Still full of hate

2 minutes de lecture

Dans les couloirs, dans les chemins, sur les terrains dans les bassins, je retrouve mon ange gardien : la haine.

Mais ce n'est pas tellement triste, pas tellement malheureux, ce n'est pas le néo-nazisme !

C'est l'ancien nazisme, ou l'ancien communisme celui de Staline, ou le trumpisme, ou l'europisme, ou peut-être même un peu le pccisme.

En fait c'est un peu là où il y a le pouvoir, donc la vie, la force, ce qui m'intéresse finalement dans ce monde.

Parce qu'on peut bien faire des tartines sur les jolies fleurs, ou sur je ne sais quoi dont je me fous bien, mais enfin finalement c'est toujours la haine qui a raison.

Je m'en rends compte, et je ne suis pas le seul, et je vois bien qu'il y en a qui luttent, et je m'en fous et j'en rigole, et je les vois pleurer, et je les frappe, très brutalement, vicieusement, et je m'en vais.

Et puis après quoi ?

Si nous n'étions pas pleins de cette haine primordiale, nous ne serions pas nés.
Il faut être un bien drôle d'arsouille pour battre des milliards d'autres spermatozoïdes.
Et un bien beau salopard pour oublier les petits congolais dans les mines de coltan.
Pour oublier que nos vies d'occidentaux n'existent que grâce au tiers-monde que l'on pille si violemment.
Et que c'est bien comme ça, et que tant pis pour eux, et qu'il y aura toujours des esclaves, et que je mangerai toujours de la viande, et peut-être même que je mangerai quelques camarades si le destin me l'accorde.

Car finalement quoi, qu'est-ce donc que ce charabia ?

On voudrait dire qu'on est tous ensemble, tous des copains, tralali tralala.

Mais non.

Feu Alina avait bien raison, quelle hypocrisie, que de faux-semblants, et pourtant, et pourtant.

Et pourtant j'aime toujours lire, écrire, et rêver.

Et pourtant, malgré les haines et les cauchemars, je me surprends à aimer.

Et je crois que l'animal que je dévore, l'homme que je frappe, la femme que je baise, tous ceux-là ne m'en veulent pas.

Parce que l'amour ce n'est pas oublier l'horreur, c'est peut-être la considérer elle aussi, et apprendre à l'apprécier.

Parce que l'on torture des arabes à Abu Ghraib, on viole des femmes dans les rues de Paris, on séquestre des enfants à la campagne, et quoi d'autre ? Beaucoup d'affaires !
Mais finalement, notre monde, c'est aussi comme ça qu'on l'aime.

Alors merci Jeffrey Epstein, et merci à l'unité 731, parce qu'au final on est tous humains.

Et j'ajoute même : on s'amuse bien !

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 3 versions.

Vous aimez lire Léonard Maral ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à l'Atelier des auteurs !
Sur l'Atelier des auteurs, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscription

En rejoignant l'Atelier des auteurs, vous acceptez nos Conditions Générales d'Utilisation.

Déjà membre de l'Atelier des auteurs ? Connexion

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de l'Atelier des auteurs !
0