38. La Princesse Sylvie et la Rivalité Inattendue

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Un après-midi ensoleillé sur le plateau de tournage, quelques temps après le retour des plaines ensoleillées du Sud de Sylvaria, le Prince Olivier, habituellement si fier et sûr de lui, se retrouva soudain distrait.

Une nouvelle actrice cathayenne avait fait son apparition. Elle avait été engagée en remplacement de celle jouant le principal second-rôle féminin.

Son nom était Mei-Ling, et elle était d’une grâce et d’une élégance à couper le souffle.

Ses grands yeux en amande semblaient capturer la lumière, et sa manière de bouger était aussi fluide que celle d’une danseuse.

Olivier, qui jusqu’alors n’avait d’yeux que pour la Princesse Sylvie (ou du moins, pour sa propre image au travers de yeux de la princesse la plupart du temps), se surprit à la regarder un peu trop longtemps.

Pire encore, il se mit à discuter avec elle en mandarin, une langue qu’il semblait maintenant maîtriser parfaitement.

— Nǐ hǎo, Mei-Ling. Nǐ zài zhè ge jù diàn lǐ de yì wèi shì shén me? (« Bonjour, Mei-Ling. Quel est votre rôle dans ce drama ? »)

Mei-Ling, ravie de pouvoir parler dans sa langue maternelle, lui répondit avec un sourire enchanteur.

— Wǒ shì yī gè fú wù gōng nǚ, dàn wǒ yě xǐ huān wǎn jiǎng. (« Je suis une servante, mais j’aime aussi danser. »)

La Princesse Sylvie, qui ne comprenait pas un mot, sentit la jalousie lui transpercer le cœur.

***

La Princesse Sylvie, la Star Jalouse

La Princesse Sylvie, qui avait l’œil pour tout ce qui concernait son entourage, ne mit pas longtemps à remarquer l’attitude étrange d’Olivier. D’abord suspicieuse, elle observa la scène avec un mélange de curiosité et d’agacement.

Pourquoi parle-t-il mandarin avec elle ? Il ne m’a jamais parlé en mandarin, à moi ! Et pourquoi elle rit comme ça ? Elle croit qu’elle est drôle, ou quoi ?

Puis, alors qu’Olivier éclata de rire à une remarque de Mei-Ling, la Princesse Sylvie sentit que c’en était trop ! Elle n’allait pas laisser une simple actrice de troisième zone lui voler la vedette… ou le prince !

***

La Colère de la Star

Lors d’une pause, la Princesse Sylvie s’approcha d’Olivier, les poings sur les hanches.

— Olivier, puis-je te parler une minute ?

Son ton était glacial.

— Bien sûr, Sylvie, qu’y a-t-il ? répondit-il, l’air innocent.

— Je t’ai vu regarder cette… cette chose ! Et en plus, tu parles mandarin avec elle ! Tu crois que je ne vois pas ce que tu fais ?

Olivier, pris au dépourvu, balbutia :

— Non, non, bien sûr que non ! Je… je la trouvais juste polie.

La Princesse Sylvie, furieuse, le foudroya du regard.

— Polie ? Tu la regardais comme si elle était la Vérité descendue de son socle ! Et en plus, tu parles mandarin avec elle ! On ne me la fait pas à moi !

Elle se tourna vers Mei-Ling, qui discutait avec d’autres actrices, et lança :

— Et toi ! Arrête de séduire mon prince ! Et arrête de lui parler dans cette langue bizarre !

Mei-Ling, surprise, cligna des yeux. Elle répondit en Sylvarien.

— Je… je ne faisais rien, Votre Altesse.

La Princesse Sylvie, hors d’elle, pointa un doigt accusateur vers Olivier.

— Et toi ! Puisque tu veux pratiquer des langues étrangères, si tu oses encore lui parler en mandarin, je te jure que je te fais traduire tes discours en mandarin par Sibylle pendant un mois !

***

La Damoiselle Sibylle, la Médiatrice

La Damoiselle Sibylle, sentant la tension monter, intervint rapidement.

— Sylvie, ma très chère, calmez-vous. Ce n’est pas digne d’une princesse de faire une scène en public.

— Je m’en fiche ! Olivier est à moi ! Et il n’a pas le droit de parler en ma présence une langue que je ne comprends pas !

— Votre Altesse, la bienséance exige que vous gardiez votre sang-froid. Et vous, Prince Olivier, cessez de fixer les actrices comme un écolier ébloui et de parler des langues que Sa Majesté ne maîtrise pas.

Olivier, rouge de honte, baissa les yeux.

— Je… je suis désolé, Sylvie. Je ne voulais pas te blesser.

***

Margot, la Protectrice

Margot, qui avait observé la scène depuis l’ombre, s’avança vers Mei-Ling, l’air menaçant.

— Toi, la belle Cathayenne, si tu t’approches encore de notre princesse ou de son prince, je te garantis que tu vas regretter d’être née. Et si tu continues à parler en mandarin avec lui, je te fais traduire tes répliques en sylvarien… et en alexandrins !

Mei-Ling, effrayée, recula d’un pas.

— Je… je ne voulais pas causer de problèmes !

***

La Retraite Digne d’Olivier

Réalisant qu’il avait mis les pieds dans un piège dont il ne pouvait pas sortir indemne, Olivier décida de battre en retraite. Il s’inclina devant la Princesse Sylvie, l’air sincèrement contrit.

— Sylvie, je suis vraiment désolé. Je n’aurais pas dû me comporter ainsi. Tu es bien plus importante pour moi qu’une simple actrice.

La Princesse Sylvie, toujours furieuse, croisa les bras.

— Tant mieux. Parce que si tu oses encore regarder une autre de ces créatures comme ça, ou si tu oses encore lui parler en mandarin, je te jure que je te ferai regretter d’être né, toi aussi.

Olivier, prudent, hocha la tête.

— Je comprends. Je vais me tenir à distance.

***

Retour à la Normalité

Avec le temps, la tension se dissipa. Mei-Ling, soulagée, continua son travail sans attirer l’attention, et Olivier se concentra à nouveau sur ses exercices militaires et ses conseils aux cascadeurs. La Princesse Sylvie, quant à elle, retrouva sa bonne humeur… jusqu’à ce qu’elle remarque un autre acteur un peu trop charmant.

Mais cela, c’est une autre histoire.

***

La Leçon Apprise

Ce jour-là, tout le monde avait compris une chose : la jalousie, même chez une princesse, pouvait mener à des situations embarrassantes. La Damoiselle Sibylle rappela à la Princesse Sylvie l’importance de la dignité, Margot promit de ne plus menacer d’assommer les actrices, et Olivier apprit qu’il valait mieux éviter les regards trop insistants et les conversations en mandarin.

Quant à Flamme, il profita de la confusion pour continuer ses recherches de dragons nains cathayens, bien décidé à ne pas se laisser distraire par les drames des humains.

Et ainsi, la vie sur le plateau de tournage retrouva son cours normal… du moins, jusqu’à la prochaine crise.

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