35. La Princesse Sylvie et le Doublage de Malheur
La Princesse Sylvie était d’une humeur massacrante. Assise dans ses appartements, les bras croisés et la mine boudeuse, elle fixait d’un regard noir la lettre officielle posée sur sa table.
— Ils osent me doubler ! Moi, la Princesse Sylvie de Sylvaria, héritière du trône, future star de c-drama ! Et tout ça parce que je ne parle pas assez bien le mandarin ! s’exclama-t-elle, la voix tremblante de colère.
La Damoiselle Sibylle, calme et diplomate, tenta de la raisonner.
— Sylvie, ma chère, il ne s’agit que d’un petit rôle. L’important est que vous soyez à l’écran, non ?
— Non ! Je veux qu’on entende ma voix, pas celle d’une actrice anonyme ! Et puis, c’est injuste ! Je suis une princesse, pas une figurante ! rétorqua la Princesse Sylvie en tapant du pied.
Margot, qui venait d’entrer avec un plateau de biscuits au miel, essaya de lui remonter le moral.
— Votre Altesse, pensez à toutes les scènes que vous allez tourner ! Vous serez magnifique, et tout le royaume sera fier de vous !
La Princesse Sylvie, toujours aussi grognon, croisa les bras.
— Je ne veux pas être magnifique. Je veux être entendue !
La Damoiselle Sibylle soupira intérieurement. Elle savait qu’il fallait agir vite avant que la Princesse Sylvie ne décide de faire une scène devant toute l’équipe de production.
— Sylvie, ma chère, une princesse doit savoir garder sa dignité en toutes circonstances. Si vous faites un caprice maintenant, cela ne fera que confirmer les doutes des producteurs.
La Princesse Sylvie, touchée malgré elle par les paroles de la Damoiselle Sibylle, réfléchit un instant.
— Vous avez raison… mais c’est quand même injuste !
— Bien sûr que c’est injuste. Mais vous pouvez transformer cette situation en opportunité. Montrez-leur que vous êtes une princesse digne de ce nom, capable de surmonter les obstacles avec grâce, lui répondit la Damoiselle Sibylle.
La Princesse Sylvie, lentement, commença à se détendre.
— Vous croyez vraiment que je peux le faire ?
— J’en suis certaine. Et puis, Flamme est là pour vous soutenir, n’est-ce pas ? répondit la Damoiselle Sibylle avec un sourire encourageant.
Flamme, qui avait suivi la conversation depuis un coin de la pièce, émit un petit grrr… (Traduction approximative : « Oui, enfin, si vous arrêtez de vous plaindre et que vous me laissez chercher des dragons nains en paix. »).
La Princesse Sylvie sourit malgré elle.
— D’accord, Sibylle. Je vais essayer de me comporter comme une princesse. Mais je ne promets pas de ne pas bouder un peu.
— C’est déjà un progrès, murmura Margot en poussant discrètement le plateau de biscuits vers la Princesse Sylvie.
La Princesse Sylvie en prit un, puis un deuxième, et enfin un troisième.
— Bon, d’accord. Je vais aller sur le plateau et montrer à tout le monde ce qu’est une vraie princesse.
La Damoiselle Sibylle et Margot échangèrent un regard soulagé.
— C’est l’esprit ! Et qui sait, peut-être que les producteurs changeront d’avis en vous voyant à l’œuvre ! s’exclama la Damoiselle Sibylle.
La Princesse Sylvie, un peu réconfortée, se leva et ajusta sa robe.
— Très bien. Allons-y. Mais si quelqu’un ose me dire que ma voix n’est pas assez bien, je… je…
— Vous garderez votre dignité, termina la Damoiselle Sibylle fermement.
— Oui, oui, c’est ça, grommela la Princesse Sylvie en sortant de la pièce, la tête haute.
Pendant ce temps, Flamme, toujours en quête de ses semblables, était passé à l’exploration méthodique et secrète des quartiers de l’équipe technique, espérant toujours trouver un dragon nain cathayen au sein de toute cette agitation.

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