La lumière

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Chapitre 2: La Lumière

Éliot

Je suis coincé dans une soirée de fous. Une soirée où l’alcool et la drogue sont bien présentes. Et sincèrement, j’ai vraiment pas envie de passer du temps avec des gros drogués.

Dis, c’est bizarre que Léon me réponde pas. Je sais qu’il a l’habitude de pas trop répondre à son téléphone, mais là, c’est trop ! Quand même deux semaines. Léon n’a jamais vraiment exprimé quelconque intérêt en parlant avec moi. Ni même un sens d’amour envers son meilleur ami. D’ailleurs, il m’a jamais vraiment dit que je l’étais. Au fond, je me demande s’il m’apprécie ou s’il parle juste avec moi parce que, littéralement, je l’harcèle. J’espère vraiment que la réponse soit très proche de la première. Des fois, j’aimerais qu’il exprime un peu plus ses sentiments. Même si ça serait que quelques fois. Je vais pas exprès lui envoyer tellement de messages, ok !? Juste, je sens la nécessité de le faire. À chaque fois que j’ai besoin d’ouvrir ma bouche, c’est vers lui que je me tourne. Je peux lui parler de tout, il connaît tout de moi, donc il me comprend à la perfection. C’est beau d’avoir d’autres amis, mais personne n’est si compréhensif que lui. C’est pour ça que c’est mon meilleur pote. Je vais lui envoyer un message pour voir s’il veut sortir, car je préfère clairement être avec lui qu’avec ces gigolos.

Ok, mode alerte ! C’est qui ce connard qui vient vers moi ? Ok, je vais juste faire semblant que je le vois pas.

Un homme, avec une bouteille à la main et un pétard à la bouche, vient vers moi et commence à me parler.

— Salut toi... comment tu vas ?

— Ok, l’odeur est pire que je pensais : la cigarette, l’alcool, et en plus les drogues. Ça fait un vilain mélange tout ça. Je me demande des fois pourquoi les personnes font ça. L’alcool, encore, je peux comprendre un verre ou deux de temps en temps, mais pour la cigarette, je comprends pas. Juste tu t’encules la santé pour rien, aucun effet positif. Et les drogues, je crois que tout le monde sait déjà que c’est mal, en plus d’être illégal, alors même pas besoin d’en dire plus. Bref, ce mec m’a l’air vraiment louche, je vais essayer d’esquiver la conversation.

— Oh bonjour monsieur, je vais bien et vous ? — dis-je avec une voix malaisée.

— Un peu bourré… mais bien, mon grand ? Je te paye un verre, garçon ? — Ok, là il devient vraiment flippant. Il a probablement une idée très précise derrière la tête. Je vais juste partir, de toute façon je crois pas qu’il aurait la force de me suivre.

Je commence à courir.

Je pousse des gens en courant avec toutes mes forces.

Il doit pas me rattraper, sinon...

J’arrive enfin à sortir de cet endroit horrible. Et j’ai déjà les jambes en coton. Ça veut dire que je suis très sportif. Je commence donc à marcher en direction de ma maison. J’ai encore un bon petit moment devant moi, donc je vais pouvoir parler à Léon. Je sais pas s’il va me répondre, même si j’espère bien que oui, car c’est la seule personne à qui je veux parler maintenant.

Mon Lélé

— Alors, comment tu vas ??

— S’il te plaît, réponds-moi !!!!!!!!!!!!!

— Ça va ??

— Salut…

— Je vais bien, et toi ??

(Je pensais vraiment pas qu’il allait me répondre. Je suis trop content. Je vais pouvoir lui parler tout le long du trajet. Ça me détend de parler avec lui. Je l’imagine devant moi, en train de me parler avec sa voix douce et rauque. D’ailleurs, il avait pas la voix comme ça avant. Depuis un certain temps, il a commencé à avoir une voix plus rauque. Je me demande vraiment pourquoi. Je devrais peut-être lui demander, non ? Bref, je dois lui répondre avant qu’il disparaisse pendant six mois. Je vais lui demander s’il veut faire quelque chose. Ça me ferait vraiment plaisir. Toutes les sorties avec lui sont merveilleuses. C’est comme s’il rayonnait. Il est drôle et fait rire tout le monde. Je sais qu’il a pas beaucoup d’amis. Je me demande pourquoi ? Je crois que c’est un choix en fait. Il devrait sortir plus. Tous mes potes qui l’ont connu ont dit qu’il était incroyable. Je lui ai dit, mais je crois pas qu’il m’a cru.)

— Ouais !!!!!!!!!!!!!

— Tu me réponds enfin !!!!!!!!!!!!

— Je suis heureux de savoir que ça va.

— Moi aussi, je vais bien.

— Je dirais que tout roule.

— Oh. Cool.

— Dis, ça fait longtemps qu’on ne s’est pas vus.

— On peut sortir si tu veux ?!

(S’il te plaît, accepte...)

— Ouais, pas vraiment envie de sortir.

— Je suis occupé en plus, donc désolé, mais non.

— Oh ! Ok, je comprends. Peut-être une autre fois.

(Ok, je vais réessayer. Je me sens vraiment pas en sécurité. Et en plus, je dois lui parler de ça, sinon je vais exploser. J’ai besoin de ses précieux conseils.)

— Eh ! Dans la semaine, je vais passer chez toi si tu veux, on peut se voir :)

— Je ne crois pas que ce soit une bonne idée.

— Tu sais, je suis vraiment très occupé donc…

— Désolé, mais je ne peux pas.

— Juste pour te faire coucou alors…

— Stppppp!!!!!!!!!!!

— Ok…

(Putain yes, il a accepté !! Je vais pouvoir voir ma personne préférée. Je forcerai pour qu’on passe l’aprèm ensemble. Le rêve ! Les aprèms passés avec lui. Moi couché sur ses genoux et lui qui me parle et me fait des papouilles. Je rêve vraiment que de ça. J’arrive même à en oublier ce qui s’est passé.)

— Yayyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyy!!!!!!!!!!!!!!!

— T’es vraiment un gamin.

— Ouais :)

— Tu me fatigues, sérieux.

— Allez bye.

— Hey, j’espère que tout va bien ;)

— Bisous.

Quelques minutes après...

Ok, je viens de relire les messages, comme dans mon habitude, et j’ai l’impression qu’il va pas bien. Mais genre vraiment. Habituellement, il est toujours un peu distant par message, mais là c’est trop. Il n’est vraiment pas comme ça. Il a peut-être besoin de me parler ou il s’est passé quelque chose. Je vais essayer de lui faire cracher le morceau.

— Tu veux parler, Léon ?

— Non, pas besoin.

— T’es sûr ?

— Ouais.

— Ok, tu sais je serai toujours là pour toi.

— Ouais, je sais, merci.

— Bye.

— Ciao <3.

Ok, il veut clairement pas me parler de ça. C’est beaucoup plus grave que je le pensais. Il peut rien me cacher. Quand je passerai lui faire un coucou, je lui en parlerai.

La conversation s’est terminée bien plus vite que je ne l’ai pensé. Je vais donc être obligé de faire le chemin seul.

Des fois, je me demande ce qui se passe dans sa tête. J’ai beau le connaître depuis longtemps, j’arrive toujours pas à le comprendre. Il a toujours été très renfermé sur lui-même. Il ne parle presque pas. Du moins il m’a jamais vraiment, vraiment parlé. Je veux dire, des fois il disait quelques phrases à la suite, mais il arrêtait vite. Il croit sûrement qu'il dérange. Alors que clairement, non. Les seuls moments où il parle beaucoup, c’est quand il a un verre ou deux dans le nez. Je me rappelle d’une soirée en cachette qu’on avait faite. Cette soirée-là, il s’était enfilé un peu trop de verres. Même maintenant, je comprends pas pourquoi il a fait ça. Normalement, il était assez raisonnable avec ça. Et en plus, je lui tape toujours sur les doigts quand il abusait un peu trop. C’est vrai, moi aussi ça m’est arrivé de boire quelques fois en soirée. Mais en terme général, on était tous les deux d’accord sur un point : l’alcool, c’est vraiment de la merde.

Mais bon…

Ce soir-là, il était différent…

J’ai mal au ventre rien que d’y penser. L’angoisse de cette soirée vient de remonter. Je vais essayer de penser à autre chose…

Avec tout ça, je me rends compte que je suis presque arrivé. Au final, le chemin n’était pas si long, pas vrai ?

L’envie de rentrer chez moi n’est pas là. J’ai toujours ce sentiment quand je rentre. L’angoisse monte et m’envahit. La boule au ventre vient pour accompagner. Mes mains tremblent. Mes yeux sont fatigués...

À partir du moment où je rentre, je ne peux plus être moi-même. Une étape obligatoire juste pour pouvoir mettre la clé dans la serrure.

Je rentre la clé, et je la tourne.

J’ouvre la porte avec délicatesse, pour pas réveiller ma mère. Je sais qu’elle dort probablement dans le salon. Donc je rentre en faisant le moins de bruit possible. Je fais les milliers de règles à faire avant de rentrer à la maison et je rentre. Je vais directement dans ma chambre. Je sais que je devrais pas. Je sais qu’elle m’a déjà prévu une tonne de choses à faire.

Comme d’habitude…

Tu me diras, au fil du temps, je me suis habitué. Même si c’était quand même assez soudain. Mais bon, comme elle me dit à chaque fois :

« Ce ne sont que des tâches en plus parmi les autres. »

Il y a qu’une personne qui sait ce qui se passe ici.

C’est Léon.

Lui, je peux vraiment lui faire confiance. En plus, il sait toujours trouver les bons mots, qui comblent les trous que j’ai dans mon cœur.

Je m’étale dans mon lit. Cet endroit m’avait vraiment manqué. C’est bien le seul endroit où je me sens bien dans cet enfer, d’ailleurs. Je vais juste rester ici quelques secondes, juste le temps d’envoyer un message aux potes de la soirée. C’est vrai que je suis parti sans rien dire, donc je leur dois des excuses.

Il est temps de descendre. Mon corps entier tremble. Je dois maintenant me transformer en sa Cendrillon préférée. Je rentre donc dans la cuisine et je prends le bout de papier collé sur le frigo.

Liste de choses à faire jusqu’au dîner :

Ranger sa chambre

Faire la vaisselle

Étendre le linge et le plier

Nettoyer toute la maison (aspirateur, poussière et tout)

Nettoyer TOUTES les vitres de la maison

Passer la serpillère partout

Faire les courses

Acheter mes médicaments

Repasser tous les vêtements

Sortir les poubelles

Et bien sûr, faire le dîner

Allez, bonne chance minus.

Oh putain…

Ok, je suis dans la merde.

Elle s’est réveillée.

Non…

Quelques heures plus tard...

Je pleure dans ma chambre. Je peux pas rester ici. Qui sait ce qu’elle pourrait me faire. Je dois parler avec Madeleine, la mère de Léon. Elle a déjà l’habitude que je vienne chez eux. Je sais pas si elle se doute de tout ce qui se passe. Je crois pas. Du moins, elle m’a jamais rien demandé. Je l’entends même parfois parler avec elle. Donc je crois qu’elle sait pas. J’espère qu’elle acceptera, car sinon…

Bref.

Madeleine !!

— Coucou Madeleine.

— Comment vous allez aujourd’hui ?

— Je me demandais si je pouvais dormir chez vous.

— Désolé de prévenir que maintenant.

— Je pouvais pas.

— Oh mon chéri, bien sûr que tu peux venir.

— Viens vite, c’est dangereux la nuit.

— En plus, tu pourrais attraper froid.

— Et oui, je vais bien Éliot, merci de demander.

— On parlera mieux ici.

— À tout à l’heure.

— Oh un grand merci Madeleine.

— Je verrai vite, vous inquiétez pas.

— À plus ;)

Ok… Heureusement qu’elle a accepté. Je me sens tout de suite plus léger. Je me demande ce que je ferais sans eux. Je voudrais faire partie de leur famille. Ils sont si unis. Ils sont si heureux…

Attends, je dois demander à Léon si je peux y aller. Il avait vraiment pas envie que j’y aille, donc… Peut-être qu’il voudra pas que je sois là-bas. Je veux pas le laisser mal. Je veux pas qu’il se sente obligé de me parler. Je vais lui demander.

Je prie pour qu’il accepte.

Quelques minutes après.

Ok, trop bien, il a compris. Mais il m’a aussi dit qu’on allait parler de ça. Mon envie de revenir dans ce qui s’est passé est inexistante. Je veux juste me coucher et dormir. Mais je sais que je peux pas. Je dois savoir ce qui se passe.

Et lui aussi a le droit de savoir ce qui se passe.

Est-ce que c’est pas de ma faute ?

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