II

Une minute de lecture

Le claquement grave des maillons vibrait au-dessus des mâchoires du néant. La gangue de givre dessus les rendait dangereuses à enjamber ; passer d’une boucle à la suivante encore davantage. Se relever, plaquer son corps contre une glace affamée, prendre prise sur un centimètre d’une surface instable alors qu’en contrebas la chute assurée guettait avec impatience. La première moitié de distance traversée, il devenait nécessaire, en plus, de parcourir le pouvoir concentré des nuages de mana dans lesquels des étincelles de pure énergie jaillissaient à rythme régulier. La réussite hypothétique tenait plus qu’au talent ou la chance, le passage se soumettait aux caprices de la propriétaire de ce pont terrifiant.

Le destin sourit à ceux et celles qui atteignaient l’extrémité du château. Toute la splendeur contemplative de l’artificiel s’élevait en une falaise d’acier une fois arrivée sur la montagne flottante et le vortex hypnotique se masquait enfin au champ de vision. L’œil du cyclone maintenait les intempéries éloignées, néanmoins, ce lieu chargé d’une tranquillité inquiétante cachait un danger dissimulé. Une mort brutale attendait l’individu qui se hasardait à toucher un mur. D’incalculables squelettes gisaient à terre tel un avertissement : une sorcellerie implacable protégeait la construction. Son seul effleurement consumait la chair avant de drainer l’essence façonnant la vie.

Le chemin de roche glissante contournait la bâtisse. Son unique point d'accès se présentait sous la forme de portes titanesques aux gravures horrifiques d’antiques massacres perpétrés à l’encontre de peuples anciens. Une œuvre à l’ode de la destruction où les anges et démons, les esprits de la lumière et ceux des ténèbres sont engloutit par une silhouette féminine ailée à leur image. L’influence d’ordre et de chaos apaisée dans une parfaite quiétude dont les bienfaits profitent à présent aux espèces survivantes.

La barrière invisible se fendit. Les lignes mauves de magie circulèrent le long des sculptures pour se rejoindre à l’interstice au centre. Puis, dans un silence sépulcral, l’entrée accueillit la personne venue visiter. En s’introduisant dans le ventre de cette monstruosité synthétique, cette visite acceptait que son existence soit liée à jamais avec l’« Animarum arcis »… La citadelle des âmes.

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