Chapitre 7

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La vie continua ainsi pendant plusieurs semaines, Ophélie et Marina se retrouvant secrètement pour partager un instant de plaisir ou leurs corps s’entre-laçaient brièvement avant d’être arraché l’un à l’autre.

Ophélie qui au départ se sentait coupable vis à vis d’Adrien ne tarda pas se sentir jalouse, car il pouvait toucher Marina quand il voulait, il pouvait l’embrasser, la baiser à volonté et sans avoir à se cacher. D'ailleurs il ne s’en privait pas et Ophélie pouvait l’entendre jouir d’elle presque tous les soirs.

Elle n’osait pas parler, après tout c’était elle la briseuse de ménage cette fois et elle s’était juré de ne jamais faire ça à une autre fille après ce qui s’était passé avec julien… Adrien n’était pas une fille, mais ça ne changeait pas vraiment les données de l’équation. Elle essayait de se convaincre qu’il ne méritait pas Marina, qu’il était un sale type, mais ses fantasmes se brisaient sur la réalité. Adrien était attentionné et il aimait Marina sans retenue. Même envers elle, il faisait preuve d’une amabilité à toute épreuve.

  • Marina, qu’est-ce que je suis pour toi ? fini par demander Ophélie un soir alors que ses doigts étaient encore humide du jus de son amante.

Elle frissonna sous la question.

  • Je ne sais pas vraiment, je ne me reconnais plus depuis qu’on à commencé à …

Le mot resta coincé dans les filets de son incertitude. Le silence se prolongea.

  • Je vais te dire ce que tu es pour moi si tu veux bien l’entendre.

Marina hocha la tête en fermant les yeux.

  • Ton absence m’est insupportable, je te veux à mes côtés pas juste pour le sex, mais aussi pour le reste. J’aurais jamais cru pouvoir être comme ça avec une fille, tu es mon exception.

Elle avait parlé vite, si elle avait ralentit elle n’aurait jamais eu le courage de terminer.

  • Tu es mon exception à moi aussi, mais ... Adrien, tu comprends qu’il n’a jamais rien fait pour mériter ce que je suis en train de lui faire, c’est un mec bien et il y en a peu comme ça.
  • Je sais, il mérite de recevoir le même amour qu’il donne et que ceux qui profitent de sa gentillesse comme moi soient aussi bien intentionnés à son égard. Si tu me dis que tu le veux, lui, plus que moi alors je vous laisse …

Les mots suivant lui râpèrent la gorge :

  • … avec tous mes vœux de bonheur.

Il y eut un long silence et son cœur aurait été déchiré si elle ne voyait pas sur le visage de Marina un doute profond, une incapacité à choisir entre deux choses qu’elle voulait. Alors elle repoussa la douleur et la peur.

  • Tu as besoin de réfléchir ?

Marina hocha seulement la tête.

Le soir, en entendant les bruits de baise provenant de la chambre voisine, elle respira calmement invoquant le souvenir de la main de Marina cette nuit-là dans le train ou elle l’avait sauvé avec sa gentillesse. Quand Adrien se mit à ronfler, elle entendit des bruits de pas feutrés dans le couloir. Son hôte entra dans la chambre toutes lumières éteintes. S’approchant à tâtons du lit elle murmura :

  • Ophélie, tu dors ?
  • Non, répondit l’intéressé sur le même ton.

Les draps furent soulevés et Marina se glissa sous la couette et vint se blottir contre son amie. Sentant la peau nue contre ses doigts, elle remarqua qu’elle était brûlante, comme enfiévrée. Ophélie, inquiète, posa sa main sur le front de la blonde. Elle se rassura rapidement son échauffement n’était pas lié à une quelconque maladie.

  • C’est la dernière fois que je ment à Adrien, asséna-t-elle.

Ophélie se sentit fondre de tristesse, les larmes lui montèrent aux yeux et brutalement son vieux réflexe de supplier revint à son esprit. Elle voulait revenir en arrière lui dire que finalement elle pouvait accepter de n’être que la maîtresse … ce qu’elle avait toujours fait avec julien ; mais pas cette fois. Ces sentiments n’étaient pas moins forts, ils étaient différents, plus sains. Elle n’avait pas besoin de posséder Marina pour exister, Marina ne représentait pas un statut social, ou un accomplissement à montrer au monde. Ce qu’elle ressentait pour elle c’était l’amour véritable, celui qui vous fait vouloir le bien de l’autre et si le bien de Marina c’était d’être avec Adrien et sans elle alors elle l'accepterait avec dignité. Elle pleurerait après.

  • Je vais tout lui dire demain et je vais lui dire que je le quitte, continua Marina, inconsciente, dans la pénombre, du trouble que la pause dans son discours avait causé à son amie.

Ophélie resta silencieuse, elle n’en croyait pas ses oreilles. Elle n’arrivait pas à réaliser aussi combien quelques mois aux côtés de Marina l’avait changé en profondeur.

  • Tu dis rien ? demanda la blonde anxieuse.
  • Si … si je suis là ! dit-elle maladroitement.

Elle prit la main de Marina et la fit glisser sur sa joue pour qu’elle puisse sentir ses larmes de joie.

  • Je n’ai pas encore d’appart pour t’inviter chez moi, ni d’argent ni de …
  • Je sais, coupa la blonde. Je te choisi à cause de ce que je ressens pour toi et aussi parce que j’ai passé ma vie à éviter les risques et que j’ai peur de mourir sans avoir jamais rien fait de ce que je voulais faire quand j’étais gamine.

Ophélie qui trouvait que son amie était un modèle de réussite tomba un peu des nues à cette déclaration et demanda :

  • Comment ça ?
  • Je voulais voyager, être libre, avoir une carrière hors du commun, mais j’ai rien fait de tout ça. J’ai choisi les études de droit car je pouvais les faire sans quitter la maison de mes parent. J’ai pris ce boulot de contrôleuse car c’était le premier que j’ai réussi à avoir. J’ai choisi Adrien car il avait l’air de m’aimait sincèrement et qu’il avait une situation stable, le plus loin ou je suis aller en dehors du boulot c’est Bordeaux et seulement pour un weekend … tu vois j’ai jamais pris une seule décision un peu audacieuse de ma vie.

Le temps s’écoulait paresseusement dans la chambre. Les murmures des deux femmes semblaient s'attarder dans l’air.

  • Tu as décidé de me prendre sur la table de ta cuisine, susurra Ophélie à son oreille.
  • La meilleure décision de ma vie, soupira Marina.

A ces mots Ophélie sentit la chaleur envahir tout son corps, ses mains glissèrent sur le corps brûlant de Marina et elle saisit ses seins à pleine mains. Son amante étouffa un gémissement d’aise alors qu’elle envoyait ses propres mains à l’assaut des ombres qui lui faisait face.

Rapidement les doigts d’Ophélie trouvèrent le chemin du sexe de Marina. Sa vulve était encore humide de son ébat précédent avec Adrien et le fluide qu’elle découvrit à l’intérieur était sans doute un mélange d’homme et de femme. Ophélie se délecta à cette pensée et profita de l’état de son amante pour l’explorer en profondeur. Leurs bouches étaient comme cousues l’une à l’autre par un fil de passion.

Deux doigts dans la cavité s’agitaient furieusement pendant qu’un pouce avisé titillait le petit noyau intime. De son côté, elle n’était pas encore aussi avancée dans la jouissance, Marina se contentait donc de glisser ses doigts le long de sa vulve.

L’orgasme secoua la blonde qui ondulait furieusement sous les caresses pressantes. Ophélie l’attira contre elle, plaquant son petit sein dans sa bouche pour étouffer ses cris de bonheur.

Pendant un instant elles restèrent comme ça collé l’une à l’autre respirant aussi silencieusement que possible, les doigts d’Ophélie toujours profondément enfouie dans la chatte de son amie, qui serait désormais bien plus que ça.

Marina recommença à bouger, tout d’abord ses mains et sa bouche vinrent flatter la menue poitrine qui lui était offerte. Ophélie pouvait sentir les muscles intimes autour de ses doigts pulser de désir. La crinière blonde commença à descendre doucement, sa douce caresse quittant les collines de douceurs pour s’aventurer dans la vallée soyeuse. Elle descendit encore et, limité par la taille de son bras, Ophélie sentit ses doigts être brusquement libéré de la délicate prison de chair, l’air frais de la nuit glaçant sa peau humide.

Marina continua à descendre et bientôt sa langue atteignit la zone de tous les délices.

Les va et vient mesurés de cette langue provoquèrent un émois sans pareil. Ophélie en voulait plus. Elle attrapa la crinière blonde et écrasa le visage de Marina contre sa vulve. Elle pouvait sentir le relief de son nez entrer en elle. La langue devint frénétique et s’insinua en elle, puis les doigts intervinrent enfin. Deux doigts généreux se frayèrent un chemin, mais trouvant la grotte intime parfaitement lubrifiée et dilatée, ils invitèrent un troisième larron à se joindre à eux.

Ce renfort tant attendu permit à la langue de concentrer sur le petit bourgeon. D’une main Ophélie se cramponnait à la chevelure de Marina qui semblait être la dernière prise capable de la raccrocher à la réalité, de l’autre, elle s’écrasa un cousin sur le visage pour pouvoir hurler son plaisir.

Un plaisir plus grand que ceux qu’elle avait connus avant la remua comme une lame de fond. Elle eut l'impression de se transformer intégralement en ce liquide qui s’écoulait dans la bouche de sa maîtresse. Le plaisir semblait venir de tout son corps à la fois. L’orgasme la secoua et son corps retomba sur le matelas alors que son esprit s’élevait vers un ciel étoilé, oublieux de tout le reste.

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