Chapitre 77 Mise à jour

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Voilà un moment que je n'ai pas écrit sur l'atelier. Plusieurs fois, j'en ai ouvert la page, vérifié les notifications, aimé les commentaires, mais sans réuissir à passer le cap de lire, interagir ou écrire.

En même temps, ces derniers temps ont été si remplis.

J'ai rompu avec ma chérie pour commencer. Samedi, une semaine avant samedi Saint, Pâques... Décision prise à deux.

Voilà six mois qu'elle partageait ma vie. Au cours de ces six mois, mon quotidien a été bouleversé. Mes parents ont appris que je n'étais pas uniquement attiré par les garçons et ont été choqués dans leurs convictions chrétiennes, philosophiques, hétéronormatives, ...

J'ai dû quitter le domicile familial, à tout juste 19 ans, pour vivre dans un logement d'urgence. C'était en octobre 2025. Puis, en novembre, mon médecin m'a mis en arrêt maladie pour dépression. J'ai commencé les traitements et la thérapie, et j'ai déménagé une deuxième fois, pour m'installer chez les parents de la jeune femme qui partageait ma vie.

Les mois ont passé. J'ai appris à prendre un peu mieux soin de moi-même. J'ai découvert que je ne me reconnaissais pas dans le genre qu'on m'avait assigné à la naissance.

Au fond, je l'avais toujours su : mon malaise au moment de la puberté, le rejet de mon prénom que je n'aime plus depuis longtemps, mon interrogation face au masculinisme et mon rejet des cases de la société, le sentiment de n'être jamais à ma place...

Je n'étais juste pas dans la situation où je pouvais me poser la question : est-ce que les cases dans lequelles on m'a mis me conviennent ? Comment est-ce que je désire vivre ma vie ?

Puis j'ai réalisé que je ne me reconnaissais pas non plus dans la monogamie et que ça avait toujours été le cas, mais que je m'étais forcé à intégrer une relation exclusive parce que je n'assumais pas ce côté de mon identité, persuadé que j'étais simplement instable.

Six mois de souvenirs incroyables, d'amour partagé, mais aussi six mois à rejeter mes sentiments pour d'autres, sans même en parler à ma psychologue à qui je raconte pourtant tout.

Le poids que je mettais sur moi-même à finig par devenir trop lourd et la conversation éludée à chaque dispute, chaque doute, est devenue inéluctable.

"On rompt alors ?"

"Je suppose... C'est pour toi que ce n'est pas possible..."

Troisième déménagement. C'est un grand mot. Weekend à l'hôtel, puis trois jours à appeler le 115 pour être mis en abri de nuit, enfin chambre d'urgence au foyer des jeunes travailleurs.

Quelques semaines ont passé. Près d'un mois. Pas aussi compliqué que je l'aurai pensé. Cette rupture m'a plus libéré d'un poids qu'autre chose. J'ai commencé à sortir, voir des gens, me faire des amis, des amants, avoir des projets...

Puis jeudi dernier...

7h30 du matin. Je quitte le foyer pour me rendre à la gare. J'ai une heure de train pour me rendre d'Auxerre à Sens, pour rencontrer ma psychiatre en direct pour la première fois.

J'arrive au rond point du pont. Ce dernier est entouré de quatre passages pour piéton. Je dois en emprunter deux différents. Je passe le premier.

Je m'arrête au deuxième. Une voiture au loin, mais elle m'a vu, elle va ralentir et me laisser passer, c'est la loi. J'ai le permis, je fais toujours mes vérifications à droite et à gauche.

J'avance. Un brouillard blanc. Le choc. Je tombe. La douleur.

Je me suis fait percuter par la conductrice qui 'aveuglée par le soleil' ne m'a pas vu. Ma jambe est cassée, j'en suis sûr, ça fait trop mal. Et ma tête aussi. Où est mon téléphone ? Mon sac ? Mon casque ? Est-ce qu'ils sont cassés ?

"Ne bougez pas, vous saignez de l'oreille, je vais vous maintenir la tête."

"Je suis pompier, le SMUR arrive, vous allez bientôt être pris en charge et ne plus souffrir."

"Je suis infirmière. Vous avez froid ?"

Quelques heures plus tard, aux urgences, le verdict tombe, rassurant : une double fracture du tibia, démise, opérable. Pas de traumatisme crânien, ni d'autres blessures graves. De gros bleus et une main contusionée.

Je suis opéré le soir même à 18h30. Quatre cicatrices, une vingtaine d'agrafes, une longue barre et deux vis pour la vie. 3 mois sans poser le pied par terre et au moins 6 mois de rééducation.

Génial.

L'hôpital, pas enchanté à l'idée de devoir gérer ma situation sociale, me fait rejoindre mon logement d'urgence, au deuxième étage, en plein weekend, pas du tout adapté à ma situation.

Dimanche, je lance un sos à une amie docteure dans un hôpital en côte d'or. Elle m'y fait transférer dès le lendemain. Depuis je me remets tranquillement, la douleur reflue peu à peu et on prend très bien soin de moi.

C'est une mise à jour courte et concise du chaos qui s'est amusé à prendre le contrôle de ma vie ces dernières semaines. J'écrirai certainement de façon plus détaillée sur chaque évènement cité ici, parce qu'il y a beaucoup à dire.

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