61 - Comédie, secret et emmerdes

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Hayden.

— Alors ? me questionne Scott en sortant d'une interview de groupe.

Il vide d'une traite sa petite bouteille d'eau, attend ma réponse. Je laisse les autres nous dépasser, pris dans leur propre conversation.

Il est quatorze heures trente, nous sommes –enfin– libérés de longue interview et avons encore deux engagements, une soirée à honorer, puis un show TV devant public à enregistrer demain matin, après quoi, nous pourrons rentrer.

Nous sommes six du cast à être partis en promo. Hier New-York, aujourd'hui Boston. Les quatre rôles principaux du show ainsi que deux des personnages secondaires, dont celui de Scotty. Douze épisodes long format par saison, pour cinq de prévues sur le papier. Jordan nous a rejoints en fin de matinée profitant d'une accalmie dans son emploi du temps. Bien entendu Joey est du voyage et Julianne aussi, mais elle se tient à carreaux devant son patron -et Nick qui ne la quitte que peu des yeux- et assiste également mes autres collègues, Erin Freeman, Shaun Roberts, Ross Navarro et Abigayle Grims. Ça l'occupe et je ne l'ai pas dans les pattes.

Depuis son petit numéro à Londres et la mise au point durant un appel téléphonique animé de mon avocat, elle reste à bonne distance bien que ses œillades persistent de temps en temps. Je les ignore, je ne sais plus quoi faire d'autre. Contre l'avis de mon frère, j'ai gardé le secret sur son comportement envers moi depuis des années. Je pense qu'elle sait qu'elle patine sur la corde d'un arc tendu et tente d'apaiser les choses pour garder son job. Quant à moi, même si j'ai des envies manifestes de l'enfermer dans un placard et de l'y laisser mijoter sur un tour complet de cadran, je préfère encore qu'elle me coule des regards lascifs de chienne énamourée que d'essayer de se glisser dans mes draps durant mon sommeil. Manque de veine pour elle et heureusement pour moi, sa dernière tentative médiocre a été un fiasco, et elle a eu un public pour admirer sa chute, littéralement.

Si Livia l'a remise à sa place, c'est-à-dire au sol et dos à une porte, la scène est sauvegardée dans le téléphone de mon garde du corps, et dans la tête de chacune des personnes ayant assisté à sa représentation à demi-nue. Ce n'était déjà pas l'amour fou entre King Kong et Barbitch, comme l'a surnommée ma femme, mais à présent, c'est la guerre froide dans une tension nucléaire, Scott étant en plus rentr dans la danse. Une ambiance peu agréable pour moi qui sais ce qu'il se trame. Les autres ont l'habitude de les voir se bouffer le nez, alors un peu plus un peu moins...

En attendant, elle me fout la paix et ne vient vers moi que pour faire ce pour quoi elle est payée. Pas d'extras. J'ai cependant promis à Jordan, Scott et Nick que si j'avais vent qu'elle réitérait avec un autre acteur ou artiste, je vendrais illico sa peau à mon manager. Le tout est que d'ici-là, il soit au courant pour Livia et moi. Manquerait plus que Julianne aille lui cracher qu'elle était dans ma chambre avant que je n'aie eu le temps de lui étaler moi-même ma situation.

Quand j'ai quitté la maison avant sept heures du matin, Livia dormait toujours. Inutile de préciser qu'elle ne m'a pas inondé de texto, pas même un entre deux siestes. Silence intersidéral.

— Oh tu planes vieux ?

— Et ? C'est interdit ?

— Détends-toi Hayden, la morue n'est pas dans le coin, plaisante-t-il.

— Elle dort d'après Jane, je lui réponds en aparté. Elle ne s'est levée qu'hier soir pour boire et grignoter des fruits puis est retournée se coucher.

— Eh bien, elle n'exagérait pas quand elle a dit à Laura qu'elle est sur les rotules en ce moment. Enfin bon, plus de quinze heures de voyage, si elle n'avait pas beaucoup dormi durant le vol, et le décalage horaire, ça doit la piquer, suggère en se frottant le menton. Jane dort chez toi du coup?

— Oui, elle a préféré rester chez moi avec elle.

— Qui est chez toi Hayden ? intervient ma fouine de manager.

— Ma sœur ! lui répond Scott qui vient à ma rescousse.

Ta sœur ? répète-t-il incrédule autant que suspicieux. Quelle sœur, Scott ? Vous vous foutez de moi tous les deux ou quoi ?

Scott voit rouge au ton qu'emploie Joey et moi aussi là, ça m'irrite. C'est chez moi quand même ! Qu'est-ce que ça peut lui foutre !?

— Ma sœur, la sœur de ma femme, c'est pareil Joey, c'est le concept de la famille ! rétorque Scotty excédé.

— Ah oui ? Et pourquoi elle serait chez Hayden ta belle-sœur ?

Mais ça lerde ?

Joey est un peu trop hargneux à mon sens mais je relève que lui et Livia ont au moins un point commun : cette putain de sale manie de tiquer à tout bout de champ sur le vocabulaire qu'ils trouvent non-adapté. Je ne sais pas ce qui arrive à mon manager et ami ces derniers temps, mais il est lunatique, plus qu'à la normale, je veux dire. Aujourd'hui, c'est même pire que tout.

— Elle et Laura sont un peu en froid alors Hayden lui a proposé la chambre d'amis du bas pendant que nous étions ici, lui explique Scott du tac au tac.

Bien joué ! Mais il faudra bien lui dire tôt ou tard que Livia est ma femme. Enfin plutôt tard que tôt, j'ai comme l'impression que sa tension augmente de jour en jour et qu'il va finir par nous claquer entre les doigts. C'est presque si je n'ai pas envie de lui interdire de s'approcher de tout ce qui contient de la caféine ou de la taurine. Nous sommes mariés depuis plus de sept semaines et pour le moment, pas de drame à l'horizon. Je n'ai donc pas besoin des services de Joey mon agent et pas envie d'en parler à Joey mon ami qui va quand même rameuter mon manager... enfin vous voyez le tableau !

— Oh, d'accord, réplique-t-il alors qu'il s'est calmé instantanément.

Nous avançons vers les loges, Joey sur les talons qui regrommèle soudain dans sa comme un bœuf en colère.

— Bon qu'est-ce qu'il se passe Joey ? attaque Scott lui toujours crispé. J'ai l'impression que tu es tendu depuis hier matin, tu nous quoi encore ? On n'a rien fait, ni lui ni moi, alors c'est quoi ton problème ?

Il m'enlève les mots de ma bouche. Il n'a pas tort, Joey est tourmenté et nerveux. Non pas que ce ne soit pas habituel en période de stress professionnel intense , mais là tout va bien. Pour nous, pour ses autres poulains, pour l'agence. Tout le monde sait que Joey est fougueux -un peu comme mon petit volcan blond- mais là, vraiment, aucune raison qu'il ait choppé la rage. Herrera m'évalue visuellement, gravement. Ça n'augure rien de bon, mon pouls filant déjà dans mes veines et artères.

— Venez les siamois.

Il nous appelle ainsi estimant que nous passons nos vies ensemble. Il fait signe aux autres que nous les rejoindrons, Nick acquiesce, au téléphone certainement avec Jess. Nous réquisitionnons un bureau vide et nous laissons tomber, Scotty et moi, sur des fauteuils. Joey nous guinde, se frotte le visage tiré des deux mains.

Qu'est-ce qu'il a ?

— Bon. Bon Hayden, commence-t-il -ça ne va ma me plaire c'est certain- je comptais t'en parler ce soir mais vous avez raison, je suis un peu à cran, autant que j'évacue ça maintenant au moins on passe à autre chose. Enfin, ce n'est pas la mer à boire non plus, juste une réorganisation des plannings et de vos petits voyages, les studios pensent vraiment que...

— Accouche Herrera ! l'invective Scott. J'ai faim moi ! Et arrête ton char, viens-en au fait s'il te plait. Ma grand-mère a plus d'éloquence que toi.

J'adore mon pote. Je ne dis rien mais me cale bien profondément dans le fauteuil et croise les bras. Je ne vais pas aimer du tout ce qui va suivre. Autant m'installer confortablement.

— Ils veulent simuler une histoire entre Erin et toi, nous révèle-t-il abruptement.

— Pardon ? je manque de m'étrangler. C'est une blague ? HORS DE QUESTION ! hurlé-je en me levant de mon siège. Tu oublies Joey, c'est non ! ILS oublient ! ILS m'oublient ! C'est quoi encore cette merde?

Scott, médusé, met quelques secondes à réagir :

— Mais c'est quoi cette histoire ? Pourquoi ?

— Hayden ! Ce ne serait pas la première fois et Scott tu as déjà fait ça toi aussi, c'est l'affaire de quelques semaines tout au plus, pour stimuler le public, faire parler du projet, les faire rêver sur un rapprochement en dehors des plate...

C'est eux qui rêvent !

— Mais tout le monde en parle déjà Joey ! mugis-je de plus belle. C'est non ! Tu n'as quand même pas sérieusement envisagé que je pourrais être d'accord avec cette connerie, rassure-moi?!

Ok, à sa tête, il l'a envisagé et se doutait de mon potentiel refus. C'est absolument impossible ! Absurde, et impossible ;

Premièrement, je n'en ai aucune envie, j'ai fait ça une fois il y a deux siècles, je ne le ferai plus jamais. Ma vie privée n'est pas un jeu. Elle est réelle, existante... ou pas d'ailleurs. Et deuxièmement, je suis marié.

Je ne peux pas me pavaner avec une femme pendant des semaines, puis annoncer mon divorce et donc... mon mariage. Cela renverrait l'image d'un mari adultère, ou d'un mec qui se marie et se sépare au bout de deux mois pour coucher avec une costar ? Sûrement pas ! Je ne suis pas ce type d'homme ! Hors de question. Laura me tuerait, c'est sûr, sans chercher à faire mon procès, adieu mes burnes, bonjour la voix de castra. Et au-delà, je suis marié avec Livia. Je la respecte, elle est ma femme.

Finalement tu as plutôt bien intégré ce concept vieux.

Le pire ? Je suis certain qu'elle n'y verrait pas d'inconvénient mais plutôt une occasion en or pour que nous demandions le divorce ; mais non. Je ne suis pas un mari infidèle, je refuse que les gens me pensent ainsi, ce n'est pas moi. Et Livia et moi sommes de toute façon dans une relation, même si elle ne veut pas y mettre une étiquette. Une relation non-ordinaire, mais à l'image de notre mariage, finalement. Une amitié très améliorée -et vraiment très plaisante. Sex Friends unis par les liens du mariage, en somme. Un genre inédit qui n'appartient qu'à nous.

Et Livia me plaît. Elle est drôle, incroyablement belle, sexy sans s'en rendre compte, intelligente, naturelle, spontanée, impulsive mais douce aussi. Elle voit Hayden Miller, mais elle regarde aussi Hero. Elle ne joue pas un jeu -enfin plus- mais pas du tout pour les mêmes raisons que les autres femmes qui rôdent autour de moi d'habitude. Livia voulait me fuir. Alors oui, je suis marié avec Livia, mais même si nous ne l'étions pas, si par un heureux hasard nous en étions au même point tous les deux sans nous être passés la bague au doigt, je n'accepterais pas ce deal à la con.

— Hayden, tu peux peut-être y réfléchir posément, recommence Joey en s'éclaircissant la voix, et Erin est d'accord, elle. Alors...

Putain mais c'est un cauchemar et je vais me réveiller. Avec Livia et à Londres, idéalement. Oui, je rêve, mais c'est toujours mieux que cette réalité.

— Vous lui en avez parlé avant moi ? je m'étrangle encore. Mais c'est quoi ces manières d'agir dans mon dos bordel Joey !? Vous auriez au moins pu nous consulter en même temps ! Je comprends mieux pourquoi elle me glisse des regards en coin depuis hier, avec ses petits sourires presque timides.

— Franchement vieux, intervient mon pote plus flegmatique et raisonnable que moi cette fois, c'est n'importe quoi, sur tout. Hayden a raison, vous auriez dû leur en parler au même moment, pas l'un puis l'autre. Et tout le monde parle déjà du show. C'est le plus attendu du début de l'année prochaine, je ne comprends pas ce projet. On est acteurs, pas gigolos. En début de carrière pour faire le buzz, pourquoi pas, mais pas là, pas nous, plus nous. Et puis c'est tout de même de leur vie que l'on parle là, pas d'une fiction, merde ! À quoi tu pensais Joey ?

— Oui, mais deux acteurs qui jouent un couple à l'écran et sortent ensemble dans la vraie vie, c'est de la bonne pub gratuite ! Ça attise la curiosité, vous le savez très bien. Encore plus si vous êtes célèbres.

— Sans moi, annoncé-je fermement.

— Ok, mais peux-tu me donner une raison pour le plaidoyer ?

— Tu plaisantes j'espère ? Je ne sors pas avec cette fille ! C'est déjà une bonne raison, non ?

— Je ne te demande pas de la baiser Hayden ! vocifère mon agent qui monte le ton. Juste de faire semblant dans les soirées , sur les tapis rouges et de te montrer avec elle de temps à autre dans la rue ou dans un resto. Tu vas déjà devoir l'embrasser et la toucher sur les plateaux, tu peux aussi jouer le jeu pour quelques semaines, et puis elle est plutôt pas mal Erin, ajoute-t-il lubriquement. Qui sait, ça pourrait bien devenir réel. Mets au moins dans ton pieu une fille qui ne soit pas une petite pétasse qui n'en veut qu'a ton statut et ta belle gueule de millionnaire pour une fois !

Pourquoi, il croit que c'est mon plan de vie de voir des charognardes en mini jupes accrochées à mes pompes ?

— Ce n'est pas ce que tu voulais ? Une fille sincère ?

— Un couple monté de toutes pièces tu appelles ça sincère ? riposté-je amer en me levant.

Besoin de bouger pour ne pas péter un câble.

— Ne mélange pas tout. Il faut bien un début, Erin est d'accord pour aider la prod. Et elle est belle, a déjà une carrière montante, sa famille est aisée, elle comprend le boulot Hayden !

Et ? C'est censé me convaincre ça ? Parce que c'est tout le contraire. Et j'ai tout ce qu'il me faut dans mon lit. Mais avec Scott ici, je ne peux pas balancer ça à Joey.

— Écoute Joey, je te le dis une dernière fois.

Je tente de me calmer pour appuyer la détermination de mes paroles et me rassieds. Je respire à grandes goulées, plante mon regard tempétueux dans le plus orageux encore :

— C'est non. Je n'ai pas à justifier mes choix, mais je vais le faire, en partie. C'est de ma vie privée que nous parlons, et je refuse de faire semblant d'avoir une liaison avec Erin. J'ai déjà eu assez d'emmerdes avec les femmes -dont dernièrement mon assistante qui a vrillé en me suivant sur la moitié du globe, mais il ne le sait pas- et je ne sors pas, plus, avec mes costars. Pour de vrai, ou de faux. Je te l'ai déjà dit.

— Pense...

— Non. Et je ne prendrai pas le risque que dans un an ou deux, voire plus, Erin aille balancer à la presse que cette histoire n'était qu'un coup de pub décapitant ma crédibilité. J'ai d'autres raisons mais déjà celle-ci me parait pas mal. Donc c'est non. Tentez avec Shaun il est célibataire, proposé-je pour qu'il me lâche.

— Ok, abdique Joey vaincu. Mais Shaun n'a pas ta notoriété, tu le sais très bien.

— C'est un bon comédien et un bosseur acharné, ce n'est qu'une question de temps. Je n'ai pas fini Joey, pose ton cul ici.

C'est plus un ordre qu'une demande polie, il le sait, mais ne contre pas.

— Depuis quand tu le sais ?

— Vendredi soir, dit-il après une brève hésitation.

De mieux en mieux.

Quatre jours.

Je passe une main sur ma figure comme si ça pouvait tout effacer. Je ne le comprends plus. Joey est le meilleur, le King dans sa catégorie. Mais là, ça dépasse l'entendement. Il m'inquiète et au regard que je jette Scott, je ne suis pas le seul à me faire du souci.

— D'accord, alo... Putain t'es mon agent, pas mon père ! exposé-je sans plus pouvoir me contenir pour remettre les points sur le i. Tu prends dix pour cent de tous mes cachets, voire quinze, et ça me convient très bien.

Je le vois déglutir péniblement, blêmir à outrance malgré sa peau mate et il perçoit où je veux en venir.

— Nous sommes amis et je tiens beaucoup à mes amis Joey, tu le sais mieux que personne. Mais ce n'est pas la première fois que nous devons recadrer notre partenariat professionnel, alors là, je vais le faire en prenant Scott à témoin. Les infos, tu ne me les files plus au compte-gouttes ou quand je dois te tirer les vers du nez. Les décisions, c'est moi qui les prends, pas toi. Tu aurais dû m'en parler la semaine dernière, parce que j'imagine qu'Erin, elle, le sait depuis la semaine dernière, n'est-ce pas?

Il hoche la tête pour valider mais ne pipe pas mot.

— C'est la dernière fois que je te le dis : je ne joue pas les petits-copains pour faire le buzz ! Je ne joue pas avec ma vie privée. Si tu as un problème avec moi et que tu veux que nous rompions notre contrat, dis-le-moi directement au lieu de faire n'importe quoi pour me faire enrager !

— Vieux attends...

Putain quand je vais lui dire pour Livia et moi... il va me retourner le savon du siècle. Je continue quand même :

— Puisque tu as voulu jouer et que tu as perdu, je te laisse aller annoncer à Erin que je ne suis pas d'accord. Je n'ai pas à aller m'excuser auprès d'elle puisque je n'ai rien fait de mal. Mais fais bien en sorte qu'elle ne prenne pas la mouche à cause de vos conneries. De mon côté, je vais rentrer en contact avec la prod, je n'ai pas signé pour ça...

— Non je m'en charge ! s'écrie Joey qui fait sursauter Scotty, bon spectateur depuis qu'il me laisse gérer.

— NON, je vais mandater mon avocat pour gérer ça. Occupe-toi d'Erin ce sera déjà pas mal. Ah oui, et dernière chose. Je t'ai déjà demandé d'arrêter de traiter les femmes avec qui je couche de pétasse il me semble, il faut que je demande à mon avocat de rédiger une note sur ton vocabulaire dans mon contrat pour que ça rentre bordel de merde ? Déjà, quand tu m'as balancé il y a deux mois que Scott et moi étions allés à Vegas pour sauter des pouff, nous avons eu cette conversation. Trop c'est trop Joey ! Occupe-toi de ta femme au lieu de t'occuper de qui passe dans mon lit ou sur ma bite, merde !

Je hurle et tape du poing sur la table. Je sors rarement de mes gongs, mais là, cette merde et imaginer qu'il puisse ne serait-ce que traiter Livia de pétasse dans sa tête quand il saura qu'elle est ma femme, ça me fait péter les plombs. Même Scott est décontenancé par ma réaction. Il écarquille grands les yeux, me fixe ahuri puis plisse les paupières et ses lèvres. Il a compris. Il sait que je pense à Livia.

Il ne sait pas que j'ai couché avec elle, mais il se doute que j'en ai envie. Très envie, mais comment m'en blâmer ? Il le sait et lui aussi a sous-entendu la possibilité que ça arrive, elle et moi. Et il m'a prévenu dimanche avec Laura de ne pas jouer au con, un peu curieusement d'ailleurs. Les mots de sa femme sur la mienne résonnent encore en moi :

« Ne fais pas n'importe quoi avec Livia, elle est bien plus fragile qu'elle n'y parait, dans bien des domaines, tu n'as pas idée de ce qu'elle a vécu Hayden. Elle finira par craquer, je le sens. Ne sois pas sa goutte d'eau, ne la fait pas basculer, je ne tolèrerai pas qu'elle souffre encore une fois, et surtout pas à cause de toi. Ne joue pas avec elle. Jamais ».

Je n'ai pas tout saisi mais Laura couve bien trop sa sœur, c'est une évidence. Il faut qu'elle la laisse un peu souffler et qu'elle soit chez moi lui apportera au moins cet oxygène, finalement.

Quant à l'attitude de Scott, je reste perplexe. Mais je le cuisinerai quand nous serons à huit-clos, lui et moi.

Je quitte la pièce et claque violemment la porte sans me retourner, me promettant que c'est la dernière fois que je ferme les yeux sur ce genre de conneries. J'ai plus important à gérer que leur supercherie à la con.

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