61. Les deux beautés et la conspiration contre le prince

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Dans le royaume de Sylvaria, où les tours du palais grimpaient vers le ciel, l’infirmerie royale était aussi mystérieuse que les légendes qui l’entouraient. Ses jardins regorgeaient de fleurs magiques et de plantes mystérieuses. On disait que ses murs, ornés de fresques représentant des fées et des dragons, chuchotaient les secrets des princes et des princesses qui y avaient trouvé refuge.

C’est là, sous la douce lueur dorée d’un éclairage tamisé et parmi le murmure apaisant des roses du jardin, que notre histoire commence…

***

L’Éveil de Mei-Ling

En cette fin de nuit qui avait été marquée par tant d’évènements dramatiques et d’agitation, la douce lumière de l’infirmerie royale projetait des ombres dansantes sur les murs tapissés de velours. Les fresques murales, représentant des fées et des dragons, semblaient observer Mei-Ling avec bienveillance. La jeune femme, allongée sur un lit moelleux, entrouvrit lentement les paupières. La fraîcheur des draps de soie apaisait sa peau, tandis qu’une brise légère filtrait à travers les fenêtres entrouvertes, apportant avec elle le parfum envoûtant des roses du jardin royal.

À ses côtés, Sylvie se tenait debout, les bras croisés, son expression oscillant entre la colère et une inquiétude mal dissimulée. Ses yeux, d’ordinaire si vifs et perçants, trahissaient une émotion plus complexe, comme si elle luttait entre le désir de gronder et celui de réconforter.

— Comment vous sentez-vous ? demanda Sylvie, sa voix légèrement adoucie, bien que teintée d’une pointe d’agacement.

Mei-Ling esquissa un sourire fatigué, ses doigts effleurant délicatement son front.

— Mieux… merci. Grâce à vous.

Elle se redressa avec précaution, ajustant les plis de sa robe de soie bleue, désormais froissée et légèrement de travers. Ses cheveux noirs, d’habitude soigneusement coiffés, retombaient en mèches désordonnées autour de son visage, lui donnant un air à la fois vulnérable et charmant.

— Je… je ne sais pas ce qui m’est arrivé. Tout était si confus… murmura-t-elle, ses pensées encore embrumées par les effets persistants de la drogue.

Sylvie soupira profondément, puis s’assit sur le bord du lit, son regard se radoucissant malgré elle.

— Olivier a utilisé un truc pour vous faire parler. Le service de toxicologie et des enchantements a tout découvert. Les pâtisseries à la fleur de lune. Une préparation spéciale y a été ajoutée. A base de camomille et de lavande mais aux effets décuplés par une molécule enchantée. Rien de dangereux à la base, mais assez pour vous rendre… docile. Par contre les médecins ont constaté que l’effet en a été anormalement forts à cause de votre physiologie cathayenne.

Mei-Ling rougit, se souvenant soudain des mots qu’elle avait prononcés et des choses qu’elle avait faites sous l’emprise de la potion. Des mots qu’elle n’aurait jamais osé dire et des choses qu’elle n’aurait jamais osé faire en temps normal.

— J’ai dit et fait des choses… embarrassantes, n’est-ce pas ?

Sylvie éclata de rire, un son cristallin qui résonna dans la pièce, malgré elle.

— Oh, oui. Vous avez avoué que vous me trouviez « une princesse admirable » et qu’Olivier était « trop beau pour être vrai ».

Mei-Ling ne pensant qu’à ce qui s’était passé avec le Prince Olivier, cacha son visage dans ses mains, mortifiée.

— Oh non ! Je suis désolée !

Sylvie rit de plus belle, ses yeux pétillants de malice.

— Ne le soyez pas. Après tout… (elle haussa les épaules avec nonchalance) … je ne saurais vous en vouloir, car voir la tête qu’il faisait lorsque vous l’aviez attrapé et ne le relâchiez plus fut un spectacle mémorable que j’emporterai avec moi ! Je savais déjà que vous étiez gentille.

Un silence complice s’installa entre elles, rompu seulement par le murmure du vent qui passait par la fenêtre. Mei-Ling leva les yeux, surprise par cette révélation.

— Vous saviez ?

Sylvie sourit, un sourire malicieux qui trahissait une certaine complicité.

— Oui. J’ai lu votre message à Olivier, il y a quelques mois. Celui où vous disiez que vous ne vouliez pas vous mettre entre nous.

Mei-Ling ouvrit grand les yeux, stupéfaite.

— Vous… vous l’avez lu ?!

— Oui. Et je vous en remercie. (Sylvie prit une profonde inspiration, son expression devenant plus sérieuse.) Je sais que vous n’êtes pas une menace. Et aujourd’hui, vous avez prouvé que vous étiez quelqu’un de bien.

Mei-Ling, touchée par ces mots, serra la main de Sylvie dans la sienne, un geste simple mais chargé de gratitude.

— Merci… pour tout.

***

La Conspiration des Deux Beautés

Soudain, Sylvie se leva d’un bond, ses yeux brillants d’une idée soudaine.

— Mais vous savez quoi ? Olivier mérite une leçon pour ce qu’il a fait.

Mei-Ling hocha la tête, un sourire vengeur aux lèvres.

— Absolument. Il a abusé de ma confiance.

Sylvie se pencha vers elle, son regard brillant de malice.

— Alors… qu’en dites-vous ? On lui donne une petite leçon ?

Mei-Ling rit, enthousiaste.

— Avec plaisir !

Elles échangèrent un regard complice, comme deux alliées prêtes à en découdre.

— D’abord, on fait croire à Olivier qu’on est toujours fâchées, suggéra Sylvie, un sourire malicieux aux lèvres.

— Ensuite, on organise un dîner où on le laisse mijoter dans son remords, ajouta Mei-Ling, ses yeux pétillants de joie.

— Et enfin… (Sylvie sourit malicieusement) …on lui annonce qu’on a décidé de collaborer ensemble pour un projet secret.

Mei-Ling éclata de rire.

— Oh, il va devenir fou !

Et Sylvie lança un regard acéré aux environs.

— Ou toute autre plan diabolique que notre intelligence féminine aiguisée jugera nécessaire !

***

La Naissance d’une Amitié

Alors qu’elles sortaient de l’infirmerie, au petit matin, bras dessus, bras dessous, Sylvie se tourna vers Mei-Ling, son expression devenue plus douce.

— Au fait… vous comptez rester longtemps à Sylvaria ?

Mei-Ling sourit, touchée par cette question.

— Bien sûr. Ce programme d’échanges culturels est censé durer. Et peut-être… qu’on pourrait devenir amies ?

Sylvie rit, un son chaleureux et sincère.

— Amies ? Non. On sera bien plus que ça. On sera des complices.

Mei-Ling rit à son tour, sentant une chaleur réconfortante l’envahir.

— Complices, alors !

Pendant ce temps, le Prince Olivier était tristement accoudé au balcon des appartements privés du roi où il avait passé la nuit à discuter de la future marche à suivre concernant cette opération de contre-espionnage. De cette position élevée, il regardait souvent en direction de l’aile du palais qui abrite les services hospitaliers royaux. Il savait qu’elles s’y trouvaient encore.

Et tandis qu’il regardait, à la lueur du soleil levant, il les reconnut, tout en bas, au loin, qui marchaient le cœur léger vers le palais. Il les observait, bouche bée.

— Mais… elles rigolent ?! Après tout ce qui s’est passé ?!

Derrière lui, le roi apparut, un sourire amusé aux lèvres.

— Mon cher Olivier… tu viens de te faire avoir par deux femmes intelligentes.

Olivier pâlit, réalisant soudain qu’il avait sous-estimé la ruse d’une princesse héritière sylvarienne et d’une beauté légendaire de la lointaine Cathay.

— Oh non…

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