73. La Randonnée Magique

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Le Grand Relais Royal

Le soleil levant dorait les collines verdoyantes de Sylvaria, tandis que les premiers rayons caressaient les tours élégantes du grand relais royal. Niché au cœur des vastes plaines, cet édifice tout à la fois majestueux et discret semblait être issu d’un conte de fées. Ses murs de pierre blanche, ornés de vitraux étincelants, reflétaient la lumière du matin, tandis que ses jardins luxuriants s’étendaient loin aux alentours pour finir par se fondre dans le paysage, parsemés de fleurs aux couleurs vives et d’arbres centenaires.

Au loin, l’Océan Infini baignait la côte sud de Sylvaria, ses vagues scintillantes venant mourir sur les plages de sable fin. L’air était empli du chant des oiseaux et du doux bruissement du vent dans les herbes hautes. C’était un lieu de paix et de beauté, où le temps semblait s’être arrêté.

***

L'Annonce de Mei-Ling

Mei-Ling entra dans la salle à manger où ses amis étaient attablés pour le petit-déjeuner. Un sourire malicieux aux lèvres, elle prit une profonde inspiration avant d’annoncer :

— Aujourd’hui… nous allons faire une randonnée à dos de licorne.

Un silence stupéfait s’installa.

QUOI ?! Tu es sérieuse ?! s’exclama Sylvie en bondissant de sa chaise, les yeux brillants d’excitation.

— Absolument. J’ai tout organisé pour que nous puissions vivre cette expérience unique, confirma Mei-Ling en riant.

Sylvie, incapable de contenir sa joie, se mit à sautiller sur place comme une enfant.

— Oh, Mei-Ling, c’est le plus beau cadeau que tu pouvais me faire ! s’écria-t-elle en la serrant dans ses bras.

Sibylle, soucieuse de l’étiquette, tenta de rappeler Sylvie à l’ordre.

— Votre Altesse, une princesse doit garder sa dignité…

— Je ne suis plus une princesse, Sibylle. Aujourd’hui je suis une petite fille ! rétorqua Sylvie en riant

Un éclat de rire général résonna dans la pièce, laissant Sibylle interdite, mais amusée malgré elle.

— Trois licornes seulement sont disponibles aujourd’hui finalement, annonça Mei-Ling. Mais comme nous sommes cinq, je propose que ceux qui le souhaitent prennent un cheval.

Margot, courageuse mais pas téméraire, leva la main immédiatement.

— Je prends un cheval. Les licornes sont magnifiques, mais je préfère les chevaux. Ils sont plus prévisibles, déclara-t-elle avec un sourire.

Sibylle, quant à elle, hocha la tête avec gratitude.

— Je me joins à Margot. Je ne suis pas certaine de pouvoir gérer une licorne. Les chevaux me conviennent parfaitement.

Mei-Ling sourit, satisfaite de leur décision.

— Parfait. Flamme et Long pourront rester jouer. Ils ont quartier libre pour la journée ! Les dragons, même nains, ne font pas bon ménage avec les licornes.

***

La Présentation aux Licornes

Le guide les mena jusqu’à une clairière baignée d’une belle lumière, où trois licornes les attendaient, immobiles et majestueuses. Leur présence était si intense qu’elle semblait remplir l’air d’une énergie palpable. Leurs yeux, profonds et sages, semblaient contenir des siècles de connaissances, et leur regard était à la fois doux et pénétrant, comme s’ils voyaient bien au-delà des apparences.

***

La Licorne de Sylvie : Éclat de Lune

La première licorne, celle qui captiva immédiatement Sylvie, était d’un blanc éclatant, presque irisé sous les rayons du soleil. Sa crinière, longue et soyeuse, cascadait comme de la soie argentée, parsemée de reflets nacrés qui semblaient changer de couleur selon l’angle de la lumière. Sa corne, fine et élancée, luisait d’un éclat bleuté, comme si elle était taillée dans un cristal lunaire. Elle se dressait fièrement au centre de son front, courbée avec une grâce parfaite, comme un croissant de lune figé dans le temps.

Dès que Sylvie s’approcha, la licorne la fixa avec une curiosité tranquille. Ses yeux, d’un bleu profond et mystérieux, semblaient contenir des étoiles. Sylvie sentit une chaleur étrange l’envahir, une sensation de paix et de bien-être qui semblait émaner de la licorne elle-même. La licorne renifla ses doigts avec une douceur infinie, et Sylvie eut l’impression que sa corne vibrait légèrement, comme si elle émettait une mélodie inaudible. Puis, d’un mouvement gracieux, elle inclina la tête, acceptant Sylvie comme cavalière. Un sourire radieux illumina le visage de la jeune femme.

***

La Licorne de Mei-Ling : Brume d’Argent

La deuxième licorne, celle qui attira Mei-Ling, était d’un gris argenté, comme si elle était tissée de brume matinale. Sa crinière, épaisse et soyeuse, tombait en boucles douces, pareille à de la laine d’argent, et semblait absorber la lumière du soleil pour la restituer en un halo éthéré. Sa corne, plus large et plus courte que celle de la licorne de Sylvie, était d’un gris perlé strié de veines dorées, comme si elle était sculptée dans un métal précieux. Elle se dressait avec une noblesse tranquille, comme un symbole de sagesse ancienne.

Mei-Ling s’avança, le cœur battant. La licorne grise la regarda avec une attention particulière, comme si elle percevait quelque chose de spécial en elle. Mei-Ling sentit une présence presque physique, une force qui semblait émaner de la licorne et l’envelopper tout entière. C’était une sensation à la fois apaisante et troublante, comme si la licorne voyait au plus profond de son âme. La corne de la licorne semblait pulser doucement, comme si elle respirait au rythme de Mei-Ling. Mei-Ling ferma les yeux un instant, submergée par une vague d’émotions. Elle sentit des larmes couler sur ses joues, mais elle ne chercha pas à les essuyer. La licorne inclina lentement la tête pour accepter Mei-Ling et c’était comme si elle lui offrait une partie de sa sagesse ancienne.

***

La Licorne d’Olivier : Ombrageux

La troisième licorne hésita à accepter Olivier. Elle était d’un noir de jais, si profond qu’il semblait absorber la lumière. Sa crinière, épaisse et sauvage, tombait en mèches épaisses et rebelles, comme une nuit étoilée figée dans le temps. Sa corne, massive et imposante, était d’un noir d’encre strié de veines rouges, comme si elle était taillée dans de l’obsidienne. Elle se dressait fièrement, comme une épée prête à défendre son territoire.

La licorne noire regarda Olivier avec méfiance. Elle sentait en lui un homme formé pour la guerre. Olivier, conscient de cette réticence, prit une profonde inspiration et tenta de se calmer. Il posa une main sur son cœur et parla doucement, non pas avec des mots, mais avec des sentiments.

« Je ne suis pas ici pour combattre », pensa-t-il avec conviction. « Je suis ici pour partager ce moment avec Sylvie. Je te demande de m’accepter, ne serait-ce que pour elle. »

La licorne le regarda longuement, comme si elle pesait ses intentions. Olivier sentit une pression étrange, comme si la licorne sondait son âme. La corne de la licorne semblait vibrer légèrement, comme si elle percevait les émotions d’Olivier. Puis, après un moment qui lui sembla une éternité, la licorne inclina lentement la tête, acceptant Olivier comme cavalier. Une vague de soulagement et de gratitude submergea le prince, et il sentit une paix qu’il n’avait pas connue depuis longtemps.

Les trois licornes restèrent immobiles un instant, comme pour sceller un pacte silencieux.

Puis, Sylvie, Mei-Ling et Olivier montèrent sur le dos des licornes, sentant une connexion profonde et inexplicable avec ces créatures légendaires. Ils savaient qu’ils vivaient un moment rare, un instant de grâce qui resterait gravé dans leur mémoire pour toujours.

***

Le Départ

Une fois les présentations terminées, les licornes se mirent en route d’un pas lent et gracieux. Margot et Sibylle les suivirent à cheval, admirant la beauté des vastes prairies verdoyantes qui s’étendaient devant eux.

Sylvie, perchée sur sa licorne, semblait revivre. Elle riait, parlait à sa monture, prenait des selfies et parfois enserrait le cou de la créature entre ses bras et enfouissait son visage dans les poils soyeux de sa crinière. Elle profitait de chaque instant comme si c’était le dernier. Mei-Ling, quant à elle, restait silencieuse, encore bouleversée par l’expérience qu’elle venait de vivre. Olivier, lui, observait le paysage avec un nouveau regard, appréciant la paix que cette randonnée lui apportait.

Le matin était encore frais. Les créatures majestueuses semblaient savoir exactement où elles voulaient les emmener, et dès les premiers pas, elles prirent la direction des vastes plaines verdoyantes, loin des sentiers battus.

Margot et Sibylle, montées sur leurs chevaux, les suivirent à distance respectable. Les licornes, sensibles à la présence des équidés, semblaient tolérer leur compagnie, mais il était clair qu’elles préféraient garder leurs distances.

— Elles sont vraiment impressionnantes, murmura Margot en regardant les licornes s’éloigner avec grâce. On dirait qu’elles savent exactement où elles vont.

— Oui, acquiesça Sibylle. Et elles ne semblent pas pressées de nous attendre.

***

Les Péripéties de Margot et Sibylle

Alors que le groupe avançait, Margot et Sibylle eurent quelques difficultés à suivre le rythme des licornes. Leurs chevaux, bien que robustes, n’avaient pas la légèreté ni l’endurance des créatures légendaires.

— Attendez-nous ! cria Margot, alors que les licornes disparaissaient derrière une colline.

— Ils ne nous entendent même pas, soupira Sibylle en essayant de talonner son cheval pour le faire accélérer.

Finalement, après une bonne heure de poursuite maladroite, elles retrouvèrent le groupe dans une clairière paisible, où les licornes attendaient tranquillement.

— Vous en avez mis du temps, taquina Sylvie en souriant.

— Oui, désolée. Nos chevaux ne sont pas aussi rapides que vos montures magiques, répondit Margot en riant.

***

Le Pique-Nique Secret

Après s’être remis en chemin, vers midi les licornes les menèrent jusqu’à un bosquet d’arbres séculaires, dont les branches formaient une voûte naturelle, filtrant la lumière du soleil en une douce lueur dorée. Un petit ruisseau d’eau courante serpentait entre les herbes et les racines. C’était un endroit que seules les licornes semblaient connaître, un havre de paix loin de tout.

— C’est magnifique, murmura Mei-Ling en descendant de sa licorne.

Ils étalèrent une couverture et sortirent les provisions que Mei-Ling avait soigneusement préparées. Le repas fut simple, mais délicieux : des fruits frais, du pain croustillant, du fromage et du vin léger. Ils mangèrent en silence, savourant la tranquillité de l’endroit et la présence apaisante des licornes.

Sylvie, allongée sur l’herbe, regardait les feuilles des arbres danser dans la brise et les licornes aller boire de temps à autres.

— On dirait que le temps s’est arrêté, dit-elle doucement.

— C’est exactement ce que je ressens, répondit Olivier en souriant.

***

L’Escapade Silencieuse

L’après-midi fut une succession de moments d’émerveillement et d’introspection. Les licornes les menèrent à travers des paysages variés : des prairies fleuries, des ruisseaux cristallins, des forêts mystérieuses. Chaque pas semblait les rapprocher d’une harmonie profonde avec la nature.

Sylvie, toujours aussi enthousiaste, ne cessait de s’extasier devant chaque nouvelle découverte.

— Regardez cette fleur ! Elle brille presque ! s’exclama-t-elle en montrant une fleur bleue aux pétales délicats.

Les licornes ne se contentaient pas de guider leurs cavaliers. Elles s’arrêtaient parfois, tournant la tête avec une curiosité manifeste vers un détail du paysage : une fleur rare éclose au bord du chemin, un arbre centenaire aux racines noueuses, ou même un rayon de soleil filtrant à travers les feuilles. Leurs yeux, si profonds et intelligents, semblaient contempler ces merveilles avec la même attention que leurs cavaliers.

Sylvie, remarquant cela, ne put s’empêcher de sourire.

— Regardez, murmura-t-elle en montrant une licorne qui penchait la tête vers une marguerite sauvage. On dirait qu’elle l’admire autant que nous.

Mei-Ling observa la scène avec un mélange d’émerveillement et de fascination.

— Elles ne sont pas juste des animaux. Elles voient le monde différemment… comme si chaque détail avait une importance, réfléchit-elle à voix haute.

Olivier, habituellement si réservé, hocha lentement la tête.

— Elles sont conscientes. Pas comme nous, mais d’une manière qui leur est propre.

Les licornes, comme si elles avaient entendu leurs pensées, levèrent la tête vers eux, leurs regards croisant les leurs dans un échange silencieux. Puis, satisfaites, elles reprirent leur marche, guidant le groupe vers de nouvelles découvertes.

Mei-Ling, quant à elle, restait silencieuse, absorbée par ses pensées. La journée était si intense émotionnellement qu’elle avait besoin d’un moment de calme pour assimiler tout ce qu’elle avait vécu.

Olivier, lui, semblait transformé. La présence de la licorne noire avait apaisé quelque chose en lui, une tension qu’il portait depuis longtemps.

— Je ne me souviens pas de la dernière fois où je me suis senti aussi en paix, avoua-t-il en regardant l’horizon.

***

Le Coucher de Soleil et la Baignade Nocturne

Alors que le soleil commençait à descendre à l’horizon, les licornes commencèrent l’ascension d’une vaste colline herbeuse. Tout en gravissant ses pentes, ils pouvaient voir l’Océan Infini scintiller au loin sur leur gauche, ses vagues venant mourir sur les plages de sable fin. Le ciel était teinté de nuances de rose, d’orange et de violet, créant un spectacle à couper le souffle.

— C’est le plus beau coucher de soleil que j’aie jamais vu, murmura Sylvie, émue.

— Oui. C’est comme si le monde entier retenait son souffle, acquiesça Mei-Ling.

A la nuit tombée, les licornes atteignirent le sommet entièrement dégagé de la grande colline. Et là, occupant le vaste espace plat du sommet était niché un grand lac cristallin. L’eau était si claire et si calme qu’elle reflétait parfaitement la lune et les étoiles, créant un miroir magique. Le paysage qui s’offrait à eux était à couper le souffle. Au loin, sur toute une moitié de l’horizon l’Océan Infini scintillait sous la lumière argentée de la lune, tandis que les nuages passaient doucement dans le ciel limpide.

— C’est incroyable, souffla Sylvie, émerveillée.

Sylvie, Mei-Ling et Olivier descendirent de leurs licornes et c’est alors qu’ils aperçurent, loin en contrebas à la lumière de la lune, Margot et Sibylle, assises sur un rocher plat, leurs chevaux broutant tranquillement à proximité. Elles avaient décidé de s’arrêter avant le sommet, visiblement épuisées, préférant attendre que le groupe admire le paysage depuis les hauteurs.

Sylvie, Mei-Ling et Olivier leur firent de grands signes silencieux, sentant l’importance de respecter la tranquillité de l’endroit. Margot et Sibylle leur répondirent de la même manière.

Ils se retournèrent vers le lac, comme attirés par une force invisible.

— Allons nous baigner, suggéra Sylvie après un moment d’hésitation en commençant à retirer ses vêtements.

Mei-Ling et Olivier la regardèrent, puis échangèrent un regard complice. Sans un mot ils firent de même. L’eau était fraîche, limpide et revigorante, et ils nagèrent en silence, savourant la sensation de liberté et de pureté.

Chacun d’eux suivit le cours de ses propres pensées, plongé dans une introspection silencieuse. Sylvie nagea lentement, sentant l’eau caresser sa peau. Mei-Ling flottait sur le dos, les yeux levés vers le ciel, tandis qu’Olivier restait immobile, laissant l’eau apaiser son âme.

C’était une expérience personnelle, intérieure, comme si le lac leur offrait un moment de purification et de réflexion. Aucun d’eux ne parla, de peur de briser la magie de l’instant.

***

Le Retour au Relais Royal

Après un moment de silence partagé, ils sortirent de l’eau et se rhabillèrent lentement, comme à regret. Les licornes, toujours aussi attentives, semblaient les observer avec une douceur particulière, comme si elles comprenaient la tristesse de quitter cet endroit enchanté.

— C’est incroyable, murmura Olivier en regardant une dernière fois les étoiles se refléter dans l’eau. On dirait que nous sommes seuls au monde.

Ils remontèrent sur le dos des licornes, qui les ramenèrent doucement vers le bas de la colline, où Margot et Sibylle les attendaient. Les deux femmes ne semblaient pas avoir remarqué leur absence prolongée, et elles les accueillirent avec des sourires fatigués mais heureux.

— Vous avez profité de la vue ? demanda Margot en souriant.

— Oui, répondit simplement Sylvie, un sourire énigmatique aux lèvres.

— C’était magnifique, ajouta Mei-Ling, sans donner plus de détails.

Olivier hocha la tête en silence, comme s’il gardait précieusement ce moment pour lui.

Le retour fut silencieux, chacun perdu dans ses pensées, savourant les derniers instants de cette journée hors du temps.

Lorsque les licornes les quittèrent enfin devant le relais royal, ils descendirent de leurs montures avec une gratitude profonde. La nuit était très avancée et l’aurore ne tarderait pas à poindre.

— Merci, murmura Sylvie en caressant la crinière de sa licorne.

Les licornes inclinèrent la tête en guise d’adieu, puis disparurent dans la nuit, laissant derrière elles un groupe transformé, émerveillé, en paix.

— Allons nous coucher, suggéra Mei-Ling en bâillant. Je crois que nous avons tous besoin de repos.

Ils montèrent les escaliers en silence, chacun portant en lui les souvenirs de cette journée magique. Une fois dans leurs chambres, ils s’endormirent rapidement, bercés par les étoiles et les rêves, pour vivre une nuit comme ils n’en avaient jamais passée.

***

Un séjour hors du temps

Le lendemain de leur randonnée magique, aucun d’eux ne se leva avant la fin de la matinée. La nuit avait été profonde, peuplée de rêves étranges et apaisants, comme si leurs esprits avaient besoin de digérer les émotions intenses des jours précédents.

Ils passèrent là une dizaine de jours, savourant chaque instant de cette parenthèse enchantée. Ils firent d’autres randonnées, parfois à cheval, parfois à dos de licorne, et parfois à pied, redécouvrant les paysages avec un regard neuf. Sylvie, Olivier et Mei-Ling retrouvaient leurs montures du premier jour, comme si un lien invisible les unissait désormais.

Les journées s’écoulèrent dans une douce torpeur. Ils passèrent des heures sur les grandes terrasses du relais royal, à regarder l’Océan Infini au loin, les nuages entrainés doucement vers l’ouest. Ils échangèrent beaucoup, parlant d’eux, de leurs projets, ou de toute chose dont ils ressentaient l’envie.

Mei-Ling, cependant, gardait pour elle la nouvelle de son départ prochain pour Cathay. Elle ne voulait pas attrister ses amis et ternir ces moments. Elle le leur dirait plus tard, une fois rentrés.

Flamme et Long, quant à eux, profitaient de tout cela à leur manière. Ils exploraient les alentours, jouaient dans les jardins, cherchaient de nouvelles espèces de papillons après lesquels courir, et se reposaient au soleil, ravis de cette escapade loin de leur routine habituelle.

***

Le Retour

Puis vint le moment du départ. Ils reprirent les grands véhicules autonomes et firent le chemin en sens inverse, traversant les plaines verdoyantes, les vallées et les forêts mystérieuses qu’ils avaient tant aimées.

Dans le véhicule, le silence était paisible, chacun perdu dans ses pensées. Sylvie regardait par la fenêtre, un sourire aux lèvres, revivant en esprit les moments magiques qu’ils avaient partagés. Olivier, lui, semblait plus serein qu’il ne l’avait été depuis longtemps, comme si cette aventure avait apaisé quelque chose en lui. Mei-Ling, assise près de lui, observait discrètement ses amis, le cœur un peu triste à l’idée de bientôt les quitter.

***

Les Impressions de Chacun

— Je ne sais pas comment te remercier, Mei-Ling. Cette randonnée… c’était plus qu’un simple voyage. C’était une révélation, murmura Sylvie en se tournant vers elle.

Mei-Ling sourit, les yeux brillants.

— Je suis heureuse que tu aies aimé, Sylvie. C’était important pour moi de vous offrir ce moment.

Olivier, d’habitude si réservé, hocha la tête en signe d’accord.

— Oui. Merci, Mei-Ling. Je ne pensais pas que cela me toucherait autant. Mais c’était… nécessaire.

Mei-Ling sentit une boule se former dans sa gorge. Elle savait qu’elle allait leur manquer, et eux aussi.

— C’est vous qui avez rendu ce voyage spécial. Sans vous, ce ne serait pas la même chose, répondit-elle simplement.

Margot et Sibylle, assises à l’arrière du véhicule, échangèrent un regard complice.

— Nous aussi, nous vous remercions, dit Margot en souriant. C’était une expérience unique. Même si nous n’avons pas eu la chance de monter sur des licornes, nous avons adoré chaque instant.

Sibylle hocha la tête, un sourire rare aux lèvres.

— Oui. C’était… apaisant. Et inspirant.

Flamme et Long, allongés, semblèrent sentir l’émotion qui régnait dans le véhicule. Flamme posa sa tête sur les genoux de Sylvie, tandis que Long ferma les yeux, et posa la sienne sur les pieds de la princesse comme s’il savourait les souvenirs de ce séjour.

***

La Promesse

Alors que le véhicule approchait de la capitale, Mei-Ling prit une profonde inspiration.

— Promettez-moi une chose. Promettez-moi de revenir ici un jour. Ce lieu… il a quelque chose de magique. Il mérite d’être redécouvert, dit-elle en regardant ses amis.

Sylvie, Olivier, Margot et Sibylle hochèrent la tête.

— Promis, répondirent-ils en chœur.

Et tandis que le véhicule franchissait les dernières collines, ils savaient qu’ils emportaient avec eux des souvenirs qui resteraient gravés dans leur mémoire pour toujours.

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