Chapitre 40 - Villa Maria venait officiellement d’entrer dans une zone de turbulences hormonales majeures
Chapitre 40 — Villa Maria venait officiellement d’entrer dans une zone de turbulences hormonales majeures
Le petit déjeuner à Villa Maria ressemblait déjà habituellement à un sommet de l’ONU organisé par des gens sous surf, caféine et traumatismes affectifs mal refermés.
Mais ce matin-là…
c’était encore pire.
Ricardo faisait des œufs en insultant le grille-pain en portugais.
Tiago roulait un joint monumental avec la concentration d’un chirurgien cardiaque.
Alex mangeait des pancakes avec du sirop, des céréales ET des bonbons en même temps comme un enfant américain abandonné dans un supermarché.
Et Luna…
Luna buvait son café en regardant Emmanuel réparer tranquillement sa board près de la piscine.
Le soleil tapait déjà fort. La maison sentait : le café, la wax, la crème solaire, et vaguement le chaos.
Puis soudain…
Alex se figea.
Complètement.
Le pancake suspendu au milieu du mouvement.
Silence.
— Oh. Mon. Dieu.
Ricardo leva les yeux.
— Quoi encore ?
Alex pointait maintenant l’entrée de Villa Maria avec le regard d’un homme venant d’apercevoir une apparition divine fiscalement très dangereuse.
— Missile entrant. murmura-t-il.
— Missile entrant.
Emmanuel, de dos, continuait tranquillement à remettre ses dérives.
— Encore une de tes analyses hormonales américaines ?
— BRO. Alex se leva lentement.
— Cette fois on est sur une situation classée défense nationale.
Puis…
elle apparut.
Blonde.
Immense sourire.
Lunettes de soleil. Mini short. Débardeur blanc. Énergie générale de bombe nucléaire élevée dans une université américaine avec option cheerleader et destruction émotionnelle involontaire.
Même Ricardo posa sa fourchette.
— Ah ouais…
Tiago retira lentement son joint de sa bouche.
— OBRIGADOOOO… Il regardait déjà la scène comme un réalisateur découvrant enfin son actrice principale.
— Marc dorcel va me donner de l’argent.
La blonde arriva devant la terrasse avec un sourire gigantesque.
— Hiiiiii ! Elle leva les bras.
— Oh my God this place is AMAZING !
Silence collectif.
Puis :
— Hi everybody ! Moi c’est Nikki ! Je suis américaine ! Pennsylvaniaaaa !
Alex regardait maintenant Ricardo avec les yeux d’un homme religieux vivant son premier miracle.
— Frère… Il posa une main sur son cœur.
— Je comprends enfin pourquoi les Romains ont envahi des pays.
Même Luna venait de retirer lentement ses lunettes de soleil.
Ah.
Très mauvais signe.
Parce que Luna analysait maintenant Nikki exactement comme une lionne observe une autre femelle entrer dans son territoire.
Nikki continuait de parler avec l’énergie d’un golden retriever sous Red Bull.
— You guys surf ? Oh my God I LOVE surfing. Well… She éclata de rire. — I mostly fall beautifully but still.
Alex semblait déjà prêt à lui proposer :
— le mariage, trois enfants et probablement un abonnement Netflix familial.
Puis Nikki tourna finalement la tête vers Emmanuel.
Et là…
petit bug système immédiat.
Parce qu’Emmanuel, lui…
s’en battait royalement les couilles.
Le type était toujours accroupi près de sa board. Concentré. Calme. En train de remettre ses dérives comme un vieux shaper japonais ayant dépassé les pulsions terrestres.
Et honnêtement ?
C’était probablement la pire stratégie possible.
Parce que Nikki venait instantanément de repérer exactement le seul homme qui ne lui sautait pas dessus avec les yeux.
Erreur fatale.
Elle s’approcha immédiatement.
— Hiiii ! Elle regarda la board.
— Oh wow… You repair your own board ?
— Oui.
— That’s hot.
Silence absolu.
Ricardo tomba littéralement de sa chaise.
Alex regardait maintenant Emmanuel avec le désespoir d’un homme trahi par l’univers.
— BRO. Il leva les mains.
— THIS IS RACISM AGAINST NICE PEOPLE.
Luna, elle…
ne riait plus du tout.
Pas méchamment.
Pire.
Elle observait.
Très calmement.
Le regard d’une femme prête à découper quelqu’un en morceaux émotionnels si nécessaire.
Puis Nikki retira son short.
Et plongea directement dans la piscine.
Ah.
Villa Maria explosa mentalement.
Parce que oui…
la femme était officiellement une arme biologique.
Même Tiago murmura :
— Seigneur Jésus protégez mon cinéma intérieur…
Tous les mecs étaient maintenant autour de la piscine comme des dauphins émotionnellement faibles.
Tous.
Sauf Emmanuel.
Toujours sur sa board.
Et c’est précisément ce qui détruisait Nikki psychologiquement.
Elle riait avec Alex maintenant. Le grand Américain faisait déjà le show complet. Saltos dans la piscine. Blagues. Muscles. Bonbons.
Et Nikki adorait ça.
Mais toutes les trente secondes…
elle regardait discrètement Emmanuel.
Qui lui ?
ponçait tranquillement sa board avec l’énergie sexuelle d’un comptable zen.
Luna voyait absolument tout.
Évidemment.
Puis soudain…
Emmanuel se leva.
Disparut dans la cuisine.
Et revint avec un énorme bol de framboises.
Alex fronça les sourcils.
— Bro what are you doing ?
Emmanuel posa simplement le bol entre Nikki et Alex.
Puis :
— Nouveau jeu. Celui qui rate la bouche boit.
Silence.
Puis Nikki sourit lentement.
Oh non.
Très mauvaise idée.
Cinq minutes plus tard…
Villa Maria ressemblait à une publicité interdite dans plusieurs pays conservateurs.
Alex était allongé sur son transat pendant que Nikki lui lançait des framboises dans la bouche en riant comme une folle.
Raté.
Framboise dans le cou.
Tout le monde hurlait.
Puis Alex tenta.
Direct dans le décolleté.
Explosion générale.
Même Sofia riait maintenant avec sa cigarette.
— Cette maison va finir dans un rapport gouvernemental.
Tiago filmait absolument tout.
— OBRIGADOOOO ! Il pleurait de rire.
— LE CINÉMA EST VIVANT !
Et au milieu de tout ça…
Emmanuel regarda discrètement Luna.
Qui le regardait déjà.
Petit silence entre eux.
Puis elle secoua lentement la tête avec un sourire dangereux.
Le regard exact d’une femme disant silencieusement :
“Toi… on va régler ton cas plus tard.”

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