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Il parait qu'il y a plusieurs phases à un deuil, je ne suis pas certaine que ce soit vrai, le deuil n'a ni phase, ni fin.
C'était le 10 novembre 2024, nous devions aller manger chez ma mère, ma très chère maman. Je sonne, je toque à la porte, je frappe au volet, rien ce qui n'était absolument pas normal. D'habitude, j'ai à peine le temps de sonner que la porte est déjà grande ouverte et son petit sourire en coin caché derrière la porte me rempli toujours le cœur de joie. J'ai tout de suite compris que quelque chose clochait, j'ai couru chez moi pour aller chercher la clé de sa maison, mais en vain, madame avait laissée sa clé dedans, impossible d'ouvrir. Je ne cherche pas à comprendre, ni une ni deux, je rentre chez elle en forçant la porte de sa cuisine. Et là, je découvre l'horreur qu'une enfant ne devrait pas voir, le corps inerte de sa mère, bouche ouverte sur son canapé. Je me mets à hurler de toutes mes forces, pour que le monde entier me vienne à l'aide, mais il était trop tard, elle n'était déjà plus là, je l'ai senti dès que mes mains chaudes se sont posées sur ses mains froides et raides.
Les pompiers et le Samu sont arrivés très vite, mais malgré un acharnement d'une heure sur ma pauvre petite maman, ils se sont résignés et m' ont annoncé cette phrase qui résonne encore dans ma tête " On a tout essayé, mais on ne peut plus rien pour elle malheureusement ''.
Ma mère est morte,et moi à 28 ans, je me retrouve orpheline, mes deux parents décédés d'une même cause, le cancer. Nous sommes en juillet désormais, et maintenant que papa et maman repose au même endroit, je passe mes journées à penser à eux, la nuit, je rêve d'eux, j'entends le rire de ma mère, je revois des scènes dans lesquelles elle rigole aux éclats, des scènes banales pour certains mais qui pour moi fait tout ce qu'il me reste d'eux.
Malheureusement, ce traumatisme vient se rajouter à beaucoup d'autres dont je parle dans plusieurs autres écrits, ce qui me fait désormais souffrir d'un trouble de la personnalité limite, autrement appelé BORDERLINE. Je suis une bombe à retardement, le moindre petit grain de sel peu déclenché une montagne émotionnelle chez moi dorénavant, et je vous écris d'un institut psychiatrique parce que oui ma maman et mon papa sont mort, mais je suis morte avec eux, et c'est un sentiment que je ne souhaite à personne, perdre ses parents, c'est comme perdre son âme, comme perdre une partie de sois, la meilleure partie.

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