Enfants des Etoiles

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   Discrètes de l’aurore au crépuscule, immuables depuis l’aube des temps, les étoiles dessinent nos nuits sans jamais manquer leur entrevue nocturne. Elles façonnent les rêves de leur éclat lointain comme un tremplin vers l’univers intangible. Les mythes les ont d’ailleurs souvent prises pour muses. Déités intouchables, inviolables, miroir de toutes les dignités, modèle de toutes les âmes bien nées.

   Elles baignent dans cet espace sacré où il n’y a rien, à la genèse pourtant de toute existence. Oui, c’est dans ces confins là, insoupçonnables et insondés que le commencement a vu le jour. C’est ainsi que les étoiles sont nées. Dans le silence du vide. C’est ainsi qu’elles dominent le monde, millénaire après millénaire. Le ciel, la Terre, les hommes. Et c’est ainsi qu’elles ont vu grandir nos aïeux et verront s'éteindre nos enfants. Elles nous accompagnent dans la vie et dans la mort. Elles sont nos mères, nos sœurs, nos confidentes inavouées, nos gardiennes de l’espérance. Car finalement, nous, tout petits êtres humains, nous ne sommes ni plus ni moins que des particules d’étoiles. Certes, elles n’ont pas de globules, ni rouge, ni blanc ni d’aucune sorte de couleurs, mais nous partageons bien les mêmes atomes, source élémentaire à tout corpuscule qu’il soit inerte ou organique.

   Qu’on le veuille ou non, ces résidus de substance interstellaire sont le substrat de l’Homme, façonné, combiné, catalysé par la force du temps et du hasard, produit d’une chance inespérée qui n'aurait jamais vu le jour sans l’adéquation exceptionnelle d’un calcul insoluble mêlant lois cosmiques, physiques, biologiques et génétiques. Mais insoluble n’est pas impossible. La nature qui nous entoure en témoigne, de cet auguste quotient, de ce fleuve aléatoire et audacieux du vivant. Il n’est pas comme les autres, ce fleuve. Son cours s’écoule en sens inverse et ses berges ne sont point bornées. Chaque affluent porte l’héritage de son ancêtre pour se diviser au gré de l'évolution en bras innombrables interconnectés, précurseurs d’espèces et d'écosystèmes aussi riches les uns que les autres.

   Tout au bout ? L’Homme, toujours, avec un grand «H» et un grand - trop grand - ego acquis au fil de sa cécité croissante et de son mépris pour l’autre, l’à côté, ce qui lui importe peu, ce qui ne lui procure pas cette illusion immédiate et fugace de ce qu’il croit être bonheur et qu’il s’évertue à multiplier parfois, souvent, au détriment du bon sens. Les étoiles n’y font pas exception, elles sont là depuis toujours alors pourquoi donc leur porter quelconque intérêt ? L’unique et l’extraordinaire du ciel tout là-haut sont pourtant le parallèle de sa propre existence. Mais cette évidence est devenue abstraite. Ainsi, les enfants du ciel n’ont plus conscience de rien, de leur bénédiction, de ce legs astral et ancestral. Ils bafouent et renient. Leurs origines, leur habitat, leur nature, la nature.

   Dans ce melting-pot de désaveux et d'ingratitude, la nuit, elle, continue de briller de mille richesses, l’Homme de mille bêtises.

   Nous sommes des étoiles. Des étoiles d’un tout autre style.

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