, mais l'avoir ramené chez moi était déjà un pas en avant.

— Bon, en tout cas, il est canon et tu le portes super bien ma bichette ! J'adore.

Mila, elle porte un deux pièces brésilien rouge. Rouge, c'est sa couleur préférée et avec son teint mat qu'elle tient de sa maman, véritable méditerranéenne pure souche, on ne peut pas lui en vouloir de se la jouer Petit Chaperon rouge. Pour moi, c'est un push-up rembourré noir qui peut s'attacher par l'arrière comme un soutien-gorge mais aussi se nouer par devant, et un bas brésilien à attaches latérales. Mignon. Sans plus de question et après une hydratation règlementaire, je replonge dans ma sieste.

Vers quinze heures, Mila s'est endormie en lisant le nouveau Cosmo et je suis quant à moi sur ma lecture du nouveau Emma Green quand j'entends le bruit métallique reconnaissable d'une boîte aux lettres avalant du courrier. MA boîte aux lettres.
Puisque nous sommes le huit mai, impossible que ce soit ma factrice, qui fait de surcroit sa tournée dans mon quartier le matin. Je suspecte donc des pubs, pour ne pas changer. Atteinte d'une violence crise de flémingite suraiguë, d'un mal au ventre qui dérange même mon esprit pendant ma lecture et de bouffées de chaleur dignes d'une femme en pleine ménopause, je rechigne à me lever et remets la tâche à... quand j'en aurai envie.

Une bonne demi-heure plus tard, ma bouche me signale qu'il est capital que j'avale un grand verre d'eau et mes douleurs lancinantes suggèrent un doliprane-codéiné. Obligée de lever mes fesses, je décide d'en profiter pour attraper la clé de la boite aux lettres dans mon vide-tout sur la tablette de l'entrée et pars à la conquête de la casse-pieds. Surprise : pas de pub, mais une enveloppe, noire.

Étrange. Au stylo argenté, mon nom est inscrit, mais pas en entier : Livia G. Pas d'adresse, pas de timbre. Rien de plus. Mais une bonne dose de questionnement vient vriller ma tête.

Livia G ? s'étonne la voix de ma conscience autant que moi bouche bée.

— C'est quoi ce truc ? lancé-je pour moi-même.

— Quoi bichette ?

Sans le vouloir, je viens de réveiller Mila qui dormait à cinq mètres de là.

— Excuse-moi, je ne voulais pas te réveiller.

— C'est quoi ça Livia ?

Mila s'est levée et se tient déjà à mes côtés, curieuse.

— Je ne sais pas. Ma boite aux lettres est au nom de McAlleigh L, je ne comprends pas plus que toi.

J'ai un transfert de courrier permanent et hormis les parents, Mila et quelques proches qui sont déjà venus chez moi, personne n'a mon adresse. Lorsque le système de transfert de La Poste est défaillant, les nouveaux locataires de mon ancien appartement, un gentil couple d'une quarantaine d'années avec qui je m'entends bien, m'envoient un mail et c'est Mila qui récupère la paperasse chez eux ou moi à leur boulot. Et par chance, l'agent immobilier en charge de la gestion locative de la copro où je vivais avant est une copine-collègue.

Mes yeux sondent l'enveloppe comme si la réponse allait apparaître. En vain. La seule évidence est qu'il se passe quelque chose qui relève de l'ordre de l'impossible.

Je vais me réveiller.

Ma gorge s'assèche, mes tempes me lancent et quelques petits points noirs valsent déjà sous mes yeux. Mon pouls s'affole dans mes veines, mon corps martèle ma poitrine. Je sens que mes muscles commencent à trembler. Mila le voit et me serre dans ses bras. La crise arrive trop vite. Je sais déjà que je ne vais pas aimer ce qui va suivre. Mes pensées s'entrechoquent sous mon crâne, la tête me tourne. J'ai trop chaud. Ou froid.

— Calme toi Livia, on va l'ouvrir ok ?

— Ok... soufflé-je sentant la crise de tachycardie pointer le bout de son nez dans sa tenue de grands apparats.

Mila déchire le papier puis en sort un carton blanc. Elle le lit en se détournant de moi, puis s'éloigne rapidement.

Je le sais.

Je le sens.

Je sais de qui cela vient.

— Mila ... grogné-je, toujours soumise à de longs spasmes de la tête aux pieds.

— Non Livia, j'appelle ta sœur ! se précipite-t-elle sur son téléphone.

Bonne idée.

Quoi ? Non surtout pas Laura ! Jamais !

— Non Mila, ne l'appelle pas ! hurlé-je dans un cri étranglé qui va alerter mes voisins.

Je ne peux bouger. Mon corps est plus dur que du béton, mes poumons se bloquent douloureusement. Tout valse autour de moi. Je crois que je vais vomir.

Inspirer
...
Expirer
...
Inspirer
...

— Ma liberté réside dans ma capacité à avancer...
Ma liberté réside dans ma capacité à m'accepter...
Ma liberté réside dans ma capacité à viv...re...
Je suis... calme.

Je vais crever ici, oui !

— Livia, est ce que tu veux que j'appelle...

— Personne ! Personne Mila ! je lui crie de nouveau. Lis-le-moi, tout de suite !

Après avoir tenté de négocier, elle finit par abdiquer :

______________________

« Trouvée beauté.

Tu es à moi.

Je t'avais prévenue.

Rien qu'à moi, Livia.

Ma pute à MOI »

_______________________


 Ce n'est pas signé pour que je ne puisse rien prouver, mais pas besoin de signature ; je sais. Il m'a retrouvée. Je ne suis pas vraiment en état de réfléchir, mon corps va lâcher, là. Mon esprit s'éloigne déjà.

Je peux tout affronter, je suis plus forte qu'avant, j'ai appris à mieux me défendre. Il ne doit pas gagner. J'ai mis un an à m'en remettre presque totalement car j'ai décidé qu'il ne gagnerait pas. Je m'y suis attelée dès le début, dès l'après. Je ne devais pas me laisser aller. Je me suis battue contre moi-même, fort, très fort, contre ce que moi j'aurais aimé faire. Mais les choses ne dépendent pas de moi.

J'avance pour me détacher de mes séquelles.
J'arrive à mieux m'accepter, à dépasser la pudeur et le dégoût qu'il a gravé en moi. Mais ses mots sont gravés à vie.

Aujourd'hui, je peux combattre les autres, hommes ou femmes. Je peux prendre des coups et perdre, mais lui, je ne peux pas. Pas encore, il me faut du temps. Je dois d'abord vaincre mes émotions quand je pense à lui, et m'entraîner plus, au cas où un jour, il devrait y avoir un match retour entre nous. Mais ce n'est pas sûr, tout dépendra de l'issue du plan.

Penser à lui me fait mal, tout est encore là. Je ne peux pas...

— Livia je vais devoir appeler le SAMU, je suis désolée, m'informe Mila. Mais je te jure que je reste avec toi, je n'appellerai personne ok ? Tu as ma parole Livia.

Je suis assise au sol, je ne me suis même pas aperçu que je m'étais assise. Je tremble, j'hyperventile et j'ai une crise de tachycardie.

Pas l'hôpital non ! Je ne veux pas mourir dans un hôpital. Jamais. Ici, au milieu de mes plantes, c'est bien...mais pas l'hôpital.

— Non Mila, non non non non ...

— Ok Livia, je te laisse cinq minutes, dans cinq minutes, j'appelle les secours.

J'ai du mal à respirer je m'allonge au sol, l'herbe est chaude. Je ferme les yeux. Les images reviennent. Tout revient. Mes larmes coulent sans accord. Si je m'évanouis, ce sont les urgences et je ne peux pas.

— Ma liberté réside dans ma capacité ...

Ça va aller... bordel ça ne va pas du tout !!! Il m'a retrouvée, ici...

— Mila soufflé-je hors d'haleine.

— Oui Livy ?

— Douche, froide.

Mila comprend ce que je lui demande et va chercher mon tuyau d'arrosage, puis l'ouvre en mode douche, et m'arrose, longuement. J'ai froid, mais je pense au froid, et j'arrive à me calmer peu à peu.

***


Une heure plus tard, je suis à peu près calmée.

Installées sur mon canapé, ma tête reposant sur ses cuisses et ses mains douces passant lentement dans mes cheveux pour m'apaiser, nous attendons mon médecin traitant qui ne devrait pas tarder à arriver, mon amie ayant lourdement insisté pour avoir un avis médical. Elle a gagné par chantage. Médecin ou sœurs... sans commentaire.

Mila est restée avec moi pendant que je me douchais et j'ai pu réfléchir. Et ce dont j'avais prévu de lui parler dans six semaines environ va devoir être avancé à... tout de suite. Ça m'effraie, ce n'était pas prévu, mais je n'ai plus le choix.

Parce que dorénavant j'ai besoin d'elle pour mener à bien ce projet, alors qu'initialement, j'avais simplement prévu d'informer mon amie de ce qui allait arriver - enfin pas tout. Il n'était du tout question de l'impliquer , car je ne pouvais pas lui donner les vraies raisons et je ne devais lui annoncer la nouvelle qu'une fois cette partie exécutée. Je ne peux toujours pas lui donner les vraies raisons, mais ce connard vient de m'en apporter une autre, valable, sur un plateau d'argent, pour justifier l'aide de mon amie mais aussi pour avancer mon plan de quelques semaines. Ça complique un peu plus les choses mais je ne suis plus à ça près, n'est-ce pas ? Et même si cela bouleverse d'autant plus mon organisation déjà mise à mal par mon mariage/divorce...

Je savais parfaitement que dès lors qu'Hayden aurait annoncé notre séparation, il se rappellerait à mon « bon » souvenir. Je le sais depuis que j'ai réalisé ce qu'implique d'être mariée à Hayden Miller, et en divorcer, surtout. Néanmoins je pensais avoir plus de temps.

Je sais que pour l'instant il est physiquement impossible qu'il s'approche de moi. Donc, il a reçu de l'aide pour sa lettre mais aussi pour me retrouver, trouver ma maison. Et quand bien même il aurait trouvé mon adresse dans quelques semaines ou mois, il ne m'aurait pas mis la main dessus ici, justement grâce à la partie II de mon plan en III actes.

À cause de ce mariage, déjà, j'avais dû remanier quelque peu mon projet initial. Ajouter un point sur ma To do List : Divorcer d'une méga star.

Sexy, la star.

Maintenant, alors que rien ne le laissait envisager, je vais peut-être aussi devoir gérer un autre problème. Hypothétique car pour le moment il ne peut rien faire lui-même, mais sait-on jamais jusqu'où est prête à aller la personne qui le renseigne, qui a écrit et glissé pour lui son courrier dans ma boite aux lettres.

— Mila, je vais avoir besoin de toi, je lui annonce gravement.

Elle acquiesce immédiatement en hochant la tête et me prend la main, ancrant son regard chocolat dans le mien. J'y lis une inquiétude qui m'affecte. Je sais à quel point j'ai de la chance de l'avoir, ma seule amie ici, encore une que je ne mérite pas.

— Bien sûr Livia, tout ce que tu veux. On savait que cela risquait d'arriver, ajoute-t-elle doucement.

Mila sait. Ce qu'il veut et pourquoi.

Je reprends sentant l'anxiété revenir :

— Mais avant de t'expliquer, tu vas devoir me jurer que tout ce que je te dirai restera entre nous Mila, personne ne doit savoir en dehors des individus que je vais citer, tu dois me le jurer Mila, c'est très important. Tu vas devoir suivre à la lettre ce que je vais te demander de faire. Tu ne pourras en parler qu'à partir du moment où je t'en aurais donné l'autorisation, ok ?

Je l'observe sévèrement pour être sûre qu'elle entende l'importance de ma doléance. Je dois être certaine qu'elle tiendra sa langue, quoi qu'il arrive. Aucun doute n'est permis. Aucun.

— Tu as ma parole ma belle, je t'ai soutenu, je vais continuer.

— Ok, alors voilà ce que nous allons faire...

____________

To be there or not tobe there, that is the question ... : Y être ou ne pas y être, telle est la question

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