Cauchemar

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Les doigts crispés sur les draps, je m’étais redressée le corps douloureux, le souffle court.
Mes cheveux étaient désagréablement collés sur mon front.
Le goût aigre de la bile me brulait la gorge.


D’une main fébrile, j’essuyais les larmes glissant sur mes joues.
Le tic-tac de l’horloge mural était insupportable, martelant mes tempes comme un marteau cognerait une enclume.


Me levant, je rejoignis à tâtons la porte de notre chambre. N’osant allumer la lumière.
Je ne me souvenais pas de mon cauchemar, mais il était là. Présent. Sourd et pesant.
Atmosphère lourde et pleine de menaces.


Ma gorge était nouée et chaque mouvement était un supplice.
Lentement, je tournais le bouton de la porte. Ne pas faire de bruit.
Implicitement je sentais qu’il s’agissait d’une question de survie.


Je tentais de me raisonner. Ce n’était rien. Rien qu’un mauvais rêve, dont je ne gardais pas même le souvenir. Juste une impression.
J’étais une adulte. Mais alors pourquoi ne parvenais-je pas à reprendre pied ?


Dans l’escalier, seulement éclairé par le témoin de l’alarme, j’entendis un bruit au rez-de-chaussée.
Y’avait-il quelqu’un ? Qui ? Ma mémoire me faisait défaut. Et j’avais si mal à la tête.


Le ventre noué, l’esprit embrumé, marche après marche, je descendais avec prudence.
De la cuisine émanait une lumière blafarde. Trop forte.


Déglutissant, je m’avançai prudemment, une main plaquée sur ma bouche pour retenir si nécessaire mon cri. Ma lèvre inférieure était douloureuse. J’avais dû me la mordre dans mon sommeil.


Un homme gigantesque vêtu d’un simple bas de jogging me tournait le dos. Fouillant le frigidaire.
Avec une lenteur irréelle, il se tourna vers moi.


Deux petites billes noires et vicieuses me dardèrent. Un sourire cruel déforma ses traits.

« Ca y’est. Tu es réveillée ? »

La voix masculine était implacable. Froide et emplie de menaces.
Je tombais à genoux et ma main libre se porta machinalement à ma tempe où pulsaient les battements de mon cœur. Ce n’était pas de la sueur qui avait plaqué mes cheveux. Le sang poisseux tachait maintenant mes doigts.


Des images remontaient à la surface. Les coups, les cris, les pleurs.

« On va pouvoir reprendre notre petite conversation sur tes autorisations de sorties alors… »

Ses pas lourds annihilèrent la distance entre nous et sa poigne saisit brusquement ma tignasse, m’arrachant un gémissement que je tentais de contenir. Crier ne ferait qu’accentuer sa violence.

Supplier ne ferait que nourrir sa fureur.

Une gifle ouvrit la plaie de ma lèvre.

Le cauchemar ne faisait que commencer.

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