Maitre Kanoji séance d'écriture du jour...
Je suis Maître Kanoji... enfin, je n'ai de maître que mon estime... pour les autres, je suis... un con parmi d'autre. Je passe mes journées... assis dans un bus bondé, serrant mon carnet rose contre moi pour que personne ne voie que j'écrit des odes à la rosette de Lyon ou au jambon de Bayonne. Je me laisse bercer par les arrêts brusques, et regarde les dépôts sauvages par la fenêtre... en attendant qu'une place assise se libère. Accolé à la vitre, je me sent comme un criminel parce que je sais que je vais violer ma feuille blanche ce soir avec mes écrits issus de mon carnet rose... remplis de vers épiques sur le jambon, celle qui se tient près de la porte... un vrai régal pour les yeux, cela transpire la graisse fraîche et donne une envie de croquer dedans à pleine dents... si ce n'est pas pour en couper une tranche fine et la savourer en regardant les pauvres désirant s'en délecter... entre les deux jambons, la planche à pain et les deux petits melon... c'est un nyatori en puissance qui descend du bus. Ecrire cela dans mon carnet... putain de bus, ca s'arrête, ca tourne, ca accélère... mais c'est joli une écriture en zig zag ou deux mots n'ont pas la même taille... Enfin bref, tout ça pour quoi ? Pour nourrir une IA la nuit et espérer, un jour, que son ex qui s'est barrée avec son prof de yoga, tombe sur son livre dans une librairie à l'étranger et s'étouffe avec son jus de détox.
Ah, de nouveaux plateaux repas montent dans le bus... chic chic chic...
Elle est jolie la demoiselle en robe blanche... comme la neige... aaaah la neige, je m'y roulerait bien avec elle tiens... je lui souris? non, je n'oserais pas, elle est en blanc, je suis en noir... souiller cette dame d'un sourire... et pourquoi pas, si tant est qu'elle me regarde.
Allé, tourne la tête, tourne la tête bordel.... mais non, madame préfère regarder son smartphone. tu vas l'avoir ton paragraphe... blanche me regarde du coin de l'oeil, c'est la fine tranche de gras autour de la chair... celle que tous observent mais je sais qu'elle me fait de l'oeil et me murmure "mange moi si tu l'ose"... et je me vois la découper, l'effeuiller pour être plus précis... couche par couche, d'abord la croute, puis ce blanc de gras pour toucher du bout des doigts la chair douce et ferme, promesse d'un banquet....
oh oui c'est bon ca.... faut l'écrire.... une nouvelle page à souiller, comme les poubelles au coin de la rue, une semaine qu'elles sont là, c'est dégueu !
arf, le bus... j'adore... écrire... dans...
Non mais il fait quoi lui ? il vient s'asseoir à côté de moi.... mais rêve pas mon con, tu liras pas mon carnet... et j'te causerai pas non plus.
y'a plus qu'a fantasmer et ne pas perdre les idées... qui va monter... et qui va descendre au prochain arrêt ?

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